Cem Özdemir

homme politique allemand des Verts, ministre fédéral de l'Agriculture de 2021 à 2025

Cem Özdemir, né le à Bad Urach (Bade-Wurtemberg), est un homme politique allemand membre de l'Alliance 90/Les Verts (Grünen). Il est ministre-président de Bade-Wurtemberg depuis .

Cem Özdemir
Illustration.
Cem Özdemir en 2020.
Fonctions
Ministre-président de Bade-Wurtemberg
En fonction depuis le
(4 mois et 5 jours)
Gouvernement Özdemir
Législature 18e
Coalition Grünen-CDU
Prédécesseur Winfried Kretschmann
Ministre fédéral allemand de l'Éducation et de la Recherche

(5 mois et 28 jours)
Chancelier Olaf Scholz
Gouvernement Scholz
Prédécesseur Bettina Stark-Watzinger
Successeur Karin Prien (Éducation)
Dorothee Bär (Recherche)
Ministre fédéral de l'Alimentation et de l'Agriculture

(3 ans, 4 mois et 28 jours)
Chancelier Olaf Scholz
Gouvernement Scholz
Prédécesseur Julia Klöckner
Successeur Alois Rainer
Député fédéral allemand

(11 ans, 5 mois et 3 jours)
Élection 22 septembre 2013
Réélection 24 septembre 2017
26 septembre 2021
Circonscription Bade-Wurtemberg (2013-2021)
Stuttgart I (2021-2025)
Législature 18e, 19e et 20e
Groupe politique Grünen
Prédécesseur Stefan Kaufmann (Stuttgart I)
Successeur Simone Fischer (Stuttgart I)

(7 ans, 8 mois et 16 jours)
Élection 16 octobre 1994
Réélection 27 septembre 1998
Circonscription Bade-Wurtemberg
Législature 13e et 14e
Groupe politique Grünen
Co-président de l'Alliance 90 / Les Verts

(9 ans, 2 mois et 13 jours)
Avec Claudia Roth (2008-2013)
Simone Peter (2013-2018)
Prédécesseur Reinhard Bütikofer
Successeur Robert Habeck
Député européen

(4 ans, 11 mois et 23 jours)
Élection 13 juin 2004
Circonscription Allemagne
Législature 6e
Groupe politique Verts/ALE
Biographie
Date de naissance (60 ans)
Lieu de naissance Bad Urach (Bade-Wurtemberg, Allemagne)
Nationalité Turque (1965-1983)
Allemande (depuis 1983)
Parti politique Grünen
Religion Islam sunnite

Image illustrative de l’article Cem Özdemir
Ministres fédéraux de l'Agriculture d'Allemagne
Ministres fédéraux de l'Éducation

Fils d'immigrés turcs tcherkesses, il adhère aux Verts en , année où il demande la nationalité allemande. En , il entre au Bundestag, où il siège jusqu'en , puis entre et . Il est également député européen de à .

Il est élu en co-président des Grünen, étant le premier chef de parti allemand d'origine étrangère. Il occupe ce poste pendant dix ans. Il entre en au gouvernement comme ministre fédéral de l'Agriculture du cabinet Scholz. Il est chargé du ministère fédéral de l'Éducation à partir de .

Il renonce à se représenter aux élections fédérales anticipées de 2025 pour se concentrer sur sa candidature aux élections régionales de 2026 en Bade-Wurtemberg. À l'issue de ce scrutin qu'il remporte de justesse, il reconduit la coalition noire-verte préexistante avec la CDU et devient ministre-président du Land, devenant le premier chef de l'exécutif allemand issu de l'immigration.

Vie privée

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Cem Özdemir est le fils d'immigrés[1] circassiens de Turquie s'étant installés en Allemagne de l'Ouest comme Gastarbeiter. Ses ancêtres ont fui la Circassie, en Ciscaucasie, au moment du génocide des Circassiens par l'Empire russe[2]. Lui-même se définit comme un « souabe d'Anatolie », en raison de ses origines familiales et de son lieu de naissance[3].

Il est éducateur et pédagogue. Il travaille pendant ses études comme journaliste, éducateur et rapporteur politique et culturel.

