Chapelle Notre-Dame de la Colombe (Linsmeau)

chapelle en Belgique

La chapelle Notre-Dame de la Colombe (ou chapelle Notre-Dame du Perron) est une chapelle de style classique édifiée en tuffeau et située à Linsmeau, village de la commune belge d'Hélécine en Brabant wallon.

Chapelle Notre-Dame de la Colombe de Linsmeau
Chapelle Notre-Dame du Perron
Image illustrative de l’article Chapelle Notre-Dame de la Colombe (Linsmeau)
Présentation
Culte Catholique romain
Type Chapelle
Rattachement Archidiocèse de Malines-Bruxelles
Début de la construction 1327 (première chapelle)
Fin des travaux 1723 (deuxième chapelle)
Style dominant Style classique
Protection Icône du bouclier bleu apposé sur un immeuble classé de la Région wallonne Patrimoine classé (1980, no 25118-CLT-0004-01)
Géographie
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Province Drapeau de la province du Brabant wallon Province du Brabant wallon
Commune Hélécine
Section Linsmeau
Coordonnées 50° 44′ 00″ nord, 5° 00′ 12″ est
Géolocalisation sur la carte : Brabant wallon
(Voir situation sur carte : Brabant wallon)
Chapelle Notre-Dame de la Colombe de LinsmeauChapelle Notre-Dame du Perron
Géolocalisation sur la carte : Belgique
(Voir situation sur carte : Belgique)
Chapelle Notre-Dame de la Colombe de LinsmeauChapelle Notre-Dame du Perron

Localisation

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La chapelle, également appelée chapelle Notre-Dame du Perron[1],[2], se dresse au centre d'une petite place arborée de forme triangulaire qui termine, au sud-est, la rue du Centre, la rue principale du village de Linsmeau, parallèle à la rivière[3] qui traverse le village, la Petite Gette.

Formant un ensemble harmonieux avec le chêne et le tilleul qui l'entourent[4], elle est située une centaine de mètres au nord de l'église paroissiale et du château de Linsmeau.

Historique

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Une première chapelle fut inaugurée à cet endroit en 1216[5].

Selon la légende, le chevalier Jean de Racour, seigneur de Racour, de Grand-Leez et de Linsmeau, qui avait fait le vœu de bâtir une chapelle à l'endroit où il verrait une blanche colombe, sortit indemne d'une bataille, aperçut une colombe sur la place communale de Linsmeau et y fit construire la chapelle actuelle en 1327[4],[5]. Par ailleurs, le sceau de Jean de Racour portait trois colombes[4],[5].

La chapelle était jadis célèbre par des miracles qui s'y étaient opérés et comme lieu de pèlerinage[1].

La chapelle a été rebâtie au début du XVIIIe siècle comme le constatent (selon Tarlier et Wauters) la date 1723 qui se lit à l'intérieur et le millésime 1721 que l'on voit sur le toit[1].

Classement

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La chapelle fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques et ses abords font l'objet d'un classement comme site depuis le [6].

Architecture

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Architecture extérieure

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Plan et maçonnerie

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Tuffeau de la façade.

La chapelle, couverte d'ardoises, est un édifice à nef unique de trois travées, terminé par une abside à trois pans[1],[7],[2],[8].

Elle constitue un exemple rare de monument bâti presque intégralement en tuffeau[5].

Cette pierre calcaire, de couleur jaune nuancée de gris[3], est appelée « tuffeau de Linsmeau »[9] ou « tuffeau de Lincent »[2],[10]. Elle a été extraite du sous-sol des villages de Linsmeau et de Lincent depuis l'antiquité romaine jusqu'aux années 1940[10],[11],[12]. Son usage se généralisa au Moyen Âge dans la région pour la construction de fermes et de maisons mais aussi pour la construction d'édifices religieux comme l'église Saint-Pierre de Linsmeau, l'ancienne église Saint-Pierre de Lincent et l'église Saint-Sulpice de Neerheylissem[13],[14],[15]. Poreuse, tendre et friable, cette pierre qui durcit au contact de l'air et se raye à l'ongle, est fragile, plus friable que la pierre de Gobertange, sensible à l'érosion et à la pollution : elle a donc été progressivement remplacée par la brique dans l'architecture locale à partir du milieu du XIXe siècle[11],[3],[9],[12].

Façade

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À l'ouest, la chapelle présente une façade percée d'un portail précédé de quelques marches.

Ce portail de style classicisant, encore dans la manière du XVIIe siècle[7], possède des piédroits harpés qui se confondent avec la maçonnerie en tuffeau de la façade. Ces piédroits se terminent par des impostes moulurées qui supportent un arc en anse de panier[8] agrémenté de trois claveaux en saillie[2] et surmonté d'un larmier terminé par des volutes.

