Caymanostella scrippscognaticausa
Caymanostella scrippscognaticausa est une espèce de petites étoiles de mer des grands fonds, de la famille des Caymanostellidae.
L'espèce a été décrite en 2024 à partir de spécimens récoltés sur des blocs de bois coulés au large du Costa Rica, sur la pente continentale du Pacifique Est. Comme les autres représentants connus de cette famille, elle est associée aux « bois coulés » (wood falls), des îlots de bois immergés qui accueillent une faune très spécialisée.
Cette espèce fait partie d'un trio de nouvelles astéries du genre Caymanostella mises en évidence dans la même étude, aux côtés de Caymanostella davidalani et Caymanostella loresae. Avec ces découvertes, le nombre d'espèces décrites de Caymanostellidae s'élève à sept, réparties dans plusieurs bassins océaniques[1].
Morphologie
modifierCaymanostella scrippscognaticausa présente un corps, à l’âge adulte, en forme d’étoile très marquée. Les jeunes individus présentent une morphologie pentagonale à subpentagonale, une forme d’étoile beaucoup moins marquée, nettement moins découpée que celle des adultes, leur corps est plus plat, plus transparent, que celui des adultes[1].
Face abactinale
modifierLa face abactinale (ace dorsale, opposée à la bouche) présente des rangées carinales (ligne médiane permettant de renforcer la rigidité de l’axe du bras et de définir la forme dorsale) bien visibles sur chaque bras, portées par des plaques abactinales se terminant par quelques longues épines (généralement 4 à 5), qui sont elles portées par des plaques terminales carrées. Les plaques abactinales possèdent une forme ovale irrégulière, et sont dites imbriquées les unes sur les autres[1].
La surface est recouverte de spinules spiniformes, de petites épines courtes, pointues et espacées, elles ont un rôle sensoriel et leur permettre de ressentir leur environnement. Au centre on peut observer un disque central, un peu plus sur-élevé avec des spinules plus compactées que sur les bras. Sur la marge des bras se trouvent deux séries parallèles : les plaques superomarginales (situées sur la face abactinale, au nombre de 8 à 13 paires) et les plaques inféromarginales (sur la face actinale), légèrement plus grandes[1].
Chaque interradius (espace entre deux bras) comporte deux gonopores (ouverture du système reproducteur), situés dans une petite encoche des plaques superomarginales. L’ensemble de cette face est recouverte d’un épiderme fin[1].
La madréporite (plaque perforée servant d’entrée au système aquifère) peut varier selon les individus, allant d’un simple pore à une fente plus marquée[1].
Face actinale
modifierLa face actinale (face ventrale, portant la bouche) montre un sillon ambulacraire bien défini, parcourant chaque bras et présentant 12 à 14 pieds ambulacraires. Ces pieds reposent sur des plaques adambulacraires[1].
Il y a une plaque orale portant une épine suborale, associée à 2 ou 3 épines marginales renforçant la structure autour de la bouche[1].
La bouche est large et tournée vers le substrat, facilitant le contact direct avec celui-ci. Les épines actinales, solides, contribuent à l’ancrage sur le bois, permettant une meilleure adhérence et stabilité[2].
Écologie
modifierL’espèce est donc associée aux bois coulés, un habitat caractéristique des Caymanostellidae.
L’écologie de l’espèce reste peu documentée : aucun comportement particulier ni aucun mode d’alimentation n’a pu être observé. Les études antérieures portant sur des espèces proches évoquent plusieurs hypothèses trophiques, mais aucune preuve directe de consommation de bois, de micro-organismes ou de proies n’a été mise en évidence chez cette espèce. Son régime alimentaire et son rôle écologique demeurent inconnus[1].
Répartition
modifierCaymanostella scrippscognaticausa est connue uniquement à partir de spécimens collectés sur des fragments de bois immergés au large du Costa Rica. Ils ont été collectés sur trois sites situés sur la marge continentale de cette région, notamment Mound 11, Mound 12 (mounds : petites buttes sous-marines servant de points d’échantillonnage sur la marge continentale du Costa Rica) et Jaco Scar[3],un site de suintement froid[1].
Systématique
modifierCaymanostella scrippscognaticausa, a été décrite en 2024 par Shen, Koch, Seid et Rouse, collectées entre 418 et 6 780 m de profondeur, sur les bords de l’Atlantique, du Pacifique et de l’océan Indien[1].
La position phylogénétique de Caymanostella scrippscognaticausa, et plus largement de la famille des Caymanostellidae, reste incertaine, celle-ci n’ayant pas encore été incluse dans des analyses phylogénomiques de grande échelle. Les travaux existants indiquent que ce groupe profond, morphologiquement atypique, n’est pas étroitement apparenté à Xyloplax, un autre taxon associé aux bois coulés profondes et placé parmi les Velatida[4].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 (en) Zihui Shen, Nicolás Mongiardino Koch, Charlotte A. Seid et Ekin Tilic, « Three New Species of Deep-Sea Wood-Associated Sea Stars (Asteroidea: Caymanostellidae) from the Eastern Pacific », Zootaxa, vol. 5536, no 3, , p. 351–388 (ISSN 1175-5334, DOI 10.11646/zootaxa.5536.3.1, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) « Caymanostella scrippscognaticausa Shen, Koch, Seid, Tilic & Rouse, 2024, sp. nov. - Plazi TreatmentBank », sur publication.plazi.org (consulté le )
- ↑ (en) « Marine Regions · Jaco Scar (Hydrothermal vent) », sur marineregions.org (consulté le )
- ↑ (en) Gregorio V. Linchangco, David W. Foltz, Rob Reid et John Williams, « The phylogeny of extant starfish (Asteroidea: Echinodermata) including Xyloplax, based on comparative transcriptomics », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 115, , p. 161–170 (ISSN 1055-7903, DOI 10.1016/j.ympev.2017.07.022, lire en ligne, consulté le )
Liens externes
modifier- (en) Catalogue of Life : Caymanostella scrippscognaticausa Shen, Koch, Seid, Tilic & Rouse, 2024 (consulté le )
- (en) NCBI : Caymanostella scrippscognaticausa Shen, Koch, Seid, Tilic & Rouse, 2024 (taxons inclus) (consulté le )
- (en) WoRMS : espèce Caymanostella scrippscognaticausa Shen, Koch, Seid, Tilic & Rouse, 2024 (consulté le )