Centre pénitentiaire de Metz
Le centre pénitentiaire de Metz est un établissement pénitentiaire français situé dans le département de la Moselle en région Grand Est. Il comprend deux sites : une maison d'arrêt dans le quartier de Queuleu et un quartier de semi-liberté installé dans les anciens locaux du centre de détention de Metz-Barrès, en centre-ville[2]. Sa capacité opérationnelle était de 437 places au [3].
| Centre pénitentiaire de Metz | |
| Localisation | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | |
| Département | Moselle |
| Localité | Metz |
| Coordonnées | 49° 05′ 58″ nord, 6° 12′ 35″ est |
| Architecture et patrimoine | |
| Construction | |
| Propriétaire | |
| Installations | |
| Type | Centre pénitentiaire |
| Capacité | 437 places opérationnelles () places |
| Fonctionnement | |
| Date d'ouverture | 1979[1] |
| Opérateur(s) | |
| Statut actuel | En fonctionnement (d) |
| modifier - modifier le code - voir Wikidata | |
Histoire
modifierPrisons messines avant 1979
modifierL'établissement pénitentiaire de la rue Maurice-Barrès résulte de la réunion d'une prison militaire et d'une prison civile. Entièrement reconstruit entre 1826 et 1830, il devient partiellement cellulaire à la fin du XIXe siècle, pendant l'annexion allemande[4].
Pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que la Moselle est annexée de fait par l'Allemagne, le département compte entre 1942 et 1944 cinq maisons d'arrêt : deux à Metz, rue Maurice-Barrès et En Chandellerue, et une à Thionville, à Sarreguemines et à Sarrebourg. À la Libération, la maison d'arrêt de la rue Maurice-Barrès est cédée à l'État, et la prison militaire de Cambout devient une annexe de la prison civile[5]. Les prisons de la Moselle ne sont pas concernées par la réforme des lieux de détention engagée après la guerre par Paul Amor, premier directeur de l'administration pénitentiaire de l'après-guerre. Leur vétusté est reconnue au début des années 1960, mais les travaux de reconstruction sont repoussés jusqu'au Ve Plan (1965-1970)[5].
De l'ouverture de Queuleu à 2003
modifierLa maison d'arrêt de Metz-Queuleu ouvre en juillet 1979[6]. Elle est inaugurée le en présence du ministre de la Justice, Alain Peyrefitte[5]. Le bâtiment de la rue Maurice-Barrès est rénové entre 1980 et 1986, et l'annexe pénitentiaire qui s'y installe ouvre le ; elle comprend un centre de détention et un centre de réadaptation[5]. Entre-temps, un centre de semi-liberté est inauguré le dans l'ancienne prison de la Madeleine, En Chandellerue[5].
En 2003, le centre de semi-liberté En Chandellerue est définitivement fermé, et l'annexe de la rue Maurice-Barrès est transformée en quartier pour peines aménagées[5],[1], d'une capacité de 77 places[7].
Depuis 2003
modifierDans une réponse parlementaire publiée le , le ministère de la Justice indique que la maison d'arrêt de Metz-Queuleu a bénéficié, au cours des années précédentes, d'environ huit millions d'euros d'investissements. Ces opérations comprennent notamment la construction d'une nouvelle cuisine et d'un mess pour le personnel, la réfection des toitures-terrasses et des douches, ainsi que la création d'ateliers pour les jeunes détenus. Des travaux de sécurisation, comprenant le remplacement des clôtures périmétriques pour un montant d'un million d'euros, doivent alors être achevés en 2005[8].
En novembre 2023, l'ancien quartier pour peines aménagées de Metz-Barrès est transformé en quartier de semi-liberté. Lors du contrôle effectué en octobre 2024, le centre pénitentiaire comprend une maison d'arrêt de 404 places théoriques et un quartier de semi-liberté de 77 places théoriques [2].
Organisation
modifierLe centre pénitentiaire est réparti sur deux sites distincts[2].
