Cathédrale de l'Immaculée-Conception de Nagasaki
La cathédrale de l’Immaculée-Conception, également connue comme cathédrale d'Urakami, est l’église cathédrale catholique de l’archidiocèse de Nagasaki au Japon. Elle a été édifiée en 1895 dans le style néo-roman dans le quartier d’Urakami à Nagasaki, à l’époque où la persécution des chrétiens cessa. Détruite par la bombe atomique larguée sur la ville le , elle est reconstruite en 1959[1].
| Cathédrale de l’Immaculée-Conception de Nagasaki | |
La façade de la cathédrale. | |
| Présentation | |
|---|---|
| Culte | Catholicisme |
| Type | Cathédrale |
| Rattachement | Archidiocèse de Nagasaki |
| Début de la construction | 1895 |
| Fin des travaux | 1925 |
| Autres campagnes de travaux | 1959 |
| Style dominant | Néo-roman |
| Site web | Site officiel |
| Géographie | |
| Pays | Japon |
| Ville | Nagasaki |
| Coordonnées | 32° 46′ 34″ nord, 129° 52′ 06″ est |
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Histoire
modifierConstruction au XIXe siècle
modifierEn 1865, le prêtre français (des Missions étrangères de Paris) Bernard Petitjean découvre, en l'église d'Ōura, une dizaine d'habitants d’Urakami, un village au nord de la ville de Nagasaki qui sont crypto-chrétiens. Comme eux, d'autres, persécutés, se sont cachés et vécurent clandestinement durant 250 ans, dans les préfectures de Nagasaki et Kumamoto[2].
De nouveau pourchassés entre 1869 et 1873, environ 3 400 chrétiens sont exilés dans une vingtaine de lieux. Au total, 613 personnes périssent en exil durant cette nouvelle et quatrième période de persécution, et seules 2 911 peuvent regagner Urakami[3]. Ceux que l’on appelle les Kakure Kirishitan (« chrétiens cachés ») reviennent dans leur village en 1873, et décident de construire leur propre église à l’endroit même où leurs ancêtres furent persécutés pour leur foi chrétienne.

Après la levée de l'interdiction du christianisme, le père Petitjean mobilise la communauté catholique. Deux prêtres des Missions étrangères de Paris vont contribuer à la construction de la cathédrale. Dès 1888, Pierre-Théodore Fraineau, curé de la paroisse d’Urakami, dessine les plans architecturaux originaux de cette imposante cathédrale néo-romane en briques. Il en dirige sa construction pendant plus de deux décennies, mais décède en 1911, peu avant l’achèvement complet de la structure principale. Le père Émile Raguet prend le relais[4]. Sous sa supervision, le bâtiment principal est achevé et consacré en 1914, tandis que les clochers de 26 m de haut encadrant la façade sont posés, et les finitions aménagées jusqu'en 1925[5]. Lorsque la cathédrale est terminée – Nagasaki est diocèse depuis 1891 – elle est alors la plus grande de tout l’Extrême-Orient[6].
Destruction par la bombe atomique
modifierLa bombe atomique qui est larguée au-dessus de Nagasaki le explose à 500 m du sol, à une distance rapprochée de la cathédrale, la détruisant complètement. Deux prêtres et quelques dizaines de fidèles sont présumés être morts sur le coup. Le 1er décembre 1946, une église provisoire est aménagée[7].
Reconstruction
modifierAprès la guerre, en 1959, la cathédrale est reconstruite au même endroit, bien que les autorités municipales de Nagasaki souhaitent y préserver les ruines comme « patrimoine historique ». Un autre emplacement était offert pour une nouvelle cathédrale. Toutefois, les chrétiens de Nagasaki décident que la cathédrale serait reconstruite à son emplacement original à cause de l’importance historique qu’il revêt. Le lieu est devenu un symbole de la persécution des chrétiens au Japon et de leurs souffrances. La Vierge de Nagasaki, statue miraculeusement préservée, y est exposée depuis sa reconstruction.
Les vestiges des murs et des colonnes de la cathédrale originale sont déplacés et se trouvent dans le parc de la Paix tout proche. Des statues et d’autres objets endommagés par le bombardement, y compris la cloche de l’Angelus, se trouvent maintenant exposés au musée de la bombe atomique de Nagasaki.
En 1980, le nouveau bâtiment est rénové avec des carreaux de brique et remodelé de telle sorte qu’il ressemble davantage à son aspect d'origine[6].
Le clocher nord était resté vide de sa cloche depuis la destruction de 1945. Des catholiques américains ont décidés d'un appel à dons international. En l'espace d'une année, environ 600 personnes ont contribué à la conception et l’installation d'une nouvelle cloche, qui a retenti pour la première fois le 9 août 2025[1].
Galerie
modifier- La cathédrale dans son contexte urbain.
- Statue de la Vierge Marie rescapée de l'explosion atomique.
- Pierre de torture de Hagi, dans la préfecture de Yamaguchi. Les chrétiens étaient contraints de s'accroupir sur la pierre, exposés aux intempéries, jusqu'à ce qu'ils meurent ou qu'ils renient leur foi[8].
Notes et références
modifier- 1 2 Japon : la cloche de la cathédrale de Nagasaki réinstallée 80 ans après la bombe atomique, Maurice Page, Cath-Info (08/2025).
- ↑ Sites chrétiens cachés de la région de Nagasaki, UNESCO Centre du patrimoine mondial.
- ↑ The Last Major Arrest : The “Fourth Urakami Crackdown” and the Suppression of Christianity around the Nagasaki Region, Japan Tourism Agency.
- ↑ Émile Raguet (1854-1929), Irfa.
- ↑ (en) [PDF] Urakami Cathedral, de mlit.go.jp
- 1 2 La cathédrale d'Urakami, Au fil du Japon.
- ↑ (pt) Bombardeio atômico em Nagasaki e na Catedral de Urakami, Google Arts & Culture.
- ↑ (en + ja) Urakami Cathedral, Japan Tourism Agency.
