Charles de Condren
Charles de Condren, né le à Vauxbuin près de Soissons et mort le , est un homme d'Église français du XVIIe siècle, supérieur général à partir de 1629 de la Société de l'Oratoire de Jésus et de Marie, fondée en 1611 par Pierre de Bérulle[1].
| Supérieur général Oratoire de France | |
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Philippe de Gamaches (d) |
Il n'a presque rien publié de son vivant[2].
Biographie
modifierOrigines familiales et formation
modifierCharles de Condren naît dans une famille de petite noblesse. Son père, gouverneur du château royal de Monceaux près de Meaux, s'est converti du protestantisme au catholicisme[3].
Charles fait à l'âge de onze ans et demi une expérience déterminante de la grandeur de Dieu[Laquelle ?].
Il fait ses études secondaires au collège d'Harcourt de 1603 à 1605.
Étudiant en théologie à la Sorbonne, il est ordonné prêtre en 1614 et obtient l'année suivante un doctorat.
Débuts à l'Oratoire de Jésus (1617-1629)
modifierIl renonce alors à son droit d'aînesse et à l'héritage familial[4] et entre en 1617 dans la société de l'Oratoire de Jésus et de Marie fondée à Paris[5] en 1611 par Pierre de Bérulle (1575-1629), après avoir hésité à entrer chez les capucins.
Il participe l'année suivante à la fondation d'une nouvelle maison de l'Oratoire à Nevers et en 1619 se rend à Langres pour l'ouverture d'un séminaire, suivant les dispositions du concile de Trente (1540-1562). Il retourne à Paris en 1620 pour ouvrir un nouvel Oratoire à Poitiers puis en 1624, celui de Saint-Magloire à Paris qui sert de séminaire. Il retourne à l'Oratoire de la rue Saint-Honoré en 1625.
Deux ans plus tard, il devint le confesseur de Gaston d'Orléans. Il réconcilia plusieurs fois ce prince,trop disposé à écouter des grands seigneurs inquiets et mécontents de l'accroissement des prérogatives royales, avec le roi Louis XIII (notamment le 18 avril 1630 à Troyes) ; il l’empêcha même de quitter la France[4]. Richelieu admirait l’habileté de Condren dans des négociations difficiles, dans une France encore divisée par la fin des guerres huguenotes. La vie du P. de Condren fut plusieurs fois menacée par des factieux[4]. Il rendit ainsi à l’État des services importants, qui ont fait dire à la reine régente qu’elle ne connaissait « personne qui fût plus attaché aux intérêts de ses souverains[4]. »
Condren est aussi confesseur de Bérulle. Avec le progrès du gallicanisme, Condren devient aussi le directeur de conscience de Gaston de Renty, qu'il aide à développer la Compagnie du Saint-Sacrement.
Supérieur général de l'Oratoire (1629-1641)
modifierLe , très vite après la mort du cardinal de Bérulle (), il est élu supérieur général de l'Oratoire de Jésus, afin d'éviter une intervention du cardinal de Richelieu, méfiant à l'égard de ce qu'on appelait alors les « dévots ».
L'Oratoire a soixante et onze maisons en 1631, et Condren, découragé, est sur le point de démissionner lorsqu'en 1634, il devient directeur spirituel de Jean-Jacques Olier, grâce à l'entremise d’Agnès de Langeac. Olier fondera plus tard la compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice et Charles de Condren l’encouragera dans cette voie, le dissuadant d'accepter l’épiscopat. Il le fait aussi missionner dans les campagnes et l'encourage à la dévotion au Saint-Sacrement, selon la spiritualité bérullienne. Cependant à la différence de Bérulle qui parlait d'élévation et de louange, Condren évoque plutôt l'état d'hostie sacrificielle et de consommation devant la grandeur de Dieu.[pas clair]
En 1638, il fonde le collège de Juilly (actuel département de la Seine-et-Marne).
Sa modestie lui fait refuser le chapeau de cardinal et les archevêchés de Reims et de Lyon[réf. nécessaire].
Mort et funérailles
modifierIl est inhumé dans la chapelle du collège de Juilly aux côtés du cardinal Pierre de Bérulle.
Publications
modifierOn a de lui
- Discours et Lettres, divisés en 2 parties, Paris, 1643, in-8°. La 1re édition de ce recueil parut en 1648 ; il contient quatre Discours sur la manducation réelle dans l’Eucharistie, contre la créance des calvinistes et des luthériens, un Discours contre l’astrologie, un Traité des équivoques, composé, ainsi que le discours sur l’astrologie, par le commandement du cardinal de Richelieu, et quatre-vingt-onze Lettres sur divers sujets de piété et de morale.
- Idée du sacerdoce et sacrifice de Jésus-Christ, Paris, 1677, in-12, plusieurs fois réimprimé. Cet ouvrage passe pour appartenir moins au P. de Condren qu’au P. Quesnel, qui en fut l’éditeur.
- Charles de Condren, Œuvres complètes, publiées sous la direction de l’abbé Pin, Paris, Guyot et Roidot, 1858.
Jugements sur Charles de Condren
modifierHenri Bremond dit de lui qu'il avait une « curieuse psychologie »[6], mais qu'il était « un génie subtil et de conscience raffinée ».
Il avait une mémoire exceptionnelle et était selon Nicolas Goulas, dans ses Mémoires, d'une gaité toute simple et toute naïve.[réf. nécessaire]
Notes et références
modifier- ↑ Distinct de la Congrégation de l'Oratoire de Philippe Néri.
- ↑ Ernest Hello, Physionomie des Saints, Paris, Edition du Sandre, , 315 p. (ISBN 9782914958127, lire en ligne), p. 147
- ↑ Auguste Lerosey, Histoire religieuse et civile de Périers et de ses notabilité, Paris, Berche & Tralin, , 352 p. (lire en ligne), p. 20-25
- ↑ D'abord rue Saint-Jacques puis en 1616 rue Saint-Honoré.
- ↑ Henri Bremond, Histoire littéraire du sentiment religieux, p. 423.
Source
modifier- Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Sa première biographie est publiée en 1643 par son disciple, l'oratorien Denis Amelote (révisée en 1657).
- Louis Ellies Dupin, Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques du XVIIe siècle, Paris, André Pralard, 1719, tome 2, p. 149-150 lire en ligne
- P. Auvray et A. Jouffrey, Lettres du Père Charles de Condren, Paris, Cerf, 1943
- R. Deville, L'École française de spiritualité, Paris, Desclée de Brouwer, 1987
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressources relatives aux beaux-arts :