Charte d'Itxassou
La charte d'Itxassou (en basque : Itsasuko Agiria ou Itsasuko Ageria) est une déclaration politique adoptée à Itxassou, au Pays basque français, lors de l'Aberri Eguna du [1],[2]. L'Itsasuko Agiria affirme notamment que les Basques constituent une nation et revendique son droit à l'unité et à l'autodétermination[3],[4].

Cet événement marque également la transformation d'Enbata en mouvement politique[3]. Le rassemblement est également marqué par la plantation à Itxassou d'un rejeton[5] du chêne historique de Guernica, geste symbolique destiné à affirmer l'existence de la nation basque au Pays basque nord[6].
Contexte historique
modifierAu début des années 1960, une nouvelle génération de militants du Pays basque français commence à articuler les revendications culturelles à des revendications politiques. Certains militants, auparavant engagés dans des associations culturelles, évoluent vers une action politique destinée à défendre la culture basque et à lui donner une expression institutionnelle[3]. Le mouvement Enbata, issu d'abord d'une revue politique créée en 1960, participe à cette évolution et organise un premier Aberri Eguna à Itxassou en 1962, avant la manifestation de plus grande ampleur du 15 avril 1963[4].
L'Aberri Eguna du 15 avril 1963 réunit des participants et des délégations venus de différents territoires et mouvements : des délégations de Catalogne, de Bretagne, d'Occitanie, de Flandre, de Wallonie et du Québec, ainsi que des réfugiés basques du Sud, sont notamment présents[3].
Description
modifierLa charte place la souveraineté du peuple basque au centre de son projet politique : le texte affirme que les Basques constituent « une nation » et revendique le droit à l'unité ainsi que le droit de se gouverner eux-mêmes[7]. Elle conçoit ainsi Euskal Herria (le Pays basque) comme une communauté nationale et revendique son droit à l'unité et à l'autogouvernement[8]. Dans le même temps, le texte envisage, comme première étape, la création d'un département réunissant le Labourd, la Basse-Navarre et la Soule, ainsi qu'un statut pour la langue basque, tout en affirmant respecter les lois et la Constitution de la République française.
Dans les décennies suivantes, Enbata défend notamment la reconnaissance institutionnelle du Pays basque nord ; l'histoire du mouvement abertzale est ensuite marquée par la création de nouvelles organisations et par l'évolution de ces revendications[7]. La proclamation de l'Itsasuko Agiria demeure par ailleurs un repère historique régulièrement évoqué dans la mémoire collective, notamment lors des commémorations organisées à Itxassou[9].
La charte
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Egun 1963ko apirilaren 15an aberri egunean |
En ce jour de la Patrie, quinzieme d'avril 1963, |
Stèle
modifierUne stèle fut érigée à Itxassou une dizaine d'années plus tard, rappelant les termes de la charte d'Itxassou[10].
Notes et références
modifier- ↑ Premier Aberri Eguna en Pays basque nord. Le dimanche de Pâques, 15 avril 1963
- ↑ (eu) « Itsasu », Vitoria-Gasteiz, Eusko Jaurlaritza, Kultura eta Hizkuntza Politika Saila (consulté le )
- 1 2 3 4 (eu) Jean-Louis Davant, « Jean Louis », Eusko Ikaskuntza, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 (eu) Urko Apaolaza Avila, « Etxetik plazara, aldarria eta borroka », Argia, no 2318, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Un rejeton est un jeune chêne issu de la lignée du célèbre arbre basque, planté pour perpétuer le symbole vivant de l'histoire, de l'autonomie et de la liberté du peuple basque.
- ↑ Michel Garicoïx, « Il y a quarante ans, une poignée de Basques proclamaient la Charte d'Itxassou », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 (eu) Eguzki Urteaga Olano, « Ipar Euskal Herriko mugimendu abertzalearen historia politikoa », Vasconia, vol. 38, (ISSN 1136-6834, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (eu) « Itsasuko Agiria », Vitoria-Gasteiz, Eusko Jaurlaritza (consulté le )
- ↑ (eu) Mikel Hiribarren, « Haizearen indarra baliatu kontrakoa izan ala aldekoa », Itsasu, Enbata (consulté le )
- ↑ Localisation de la stèle, proche de l'église Saint-Fructueux.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- L'archipel basque : à la recherche d'une identité moderne, Claude Dendaletche, Éditions Privat, 2005, 206 pages
- Histoire secrète du Pays basque, Michel Lamy, A. Michel, 1980, 344 pages
- ETA : histoire secrète d'une guerre de cent ans, Jacques Massey, Flammarion, 2010, 386 pages
- Révolte des Basques, Jean Pierre Mogui, J. Martineau, 88, rue Saint-Denis, 1970, 102 pages
Liens externes
modifier- Enbata : plus de 50 ans de débats, d'expérimentations et de force de proposition par Ellande Duny-Pétré publié le 14/04/2013.