Pluvier de d'Urville

espèce d'animaux
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Zonibyx modestus, Zonibyx

Zonibyx modestus
Description de cette image, également commentée ci-après
Un Pluvier de d'Urville en plumage nuptial au Chili en août 2024.
Classification COI
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Aves
Ordre Charadriiformes
Famille Charadriidae

Genre

Espèce

Zonibyx modestus
Lichtenstein, MHC, 1823

Synonymes

  • Charadrius modestus

Statut de conservation UICN

( LC )( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Le Pluvier de d'Urville, Gravelot de d'Urville, Pluvier d'Urville ou encore Gravelot d'Urville (Zonibyx modestus, anciennement Charadrius modestus) est une espèce d'oiseaux Charadriiformes de la famille des Charadriidae. Elle est l'unique représentante du genre Zonibyx. C'est un limicole qui se reproduit à l'extrême sud de l'Amérique du Sud et dans les îles Malouines.

Le Pluvier de d'Urville a un plumage changeant selon la saison. Il est très contrasté durant la période de reproduction, avec un sourcil blanc éclatant, une tête grise, et une poitrine rousse soulignée d'une bande noire. Il adopte un plumage plus terne en hiver, brun et blanc.

Nicheur commun dans le sud du Chili et de l'Argentine et dans les îles Malouines, il migre la plupart du temps vers le nord pour passer l'hiver. On le trouve alors aussi en Uruguay et au sud-est du Brésil. Il fréquente des habitats côtiers ou d'altitude, des plaines ouvertes à la végétation rase, des prairies boueuses, des zones pierreuses ou des zones humides. Il se nourrit d'insectes, de larves, de crustacés, de mollusques et de végétaux.

Durant la période de ponte, qui s'étend d'octobre à novembre sur le continent et de septembre à janvier dans les îles Malouines, les deux parents participent à l'incubation des deux ou trois œufs. La population de Pluviers d'Urville semble stable, sans menaces connues, ce qui le classe comme une espèce de préoccupation mineure.

Anciennement classé dans le genre Charadrius, il est aujourd'hui plus largement considéré comme l'unique espèce de son propre genre, Zonibyx.

Description

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Dimensions et plumage

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Le Pluvier de d'Urville mesure entre 19 et 22 cm de long, avec un bec de 1,7 à 1,9 cm, des ailes allant de 14,4 à 14,9 cm, des tarses entre 3 et 3,5 cm en moyenne, et une queue entre 5,7 et 6,9 cm[1]. Il pèse 71 à 94 g[2]. Il n'y a pas de sous-espèce, mais la population des îles Malouines a en moyenne des ailes et des tarses plus longs[1],[2].

En période de reproduction, le front, les lores, le menton et la gorge sont gris pâle. La couronne est brun chocolat, avec un sourcil blanc qui part du front et se termine en deux points noisette de chaque côté de la nuque. Sur le dessus du corps, les plumes sont brun sombre et marginées de fines franges cannelle. Les rémiges secondaires ont une pointe blanche étroite[1],[2]. Le croupion et la queue sont brun-noir au milieu et blanc de chaque côté. La poitrine est d'un brun-rougeâtre vif, avec une bande noire sur le bas. Le dessous du corps est blanc, à l'exception d'une petite tache chamois derrière chaque cuisse[1],[2].

Ce plumage diffère hors période de reproduction, de mars à juillet. Le dessus est alors plus pâle, avec des franges blanches sur les scapulaires et les rémiges tertiaires. La tête est elle aussi beaucoup plus pâle, avec le front et l'avant de la couronne entre le chamois et le blanc moucheté de points plus sombres. Le sourcil est crème, moins net, et surtout visible à l'arrière de l'oeil. Le menton et la gorge portent une petite zone blanchâtre, et le cou et la poitrine sont gris-brun légèrement moucheté[1]. Les juvéniles ont un plumage assez similaire à ce plumage non-nuptial, avec le dessus brun sombre et des mouchetures ou des franges chamois-blanc, et la poitrine plus mouchetée que celle des adultes[1],[2].

Le bec est fin et noir, avec parfois une tache jaune terne à la base de la mandibule inférieure. Les yeux sont brun foncé et les pattes gris-brun, avec une teinte jaunâtre chez les juvéniles[1]. Il n'y a pas de dimorphisme sexuel, mais les femelles sont un peu plus ternes en plumage nuptial[1].

Le cri habituel est un peeoo tombant, qui peut être plus court et répété vivement lorsque l'oiseau est très agité. À l'inverse, le cri est plus long lorsqu'un prédateur entre sur le territoire, et le cri de défense du territoire est un whee-ar sifflant. Les vols nuptiaux comprennent un cri répété, pic-pic-pic, et des cliquetis[1].

