Catherine Éléonore Bénard
Catherine Éléonore Bénard (ou Besnard) ( - ) est une femme de chambre de Madame Adélaïde. Une rumeur apparue au XIXe siècle lui prête une liaison avec Louis XV, que ne confirme aucune source contemporaine connue.
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Activité | |
| Père |
Pierre Bénard (d) |
| Conjoint | |
| Enfant |
Biographie
modifierCatherine Éléonore Bénard est née à Versailles le dans une famille de serviteurs royaux. Elle est fille de Pierre Bénard (v. 1684-1755), écuyer, officier de la Bouche du Roi, et de Barbe Bénard (1706-1782). Elle demeure chez ses parents à la Grande écurie du Roi à Versailles, et exerce un emploi de femme de chambre auprès de Madame Adélaïde, lorsqu'elle épouse, le à Nogent-sur-Marne[1], Joseph Starot de Saint-Germain (1729-1794), receveur des gabelles de Valence, futur fermier général.
Onze mois plus tard, le , Catherine Éléonore donne naissance à Versailles à une fille, Anne Louise Françoise Adélaïde (1769-1850), puis meurt à 29 ans le des suites de cette naissance.
Rumeurs de liaison avec Louis XV
modifierEn 1830, un mémorialiste anonyme[2] évoque la rumeur d'une origine royale de la fille de Catherine Éléonore Bénard, devenue épouse de Jean-Pierre de Montalivet, ministre de l'Intérieur de l'Empire : « ... Mademoiselle de Saint-Germain qui, elle aussi, était née, si on en croit une glorieuse médisance, au milieu des splendeurs de Versailles... » (vol. 1, p. 57). Plus loin : « ... [Mme de Montalivet] appartenant de très-près à la famille des Bourbons, et ressemblant à Louis XV d'une manière frappante, au dire des gens de l'ancienne cour; les uns la disaient sa fille, les autres sa petite-fille, je crois qu'elle n'était ni l'une ni l'autre... » (vol. 4, p. 243).
Cette rumeur est discutée en 1885 par Adolphe de Coston[3], qui avait entendu dire « à Valence, par plusieurs personnes, il y a une cinquantaine d'années, qu'on prétendait à tort ou à raison, dans le siècle dernier, que Mlle Starot de Saint-Germain, morte en 1850, était fille de Louis XV ». Félix de Saint-Germain (1828-1900), demeurant à Montélimar, lui aurait dit avoir des précisions sur cette filiation dans les mémoires de son grand-père Louis-Antoine Starot de Saint-Germain (v.1731-1825), beau-frère de Catherine Éléonore Bénard, mais il n'a finalement jamais donné suite aux questions de M. de Coston[note 1].
À partir de la fin du XIXe siècle, plusieurs auteurs considèrent comme probable ou acquis qu'Adélaïde de Saint-Germain était fille de Louis XV[4],[5],[6],[7],[8] , et Catherine Éléonore Bénard apparaît régulièrement dans les listes des maîtresses des rois. Pour autant, ces auteurs ne citent aucun document contemporain des faits à l'appui de cette hypothèse. Joseph Valynseele note plus tard que la filiation royale semble peu vraisemblable au vu de la date du mariage de Catherine Éléonore, antérieure à la conception d'Adélaïde, information inconnue de la plupart des auteurs précédents[9].
Dans son livre, Secrets de famille, Secrets de généalogie, le généalogiste Jean Saint-Loup fait remarquer que la supposée paternité royale de Catherine Éléonore Bénard ne repose sur aucune preuve, aucun élément et aucun indice. Il y indique notamment que les Mémoires d’une femme de qualité sur le Consulat et l’Empire, qui contiennent la première mention connue de cette rumeur, est en réalité l'œuvre d'Étienne-Léon de Lamothe-Langon (1786-1864), connu comme romancier, faussaire, auteur de mystifications historiques et de plusieurs Mémoires apocryphes[10].
Notes
modifier- ↑ De longs extraits des mémoires de Louis Antoine de Saint-Germain, portant sur son tour du monde avec Bougainville sur La Boudeuse entre 1766 et 1769, ont été publiés en 1921 (Le routier inédit d'un compagnon de Bougainville, La Géographie, tome XXXV, p. 217 sqq.). Ils ne mentionnent ni le mariage de son frère Joseph ni la naissance d'Adélaïde, qui ont eu lieu pendant ce tour du monde. Les carnets originaux semblent avoir été perdus depuis.
Références
modifier- ↑ Archives départementales du Val-de-Marne, microfilm 1MI 287, vue 151/179
- ↑ Mémoires et souvenirs d’une femme de qualité sur le Consulat et l’Empire, Mame, 1830.
- ↑ Adolphe de Coston, Histoire de Montélimar et des principales familles qui ont habité cette ville, Journal de Montélimar, 1885.
- ↑ L'intermédiaire des chercheurs et curieux, 1898, page 557 ; volume 19, page 1057.
- ↑ Joseph Valynseele, Les enfants naturels de Louis XV : étude critique, biographie, descendance avec de nombreux documents inédits, Paris, Centre d'études et de recherches historiques, 1953.
- ↑ Henri Vrignault, Les enfants de Louis XV : descendance illégitime, Perrin, 1954, page 123 et 124
- ↑ Michel de Decker, Napoléon – Les plus belles conquêtes de l'Empereur, Paris, Belfond, 2004 (ISBN 9782714439970).
- ↑ Jean-Claude Banc, Montalivet l'homme de confiance de Napoléon, Nouveau Monde Éditions, 2011, page 25
- ↑ Joseph Valynseele et Christophe Brun, Les bâtards de Louis XV et leur descendance, éditions Perrin, 1992 : « Était-elle la fille de Louis XV et de Catherine Bénard ? Il semble que non. Elle naquit onze mois après le mariage de ses parents. Si le Roi avait été pour quelque chose dans le mariage de Catherine Bénard, ce ne fut donc ni parce qu'elle était enceinte, ni parce qu'elle avait accouché. »
- ↑ Jean Saint-Loup, Secrets de famille, Secrets de généalogie, Amazon, , 209 p. (ISBN 979-8361269839), p.23-37
Voir aussi
modifierSources
modifier- Yves Durand, Les fermiers généraux au XVIIIe siècle, 1996
- Grands notables du Premier Empire : notices de biographie sociale, 1990