Université d'Europe centrale
L'université d'Europe centrale (Central European University [ˈsentrəl ˌjʊərəˈpiːən ˌjuːnɪˈvɜːsɪti] ou Közép-európai Egyetem [ˈkøze:pɛuɾo:pɒi ˈɛɟɛtɛm], CEU) est l'une des universités de Budapest, fondée en 1991 à l'initiative de George Soros. Il s'agit d'une université anglophone, accréditée à la fois aux États-Unis et en Hongrie. Depuis 2019, ses bâtiments principaux sont situés à Vienne, en Autriche. À Budapest, ils sont localisés à proximité de la basilique Saint-Étienne de Pest, quartier Lipótváros, Nádor utca.
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Association des universités européennes, Alliance of Leading European Universities in Economic and Social Sciences (d), arXiv |
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| Étudiants |
1 500 () |
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| Effectif |
392 () |
| Pays | |
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Historique
modifierLes origines
modifierL'université d'Europe centrale est le résultat d’une série de séminaires tenus à Dubrovnik avant 1989. L'établissement est fondé en 1991 à Budapest dans un contexte marqué par les transitions politiques et économiques des pays de la région ainsi que de l'Europe orientale et de l'URSS. Il s'agit alors de créer un établissement de formation et de recherche consacré à l'étude des mutations induites par l'effondrement du communisme et l'avènement du libéralisme. L'objectif des fondateurs est de favoriser l'émergence d'une élite centre-européenne favorable à la démocratie libérale et à la coopération inter-régionale.
Le développement de l'université actuelle
modifierAprès dix ans d’existence, l'université a élargi la portée de son objectif du niveau régional au niveau mondial, avec une attention particulière donnée à la démocratisation et aux Droits de l’Homme partout sur le globe. Depuis, l'université développe une approche académique distincte, combinant les analyses régionales avec une perspective internationale, mettant l’accent sur la recherche comparative et interdisciplinaire afin de générer de nouvelles initiatives tant au niveau académique qu’à celui des politiques publiques, et de promouvoir la bonne gouvernance et l’État de droit.
L'université d'Europe centrale compte désormais plus de 1 500 étudiants d’une centaine de pays différents et 300 membres du corps académique provenant d’une trentaine de pays. La majorité des étudiants de l'institution reçoivent une aide, partielle ou entière, grâce aux 400 millions d’euros de dotation de la part du cofondateur de l’université, George Soros[1].
Organisation
modifierFonctionnement
modifierL'université d'Europe centrale est organisée comme une institution américaine, gouvernée par un conseil d’administration et une charte du Conseil des régents de l’université de l'État de New York, représentant le Département d'éducation de l’État de New York. Aux États-Unis, l'université est accréditée par la Commission de l'enseignement supérieur de l'Association des universités et écoles des États méridionaux[1]. En Hongrie, elle est reconnue officiellement comme une université privée, accréditée par le Comité hongrois d'accréditation depuis 2004. En , cette accréditation est remise en question par une loi hongroise exigeant des établissements d'enseignement étrangers qu'ils offrent un cursus similaire dans leur pays d'origine[2], et que la délivrance en Hongrie d'un diplôme d'un État fédéral fasse l'objet d'un accord avec l'administration fédérale (alors que l'enseignement supérieur est du ressort des États américains)[3],[4]. La Commission européenne lance alors contre la Hongrie une procédure d'infraction pour cette loi jugée non respectueuse de la liberté académique[5],[6].
Facultés
modifierSites universitaires
modifierEnseignement et recherche
modifierFormation
modifierL'université d'Europe centrale offre des formations de second et troisième cycle dans les domaines des sciences sociales, humanités, droit, politiques publiques, commerce et management, sciences environnementales et mathématiques.