Espèces ressemblantes

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Dans son aire de répartition, il ne peut être confondu qu'avec le Pluvier oréophile (Oreopholus ruficollis), qui est plus gros avec des pattes et un bec longs et fins et une grosse tache noire sous le ventre, et le avec le Pluvier bronzé (Pluvialis dominica) en plumage hivernal, qui est plus gros, avec un bec fort, des mouchetures plus contrastées sur le dos et pas de blanc sur la queue[3].

Son plumage et ses dimensions rappellent aussi ceux du Pluvier asiatique (Anarhynchus asiaticus) et du Pluvier oriental (Anarhynchus veredus), répandus en Eurasie et en Océanie, et du Pluvier montagnard (Anarhynchus montanus) nord-américain[3].

Répartition et habitat

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Répartition

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Carte de répartition du Pluvier de d'Urville
  • Présence permanente.
  • Présence en période de nidification.
  • Présence en période d'hivernage.

Le Pluvier de d'Urville vit le long du Cône Sud, principalement au Chili, au sud de l'Argentine et dans les îles Malouines[4]. Au Chili, c'est un nicheur commun de Llanquihue au cap Horn[5]. En hiver, on peut le trouver plus au nord, de Valdivia jusqu'à Antofagasta au Chili, au sud-est du Brésil, ainsi qu'en Uruguay[2],[6],[5].

Il est parfois migrateur. Bien que certains individus restent toute l'année à proximité de leur aire de reproduction, y compris en Terre de Feu, la plupart de ceux qui se reproduisent le plus au sud partent en groupe vers le nord en mars-avril, après la reproduction, et reviennent entre fin août et septembre. Dans les îles Malouines, beaucoup d'oiseaux migrent vers le continent en hiver, mais une proportion inconnue reste sur place à l'année[1]. Des individus erratiques ont été observés à Tristan da Cunha () et au Pérou ( et )[1], ainsi qu'au Paraguay et dans le territoire de Géorgie du Sud-et-les îles Sandwich du Sud[6].

Habitat

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En période de reproduction, le Pluvier de d'Urville vit en zones ouvertes, avec une végétation rase, étendues des côtes jusqu'à une altitude de 200 m dans les montagnes de la Terre de Feu[5]. Son habitat va de contreforts venteux d'alttiude à des prairies boueuses, des zones pierreuses aux abords des lacs, des pampas, voire des plages de galets ou des tourbières[2],[5].

Bruyant et bien visible en période de reproduction, il devient plus discret en hiver. Il vit alors principalement dans des prairies inondées et des marais, ainsi que sur des plages et dans zones côtières boueuses, parfois en compagnie du Pluvier des Falkland (Anarhynchus falklandicus)[1],[2].

Écologie et comportement

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Alimentation

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Photographie de 4 oiseaux sur un rocher, au bord de l'eau.
Le Pluvier de d'Urville vit parfois avec d'autres espèces, comme ici des Bécasseaux de Baird (Calidris bairdii).

Le Pluvier de d'Urville chasse des insectes, des larves, des crustacés et des mollusques, et se nourrit aussi de végétaux, comme des algues. Il cherche en général sa nourriture sur un territoire de 10 à 100 m situé près de l'eau, sur des berges, et qu'il défend souvent. Hors de la période de reproduction, des petits groupes se forment, qui peuvent parfois compter jusqu'à 100 oiseaux ou plus. Il lui arrive de chercher sa nourriture en compagnie d'autres espèces, souvent avec le Pluvier des Falkland[2].

Reproduction

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Le Pluvier de d'Urville se reproduit dans des plaines marécageuses ou dans des zones sèches et pierreuses. Il est alors bruyant et se laisse voir facilement[1]. La période de ponte s'échelonne d'octobre à novembre sur le continent, et de fin septembre à mi-janvier des les îles Malouines, avec un pic en octobre[2]. Le nid est situé en zone ouverte, ou parmi des plants de fougères ou de camarines, qui permettent de le cacher. Le couple produit généralement 2 œufs, parfois 3, qui sont couvés par les deux parents. Les poussins à l'éclosion sont chamois-doré, avec des points et lignes noires qui leur permettent de se camoufler, et une nuque rousse[2].

Une génération dure en moyenne 5,1 ans[6].

Effectifs, menaces et conservation

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Le nombre de Pluviers de d'Urville n'est pas connu avec précision. En 2023, il est estimé entre 133 000 et 1 063 000 individus au total, soit environ 88 700 à 709 000 individus matures[6]. Étant donné son aire de reproduction étendue, l'estimation de sa population et l'absence de déclin démographique observé, l'Union internationale pour la conservation de la nature et Birdlife International classe le Pluvier de d'Urville comme espèce de préoccupation mineure dans leur évaluation de 2024[6].

