Jangsu de Goguryeo

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Jangsu (장수) (394-491), né Go Georyeon (고 거련), est le fils de Gwanggaeto le Grand, il est nommé prince héritier en 409 en tant que fils ainé du Roi, monte sur le trône du royaume de Koguryŏ en 413 et y reste jusqu'à sa mort en 491.
Pendant son long règne, il abandonne l’ancienne capitale de Gungnae pour en installer une nouvelle à Pyeongyang (actuelle capitale de la Corée du Nord) où s’élève le palais d’Anhak. La pyramide Janggunchong (장군총, 將軍塚, Jiangjunzhong) au Jilin, Chine, serait son mausolée. Elle fait partie des vestiges de l'ancien royaume de Koguryo inscrits au patrimoine mondial. Son nom Jangsu est son titre posthume, et signifie Longue vie.

Changsu
La pyramide Janggunchong, qui serait son mausolée.
Fonction
Roi (d)
Koguryŏ
-
Biographie
Naissance
Décès
Romanisation révisée
Jangsu-wangVoir et modifier les données sur Wikidata
McCune-Reischauer
Changsu-wangVoir et modifier les données sur Wikidata
Père
Enfants
Go Joda (d)
Go Seungu (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Relations avec les dynasties Chinoises

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Relation avec Wei et le Yan septentrional, fin de la période des Seize Royaumes

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Après leur lourde défaite face au père de Jangsu, Gwanggaeto, le Yan postérieur décline et laisse place à la dynastie du Yan septentrional autour de 407-409. Quand Jangsu arrive sur le trône en 413, la situation qui était plus que chaotique dans le nord de la Chine commence à se stabiliser sous la main de la dynastie Wei. Jangsu a conscience du pouvoir montant que représente le Wei et s'applique à entretenir des relations diplomatiques importantes : il envoie plus de 36 cadeaux et honneurs durant son règne[1]. Le Yan septentrional, qui se trouve particulièrement faible comparé à ses voisins, tente de faire de même pour sécuriser sa situation. Cependant, l'empereur Taiwu (Tuoba Tao) de Wei refuse ses envois et prévient même Goguryeo qu'il compte envahir le Yan du Nord. Dès 432, Wei lance des offensives pour conquérir les territoires du Yan septentrional. Feng Hong (en), devenu empereur du Yan en 430, tente de chercher du soutien en se vassalisant à la dynastie Song antérieure en 435. Cela n'y fait rien : une invasion wei majeure assiège la capitale Longcheng (kor. Yeongsong) en 436 et Feng Hong (en) se voit obligé de demander le soutien de Goguryeo. Jangsu envoie alors 20 000 soldats pour secourir la cour et les habitants de la ville et les guider hors de danger. La cohorte de réfugiés serait longue de 30 km (80 li). Les troupes wei, incapables face aux forces goguryeo, n'ont d'autre choix que de laisser l'émigration de masse se faire[2].

L'empereur Taiwu demande alors au Roi Jangsu de livrer Feng Hong et sa suite, demande qui est refusée. Suite à cela, l'empereur de Wei s'apprête à regrouper les troupes pour attaquer Goguryeo et laver l'offense, mais son frère Tuoba Pi, Prince de Leping s'y oppose fermement et le projet est avorté[3]. On peut supposer que la raison de cette opposition réside dans le danger que représente le Khaganat Rouran, un état au nord de Wei qui rompt à ce moment là le traité de paix établi avec Wei deux ans plus tôt en envahissant la frontière nord. Quant à Feng Hong, il était réfugié à Yodong (actuel Liaoyang), sous la protection de Jangsu. Cependant, l'ayant offensé par ses tentatives d'évasion et son insolence, il le fait exécuter avec ses fils en 438.

