Chapelle Foujita

chapelle située dans la Marne, en France

Chapelle Notre-Dame-de-la-Paix

Chapelle Notre-Dame-de-la-paix
Chapelle Foujita
Présentation
Type
Style
Architecte
Construction
1965-1966
Propriétaire
Commune
Patrimonialité
Localisation
Département
Commune
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La chapelle Notre-Dame-de-la-Paix, communément appelée « chapelle Foujita » est un petit édifice religieux catholique sis à Reims, en France. Projet du peintre japonais qui la décora personnellement elle fut construite en 1964. Les dépouilles mortelles du peintre et de son épouse y sont inhumées.

Historique

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Depuis son expérience mystique dans la basilique Saint-Remi qui le conduisit à sa conversion au catholicisme (1959), le peintre japonais Léonard Foujita reste très attaché à la ville de Reims. En 1964, il décide avec René Lalou (son parrain de baptême, qui dirigeait la maison de vin de Champagne Mumm) d'y construire une chapelle-mémorial qu'il décora lui-même. Bien que décédé à Zurich, sa dépouille mortelle y est ramenée en 2003. Son épouse, morte en 2009 y est également inhumée.

Le rêve de Foujita est de construire un ensemble religieux autonome qui permet d'englober toutes les expressions artistiques occidentales traditionnelles.

René Lalou, président des champagnes Mumm, et parrain lors de son baptême, le soutient et l’encourage dans son projet. Après de multiples recherches pour trouver un terrain autour de Villiers-le-Bâcle où réside Foujita, ils s’arrêtent finalement à Reims, juste à côté de la maison Cordon Rouge, 33 rue du Champ-de-Mars. Lalou en fait l’achat, à titre personnel, afin de permettre à l’artiste de concrétiser son souhait. Un premier projet proposé par l'architecte parisien A. Sabatier n'est pas retenu, trop moderne. Les deux amis se tournent alors vers l'architecte Maurice Clauzier. Bien connu à Reims, ce dernier va très vite comprendre la démarche de Foujita[1].

Les deux artistes communiquent par échanges épistolaires. Le peintre souhaite que la chapelle soit de style roman car c'est le style architectural le plus pur et le plus simple. Le titre « Notre Dame de la paix » fait référence à l'encyclique Pacem in Terris rédigée par le pape Jean XXIII. Publiée en 1963 en pleine guerre froide, cette célèbre encyclique, adressée à tous et non pas seulement aux catholiques, est un message de paix universel.

Dédiée à 'Notre-Dame-de-la-Paix', la chapelle, de style néo-roman, est située à proximité du centre historique de Reims dans la rue du Champ-de-Mars. Le chantier débute en . Le le couple Foujita s'installe à Reims dans la maison Cordon Rouge. Le commence pour l'artiste la réalisation des fresques, qu'il achève le [2].

De nombreux artistes se sont intéressés à l'art sacré au début du XXe siècle.

À la fin des années 1930, le père Couturier (1897-1954), père dominicain, ancien élève de Maurice Denis, a participé aux ateliers d'art sacré. Il avait noué des liens d'amitié avec plusieurs artistes célèbres et a contribué au renouveau de l'art religieux en France. Sous son impulsion, des artistes renommés (Pierre Bonnard, Fernand Léger, Henri Matisse, Georges Rouault, Marc Chagall et Germaine Richier) ont participé au chantier de l'église Notre-Dame-de-Toute-Grâce sur le plateau d'Assy en Haute-Savoie. Henri Matisse, après la Seconde Guerre mondiale, avait décoré la chapelle des dominicains à Vence. Le Corbusier avait réalisé la chapelle Notre-Dame-du-Haut à Ronchamp en Haute-Saône de 1951 à 1954. Jean Cocteau avait réalisé la décoration de la chapelle Saint-Pierre de Villefranche-sur-Mer en 1950.