L'UICN ne recense aucune menace connue touchant cette espèce[6]. Il ne fait partie d'aucune zone importante pour la conservation des oiseaux mais est inscrit à l'annexe II de la convention de Bonn relative à la conservation des espèces migratrices[7].

Taxonomie

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Classification

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Le Pluvier de d'Urville est décrit pour la première fois par Martin Lichtenstein en 1823[8],[4]. Aujourd'hui, sa classification varie selon les références. Anciennement placé dans le genre Charadrius, il est désormais classé dans le genre Zonibyx d'après la classification de référence du Congrès ornithologique international (version 15.1, 2025)[4], qui se base sur des analyses phylogénétiques de 2015 et 2022. C'est l'unique espèce du genre Zonibyx[4]. En revanche, il est encore classé dans le genre Charadrius par l'Union internationale pour la conservation de la nature et Birdlife International (2024)[6].

Noms et étymologie

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Son nom de genre Zonibyx qui signigie « vanneau à bande » (du grec ζώνη (zó̱ni̱) « ceinture » et du latin Ibyx « vanneau »)[9]. Son épithète spécifique, modestus, est un mot latin signifiant « simple, quelconque ou sans prétention »[10].

En français, il est aussi appelé Pluvier d'Urville, Gravelot d'Urville ou Gravelot de d'Urville[8]. Son nom commémore l'explorateur français Jules Dumont d'Urville (1790-1842).[réf. souhaitée]

En anglais, il est appelé Rufous-chested dotterel « Guignard à poitrine rougeâtre »[3]. Le Congrès ornithologique international conseille ce nom plutôt que Rufous-chested plover « Pluvier à poitrine rougeâtre », anciennement utilisé[4]. Il est parfois appelé Chilean Plover « Pluvier chilien », White Plover « Pluvier blanc » ou Winter Plover « Pluvier d'hiver ». Il est appelé Chorlito Chileno « Pluvier chilien » en espagnol, et Rotbrust Regenpfeifer « Pluvier à poitrine rouge » en allemand[2].

Références

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Voir aussi

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Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Ouvrages généraux et guides d'identification

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  • (en) Braulio Araya et Sharon Chester, The Birds of Chile, Santiago, Miguel Gallegos, , 400 p. (ISBN 956-7309-01-9, lire en ligne Inscription nécessaire), p. 166-167. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • (en) Josep del Hoyo, Andrew Elliott et Jordi Sargatal, Handbook of the Birds of the World : Hoatzin to Auks, vol. 3, Barcelone, Lynx edicions, , 821 p. (ISBN 978-84-87334-20-7, lire en ligne Inscription nécessaire), p. 439 & planche 39 p. 436.
  • (en) Peter Hayman, John Marchant et Tony Prater, Shorebirds: an identification guide to the waders of the world, Boston, Houghton Mifflin Company, , 412 p. (ISBN 0-395-37903-2, lire en ligne Inscription nécessaire), p. 302-303 & planche 47 p. 130-131. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • (en) James A. Jobling, The Helm Dictionary of Scientific Bird Names: From Aalge to Zusii., Christopher Helm, , 432 p. (ISBN 978-1-4081-2501-4, lire en ligne Accès libre).

Articles spécialisés

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  • (en) César Cestari, « Aves, Charadriidae, Charadrius modestus. Geographic distribution and a recent record to state of São Paulo, Brazil », Check List, vol. 4, no 4, , p. 464-466 (lire en ligne Accès libre).
  • (en) Fernando A. Faria et Leandro Bugoni, « Spring migration of a Neotropical shorebird, the Rufous-chested Plover, Charadrius modestus, between southern Brazil and the sub-Antarctic Falkland/Malvinas Islands », Polar Biology, vol. 46, , p. 373-379 (DOI 10.1007/s00300-023-03126-8 Accès payant).
  • (en) J. P. Isacch, C. A. Darrieu et M. M. Martínez, « Food Abundance and Dietary Relationships Among Migratory Shorebirds Using Grasslands During the Non-breeding Season », Waterbirds, vol. 28, no 2, , p. 238-245 (DOI 10.1675/1524-4695(2005)028[0238:FAADRA]2.0.CO;2 Accès payant).
  • (es) Alejandro Kusch et Manuel Marín, « Distribución del Chorlo Chileno, Charadrius modestus, (Lichtenstein) (Charadriidae) en Chile », Anales Instituto Patagonia (Chile), vol. 32, , p. 69-78 (lire en ligne Accès libre).
  • (en) James Saint-Clair, Clemens Küpper, Philipp Herrmann, Robin W. Woods et Tamas Székely, « Unusual incubation sex-roles in the Rufous-chested Dotterel Charadrius modestus », Ibis, vol. 152, , p. 402-404 (DOI 10.1111/j.1474-919X.2009.01003.x Accès payant).

Liens externes

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Genre Zonibyx
Espèce Zonibyx modestus