Échanges internationaux
modifierActivités de recherche
modifierRelations internationales
modifierControverses
modifierMentions dans les dossiers Epstein
modifierEn 2026, suite aux révélations issues des dossiers Epstein, il est apparu que le déménagement de la CEU à Vienne figurait parmi les centres d'intérêt du délinquant sexuel déchu. Le diplomate Terje Rød-Larsen a écrit à Epstein au sujet du transfert de l'université vers Vienne, déclarant : « Comme tu as pu le constater, mon bon ami Sebastian Kurz (31 ans !) a été élu chancelier autrichien et formera bientôt son gouvernement. Je lui ai envoyé un message la semaine dernière, et je pense que nous sommes désormais en excellente position pour aider la CEU à déménager de Budapest à Vienne. J'ai d'excellentes nouvelles concernant la situation, provenant des plus hautes sphères en Hongrie. Je déjeune avec Michael Ignatieff, le recteur de l'université, à Londres le week-end prochain. »[7],[8] D'autres messages font état de déjeuners réunissant Michael Ignatieff — alors recteur de la CEU —, Rød-Larsen et Leon Botstein, président de Bard College[9].
Faux statut d'indépendant pour les doctorants
modifierEn mai 2026, le magazine autrichien *Profil* a rapporté que des chercheurs doctoraux de l'Université d'Europe centrale (CEU) alléguaient que l'établissement les avait placés dans une situation de « faux statut d'indépendant » ("Scheinselbstständige"). Cette pratique est définie par la loi autrichienne comme le fait d'inciter des personnes agissant en qualité d'employés à s'affilier à l'assurance sociale et à payer leurs impôts en tant que travailleurs indépendants, dans le but de les priver des avantages sociaux liés au salariat. *Profil* a produit des documents internes — ayant fait l'objet d'une fuite vers le magazine — démontrant que les doctorants reçoivent pour instruction de remplir leurs formulaires de sécurité sociale en se déclarant indépendants, formulant ainsi des déclarations sur leur activité qui contredisent directement le propre règlement doctoral de la CEU[10]. Le site web de l'université confirme que les doctorants sont tenus de s'enregistrer en tant que travailleurs indépendants en Autriche[11]. Selon ce rapport, la CEU classe les doctorants dans la catégorie des indépendants tout en leur interdisant formellement d'exercer une activité professionnelle en dehors de l'université sans autorisation écrite ; de cette manière, l'université « externalise la responsabilité fiscale sur les doctorants et contourne les normes minimales »[12].
Selon la présidente du syndicat étudiant de la CEU: « Nous sommes, de fait, intégrés aux structures hiérarchiques de nos instituts. Il nous est interdit d'exercer toute autre activité professionnelle en dehors de la CEU sans avoir obtenu une autorisation écrite. Nous devons également obtenir une permission pour prendre des vacances ou pour quitter Vienne, quelle qu'en soit la raison. » À un autre moment de l’entretien, elle a conclu : « Il ne s’agit clairement pas d’un travail indépendant. Le système actuel revient plutôt à dénier leurs droits aux travailleurs hautement qualifiés qui contribuent de manière significative aux normes académiques de la CEU »[12].
Vie étudiante
modifierBibliothèque universitaire
modifierLa bibliothèque de l'université est l’une des meilleures bibliothèques anglophones d’Europe centrale, dotée d’un site internet interactif et de collections sous forme numérique dans les domaines des sciences sociales et des humanités. La bibliothèque contient plus de 255 000 documents dans des formats variés, et permet d’accéder à une vaste sélection de bases de données académiques.
Les archives de l’Open Society sont parmi les premières sources de recherches sur la guerre froide au monde, avec 7 000 mètres de matériaux liés à la vie politique, sociale, économique et culturelle de l’ère communiste. La collection de l’Open Society contient une archive très fournie des rapports et transcriptions de Radio Europe Libre/Radio Liberté, ainsi que la plus dense collection de littérature souterraine de l’Europe centrale et orientale sous le communisme au monde. Les archives regroupent aussi une quantité grandissante de documents écrits et audiovisuels liés aux droits de l’homme et aux crimes de guerre.
