Felis lybica cafra
Chat de la cafrerie, Chat sauvage d’Afrique subsaharienne
Répartition géographique
- Répartition géographique de Felis lybica cafra
- Felis cafra Desmarest, 1822 [1] (Protonyme)
- Felis caligata Temminck, 1825 [1]
- Felis Caffra A. Smith, 1826 [1]
- Felis lybica subsp. obscura J. Anderson & de Winton, 1902 [1]
- Felis ocreata mellandi Schwann, 1904
- Felis ocreata rubida Schwann, 1904
- Felis ocreata ugandae Schwann, 1904
- Felis ocreata cafra O. Thomas & Schwann, 1906
- Felis ocreata caffra A. Roberts, 1913
- Felis ocreata griselda O. Thomas, 1926
- Felis ocreata namaquana O. Thomas, 1926 [1]
- Felis ocreata rusticana O. Thomas, 1928 [1]
- Felis lybica cafra Shortridge, 1942
- Felis silvestris cafra Wozencraft, 2005
Le Chat de la cafrerie (Felis lybica cafra), également connu sous le nom de Chat sauvage d'Afrique subsaharienne, est une sous-espèce du Chat ganté, un mammifère carnivore de la famille des félidé. Ce petit chat, indigène des savanes d'Afrique australe et d'Afrique de l'Est[2], vit dangereusement et dois composer avec de nombreux grands prédateurs.
Dénominations
modifier- Nom scientifique valide : Felis lybica cafra (Desmarest, 1822) selon ITIS ()[3] ;
- Nom normalisé anglais : Southern African wildcat, également appelé familièrement bush cat[4] ;
- Noms vulgaires : Chat de la cafrerie[5][6](parfois orthographié Chat de la Cafrérie[7]), Chat cafre[6], Chat sauvage d’Afrique subsaharienne, Chat Botté[6] ;
- Noms vernaculaires : Chat sauvage d’Afrique, Chat sauvage, Chat.
Taxinomie
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Le chat de la cafrerie a été décrit scientifiquement pour la première fois en 1822 par le zoologiste français Anselme-Gaëtan Desmarest sous le protonyme Felis cafra[5]. La description repose sur deux dépouilles rapportées du Cap de Bonne-Espérance par le voyageur et naturaliste Pierre-Antoine Delalande, qui les avait collectées lors de ses expéditions en Cafrerie en Afrique australe[5]. Desmarest le distinguait alors expressément du chat sauvage d'Europe ainsi que du « chat du Cap de Forster »[5].
Son statut taxinomique a par la suite fait l'objet de plusieurs réévaluations : Longtemps classé comme une sous-espèce de Felis silvestris sous le nom de Felis silvestris cafra, notamment dans Mammal Species of the World (version 3, 2005) ()[8], ainsi qu’à l’issue d’une étude menée en 2007 sur la base d'analyses génétiques[9] Des données morphologiques suggèrent que la séparation entre les sous-espèces africaines de chat sauvage s'est opérée dans la région comprise entre la Tanzanie et le Mozambique[10] ; Depuis la révision de la taxinomie des félidés publiée en 2017 par le groupe de spécialistes des félins de l'UICN, Felis lybica est officiellement reconnue comme une espèce à part entière, distincte du chat sauvage européen, conférant à la population d'Afrique australe et orientale le statut de sous-espèce sous le nom de Felis lybica cafra[2], englobant également sous sa synonymie les formes griselda et mellandi[11].
Caractéristiques
modifierLe chat de la cafrerie est un petit félin doté de membres et d'une queue allongés, avec une constitution corporelle plus svelte que celle du chat domestique[11]. Il présente un dimorphisme sexuel marqué, les mâles étant sensiblement plus imposants que les femelles[11]. La longueur tête-corps mesure de 54,5 à 66,5 cm chez les mâles et de 46 à 62 cm chez les femelles[11]. La hauteur au garrot varie de 35 à 50 cm[11]. La queue mesure entre 25 et 36 cm[11]. La masse corporelle est de 3,8 à 6,4 kg chez les mâles contre 2,4 à 5,5 kg pour les femelles[11].
Sur le plan morphologique et ostéologique, le crâne mesure en moyenne 9,3 cm de long sur 7,6 cm de large chez le mâle, contre 8,8 cm de long et 6,7 cm de large chez la femelle[11]. La denture compte 30 dents et son caryotype comprend 38 chromosomes (2n = 38)[11].
