Chanté Nwel
Chanté Nwel (littéralement en français : « chanter Noël ») est une tradition antillo-guyanaise qui se déroule entre les fêtes de la Toussaint et Noël, notamment en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane.
Préparation aux fêtes de Noël, il s'agit d'un regroupement de personnes pour chanter des cantiques de Noël classiques, mais aussi partager un repas traditionnel. Si, historiquement, cette rencontre se fait dans un cadre familial ou amical, elle s'est généralisée au sein d'entreprises ou donne lieu à des festivités publiques. Les chants de Noël, s'ils conservent souvent les paroles d'origine en français, sont instrumentalisés au rythme des Antilles avec souvent l'utilisation du gwo ka ou de la biguine en Guadeloupe, ou peuvent faire l'objet d'adaptations en créoles antillais ou guyanais, notamment concernant les refrains[1],[2].
Cette célébration fait l'objet en d'une opération de rapprochement des cultures conjointement organisée par le ministère de la Culture et de la Communication et de la délégation interministérielle pour l'égalité des chances des Français d'outre-mer[3].
Histoire
modifierL'origine des chanté nwel remonte à la période de l'esclavage aux Antilles. Le Code Noir impose que les esclaves soient « baptisés et instruits dans la religion catholique, apostolique et romaine ». Il s'ensuit pour les Noirs victimes du commerce triangulaire un mélange entre leur culture africaine d'origine et des textes catholiques européens. Aux cantiques se mêlent des improvisations en créole, parfois plus profanes que sacrées, et des sonorités issues de la musique que les Antillais composent, au rythme notamment de tambours – les Jésuites ayant formé certains esclaves à l'apprentissage d'instruments de musique pour les offices religieux[4].
Avec le temps, ils ont évolué musicalement : les chants récents ont ainsi un rythme plus rapide[5].
Références
modifier- ↑ Bertrand Dicale, « Pourquoi ne chante-t-on plus Noël ? », Le Figaro, (consulté le ).
- ↑ Joseph Nodin, « Chanté nwel : c'est parti », Martinique 1re, (version du sur archive.org).
- ↑ « Chanté Nwèl » [PDF], sur culture.gouv.fr, (version du sur archive.org).
- ↑ Hélène Clément, « Le « chanté Nwèl » dans les Antilles françaises, une tradition qui remonte au XVIIe siècle »
, Le Devoir, (consulté le ). - ↑ Catherine Lama, « Des cantiques aux "chanté nwel" », Guyane La 1re, .
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Emmanuella Bade (sous la dir. d'Apollinaire Anakesa Kululuka), Structure et évolution du chanté nwel en Guyane Française : patrimoine d’une tradition pour les valeurs et la cohésion sociales (thèse de doctorat en musicologie, option ethnomusicologie, no 2022ANTI0760), Université des Antilles, (DOI 10.70675/3ba0168ezf9b6z42c0z98f2zf81249f23dce, SUDOC 272239089, présentation en ligne, lire en ligne [PDF]).
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- « Chanté Nwèl », sur univ-guyane.fr, Université de Guyane (version du sur archive.org).
- « Annou Chanté Nwèl », sur potomitan.info.