Charlotte de Bourbon

fille de Jean comte de la Marche et de Vendôme et de Catherine de Vendôme

Charlotte de Bourbon-La Marche, par son mariage reine de Chypre, est née en 1388 et morte le . C'est une fille de Jean comte de la Marche et de Vendôme et de Catherine de Vendôme, comtesse de Vendôme et de Castres.

Charlotte de Bourbon
Charlotte de Bourbon et son époux Jean II de Lusignan, roi de Chypre et de Jérusalem.
Titre de noblesse
Reine (consort) de Chypre
-
Prédécesseur
Successeur
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Activité
ConsortVoir et modifier les données sur Wikidata
Famille
Père
Mère
Fratrie
Conjoint
Janus de Chypre (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Blason.

Histoire

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Famille

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Charlotte est née entre 1386 et 1393 (probablement 1388). Elle est issue de l'union en 1364 de Jean de Bourbon, comte de La Marche et Catherine de Vendôme, comtesse de Vendôme et de Castres. Elle a pour aînés Jacques, Louis, Jean, et Anne, et une sœur cadette Marie[1].

Elle a pour parrain le roi Charles VI[2].

Par sa mère Jeanne de Bourbon, le roi Charles VI est un cousin issu de germain de Charlotte.

Un mariage politique

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Chartres - Chapelle de Vendôme - Armoiries de Jean de Lusignan et Charlotte de Bourbon.

Les raisons de son mariage avec Janus de Lusignan (1375-1432), roi de Chypre, ne sont pas clairement connues.

Il est possible que Janus chercha à se raccrocher à la politique de ses prédécesseurs, son grand-père Hugues IV de Lusignan avait uni son fils ainé, Guy, avec Marie de Bourbon, fille du duc Louis Ier, mais Guy meurt avant de devenir roi. Une seconde union est envisagée entre Pierre de Bourbon (oncle de Charlotte) et Eschive, fille de Pierre Ier de Lusignan (oncle de Janus). Il cherche aussi un appui politique auprès de la France. À la suite de la prise de Gènes par Boucicaut en 1401, celui-ci tient également Famagouste, propriété génoise sur l'île de Chypre que Janus souhaite reconquérir[3].

Les premiers contacts pour épouser une princesse française sont établis dès 1405. En 1408, d'autres ambassadeurs conduits par Raymond de Lescure sont reçus avec grand égard par Charles VI. Les envoyés du roi de Chypre sont autorisés à rendre visite à plusieurs princesses de sang royal. Leur choix se porte sur Charlotte, belle et descendante en ligne directe de Saint Louis, c'est un parti idéal. Ils repartent avec un portrait de Charlotte pour leur souverain. Séduit, Janus renvoie ses ambassadeur en France pour célébrer le mariage par procuration[3].

Les deux partis sont gagnants dans cette union, d'un côté le roi de Chypre renoue avec le sang du royaume de ses ancêtres et poursuit la stratégie des Lusignan à se lier au vaste réseau des familles des souverains occidentaux, et Charles VI place sa filleule à la tête du dernier royaume latin hérité des croisades[4].

Le contrat de mariage comprend une dot pour Charlotte de Bourbon s'élevant à 80 000 francs, augmenté de 60 000 écus d'or (67 500 francs) par son parrain Charles VI[2]. Le mariage est célébré au château de Melun le en présence du roi, de la reine Isabeau de Bavière, de Louis de Guyenne duc d'Aquitaine, et ses autres enfants, le roi de Navarre, les ducs de Berry, de Bourbon et de Bavière frère de la reine (veuf de la sœur de Charlotte), le frère de Charlotte le comte de la marche, le comte de Clermont (et peut-être également de Louis comte de Vendôme autre frère de Charlotte[2])[5].

Quelques jours plus tard le , sa mère Catherine de Vendôme et ses frères Jacques comte de la Marche et Louis comte de Vendôme s'obligent envers un marchant florentin de la cour de France, pour la somme de 25 000 £.t à délivrer au roi Janus[2].

Reine de Chypre

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Janus de Lusignan et Charlotte de Bourbon, peinture de la chapelle royale de Pyrgá, vers 1421-1422.