La robe présente des variations individuelles notables, oscillant d'une teinte brun-sable clair à un gris mêlé de nuances claires ou foncées[11]. Une ligne dorsale noirâtre marque le milieu de l'échine[11]. Le dos et les flancs peuvent être mouchetés ou rayés de brun ou de gris-noir, bien que ces marques soient parfois totalement absentes[11]. De fines rayures estompées parcourent les joues, le sommet du crâne, la nuque et le dessus du corps[11]. Les parties inférieures virent du blanchâtre au chamois, tandis que le menton et la gorge sont d'un blanc pur[11]. Les oreilles pointues, triangulaires et de taille moyenne, se parent à l'arrière d'une coloration distinctive roussâtre à brun-rouille rehaussée d'une bordure gris-noir indifférenciée, parfois terminée par un minuscule pinceau apical de poils, l'intérieur du pavillon étant garni de poils blanchâtres à crème[11]. Les membres sont distinctement marqués de bandes transversales noires, avec une fourrure rousse caractéristique sur la face arrière des pattes postérieures[11]. Les pattes sont poilues sous la plante à l'exception des coussinets, ces poils étant noirs ou brun très foncé[11]. La queue, relativement longue, présente plusieurs anneaux sombres dans sa portion distale et se termine par une extrémité noire[11].
Il se distingue du Chat à pieds noirs (Felis nigripes), beaucoup plus petit avec une tête proportionnellement plus grande, des coussinets et des rayures plus nettes, et dont le dos des oreilles est identique au reste du pelage[11]. Quant aux chats domestiques et aux hybrides, ils perdent la teinte rousse marquée au revers des oreilles et possèdent des pattes plus courtes[11].
Répartition et habitat
modifierLe chat de la cafrerie est indigène de plusieurs pays d'Afrique orientale et australe : l'Angola, le Botswana, l'Eswatini, le Lesotho, le Malawi, le Mozambique, la Namibie, à l'exception de la côte désertique, l'Afrique du Sud, la Tanzanie et le Zimbabwe[11].
Il colonise un éventail varié de milieux depuis le niveau de la mer jusqu'à environ 2 400 m d'altitude[11]. Dans les zones arides du centre et de l'ouest de l'Afrique du Sud, il s'associe couramment aux massifs collinéens et aux affleurements rocheux isolés, pénétrant les plaines avoisinantes en suivant le lit des cours d'eau asséchés[11]. Il manifeste un lien marqué avec différents types de savanes arborées et de boisements ouverts, nécessitant un abri adéquat pour se reposer durant la journée[11]. Il fréquente régulièrement les parcelles cultivées, s'abritant dans les champs de céréales hautes comme le maïs, et s'approche fréquemment des établissements humains, mais évite scrupuleusement la forêt tropicale humide et les forêts montagnardes denses[11].
Écologie et comportement
modifierAnimal essentiellement nocturne, il peut toutefois prolonger son activité tard dans la matinée, tout particulièrement lors des mois d'hiver[11]. Principalement terrestre, il grimpe néanmoins facilement aux arbres pour échapper au danger ou pour chasser[11]. Sa technique d'attaque est typique des félidés : approche furtive, affût au ras du sol avec calage des pattes postérieures pour assurer une bonne prise, puis bond rapide sur la proie[11]. Les deux sexes marquent activement leur domaine vital par des dépôts de fèces bien visibles, des lacérations de troncs d'arbres et des jets d'urine pulvérisée[11]. Bien que d'un naturel solitaire, des individus en couple ou des groupes familiaux ont déjà été observés chassant de concert[11]. Ses prédateurs les plus redoutables comprennent les grands rapaces, la hyène tachetée mais surtout de grands félins comme le lion, mais surtout le léopard[11].
Son régime alimentaire se compose majoritairement de petits mammifères (rongeurs muridés, lièvres, lapins, écureuils et springhaas)[11]. Il est toutefois capable de capturer de petites espèces espèces d’ongulés et de leur progéniture, que ça soit petites gazelles, agneau ou chevreux, tout comme des oiseaux, des amphibiens, des reptiles, notamment des serpents, ainsi que des insectes[11].
Reproduction
modifierLa reproduction a lieu tout au long de l'année, avec un pic de naissances s'étendant de septembre à mars en Afrique du Sud[11]. La cour et l'accouplement adoptent un schéma très similaire à celui du chat domestique[11]. Après une période de gestation de 56 à 65 jours, la femelle se retire dans un abri pouvant être un terrier abandonné par une autre espèce, un éboulis rocheux, une crevasse ou au sein d'une végétation, pour mettre bas en moyenne 3 petits pour un écart de 1 à 5 chatons[11]. Le mâle ne participe pas à l'élevage des jeunes[11].