Internats et collèges
modifierVie associative
modifierAutour de l'université
modifierPersonnalités liées à l'université
modifierResponsables politiques
modifier- Lívia Járóka, politicienne hongroise issue de la minorité Rrom, membre du Parlement européen
- Romaniţa Iordache, militante roumaine luttant en faveur des droits de l’homme
- Monica Macovei, ministre de la Justice roumaine
- Ľudovít Ódor, économiste et homme politique slovaque
- Andrei Oișteanu, historien et ethnologue roumain
- Mailis Reps, ministre de l’Enseignement et de la Recherche estonien
Universitaires, chercheurs
modifier- Shlomo Avineri, sciences politiques
- Aziz Al-Azmeh, études orientales
- Péter Balázs, relations internationales, ministre des Affaires étrangères hongrois
- Lajos Bokros, politiques publiques, ministre des Finances de Hongrie
- Francisca De Haan, études de genre et d’histoire
- Wai Chee Dimock, études anglaises et américaines
- Cole Durham, droit
- Yehuda Elkana, histoire des sciences
- Allen Feldman, anthropologie culturelle
- Patrick Geary, histoire
- Ernest Gellner, philosophie et socio-anthropologie
- Herbert Gintis, sciences économiques
- Gabriel Gorodetsky, études russes
- Péter Hanák, histoire
- Elemér Hankiss, sociologie
- Donald Horowitz, droit et sciences politiques
- Julius Horvath, sciences économiques
- John Doyle Klier, histoire
- Don Kalb, sociologie et socio-anthropologie
- János Kis, philosophie politique
- János Kornai, sciences économiques
- Will Kymlicka, théorie politique
- Michael Miller, études du nationalisme
- Ľudovít Ódor, économie
- Wiktor Osiatyński, droit
- Anton Pelinka, sciences politiques
- Istvan Perczel, études médiévales
- Steven Plaut, sciences politiques et relations internationales
- Alfred J. Rieber, histoire
- Howard Robinson, philosophie
- Jacek Rostowski, économie, ministre des Finances de Pologne
- Michael Roes, philosophie et anthropologie
- Robert Sauer, économie
- Diane Stone, politiques publiques
- Diana Ürge-Vorsatz, sciences environnementales, membre de l’IPCC
- Tibor Várady, droit
Intellectuels, journalistes, écrivains, artistes
modifier- Anna Brzezińska, auteure polonaise
- Ruxandra Cesereanu, poète, essayiste, nouvelliste, romancier et critique littéraire roumain
- Jasna Koteska, auteur et psychanalyste macédonien
Notes et références
modifier- 1 2 « felvi.hu/for_foreig »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?).
- ↑ RTBF et Belga, « Hongrie: le Premier ministre Orban accuse de "tricherie" l'université Soros de Budapest », sur RTBF, .
- ↑ (hu) Eduline, « Megszavazták a CEU-t ellehetetlenítő javaslatot » [« La proposition rendant impossible la CEU a été votée »], sur eduline.hu, HVG Kiadó, .
- ↑ Blaise Gauquelin, « En Hongrie, Orban s’attaque à Soros et à l’Europe », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ « La Commission européenne lance une procédure d'infraction contre la Hongrie », sur fr.euronews.com,
- ↑ « Décisions en matière d'infraction, Hongrie, 23 avril au 27 avril 2017 », sur ec.europa.eu,
- ↑ (de) « Kurz bis Strache: Welche Rolle Österreich in den Epstein-Akten spielt », sur kurier.at, (consulté le )
- ↑ (hu) « In the Epstein files, we found references to Budapest visits and a dispute over an apartment », sur telex, (consulté le )
- ↑ (en-US) Vimal Patel, « Bard College’s President Will Retire After Epstein Revelations », The New York Times, (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « CEU Doctoral Regulations | Official Documents », sur documents.ceu.edu (consulté le )
- ↑ « Tuition and Financial Aid | Department of Environmental Sciences and Policy », sur envsci.ceu.edu (consulté le )
- 1 2 (de) kevin.yang, « Doktoranden als Scheinselbstständige? Vorwürfe gegen Central European University », sur www.profil.at, (consulté le )
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- Site officiel
- Ressources relatives à la recherche :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
