Charlie Watts (fasciste)
Charles Frederick Watts, né le à Croydon et mort en 1971 à Penzance, est un membre de la British Union of Fascists. Il subit un internement au cours de la Seconde Guerre mondiale.
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Charles Frederick Watts |
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Militaire |
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Dans sa jeunesse, Watts sert comme aviateur au sein de la Royal Air Force. Il adhère par la suite à la British Union of Fascists au cours des années 1930 et s’y emploie activement comme recruteur. Au moment où éclate la Seconde Guerre mondiale, il est arrêté et placé en internement en application des règlements de défense, étant d’abord détenu à la prison de Brixton, puis au camp 020 de Latchmere House. Il est ensuite transféré au camp d’internement d’Ascot, dans le Berkshire, où il assume de facto la direction du camp, y faisant paraître un journal intitulé The Flame et négociant avec les autorités au nom des détenus.
Il est libéré en 1941 et, l’année suivante, figure parmi les organisateurs d’une réception marquant l’anniversaire d’Oswald Mosley, lors de laquelle il plaide en faveur de l’unité et du caractère britannique de la BUF. Il demeure engagé dans le fascisme britannique après la guerre, tout en concédant que le mouvement ne parvient pas à se reconstituer en raison de son assimilation, dans l’esprit public, au nazisme. Ses mémoires relatifs à sa détention durant le conflit, It Has Happened Here (1986), intègrent les collections de la British Union Library à l’université de Sheffield.
Biographie
modifierCharlie Watts naît à Croydon, dans le comté de Surrey[1], le [2], d’Alfred Ernest Watts, expert-comptable, et de Lilian[3], son épouse. Il reçoit le baptême en l’église Saint-Pierre de Croydon le [4]. Son frère est Oswald Watts, capitaine au long cours et fournisseur de navires[5].
Il sert d’aviateur au sein de la Royal Air Force[6] et se trouve versé dans la réserve jusqu’en 1936[7].
Adhésion au fascisme
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Au cours des années 1930, Watts adhère à la British Union of Fascists (BUF)[8] et accède à la direction du district de la section de Westminster, St George's. Recruteur zélé, il parvient à rallier à la cause des communistes avec lesquels il a récemment eu des altercations, tel Arthur Beaven en 1933[9]. Il organise également le contingent des chauffeurs de taxi de la BUF, dont il affirme qu'il compte mille adhérents[10]. C'est lui qui propose à sa collègue parlementaire de Westminster, Susan Sweney, d'assumer la rédaction en chef du périodique fasciste Voice of the People au début de l'année 1940[11],[12].
Watts exerce ses activités professionnelles auprès de son frère Oswald, dans les locaux de celui-ci situés à Albemarle Street à Londres, lorsqu’il est appréhendé par la Special Branch de la police britannique en application du Defence Regulation 18B (1A) le 23 mai 1940, lors d’une rafle visant des fascistes britanniques consécutive au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale[7]. Il est d’abord incarcéré à la prison de Brixton avant d’être conduit au camp 020 de Latchmere House, près de Ham Common à Richmond, afin d’y être soumis à un interrogatoire. Il est ensuite transféré, en compagnie d’autres membres de la BUF, au camp d’internement d’Ascot dans le Berkshire, installation improvisée que les membres de la BUF désignent sous le nom de « camp de concentration d’Ascot ». Là, il assume la direction officieuse du camp, produit un périodique intitulé The Flame et mène des pourparlers avec les autorités du camp au nom des détenus. Il noue également une amitié étroite avec James Larratt Battersby[13]. Leur internement suscite un ressentiment tenace parmi les membres de la BUF, ressentiment qui persiste longtemps après la guerre et qui, dans le cas de Watts, est décrit par Dave Renton comme le moment déterminant de son existence[14].
De nombreux fascistes internés sont élargis par les autorités britanniques, dès lors qu’ils ne constituent aucune menace. En dépit de la proscription de la BUF en 1940, une portion substantielle de l’appareil politique fasciste demeure intacte, ce qui engendre la formation de multiples groupuscules fascistes dissidents en Grande-Bretagne[14]. Watts est élargi en 1941 sous le régime de restrictions quant à ses déplacements et, en novembre 1942, il figure parmi les organisateurs d’une réception destinée à célébrer l’anniversaire d’Oswald Mosley (ce dernier demeurant interné jusqu’en septembre 1943), durant laquelle il prononce une allocution tout en revêtant l’uniforme alors illicite de la BUF. Il y insiste sur la nécessité pour le mouvement fasciste britannique de demeurer uni et de se garder de toute scission en formations rivales, tout en affirmant qu’il s’agit d’une organisation britannique et que les adhérents germanophiles méritent l’internement au titre du règlement 18B. La Special Branch consigne un rapport relatif à son intervention[15].
Après la guerre, Watts demeure engagé au sein du fascisme britannique, mais concède que le mouvement s’avère entravé dans sa reconstitution du fait de son assimilation, dans l’esprit public, aux nazis, dont se dissocient la majorité des anciens adhérents de la BUF. Il écrit dans « It Has Happened Here »[16] :
Nous étions désormais tenus responsables et tenus pour responsables de toutes les ignobles atrocités nazies... J'en suis progressivement mais sûrement arrivé à la conclusion que je ne gaspillais pas ma vie avec des gens qui n'en valaient pas la peine... Je n'allais plus me heurter à un mur[16].
Mort et héritage
modifierWatts meurt à Penzance, en Cornouailles, en 1971[2]. Ses mémoires relatifs à sa détention durant le conflit, intitulés It Has Happened Here. Les expériences d’un prisonnier politique dans les prisons et les camps de concentration britanniques pendant la panique de la cinquième colonne de 1940/1 (1948), paraissent en feuilleton à titre posthume dans Comrade, organe des Amis d’Oswald Mosley, à compter de 1986[17]. L’exemplaire du manuscrit originel se trouve conservé au sein de la collection de la British Union of Fascists déposée à la bibliothèque de l’Université de Sheffield, de même qu’une mise à jour de 1966 intitulée « Dernier chapitre »[18]. Les pièces officielles concernant sa détention sont déposées au British National Archives.
Références
modifier- ↑ Charles Frederick Watts England and Wales Birth Registration Index, 1837–2008. Family Search. Retrieved 3 March 2020.