Goguryeo en tant que puissance diplomatique de l'asie de l'est

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Les relations avec Wei se détériorent particulièrement, avec aucun cadeau ou hommage envoyés entre 439 et 462. Après le début des hostilités entre Wei et la dynastie Song du Sud en 450[3], Jangsu montre clairement quel coté il favorise en envoyant ses hommages à Song dès 454[1]. On peut le comprendre : lui et l'empereur Song (à l'époque l'empereur Xiaowu (en)) partagent le même intérêt concernant Wei, c'est à dire les contenir le plus possible, particulièrement avec leur conquêtes récentes des Liang du Nord (439) et du royaume Tuyuhun (446) qui ne les a rendu que plus puissants. C'est d'ailleurs à la conquête des Liang du Nord par Wei que l'on place la fin de la période des Seize Royaumes avec l'unification de la Chine du Nord par Wei.

C'est autour de cette même période que Jangsu arrive à ses fins diplomatiques pour stratégiquement contrer Wei. Ses tentatives de rapprochement avec Song sont fructueuses : il est nommé en 463 par l'empereur Xiaowu de Song (en) les titres honorifiques suivants : Cheqi Dajiangjun (Grand Général du Char et du Cheval) et Kaifuyitongsansi (Commandant à l'honneur inégalé)[1]. Parallèlement, il consolide ses relations avec Rouran, chose qu'il entreprend depuis au moins les années 430[3]. Ainsi, Jangsu arrive à placer Goguryeo non seulement en puissance militaire importante de la région (ce qui était déjà le cas pendant le règne de son père Gwanggaeto), mais aussi en force diplomatique qui prend l'importance d'une grande dynastie chinoise de l'époque. Il forme des relations amicales avec les puissances majeures de l'époque pour se protéger de Wei, et devient ainsi le médiateur indispensable entre Song et les groupes nomades du Nord qui eux aussi ont tout intérêt à contenir Wei[3],[2],[1].

Conquêtes

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Déménagement de la capitale et projets d'expansion

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Une fois la situation diplomatique avec la Chine grandement stabilisée dans les années 450, Jangsu se tourne vers le Sud. En 427, il déplace la capitale du royaume de Gungnae à Pyeongyang[1]. Cette décision s'explique par plusieurs facteurs : tout d'abord, Goguryeo est en plein essor démographique et la capitale Gungnae n'a plus la place nécessaire. De plus, située en zone montagneuse, il n'est pas évident de l'agrandir efficacement. Pyeongyang se trouve elle en plaine, et est donc plus prompt à accueillir une grande population, ainsi qu'a faciliter le commerce par le fleuve Taedong. Cela permet aussi a Jangsu d'affaiblir l'aristocratie qui est bien établie dans l'ancienne capitale. Dernièrement, la nouvelle capitale est plus au Sud, ce qui permet à Jangsu d'être plus proche de ses projets d'expansion vers le sud de la péninsule[3],[4]. Il y construit le Palais d'Anhak, qui sera la résidence des monarques de Goguryeo jusqu'en 668.