Le portail est surmonté d'une petite niche composée de quatre blocs de tuffeau encadrant un bas-relief très érodé figurant peut-être une croix surmontée d'une hostie[2].

À l'est, l'édifice se termine par un chevet constitué d'une abside à trois pans[1],[7],[2],[8].

L'abside présente un soubassement en moellons de pierre de Gobertange[2] au-dessus duquel on peut voir des traces de réfection en briques rouges.

Ses deux pans latéraux (pans coupés) sont percés de grandes fenêtres classiques en anse de panier identiques à celles qui éclairent la nef tandis que le pan central est aveugle[2]. Ce pan axial est orné d'une niche cintré qui abrite un bas-relief de la Sainte Famille surmontée de la colombe du Saint-Esprit et de deux têtes d'angelots[4],[2]. À gauche de la niche, l'abside porte gravé dans la pierre le nom de « Sterkendries Charles », peut-être celui d'un ouvrier qui travailla à l'entretien de la chapelle[4].

Architecture intérieure et patrimoine

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L'intérieur, très simple, est composé d'une nef unique dont les parois, percées de hautes et larges fenêtres classiques, sont enduites et peintes en blanc.

Le chœur abrite un grand autel en chêne du début du XVIIIe siècle[2] orné de la statue de Notre-Dame de la Colombe encadrée de quatre colonnes dont les chapiteaux composites supportent un entablement à lambrequins surmonté d'un dais à volutes flanqué de deux pots à feu.

La statue en chêne polychrome (qui date peut-être du XVIe siècle[7]) représente l'image miraculeuse de Notre-Dame de la Colombe[4]. En 1635, durant la guerre entre le royaume de France et le royaume d'Espagne, la statue fut mutilée par les Huguenots[4]. Après être passée par les mains d'un sculpteur namurois, d'un père de l'église Saint-Michel de Namur, du couvent des Carmes de cette même ville et des comtes d'Esneux, elle aboutit en 1947 au cloître d'Hélécine pour être enfin replacée dans la chapelle[4].

Volée en 1975, elle fut retrouvée sur un marché en Allemagne et réinstallée dans la chapelle en 1976[4].

« Sterkendries Charles ».

Références

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  1. 1 2 3 4 5 Jules Tarlier et Alphonse Wauters, La Belgique ancienne et moderne - Géographie et histoire des communes belges : province de Brabant, canton de Jodoigne, A. Decq éditeur, août 1872, p. 274.
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Bernadette Streel et Caroline d'Ursel, « Chapelle Notre-Dame de la Colombe », sur Inventaire régional du patrimoine en Wallonie, (consulté le ).
  3. 1 2 3 Caroline d'Ursel, Florence Michotte et Bernadette Streel, Patrimoine architectural et territoires de Wallonie : Hélécine, Orp-Jauche, Perwez et Ramillies, Pierre Mardaga éditeur et Service public de Wallonie, , 329 p. (ISBN 2-87009-915-0, lire en ligne), p. 27.
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Panneau explicatif dressé à côté de la chapelle
  5. 1 2 3 4 « Chapelle Notre-Dame de la Colombe » [archive du ], sur Maison du tourisme de la Hesbaye brabançonne.
  6. ↑ « Chapelle Notre-Dame de la Colombe (M) et ses abords (S) », sur Patrimoine culturel immobilier classé de la Wallonie (consulté le ).
  7. 1 2 3 4 Le Patrimoine monumental de la Belgique, Wallonie 2, Brabant, Arrondissement de Nivelles, Pierre Mardaga éditeur, 1998, p. 293.
  8. 1 2 3 Bulletin de la Commission royale des monuments et des sites, Volume 7, Commission royale des monuments et des sites de Belgique, 1956, p. 517.
  9. 1 2 « L'église Saint-Sulpice de Neerheylissem » [archive du ], sur Maison du tourisme de la Hesbaye brabançonne.
  10. 1 2 Équipe Hesbaye liégeoise de la de la Fondation Rurale de Wallonie, Cap sur le patrimoine de Lincent, Fondation Rurale de Wallonie, , p. 5 et 7.
  11. 1 2 La promenade des clochers de Lincent
  12. 1 2 Daniel Dellisse, « Le temps et le vent menacent le tuffeau. » [archive du ], sur Le Soir, .
  13. ↑ Bernadette Streel et Caroline d'Ursel, « Église Saint-Pierre de Linsmeau », sur Inventaire régional du patrimoine en Wallonie, .
  14. ↑ Bernadette Streel et Caroline d'Ursel, « Chapelle Notre-Dame de la Colombe », sur Inventaire régional du patrimoine en Wallonie, (consulté le ).
  15. ↑ Le Patrimoine monumental de la Belgique : Wallonie 2, Brabant, Arrondissement de Nivelles, Pierre Mardaga éditeur, , 623 p. (ISBN 2-87009-679-8, lire en ligne), p. 340.

Articles connexes

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