Chen Zi'ang

poète chinois

Chen Zi'ang (chinois : 顾况 ; chinois traditionnel : 顧況 ; pinyin : Chen Zi'ang ; Wade : Chen Zi'ang), (661-702), prénom de courtoisie Boyu (伯玉), plus tard appelé Chen Shiyi (陈拾遗), est un fonctionnaire, un poète chinois, un théoricien de la poésie[1] et l’un des réformateurs de la poésie et de la prose actif au début de la dynastie dynastie Tang [2] ainsi que pendant la restauration de la dynastie Zhou sous Wu Zetian (r. 690-705). Originaire du comté de Shehong (actuelle Shehong, Sichuan)[3] vol. 42, il meurt en prison en 702. Chen Zi'ang est considéré comme « la première grande figure annonciatrice de l’apogée des Tang… il occupe une place de choix dans l’histoire littéraire pour avoir mis en avant le retour à un style rigoureux ; sa poésie prône l’engagement[4] ». Il fait partie des « Dix amis de l’école des Immortels » (仙宗十友) [5],[a 1].

Chen Zi'ang
Chen Zi'ang, peint par Kanō Tsunenobu au VIIIe siècle siècle.
Naissance
Décès
(à 41 ans)
Nom dans la langue maternelle
陈子昂 (Chen Zi'ang)
Nom de naissance
陳子昂 (Chen Zi'ang)
Autres noms
nom de courtoisie : Boyu ((伯玉))
aussi appelé Chen Shiyi (陈拾遗)
surnommé l’ancêtre de la poésie Tang (唐詩詩祖) et aussi l’ossature de la poésie (詩 shī 骨 gǔ)
Nationalité
Activités
Autres activités
Père
Chen Yuanjing (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Chen Yifu (d)
Chen Jianfu (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Biographie

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Chen Zi'ang naît dans une famille riche en 661. Pendant sa jeunesse, il est courageux et audacieux, il aime la course à cheval, la chasse et les jeux ; il n’aime pas étudier[6] vol. 083. À dix-huit ans, il ne sait encore pas lire[3]. Plus tard, voyant à l’école des élèves studieux et appliqués, il se rend à l’école rurale de la montagne de Jinhua et se met à étudier avec ardeur[7] vol. 712. Après avoir réussi ses études, en 679, Chen Zi’ang, doué pour les classiques et l’administration, quitte les Trois Gorges et se rend au nord, à Chang'an où il entre à l’Académie impériale pour étudier[8]. En 682, il passe l’examen impérial mais échoue et à l’automne de la même année, il retourne dans sa région natale[9]. De retour au mont Jinhua, il étudie assidûment, et en quelques années, il maîtrise les classiques, l’histoire et les œuvres des diverses écoles de pensée, excellant particulièrement dans la rédaction littéraire, avec un style raffiné rappelant eux des poètes Sima Xiangru (179-117 av. J.-C.) et Yang Xiong (53 av. J.-C. - 18 ap. J.-C.), ce qui pose une base solide pour ses futures réformes littéraires. Il étudie aussi les techniques des immortels (神仙之术)[a 2]. Puis, en 684, Chen Zi'ang réussit les examens impériaux à l’âge de 24 ans et obtient le titre académique de jinshi (érudit), le niveau le plus élevé de l’examen impérial, et, par le fait même, devient le premier diplômé de Sichuan. Peu après, l’impératrice douairière Wu Zetian qui apprécie beaucoup son talent littéraire le nomme correcteur principal au Secrétariat impérial[6] vol. 083. Puis, il occupe plusieurs postes jusqu’à être promu remontrant de droite : « Par son travail acharné et ses études, il « gravit les échelons » et devient conseiller de l’impératrice Wu Zetian »[10].

L’impératrice Wu Zetian (r. 690-705) parvenue au pouvoir[a 3] favorise les fonctionnaires sévères et multiplie les injustices et les prisons arbitraires. Chen Zi'ang écrit plusieurs mémoires pour faire part de ses opinions[6] vol. 083 pour critiquer les abus judiciaires et plaider pour l’emploi des hommes vertueux et compétents, mais elles sont souvent ignorées. En 691, en raison du deuil pour sa belle-mère, il quitte son poste et retourne dans sa localité natale[9] pour observer le deuil[11] p. 11-13. En juillet 693,Chen Zi'ang retourne à la capitale orientale et l'année suivante, il est emprisonné pour implication présumée dans une « faction rebelle » qui s’oppose à Wu Zetian, mais il est ensuite libéré en 695 et rétabli dans ses fonctions de conseiller remontrant de droite. Deux ans plus tard, Chen Zi'ang participe à la campagne contre le nord et accompagne le prince de Jian’an, Wu Youyi, à la tête de l’armée, pour réprimer la rébellion des Khitans. Il est alors chargé de la correspondance et des documents militaires[6] vol. 083. En 698, invoquant la vieillesse de son père, il démissionne de son poste et rentre chez lui pour le soutenir. Il en profite pour étudier le Tao afin d'apaiser ses inquiétudes. L’année suivante, son père meurt et Chen Zi'ang reste chez lui pour observer le deuil[12] ,[11] p. 14.