Les chatons quittent la tanière au bout de 7 à 10 jours, le sevrage intervient entre 3 et 4 mois, puis ils quittent leur mère et se dispersent entre 4 et 6 mois[11], la maturité sexuelle est atteinte vers l'âge de 11 mois[11]. Sa longévité, courte dans la nature, peut néanmoins atteindre 19 ans en captivité[11].
Menaces et conservation
modifierLe chat de la cafrerie est inscrit à l'Annexe II de la CITES et classé en « préoccupation mineure » (LC) par l'UICN[11]. Bien qu'il demeure généralement commun malgré les persécutions humaines et qu'il atteigne de fortes densités dans les biotopes favorables, il est abattu comme prédateur de petit bétail par les éleveurs ou capturé pour le commerce des animaux de compagnie[11].
Sa menace la plus insidieuse et critique demeure toutefois son hybridation avec les chats harets, particulièrement en Afrique du Sud, rendant l'observation d'individus génétiquement purs de plus en plus difficile à proximité des zones anthropisées[11].
Notes et références
modifierNotes
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Southern African wildcat » (voir la liste des auteurs).
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
- 1 2 (en) A. C. Kitchener, C. Breitenmoser-Würsten, E. Eizirik, A. Gentry, L. Werdelin, A. Wilting, N. Yamaguchi, A. V. Abramov, P. Christiansen, C. Driscoll, J. W. Duckworth, W. Johnson, S.-J. Luo, E. Meijaard, P. O'Donoghue, J. Sanderson, K. Seymour, M. Bruford, C. Groves, M. Hoffmann, K. Nowell, Z. Timmons et S. Tobe, « A revised taxonomy of the Felidae: The final report of the Cat Classification Task Force of the IUCN Cat Specialist Group », Cat News, no Special Issue 11, , p. 19 (lire en ligne)
- ↑ Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
- ↑ (en) R. I. Pocock, « Felis lybica cafra », dans Catalogue of the Genus Felis, Londres, British Museum of Natural History, , 102–109 p.
- 1 2 3 4 Desmarest 1822, p. 540–541.
- 1 2 3 Auguste Ménégaux (dir.) (ill. Wilhelm Kuhnert), La Vie des animaux illustrée : Les Mammifères, Paris, J.-B. Baillière et fils, 1902-1904, 525 p., in-4, p. 266-267
- ↑ Jean-Charles Chenu, Encyclopédie d'histoire naturelle. Mammifères : Table alphabétique, Paris, Librairie de Firmin Didot Frères, Fils et Cie, ((https://archive.org/details/encyclopdiedhistchen_6/page/70/mode/2up)), p. 19
- ↑ Mammal Species of the World (version 3, 2005), consulté le .
- ↑ (en) C. A. Driscoll, M. Menotti-Raymond, A. L. Roca, K. Hupe, W. E. Johnson, E. Geffen, E. Harley, M. Delibes, D. Pontier, A. C. Kitchener, N. Yamaguchi, S. J. O'Brien et D. Macdonald, « The near eastern origin of cat domestication », Science, vol. 317, no 5837, , p. 519–523 (PMID 17600185, PMCID 5612713, DOI 10.1126/science.1139518)
- ↑ (en) A. C. Kitchener et E. E. Rees, « Modelling the dynamic biogeography of the wildcat: implications for taxonomy and conservation », Journal of Zoology, vol. 279, no 2, , p. 144–155 (DOI 10.1111/j.1469-7998.2009.00599.x)
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 José R. Castello (trad. Anne Saint-Girons), Félins et Hyènes du monde, Paris, Delachaux et Niestlé, coll. « Mammifères », (ISBN 978-2603028636)
Bibliographie
modifierDescription originale
modifier- Anselme-Gaëtan Desmarest (ill. Robert Bénard), Mammalogie, ou, Description des espèces de mammifères : Seconde partie, contenant les ordres des rongeurs, des édentés, des pachydermes, des ruminans et des cétacés, vol. Seconde partie, Paris, Chez Mme. Veuve Agasse, imprimeur-libraire, coll. « Encyclopédie méthodique » (no 127), , 555 p. (OCLC 12904314, LCCN 06044407, DOI 10.5962/bhl.title.59887, lire en ligne), p. 540–541