Conquêtes de Baekje et Silla

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En 450, une garnison de frontière Silla tue en embuscade un général Goguryeo en partie de chasse[1]. Quand Jangsu l'apprend, il accuse le Maripgan (roi) Nulji de Silla de vouloir rompre l'amitié entre les deux royaumes et envoie des troupes attaquer la frontière nord de Silla. Le Maripgan Nulji envoie ses excuses et les troupes goguryeo sont rappelées. Cependant, cette date marque le début d'attaques régulière de Goguryeo sur Silla (454, 468)[5]. Une alliance forgée en 433 entre les deux royaume méridionaux de la péninsule joue, notamment en 455, quand Goguryeo attaque Baekje, et que Nulji de Silla envoie l'armée pour assister le royaume voisin. De nombreuses fortifications sont construites par les deux royaumes méridionaux pendant la deuxième partie du Ve siècle, notamment à la frontière nord de Baekje en 469 et en Silla en 468, 470, 471, 473 et 474[6]. On peut supposer qu'il y a eu tout autant de construction de défenses en Baekje mais les Baekje Pongi du Samguk Sagi (annales) de cette époque sont très sporadiques sur le sujet[5]. On peut sentir que Baekje et Silla comprennent bien la menace grandissante que Goguryeo représente, Baekje envoie en 472 une demande d'assistance militaire aux Wei du Nord en cas de nouvelle invasion goguryeo. Leurs suspicions sont raisonnables : la même année, Jangsu envoie le moine Dorim en Baekje en espionnage, sous la couverture de chercheur d'asile. Il gagne la confiance du Roi Gaero grâce à son talent au jeu de go (baduk), et le convainc de se lancer dans la construction de palais royaux et autres projets architecturaux à grande échelle, ce qui ruine complètement les finances du roi, et l'affaiblit face à une potentielle invasion goguryeo[2]. Cela ne manque pas : en 475, Jangsu lance une offensive majeure qu'il mène lui même à l'âge de 82 ans et prend la capitale baekje Hanseong. Le Roi Gaero envoie son fils Munju demander l'aide de Silla, et le Maripgan Jabi envoie son armée pour défendre son voisin, en vain car elle arrive trop tard[6]. La capitale Hanseong est prise par l'armée de Jangsu, le Roi Gaero de Baekje publiquement humilié et exécuté, et le nouveau Roi Munju de Baekje est forcé de déplacer la capitale du royaume à Ungjin (actuel Gongju). La violence de l'exécution du roi Gaero est assez probablement causée par la volonté de représailles de la mort du roi Gogukwon, plus d'un siècle auparavant[7]. On peut supposer que Silla représente à cette époque une menace plus importante pour Goguryeo que Baekje, car quand les troupes du Maripgan Jabi arrivent à Hanseong, l'armée Goguryeo bat en retraite. Cependant, Silla est affaibli par les attaques régulières de Wae sur ses côtes orientales[6].

Avec le déménagement de la capitale vers Ungjin, le nouveau roi Munju abandonne la région du bassin du Han. De cette manière, Jangsu parvient à entendre son royaume au sud jusqu'à la ligne qui relie le passage de Jungnyeong à la baie de Namyang (proche de l'acutel Hwaseong)[4]. En 481, assisté par l'armée Malgal (Mohe), Goguryeo envahit le nord de Silla et prend sept forteresses dont Homyeong. Selon les annales Silla du Samguk Sagi, les forces alliées de Gaya-Baekje-Silla parviennent à repousser l'envahisseur et même à faire des prisonniers. Quelques autres offensives goguryeo contre Silla agrandissent le territoire du royaume, notamment en 489, ou la ville de Gwahyeon et la forteresse Hosan sont prises[6],[1].

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 Pu-sik Han'guk Chŏngsin Munhwa Yŏn'guwŏn et Edward J. Shultz, The Koguryo annals of the Samguk sagi, Academy of Korean Studies Press, (ISBN 978-89-7105-791-9)
  2. 1 2 3 Ho-t'ae Chŏn, Goguryeo: in search of its culture and history, Hollym, (ISBN 978-1-56591-282-3)
  3. 1 2 3 4 5 T'ae-don No, Korea's ancient Koguryŏ kingdom: a socio-political history, Global Oriental, (ISBN 978-90-04-24571-6)
  4. 1 2 Gi baeg I, Edward Willett Wagner, Edward J. Shultz et Gi baeg I, A new history of Korea, Harvard University Press, (ISBN 978-0-674-61576-2)
  5. 1 2 Jonathan W. Best, A history of the early Korean kingdom of Paekche: together with an annotated translation of the Paekche annals of the Samguk sagi, Harvard University Asia Center : Distributed by Harvard University Press, coll. « Harvard East Asian monographs », (ISBN 978-0-674-01957-7)
  6. 1 2 3 4 Pu-sik Kim, Edward J. Shultz et Hugh H. W. Kang, The Silla annals of the Samguk sagi, Academy of Korean Studies Press, (ISBN 978-89-7105-860-2)
  7. ↑ Jinwung Kim, A history of Korea: from "Land of the Morning Calm" to states in conflict, Indiana University Press, (ISBN 978-0-253-00078-1)

Liens externes

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