Charlotte quitte Melun accompagnée de l'ambassade chypriote et plusieurs seigneurs et dames que son frère (le comte de la Marche) lui envoya, soit une soixantaine de personnes, dont son frère bâtard Jean, dit le bâtard de La Marche[6]. Avant son départ pour le royaume de Chypre le , elle fait cadeau au duc Jean de Berry d'un polyptyque peint sur bois, composé de quatre panneaux et représentant des scènes de la Passion du Christ[3]. Pour son voyage vers son nouveau pays, Charlotte est d'abord conduite à Bâle par ses frères. Elle rejoint ensuite Venise, y attendant l'autorisation d'embarquer que lui accorde le sénat vénitien. Elle poursuit alors sa route avec son convoi, elle est accueillie par les autorités de la république de Raguse (actuel Dubrovnik en Croatie), qui prévoient de lui donner cinquante hyperpères de victuailles. Ensuite les bateaux (galéasse) font une escale à Rhode où embarque Raymond de Lescure pour accompagner Charlotte vers son nouveau royaume. Le convoi de la nouvelle reine de Chypre débarque enfin au château de Cérines où l'attend le roi Janus pour célébrer le mariage le [5].

En 1412, Charlotte dispose d'un personnel de cour important pour lesquels plus de 7000 besants sont assignés pour le salaire du personnel. Charlotte a emmené avec elle de nombreux français tels que Gilet Velu (en), Jean Hanelle et Jean Redois, tous trois originaires de Cambrai, et chantres, ainsi que le chapelain de la reine de France Isabeau de Bavière, Jean Mairesse[6].

Charlotte s'avère être une femme très pieuse, allant même jusqu'à la sévérité selon les chroniqueurs chypriotes. Elle restaure notamment l'hospice du monastère Augustin de Nicosie[7].

Charlotte apparaît proche de son frère, chef de la famille Jacques II de Bourbon, comte de la Marche, celui-ci lui apportant un soutien constant. Il fait notamment appel à elle alors qu'il effectue l'enquête pour canonisation de Jeanne-Marie de Maillé. Le couple royal va ainsi avoir une dévotion toute particulière à cette sainte occidentale[7]. Au même titre que son frère Charlotte est proche des milieux réformateurs franciscains et de Clarisse[7].

Des seigneurs français viennent également lui rendre visite, c'est notamment le cas de Guy XIII de Laval, permettant à Charlotte de garder contact avec sa terre natale[7].

Charlotte meurt en 1422.

Descendance

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Le mariage est célébré par procuration à Melun le , puis Charlotte se rend à Chypre. Le mariage définitif est célébré dans la cathédrale Sainte-Sophie de Nicosie, le . De ce mariage sont nés[8] :

Bibliographie

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  • Yannick Deloffre-Daval, « Jacques II de Bourbon, Comte de La Marche, et son frère cadet, Louis, Comte de Vendôme : de la solidarité au conflit », Annales de Démographie Historique, t. 149, , p.15-37.

Ascendance

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Notes et références

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  1. Deloffre-Daval 2025, p. 16-17.
  2. 1 2 3 4 Deloffre-Daval 2025, p. 20.
  3. 1 2 3 Trélat 2021, p. 52.
  4. Trélat 2021, p. 52-53.
  5. 1 2 Trélat 2021, p. 53.
  6. 1 2 Trélat 2021, p. 54.
  7. 1 2 3 4 Trélat 2021, p. 55-56.
  8. Foundation for Medieval Genealogy : « Cyprus (Janus) ».

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Philippe Trélat, « Dans le sillage de Charlotte de Bourbon (1380/1386-1422) : contacts et relations entre le royaume de Chypre et la France », dans Gisèle Clément, Isabelle Fabre, Gilles Polizzi et Fañch Thoraval (éditeurs), Poésie et musique à l’âge de l’Ars subtilior. Autour du manuscrit Torino BNU, J.II.9, Brepols, (ISBN 978-2-503-59621-1, lire en ligne), p. 51-60.

Liens externes

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