Maison d'arrêt de Metz-Queuleu
modifierSituée au 1, rue de la Seulhotte, au sud-est de Metz, la maison d'arrêt accueille des hommes, des femmes et des mineurs. Elle comprend également un service médico-psychologique régional (SMPR). Lors de la visite du Contrôleur général des lieux de privation de liberté en octobre 2024, sa capacité théorique est de 404 places, dont 371 pour les hommes, 19 pour les femmes et 14 pour les mineurs[2].
Quartier de semi-liberté de Metz-Barrès
modifierSitué rue Barrès, dans le centre-ville de Metz, à proximité de la gare de Metz-Ville, le quartier de semi-liberté occupe les locaux d'un ancien centre de détention. Sa capacité théorique est de 77 places en octobre 2024[2].
Population carcérale
modifierAu , selon le rapport de visite du visite du Contrôleur général des lieux de privation de liberté, le centre pénitentiaire héberge 663 personnes détenues, soit un taux d'occupation de 138 % pour l'ensemble du centre pénitentiaire et de 150 % pour la maison d'arrêt[7]. Au , cet effectif est de 584 personnes, soit un taux d'occupation global de 122 % et de 131 % pour la maison d'arrêt[2].
La surpopulation varie selon les quartiers. En octobre 2024, les étages du quartier des hommes réservés aux condamnés présentent un taux d'occupation de 145 %, tandis que le quartier des femmes accueille 37 détenues pour 19 places théoriques, soit un taux de 195 %. Le rapport relève également que, malgré l'absence de matelas au sol, l'encellulement individuel demeure exceptionnel[2].
Conditions de détention
modifierLors de sa visite du au, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté relève une dégradation importante des conditions matérielles de détention. Son rapport signale notamment la présence de rats, de punaises de lit et de cafards, l'insalubrité des douches collectives et le manque d'entretien des bâtiments. Dans de nombreuses cellules, l'espace personnel disponible est inférieur à 3 mètres carrés et l'intimité des personnes détenues n'est pas assurée[2].
Les contrôleurs constatent également un accès insuffisant aux activités et à la formation professionnelle. Les femmes et les mineurs disposent notamment de temps de promenade plus restreints que les hommes majeurs. Le sous-effectif du personnel de surveillance contribue également aux difficultés de prise en charge[2].
En revanche, le rapport juge la prise en charge sanitaire globalement satisfaisante et adaptée, malgré un manque de coordination entre le service médico-psychologique régional et l'unité sanitaire. Il relève toutefois des atteintes au secret médical et à la dignité des personnes détenues lors de certaines consultations médicales réalisées à l'extérieur de l'établissement, en raison de la présence de surveillants et du maintien des moyens de contrainte[2].
Références
modifier- 1 2 « Centre pénitentiaire de Metz », sur Ministère de la Justice (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 « Rapport de la deuxième visite du centre pénitentiaire de Metz-Queuleu (Moselle) » [PDF], sur Contrôleur général des lieux de privation de liberté, (consulté le ).
- ↑ « Centre pénitentiaire de Metz », sur Observatoire international des prisons (consulté le ).
- ↑ Christian Carlier, Histoire des prisons de Metz : De l'Ancien Régime à nos jours, Metz, Éditions Serpenoise, (ISBN 978-2-87692-819-0), Quatrième de couverture.
- 1 2 3 4 5 6 « Centre pénitentiaire de Metz » [archive du ], sur Archives départementales de la Moselle (consulté le ).
- ↑ Christian Dablanc, Rapport présenté à Monsieur le garde des sceaux, ministre de la Justice, Direction de l'administration pénitentiaire (lire en ligne), p. 247.
- 1 2 « Rapport de visite : centre pénitentiaire de Metz (Moselle) » [PDF], sur Contrôleur général des lieux de privation de liberté (consulté le ).
- ↑ « Travaux d'aménagement à prévoir dans la maison d'arrêt de Metz », sur Sénat, (consulté le ).
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- Site officiel
- Ressource relative à plusieurs domaines :