Château de Machuraz
Le château de Machuraz — localement appelé parfois château d'Artemare — est un château du XVIe siècle remanié au XIXe siècle par Benoît-Joseph Chatron, qui se dresse au lieu-dit Machuraz sur la commune de Valromey-sur-Séran dans le département de l'Ain et la région Auvergne-Rhône-Alpes. Il a succédé à une ancienne maison forte qui elle-même a remplacé une ancienne grange et une tour accolée postérieurement à celle-ci.
| Château de Machuraz | |
| Nom local | Château d'Artemare |
|---|---|
| Type | Château de plaisance |
| Début construction | XVIe siècle |
| Fin construction | fin du XIXe siècle |
| Propriétaire actuel | Personne privée |
| Destination actuelle | Habitation privée Château fermé au public |
| Protection | |
| Coordonnées | 45° 52′ 35″ nord, 5° 42′ 13″ est[2] |
| Pays | |
| Anciennes provinces de France | Pays de Gex |
| Région | Auvergne-Rhône-Alpes |
| Département | Ain |
| Commune | Valromey-sur-Séran |
| modifier |
|
L'ensemble du domaine et le château en totalité, les portails, les communs, les écuries, le cellier, l'escalier nord et sa fontaine, la maison, le potager, la grille du parc font l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques par arrêté du [1].
Situation
modifierLe château de Machuraz est situé dans le département français de l'Ain sur la commune de Valromey-sur-Séran au lieu dit Machuraz.
Histoire
modifierDans la première moitié du XIIe siècle[3], ce territoire était sans construction aucune et couvert en grande partie de broussailles. Vers 1160[3], Gui de Graiseu et Aymon, son fils, du consentement de Léotaud de Chavornay, donnèrent aux religieux de Saint-Sulpice tout ce qu'ils y possédaient.
Humbert de Luyrieux, en 1169[3], Guillaume de Roieu, vers 1172[3], et Pierre de Saint-Genis, en 1181[3], leur firent une donation semblable. De bonne heure les moines de Saint-Sulpice reconnurent l'excellence de ce terroir. Ils le complantèrent de vignes et travaillèrent, pendant trois siècles, à créer et à étendre leur vignoble. En 1258[3], ils acquirent les droits qu'avaient, sur les fonds voisins, Hugues de Mornay et ses frères ; en 1263[3], ceux d'Emeline, femme de Bernard Ferra ; en 1267 et 1270[3], ceux d'Hugues Pochet de Don et de Guillaume, seigneur de la Balme en Valromey, chevalier, etc.
Vers cette dernière époque, une grange fut édifiée pour abriter les ouvriers fixés dès lors en permanence sur les lieux ; au XIVe siècle[3], une tour lui fut adjointe ; au XVe siècle[3], la grange et cette tour furent remplacées par une maison-forte (domus fortis Machurati) qui, elle-même, fit place, au XVIe siècle[3], au château (le chasteau de Macheras) qui existe encore.
Ce château et le vignoble de Mâchuraz sont au XIXe siècle la propriété du baron Léon d’Allemagne, alias Dallemagne, petit-fils du général baron Claude d’Allemagne, alias Dallemagne, qui s'illustra sous la République et le Premier Empire.
Il est acheté vers 1875 par Louis Marie Meaudre des Gouttes[4], magistrat à Lyon, procureur au tribunal de Belley, président du Conseil d'Administration de l'hôpital Saint Luc à Lyon à partir de 1884-1902. Depuis le château reste la propriété de la famille[4].
Dès le début du XIIe siècle, les moines cisterciens de l'abbaye de Saint-Sulpice-en-Bugey, ne pouvant cultiver la vigne sur les hauteurs du plateau d'Hauteville, se constituent un vignoble à Machuraz, dans le Valromey. L'exploitation prend alors la forme d'un « cellier », dirigé par un religieux convers résidant sur place et chargé de la culture des vignes comme de la vinification. Les caves actuelles, voûtées en berceau et d'arêtes, pourraient dater en partie de cette époque ; une colonne galbée qui y soutient une voûte d'arêtes semble même provenir d'un monument romain antérieur, ce qui atteste une occupation du site bien plus ancienne encore. Le vignoble demeure propriété des moines de Saint-Sulpice jusqu'à la Révolution : le domaine est vendu comme bien national le 26 février 1791 à Jean Chanel, ex-cordelier de Lyon, avant d'être cédé le 5 avril 1809 au général baron Claude Dallemagne, puis racheté par la famille Meaudre en 1875.
Toujours en activité, le vignoble de Machuraz produit aujourd'hui des vins en appellation d'origine contrôlée Bugey. Il s'étend sur environ 3 hectares, plantés pour 1,33 hectare en chardonnay (cépage blanc) et pour 1,72 hectare en mondeuse (cépage rouge caractéristique de la Savoie et du Bugey). Vinifiés et commercialisés par le Caveau Bugiste depuis 2012, ces vins sont régulièrement récompensés dans des concours viticoles, notamment au Concours des meilleurs chardonnay du monde et au Concours des grands vins de Mâcon.
Notes et références
modifier- 1 2 « Château de Machuraz », notice no PA01000021, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- ↑ Coordonnées vérifiées sur Géoportail.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Topographie historique du département de l'Ain 1873, p. 213.
- 1 2 « Anne Meaudre fête ses 100 ans au château de Machuraz », Le Progrès, (lire en ligne
)
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Marie-Claude Guigue, Topographie historique du département de l'Ain, Bourg, Gromier Ainé, , 518 p. (BNF 30556006, lire en ligne)
- Jacques Dubois, « Moines et monastères du Bugey », Le Bugey, 49e fascicule, 1962, p. 39-45.
- Louis Berthelon, « Quelques notes sur Artemare », Le Bugey, 32e fascicule ; texte repris dans Artemare, 1948, p. 163-173.
- M. C. Guigue, Petit cartulaire de Saint-Sulpice-en-Bugey, 1884.
- M. C. Guigue, « Vingt-trois concessions faites de 1140 à 1182 à l'abbaye de Saint-Sulpice-en-Bugey par divers seigneurs », Revue des Sociétés savantes, 1872, p. 290-307.