En , il demande la nationalité allemande, qu'il obtient non sans peine deux ans plus tard, affirmant l'avoir demandée pour des « raisons pratiques » : échapper au service militaire en Turquie et pouvoir voter dans son pays de naissance[4].

Marié avec la journaliste d’origine argentine Pía María Castro, Cem Özdemir est père d'un garçon et d'une fille[5]. Sur le plan religieux, il se décrit lui-même comme étant un musulman laïc[6].

Parcours politique

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Débuts

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En , âgé de 16 ans, Cem Özdemir décide d'adhérer au parti des Verts[7]. Par la suite, il passe six années en tant que membre de la direction régionale des Verts du Land de Bade-Wurtemberg.

Député fédéral

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Cem Özdemir est élu député fédéral au Bundestag lors des élections de 1994. Il devient porte-parole de son groupe parlementaire pour l'immigration[4]. Il est, avec Layla Onur, l'un des deux premiers élus d'origine turque à siéger au Parlement allemand[2].

Il est aussi, à l'époque, vice-président des groupes parlementaires turc-allemand et grec-allemand. Les gouvernements successifs d'Ankara et les médias turcs le prennent régulièrement pour cible à la suite de ses prises de position fermes quant au non-respect des droits de l'homme en Turquie, et son vote contre l'exportation d'armes vers ce pays.

Réélu en 1998, il est nommé porte-parole de son groupe pour la politique intérieure. Il démissionne du Bundestag le à la suite de l'affaire Hunzinger (de) qui touche divers hommes politiques allemands, dont le ministre fédéral social-démocrate de la Défense, Rudolf Scharping, également acculé à la démission[8].

Le Financial Times Deutschland évoque à l'époque la chute de « l'incarnation d'une société multiculturelle », de « l'icône des Verts ». Cem Özdemir était en effet devenu un habitué des plateaux de télévision et avait acquis une notoriété nationale.

Député européen

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À l'occasion des élections européennes de 2004, Cem Özdemir est élu au Parlement européen, où il accomplit un seul mandat de cinq ans.

Il est l'un des membres fondateurs, en 2007, du Conseil européen des relations étrangères, un think tank dédié à la politique étrangère de l'Union européenne. Il a pris position en 2009 pour la levée du blocus de Gaza[9].

Il est également à l'origine d'une « Journée circassienne » au Parlement européen, organisée chaque année par l'Association des Circassiens d'Europe pour sensibiliser les personnalités politiques européennes à l'histoire circassienne et les crimes subis par ce peuple[2].

Tensions germano-turques et menaces

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Lors de la campagne des élections fédérales de 2017, auxquelles il est chef de file (spitzenkandidat), alors que les tensions entre l'Allemagne et la Turquie sont grandissantes à mesure du durcissement du régime de Recep Tayyip Erdoğan, qui demande aux Turcs d'Allemagne de ne pas voter pour les candidats SPD, CDU et Verts, Cem Özdemir fait partie des personnalités constatant un divorce entre la communauté turque et leur pays d'adoption, la députée SPD Cansel Kiziltepe ayant par exemple reçu des menaces. Il confie ne plus prendre de taxi à Berlin, dont les conducteurs sont souvent turcs, la police le lui ayant déconseillé[10].

Menacé par les réseaux proches du président turc, il bénéficie d'une protection policière. Il est également menacé de mort par la branche allemande du groupuscule d'extrême droite Atomwaffen DIvision[11].

Ministre fédéral de l'Agriculture

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En , Cem Özdemir est désigné ministre fédéral de l'Agriculture dans le cabinet Scholz, faisant de lui le premier ministre fédéral allemand issu de l'immigration turque[12].

Élections régionale de 2026 en Bade-Wurtemberg

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Cem Özdemir se présente comme chef de file de l'Alliance 90/Les Verts aux élections régionales de 2026 en Bade-Wurtemberg. Il arrive en tête de justesse devant l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne[13].

Considéré comme un écologiste modéré, il soutient la transition vers la voiture électrique mais promet aux constructeurs automobiles que « si plus de flexibilité est nécessaire, ils l'obtiendront »[14]. Il défend aussi, avec les Verts du Bade-Wurtemberg, une position conservatrice en matière d’immigration[15].