Descriptif de la chapelle

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L'intérieur de l'édifice est largement recouvert par des fresques peintes par Léonard Foujita et représentant différents passages de l'Histoire sainte, dont la plupart reprennent des scènes de la vie du Christ. La peinture à fresque implique l'absence de reprise ou la moindre hésitation. Chaque composition commencée doit se terminer dans la journée. Il met au point lui-même les pigments. Foujita a été marqué par les œuvres de Diego Rivera, créateur du muralisme mexicain, qui a vécu à Paris entre 1909 et 1921. Il l'avait rencontré dans la capitale parisienne par l'intermédiaire de leur ami commun Amedeo Modigliani. Rivera a réalisé le portrait de Foujita avec Kawashima Rüchiro en 1914. Le peintre japonais l'avait revu lors de son séjour au Mexique.

Les vitraux ont également été peints par Foujita et réalisés par le maître-verrier Charles Marq. Les motifs reprennent des scènes de la vie en Champagne et des vues de la campagne.

Il a 80 ans quand il réalise ce chantier[4].

Elle est bénie le puis solennellement remise à la ville de Reims le suivant[5]. La chapelle fait l’objet d’une inscription au l'inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis le [6].

Foujita meurt à Zurich le . Les obsèques auront lieu à la cathédrale de Reims, puis le corps est inhumé dans sa petite chapelle. En 1971 sa dernière épouse, Kimiyo, qui vit à Villiers-le-Bâcle fait transférer le corps là où elle réside. En 2002, elle décide de respecter la volonté de son mari, le corps est de nouveau exhumé pour rejoindre, le , Notre-Dame-de-la-Paix. Kimyo décède à Tokyo le . Ces cendres sont transférées auprès de Foujita le de la même année[2].

En 2019, elle a reçu 10 546 visiteurs[7].

Description intérieure de la chapelle

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En entrant dans la chapelle, la première fresque à droite représente Le Lavement des pieds[8]. Elle est suivie d'un vitrail de saint Léonard[9] qui n'est pas sans évoquer le nom de baptême choisi par Foujita en hommage à Léonard de Vinci. La seconde fresque présente La Nativité[10], ensuite d'un second vitrail, représentant sainte Béatrice[11], prénom de la marraine de Foujita. La troisième station présente Le Portement de Croix[12].

Dans la chapelle de la communion, peinte en cul-de-four, La Cène[13], des vitraux de part et d'autre renforcent cette tragédie. L'un met en scène un laïc l'autre un religieux, souvent identifié à Saint Remi[14]. Vient ensuite La Résurrection[15].

L'abside est consacrée à Notre-Dame-de-la-Paix[16]. En total décalage avec la scène centrale, les vitraux de cette dernière évoquent des créatures fabuleuses, des monstres malfaisants[17]. Puis survolant le maître-autel nous apparaît Dieu le Père entouré du tétramorphe[18] (symboles des quatre évangélistes). Sur le haut de la porte de la sacristie La Pêche miraculeuse[19]. Porte composée de 16 petits panneaux de bois, dont la décoration rappelle les enluminures du Moyen Age, ils montrent des personnages importants du panthéon chrétien, tels Moïse, ou bien racontent leur extraordinaire histoire. Poursuivons notre visite, voici la fresque de L'Annonciation[20], puis la chapelle Notre-Dame des vendanges[21], accompagnée d'un grand vitrail La Genèse[22] et face à cette Madone, sur le mur de gauche, la fresque des sept péchés capitaux[23]. En sortant de cette chapelle Jésus guérissant les malades[24], de nouveau un vitrail Sainte Cécile[25] , La Déploration du Christ mort[26] et Sainte Marthe[27]. Pour dialoguer avec le baptistère[28] Foujita a choisi de présenter la scène du Baptême du Christ[29]. Pour terminer au revers de la façade de cette chapelle se tient une immense scène de la Crucifixion[30]. Parmi les disciples à droite figurent le donateur René Lalou, l'architecte Maurice Clauzier et Foujita.

