Charles Victor Woirgard

militaire français

Charles Victor Woirgard, dit Beaurgard ou Beauregard, né le à Metz et mort au combat le à Valverde de Leganés en Espagne, est un général français de la Révolution et de l'Empire. Il effectue la plus grande partie de sa carrière pendant les guerres de la Révolution française, étant promu général en 1793, avant de connaître une longue période d'inactivité de 1802 à 1809. Affecté dans la péninsule Ibérique au commandement d'une brigade de cavalerie, il est tué lors d'un affrontement avec les Espagnols.

Charles Victor Woirgard
Surnom Beaurgard ou Beauregard
Naissance
Metz, Trois-Évêchés (France)
Décès (à 45 ans)
Valverde de Leganés (Espagne)
Mort au combat
Allégeance Drapeau du royaume de France : entièrement blanc Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Arme Cavalerie
Grade Général de brigade
Années de service 1782 – 1810
Conflits Guerres de la Révolution française
Guerres napoléoniennes
Faits d'armes Bataille de Jemappes
Bataille de Neerwinden
Siège de Valenciennes
Bataille d'Ocaña
Bataille de Valverde
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile, 38e colonne

Biographie

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Charles Victor Woirgard naît le à Metz, une place forte des Trois-Évêchés. Il s'engage en dans le régiment suisse de Diesbach et le quitte en . Il reprend du service sous la Révolution française en étant nommé lieutenant au 1er bataillon de volontaires de la Seine-Inférieure le . Son ascension dans la hiérarchie est alors très rapide : adjudant-major le suivant et lieutenant-colonel en second le [1], il participe aux batailles de Jemappes en et de Neerwinden en [2]. Les représentants du peuple aux armées le font général de brigade à titre provisoire le , grade qui lui est confirmé le [1]. Il est fait prisonnier lors de la capitulation de Valenciennes au mois de juillet mais est rapidement relâché[2].

Affecté à l'armée du Nord le [3], Woirgard est cependant destitué de ses fonctions et est emprisonné d' à . Il reprend ensuite du service à l'armée de l'Ouest et devient commandant de la 19e division militaire à Angers en . Accusé par Hoche de se livrer au pillage et à l'indiscipline, il est acquitté par un conseil de guerre en . Le général Canclaux, pour sa part, le considère comme un « très bon officier ». Après une période d'inactivité, il passe à l'armée du Rhin en 1799 et est commandant militaire de Brisach, se heurtant notamment aux partisans autrichiens du capitaine Mier. Le , Woirgard est nommé commandant militaire de la ville italienne d'Alexandrie mais le général Barbou le fait relever pour incompétence quelques mois plus tard[2].

Le général Woirgard prend une part importante à la bataille d'Ocaña en novembre 1809, qui s'achève sur une victoire décisive de l'armée française.

À partir de 1802, sa carrière connaît une longue interruption sous le Consulat et l'Empire, qui prend fin au moment où il est appelé à servir dans la division militaire de La Rochelle le [1]. Le de la même année, Woirgard obtient le commandement de la brigade de cavalerie légère du Ve corps commandé par le maréchal Mortier, qui opère alors en Espagne[4]. Le général a sous ses ordres le 10e régiment de hussards et le 21e régiment de chasseurs à cheval. En octobre, la brigade se trouve à Tolède[5]. À la même époque, il remplace le général Cambacérès au commandement de la 1re brigade de la 5e division de dragons, composée des 13e et 22e régiments de l'arme[6]. À la tête de sa cavalerie, il se distingue particulièrement à la bataille d'Ocaña, le , où il contribue à mettre en déroute la cavalerie espagnole et fait 5 000 prisonniers[7]. En , couvrant la progression du Ve corps en direction de Badajoz, la brigade Woirgard s'installe pour la nuit du 18 au 19 dans le village de Valverde de Leganés, sans que le général ne prenne aucune précaution. À 2 h du matin, une troupe espagnole attaque par surprise les cavaliers français. Pris au dépourvu, le général Woirgard tente de contre-attaquer à la tête d'un petit groupe mais il est tué dans sa tentative[8], et sa brigade est dispersée[9].

Considérations

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Édouard Lapène le cite comme un « officier d'une haute distinction »[10]. L'importance de son rôle dans la victoire d'Ocaña est également reconnu[2],[4]. En revanche, Robert Burnham le considère, avec François Xavier de Schwarz, comme l'un des plus mauvais généraux de cavalerie servant dans la péninsule. L'historien américain qualifie Woirgard d'« inepte » en raison de son inexpérience du service de la cavalerie et, dans le cas particulier de Valverde, son incapacité à prendre les précautions de sûreté nécessaires, ajoutant qu'« il est difficile de déterminer les raisons ayant poussé Napoléon à donner au général Beaurgard le commandement d'une brigade de cavalerie »[11].

Distinctions

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Notes et références

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  1. 1 2 3 Charavay 1908, p. 62.
  2. 1 2 3 4 Georges Six, Dictionnaire biographique des généraux et amiraux français de la Révolution et de l'Empire, t. 1, Paris, Georges Saffroy Éditeur, , p. 70.
  3. Docteur Hoefer (dir.), Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, t. 5, Paris, Firmin Didot frères, (lire en ligne), p. 42.
  4. 1 2 Burnham 2011, p. 105.
  5. Burnham 2011, p. 26 et 29.
  6. Burnham 2011, p. 31-32.
  7. Charavay 1908, p. 63.
  8. Burnham 2011, p. 105-106.
  9. (en) J. Rickard, « Combat of Valverde, 19 February 1810 », sur historyofwar.org, (consulté le ).
  10. Édouard Lapène, Conquête de l’Andalousie : campagne de 1810 et 1811 dans le midi de l’Espagne, Paris, Anselin et Pochard, , 270 p., p. 39.
  11. Burnham 2011, p. 100 et 106.

Bibliographie

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  • Noël Charavay, Les généraux morts pour la patrie, 1792-1871 : notices biographiques, Au siège de la société, , 227 p. (lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Thierry Lentz et Denis Imhoff, La Moselle et Napoléon : étude d'un département sous le Consulat et l'Empire, Metz, Serpenoise, , p. 224 à 225. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Robert Burnham (préf. Howie Muir), Charging against Wellington : The French Cavalry in the Peninsular War, 1807-1814, Barnsley, Frontline/Pen and Sword Books, , 240 p. (ISBN 978-1-84832-591-3). Document utilisé pour la rédaction de l’article

Liens externes

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