Caverne de Lovelock
La caverne de Lovelock (NV-Ch-18) est un site archéologique nord-américain anciennement connu sous le nom de grotte Sunset Guano.
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Elle est située dans l'État du Nevada, à environ 130 kilomètres au nord-est de Reno. En 1911, une exploitation de guano y est installée ; des mineurs y découvrent des restes archéologiques, et préviennent les autorités en 1924.
La grotte de Lovelock a été utilisée dès 2 580 ans avant notre ère sans être intensément habitée jusqu'à environ 1000 avant notre ère. Elle a été occupée pendant plus de 4 000 ans. Les premières découvertes d'artefacts et les fouilles, au début du XXe siècle, n'ont pas été très bien exécutées, ce qui a entraîné une perte d'informations archéologiques. Cependant, les enquêtes plus récentes ont été plus minutieuses. Une richesse de connaissances concernant la vie dans le Grand Bassin provient de ce site important car de nombreux artefacts uniques y ont été récupérés avec succès.
Archéologie
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Pendant plusieurs dizaines d'années, des archéologues y extraient plus de 10 000 objets façonnés, des momies et des os. En 1924, des appeaux de canard datés d'au moins 2 000 ans y sont retrouvés. En 1931, d'autres corps sont découverts près du lit d'un ancien lac du Pléistocène, et en 1939, un squelette est retrouvé sur le terrain d'un ranch voisin.
La culture orale du peuple amérindien Païutes identifie ces restes comme ceux du peuple Si-Te-Cah, qui signifie littéralement « mangeur de Schoenoplectus lacustris », une plante lacustre fibreuse. Sarah Winnemucca Hopkins, fille du chef Païute Winnemucca (en), relate plusieurs histoires liées aux Si-Te-Cah dans son livre Life Among the Paiutes. Ce peuple aurait été exterminé par une coalition de tribus indiennes : ils auraient péri enfumés dans cette caverne où ils avaient trouvé refuge[1].
Les premières découvertes associées à la grotte ont eu lieu lors de l’exploitation du guano, entre 1911 et 1912[2]. Dans un témoignage cité dans l’article de Dorothy P. Dansie et Richard F. Dansie, publié en 1975 dans la revue Nevada Historical Society Quarterly, le mineur James H. Hart affirme qu’un corps momifié de "six feet six inches tall" (soit environ 1,98 m), aux cheveux "distinctly red" (nettement rouges), aurait été retrouvé dans la cavité[3]. Ce récit a fortement contribué à la diffusion de la figure des "géants roux" de Lovelock[4], souvent liée aux Si-Te-Cah.
À partir de 1924, de nouvelles fouilles furent menées à Lovelock sous la direction de Mark Raymond Harrington pour le compte du Museum of the American Indian (Heye Foundation)[5]. Les objets provenant du site sont aujourd'hui répartis entre plusieurs institutions : le National Museum of the American Indian conserve notamment des artefacts issus de l'expédition Harrington, parmi lesquels des leurres à canards en tulle[6] ;le Phoebe A. Hearst Museum of Anthropology de l'université de Californie à Berkeley[7],[8] ; et enfin, le Humboldt Museum présentent des artefacts liés au site. D’ailleurs, selon ce dernier, les restes humains autrefois exposés localement ont été retirés et rapatriés conformément au Native American Graves Protection and Repatriation Act (NAGPRA)[9], loi fédérale américaine votée en 1990 organisant la protection, mais surtout la restitution de certains restes et objets amérindiens aux descendants directs.
Adrienne Mayor aborde les Si-Te-Cah dans son livre Fossil Legends of the First Americans. Elle propose diverses explications sur les légendes identifiant les Si-Te-Cah comme des géants roux. Les momies et squelettes déterrés seraient de taille normale, mais plusieurs sites archéologiques proches contiennent des os de mammouths et d'ours de caverne, conduisant probablement à cette confusion. Elle explique également que les pigments colorant les cheveux peuvent changer de couleur après la mort, sous l'influence de plusieurs facteurs comme la température, la composition chimique des sols, etc.
Notes et références
modifier- ↑ (en) Brad Olsen, Sacred places, North America : 108 destinations, San Francisco, Consortium of Collective Consciousness, , 408 p. (ISBN 978-1-888729-19-1, OCLC 228099372, lire en ligne), p. 57-63
- ↑ (en) Llewellyn L. Loud et Mark Raymond Harrington, Lovelock Cave, vol. 25, Berkeley, University of California Press, coll. « University of California Publications in American Archaeology and Ethnology », , chap. 1, p. 168-169
- ↑ (en) Dorothy P. Dansie et Richard F. Dansie, « John T. Reid's Case for the Redheaded Giants », Nevada Historical Society Quarterly, vol. 18, no 3, , p. 153-168
- ↑ (en) Dorothy P. Dansie et Richard F. Dansie, « John T. Reid's Case for the Redheaded Giants », Nevada Historical Society Quarterly, vol. 18, no 3, , p. 153-168
- ↑ (en) « Nevada: Lovelock Cave, Notes », sur National Museum of the American Indian (consulté le )
- ↑ (en) « Duck decoy », sur National Museum of the American Indian (consulté le )
- ↑ (en) « Collections Archive », sur Phoebe A. Hearst Museum of Anthropology (consulté le )
- ↑ (en) « Vegetal material », sur Phoebe A. Hearst Museum of Anthropology (consulté le )
- ↑ (en) « Lovelock Cave Artifacts », sur Humboldt Museum (consulté le )
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Lovelock Cave: A Brief History of the Site Where the Oldest Dated Decoys in North America were Found ; Falcon Hill Press ; 1995.
- Sarah Winnemucca Hopkins, Life Among the Paiutes.
- (en) Adrienne Mayor, Fossil legends of the first Americans, Princeton, Princeton University Press, , 446 p. (ISBN 978-0-691-11345-6, OCLC 55596904, lire en ligne).
Liens externes
modifier- Ressource relative à l'architecture :
- http://www.mnsu.edu/emuseum/archaeology/sites/northamerica/lovelock_cave.html
- « Phoebe A. Hearst Museum of Anthropology », sur berkeley.edu via Wikiwix (consulté le )