L'extérieur

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Entourée de végétation, cette chapelle semble modeste, dans la lignée des églises de campagne. Un étonnant calvaire aux traits d'un Christ enfant[31] accueille le visiteur. De chaque côté de la porte cloutée de la façade sont placés deux emblèmes: l'agneau pascal[32] et des poissons entrelacés[33]. Au-dessus deux croix grecques et deux croix romaines[34] marquent l'union de l'Orient et de l'Occident. Cet édifice est surmonté d'un clocher avec deux cloches de bronze[35]: Marthe et François. Il est coiffé d' une girouette un coq chantant[36].

Portail de l'enclos conduisant à la chapelle

Notes et références

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  1. Montout-Richard 2019, p. 8.
  2. 1 2 Montout-Richard 2019, p. p. 8, note1.
  3. « La chapelle Foujita », sur Les musées de Reims (consulté le )
  4. Foujita : Le maître du trait - Anne Le diberder (Auteur), Ikuo Kikuchi (Auteur), Hiromi Hanzawa (Auteur), Michel Berson (Préface) - Éditeur : Philippe Picquier (30 octobre 2008) - (ISBN 978-2809700602)
  5. sur le site de la ville
  6. Notice no PA00078928, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
  7. « Rapport d'activités - Office de Tourisme »
  8. Le Lavement des pieds
  9. « Saint Léonard, MARQ », sur Portail officiel des Musées de Reims (consulté le )
  10. La Nativité
  11. Sainte Béatrice
  12. Le Portement de Croix
  13. La Cène
  14. Saint Remi
  15. La Résurrection
  16. Notre-Dame-de-la-Paix
  17. Scène de l'apocalypse
  18. Dieu le Père entouré du tétramorphe
  19. La Pêche miraculeuse
  20. « L'Annonciation, FOUJITA », sur Portail officiel des Musées de Reims (consulté le )
  21. « Notre-Dame-des-Vendanges, FOUJITA », sur Portail officiel des Musées de Reims (consulté le )
  22. « La Genèse, MARQ », sur Portail officiel des Musées de Reims (consulté le )
  23. « Les Sept Péchés capitaux, FOUJITA », sur Portail officiel des Musées de Reims (consulté le )
  24. « Jésus guérissant les malades, FOUJITA », sur Portail officiel des Musées de Reims (consulté le )
  25. « Sainte Cécile, MARQ », sur Portail officiel des Musées de Reims (consulté le )
  26. « Le Chemin de Croix, FOUJITA », sur Portail officiel des Musées de Reims (consulté le )
  27. « Sainte Marthe, MARQ », sur Portail officiel des Musées de Reims (consulté le )
  28. « Fonts baptismaux, CHIQUET », sur Portail officiel des Musées de Reims (consulté le )
  29. « Le Baptême du Christ, FOUJITA », sur Portail officiel des Musées de Reims (consulté le )
  30. « La Crucifixion, FOUJITA », sur Portail officiel des Musées de Reims (consulté le )
  31. « Calvaire, CHIQUET », sur Portail officiel des Musées de Reims (consulté le )
  32. « Agneau pascal, CHIQUET », sur Portail officiel des Musées de Reims (consulté le )
  33. « Poissons entrelacés et sirènes, CHIQUET », sur Portail officiel des Musées de Reims (consulté le )
  34. « Frise de losanges crucifères, CHIQUET », sur Portail officiel des Musées de Reims (consulté le )
  35. « "Marthe" et "François", cloches de la chapelle, ANONYME FRANCAIS 20ème siècle », sur Portail officiel des Musées de Reims (consulté le )
  36. « Girouette au coq, ANONYME FRANCAIS 20ème siècle », sur Portail officiel des Musées de Reims (consulté le )

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Marie-Hélène Montout-Richard, Chapelle Foujita Reims - Notre-Dame-de-la-Paix, Gent, Snoeck, , 64 p. (ISBN 978-94-6161-282-3)

Articles connexes

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