- 1 2 Charles Frederick Watts England and Wales Death Registration Index 1837–2007. Family Search. Retrieved 3 March 2020.

- ↑ Alfred E Watts England and Wales Census, 1901. Family Search. Retrieved 3 March 2020.

- ↑ Charles Frederick Watts England Births and Christenings, 1538–1975. Family Search. Retrieved 3 March 2020.

- ↑ (en) A. W. Brian. Simpson, In the Highest Degree Odious: Detention Without Trial in Wartime Britain, Oxford, Clarendon Press, (ISBN 978-0-19-825949-7, lire en ligne), p. 178
- ↑ (en) The Defence Regulation 18B British Union Detainees List et Jeffrey Wallder, The Defence Regulation 18B British Union Detainees List, Londres, Friends of Oswald Mosley, (lire en ligne), p. 17, 45
- 1 2 (en) Richard Reynell Bellamy, We Marched with Mosley: The Authorised History of the British Union of Fascists, Londres, Sanctuary Press, (ISBN 978-1-913-17627-3), p. 235–237. Erreur de référence : Balise
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- ↑ (en) Thomas P. Linehan, East London for Mosley: The British Union of Fascists in East London and South-West Essex 1933–40, London, Frank Cass, , 269–270 p. (ISBN 978-1-136-29971-1, lire en ligne)
- ↑ (en) Richard Thurlow, Fascism in Britain: A History, 1918-85, Oxford, Basil Blackwell, (ISBN 0-631-13618-5), p. 225.
- ↑ "Statement of Susan Hilton", Libenau Internment Camp, 30 June 1945 in Susan Dorothea Mary Therese HILTON, KV 2/423, National Archives.

- ↑ (en) David A. O'Donoghue, Hitler's Irish Voices: The story of German radio's wartime Irish service, Dromore, Somerville Press, (ISBN 978-0-992-73640-8), p. 211
- ↑ (en) Charlie Watts, « It has happened here », Comrade, , p. 4-5
- 1 2 (en) Dave Renton, Fascism, Anti-Fascism and Britain in the 1940s, Basingstoke, Macmillan, , 24-25 p. (ISBN 978-0-230-59913-0, lire en ligne) Erreur de référence : Balise
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- 1 2 (en) Dave Renton, The Attempted Revival Of British Fascism: Fascism And Anti-Fascism 1945–51 (thèse de doctorat), Université de Sheffield, (lire en ligne), p. 39, 171. Erreur de référence : Balise
<ref>incorrecte : le nom « rent » est défini plusieurs fois avec des contenus différents. - ↑ University of Sheffield. (2019) British Union Collection. Sheffield: University of Sheffield Library Special Collections and Archives. p. 33.
- ↑ (en) Charlie Watts, « It has happened here », Comrade, no 2, , p. 2
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- It Has Happened Here. The Experiences of a Political Prisoner in British Prisons and Concentration Camps during the Fifth Column panic of 1940/1. Publié dans la revue Comrade à partir de juin 1986.
- The Hell of Ham Common: The secrets of Britain's war-time torture camps. European Action, n.d. (avec John Warburton)