Après avoir conclu un accord de coalition avec la CDU[16], Cem Özdemir est élu ministre-président le par le Landtag par 93 voix pour, 26 voix contre et 4 abstentions, ce qui fait de lui le premier chef de l'exécutif d'origine turque. Il prête serment dans la foulée, suivi de ses 11 ministres[17].

Prises de positions

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En 2014, il critique la Russie pour son organisation des Jeux olympiques d'hiver de 2014 à Sotchi, ville symbole de la résistance circassienne face à l'Empire russe. Il pointe en particulier le refus du Kremlin de se pencher sur le passé de la Russie et reconnaître les crimes commis[2].

Il est également à l'origine de la résolution sur « la commémoration du génocide des Arméniens » adoptée à la quasi-unanimité par le Bundestag le [18].

Publications

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  • (de) Ich bin Inländer : ein anatolischer Schwabe im Bundestag, Munich, Deutscher Taschenbuch Verlag, , 275 p. (ISBN 3-423-24109-8)
  • (de) Currywurst und Döner : Integration in Deutschland, Lübbe, Bergisch Gladbach, , 271 p. (ISBN 3-7857-0946-3)
  • (de) Deutsch oder nicht sein?, Lübbe, Bergisch Gladbach, (ISBN 3-404-60482-2)

Notes et références

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  1. Marie de Vergès, « Un fils d'immigrés turcs, Cem Ozdemir, est élu à la tête du parti écologiste en Allemagne », sur LeMonde.fr, (consulté le ).
  2. 1 2 3 4 (en) Gunef Yedic, « Circassian Özdemir wins race for Minister-President of Germany’s Baden-Würrtemberg », sur OC Media, (consulté le )
  3. Delphine Nerbollier, « Cem Özdemir, un "Souabe d'Anatolie" à la tête du Bade-Wurtemberg », La Libre Belgique, (lire en ligne, consulté le ).
  4. 1 2 Lorraine Millot, « Cem Özdemir, 33 ans, député vert allemand d'origine turque. Il est l'un des initiateurs de la réforme de la nationalité présentée au Bundestag. Vert à double foyer. », sur libération.fr, (consulté le ).
  5. (de) « Nachwuchs: Cem Özdemir zum zweiten Mal Vater », Der Spiegel, (ISSN 2195-1349, lire en ligne, consulté le )
  6. (en) Michael Giglio, « Letter from Berlin: A Turk at the Top », Der Spiegel, (ISSN 2195-1349, lire en ligne, consulté le )
  7. Frédéric Lemaître, « Le nouveau visage des Grünen », Le Monde, , p. 3 (lire en ligne, consulté le ).
  8. Lorraine Millot, « Démission forcée d'un député vert allemand », sur libération.fr, Libération, (consulté le ).
  9. « 59 Nobel et 202 eurodéputés signent pour Gaza », sur tempsreel.nouvelobs.com, Le Nouvel Observateur, (consulté le ).
  10. Nicolas Barotte, « La douloureuse campagne électorale des Turcs allemands », Le Figaro, vendredi 23 septembre 2017, page 6.
  11. « Allemagne: nouvelles menaces de mort néonazies contre des élus », sur Le Figaro.fr, (consulté le )
  12. (de) « Die neue Bundesregierung im Überblick », Süddeutsche Zeitung, (lire en ligne, consulté le )
  13. « En Allemagne, les Verts conservent de justesse le Bade-Wurtemberg et infligent un revers au parti du chancelier Friedrich Merz »
  14. « Qui est Cem Özdemir, l’écologiste modéré à la tête du Bade-Wurtemberg ? », sur Le Point.fr
  15. Elsa Conesa, « En Allemagne, les Verts conservent de justesse le Bade-Wurtemberg et infligent un revers au parti du chancelier Friedrich Merz », Le Monde, (lire en ligne)
  16. (de) Leonie Zöller, « Koalition in Baden-Württemberg steht », Tagesschau, (lire en ligne, consulté le ).
  17. (de) « Özdemir zum Ministerpräsidenten gewählt - Trikot statt Blumenstrauß als Geschenk », Südwestrundfunk, (lire en ligne, consulté le ).
  18. Yves Ternon, « Génocide des Arméniens : le vote du Bundestag détruit le négationnisme de l’Etat turc », Le Monde, (lire en ligne).

Voir aussi

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