Charles Talamon
Charles Henri Louis Talamon, né le à La Nouvelle-Orléans et mort le à Paris, est un médecin français.
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La famille Talamon, originaire de Corrèze, était installée à Nay depuis la Révolution. Son arrière-grand-père fut maire de Nay.
Biographie
modifierLe docteur Talamon fut lauréat de l'Académie de médecine et de l'Institut en 1888.
Il rejoint l’hôpital Tenon le .
La guerre prolongea son activité hospitalière jusqu'à fin en 1916. Il abandonne son service de l'hôpital Bichat, en 1916.
Retraité, il consacra les loisirs que lui laissait une clientèle encore active, à la fréquentation de la Bibliothèque Nationale, et des études d'histoire.
Il était resté le collaborateur de son maître Lecorche dont il devient l'ami et qui lui laissa sa clientèle. En collaboration avec lui, il publia plusieurs ouvrages.
Le à Paris, il se préparait à déjeuner chez des amis ; il fut atteint d'un syndrome abdominal suraigu ; il fit mander son notaire, mis en ordre ses affaires, et accepta l'injection de morphine que lui conseillait son ami le professeur Tuffier. Il mourut le soir même.
Son corps, selon ses dernières volontés, fut rendu à la terre de Béarn ; ses obsèques se firent sans cérémonies civile ni religieuse, comme il l'avait demandé, et il fut inhumé dans le cimetière de Nay, auprès de ses parents.
Découvertes médicales
modifierLe pneumocoque
modifierLe docteur Talamon décrit pour la première fois le microbe du pneumocoque, une bactérie du genre Streptococcus, le plus courant des agents responsables de la pneumonie. Elle était jusque là considérée comme une maladie locale, susceptible de se généraliser. Il en déduit que la pneumonie est une maladie générale à détermination pulmonaire.
L'albuminurie physiologique : Traité de l'albuminurie et du mal de Bright
modifierIl publie, avec son maître Lecorche, : Études médicales faites à la Maison municipale de la santé[1] et Traité de l’albuminurie et du mal de Bright[2].
Un chapitre de ce traité est consacré à l'albuminurie dite physiologique ; le docteur Talamon l'étudiera encore dans Notes cliniques sur l'albuminurie, albuminurie physiologique, albuminurie minima[3] de 1892.
Il y revient dans son rapport sur la valeur de l’albuminurie au Congrès de Nancy.
Les maladies des reins furent toujours un de ses sujets de prédilection ; il analysait lui-même l'urine de ses malades et dosait extemporanément l'albuminurie par la méthode de Brandberg.
L'appendicite : Appendicite et périphlite
modifierSon travail sur l'appendicite est original. Elle était jusque là méconnue ; en 1892, il éditait un livre intitulé Appendicite et pérityphlite[4].
Il y résume toutes ses recherches commencées en 1882. Il fait une description détaillée de l'appendicite vermiforme, « organe inutile et nuisible », et montre l’intérêt de bien connaître sa situation et ses déviations.
Pour expliquer la virulence des appendicites, il compare l'appendicite à un vase clos et soutient que les corps étrangers déterminent l'oblitération de l'orifice, d'où stagnation du liquide dans « l'appendicite à vase clos », expression prononcée pour la première fois.
Il montre que le rôle actif dans la perforation appartient aux microbes et il décrit enfin les différentes formes cliniques : la forme simple aiguë, la forme chronique, la forme suppurée, ainsi que que les fausses appendicites hystériques, connues grâce à lui et M. Rendu.
Le docteur Talamon a fait connaître l’appendicite en France. Une polémique l'opposa au docteur Georges Dieulafoy quand son rival lui ravit, en partie, la gloire de sa découverte, grâce à son talent descriptif.
Période d'expérimentation
modifierIl travaillera sur le traitement de « l'érysipèle par les pulvérisations de sublimé (bichlorure de mercure utilisé comme antiseptique) », sur la mise au point de la « méthode de Bucelli dans les tétanos ». Plus tard, il expérimentera le traitement de la pneumonie par le « sérum antidiphtérique ».
Il abandonna ces essais à la suite de protestation des médecins d'enfants, qui craignaient de manquer de sérum pour le traitement de la dyphérie. Pendant plusieurs mois, il rechercha le microbe de la coqueluche et tenta d'inoculer cette maladie à des chats.
Enfin, il contribuera à la thèse de son élève Norrero sur les Particularités de la cirrhose alcoolique chez la femme (cirrhose an ascitique avec ictère).
Il écrit, en collaboration avec M. Doleris, un Essai de Technique microbiologique pour la culture des microbes (1880).
Journaliste et vulgarisateur
modifierQuand Germain Sée eut fondé la « Médecine Moderne », Talamon publia régulièrement des Notes de lectures, dans lesquelles il faisait connaître, grâce à sa connaissance de l'anglais, les principaux travaux parus en Angleterre et aux États-Unis.
Entre temps il collaborait au Petit Journal ; rédacteur scientifique, sous le pseudonyme de « Docteur OX », il publiait des chroniques médicales.
À la fin de l'année 1915, on lui attribuait le titre de « Médecin honoraire des hôpitaux ».
Hommages
modifierLe , l'Administration rendait hommage à sa mémoire de cet homme en donnant son nom à une salle du nouveau pavillon de médecine de l'hôpital Bichat.
Il avait été nommé chevalier de la Légion d'honneur par décret du du Ministère de l'intérieur, suivi d'une réception le par le docteur Lecorche, professeur agrégé à la Faculté de Médecine.
Nay donna son nom à une rue.
Récompenses et distinctions officielles
modifierNotes et références
modifier- ↑ Ernest (1830-1905) Auteur du texte Lecorché et Charles (1850-1929) Auteur du texte Talamon, Études médicales faites à la maison municipale de santé (maison Dubois) / par le Dr Lecorché,... et Ch. Talamon,..., (lire en ligne)
- ↑ Ernest Lecorché et Charles Talamon, Traité de l'albuminurie et du mal de Bright, Octave Doin, (lire en ligne)
- ↑ Charles (1850-1929) Auteur du texte Talamon et Ernest (1830-1905) Auteur du texte Lecorché, Notes cliniques sur l'albuminurie : albuminurie physiologique, albuminurie minima, par E. Lecorché,... Ch. Talamon,... (lire en ligne)
- ↑ Charles (1850-1929) Auteur du texte Talamon, Appendicite et pérityphlite / par Ch. Talamon,..., (lire en ligne)
Liens externes
modifier- Ressource relative à la santé :
- Ressource relative à la vie publique :