Le magistrat Duan Jian, jaloux de la richesse de la famille de Chen Zi'ang, accuse faussement ce dernier et le fait emprisonner. Il le fait traîner à plusieurs reprises devant les autorités pour interrogatoire. Après avoir passé plusieurs années à entrer et sortir de prison[13], Chen Zi'ang meurt de chagrin et de désespoir en prison en 702[7] vol. 712,[a 4]. Il est enterré sur le mont Duzuo à Shehong[11] p. 19.

* * *

À l’avènement de la dynastie Tang, la littérature suit encore le style de Xu et Yu, riche et orné ; Zi’ang interrompt cette décadence, ramenant l’élégance et la rectitude, et même Li Bai et Du Fu le reconnaissent comme modèle[6] vol. 083.

Poésie

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En tant que conseiller important de l’impératrice Wu Zetian, Chen Zi'ang est un ardent défenseur d’une poésie reflétant la vie réelle. Une grande partie de son œuvre contient des réflexions et des commentaires sociaux à cause de son intérêt pour la politique[14]. Mécontent de l’état de la poésie de son époque, il contribue à inaugurer une nouvelle ère de la poésie chinoise en se référant à l’Antiquité lointaine[13]. Il est bientôt suivi par des poètes de l’âge d’or de la poésie Tang tels que Wang Wei, Li Bai et Du Fu. Il joue ainsi un rôle important dans l’émergence d’un type de poésie considéré comme typiquement « Tang » et est surnommé « l’ancêtre de la poésie Tang ». En raison de ses poèmes « au style vigoureux et aux idées élevées et raffinées », avec un esprit à la manière des Han et des Wei, il est aussi appelé « l’ossature de la poésie » (詩 shī 骨).

Œuvres

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  • Sentiments et expériences (感遇) : collection de trente-huit poèmes fortement influencée par le taoïsme et rédigée dans un vocabulaire plus simple que celui typique de la poésie de son époque.
  • Recueil de Chen Boyu (陈伯玉集: œuvre en 10 volumes, 127 poèmes et plus de 110 textes [6].
  • 全唐詩 (Intégrale de la poésie des Tang) : cette anthologie comprend plusieurs poèmes de Chen Zi'ang[6] vol. 83-84.
  • Chanson de l’ascension de la terrasse Youzhou (登幽州臺歌) : ce chant-poème est célébré comme un chef-d’œuvre éternel de la poésie classique[9]. Ce poème avec d'autres, pose les bases du développement de la « musique poétique » de la Tang prospère[15].

Chanson de l’ascension de la terrasse Youzhou (登幽州臺歌)

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Chinois

前不見古人,
後不見來者。
念天地之悠悠,
獨愴然而涕下。

Traduction libre

Devant moi, je ne vois pas les Anciens,
Derrière moi, je ne vois pas ceux qui viendront.
Pensant à l’immensité du Ciel et de la Terre,
Seul et rempli de chagrin, mes larmes coulent.

Notes et références

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  1. Catégorie élogieuse forgée par les lettrés des Cinq Dynasties et après, pour célébrer un groupe de dix hommes de lettres du début de l’ère florissante des Tang. Les membres de ce groupe étaient pour la plupart étroitement liés au taoïsme, et œuvraient principalement dans les domaines de la littérature et de la religion, Le groupe comprend : Chen Zi'ang, Lu Zangyong, Sima Chengzhen, Wang Shi, Bi Gou, Li Bai, Meng Haoran, Wang Wei et He Zhizhang, Song Zhiwen.
  2. Les techniques des immortels ou les arts taoïstes de l’immortalité sont l’un des cinq arts traditionnels chinois et relèvent des croyances populaires. De nos jours, certains appellent les arts de la Voie les « cinq arts »
  3. Elle a dégradé son fils l’empereur Ruizong au rang de simple prince héritier et s’est autoproclamée « empereur de la dynastie Zhou » (周) en 690.
  4. D’autres disent que Chen Zi'ang offense le Wu Sansi et que ce dernier ordonne à Duan Jian de le faire tuer.

Références

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  1. (zh) Han Xiao, Jin Junhua, 中国古代文论 (Théories littéraires de la Chine ancienne), Jilin, Éditions de l’Université de Jilin, , p. 127
  2. (zh) Wang Hongxia, Yao Shuyue, « 陈子昂研究百年回顾与前瞻 (Cent ans de recherche sur Chen Zi’ang : rétrospective et perspectives (partie 1) », Journal de l’Université Normale de Taiyuan (sciences sociales), vol. 21, no 03, , p. 36-45
  3. 1 2 (zh) Ouyang Xiu, Song Qi et d’autres (dynastie Song du Nord), 新唐書 (新唐书) (Nouveau livre des Tang),
  4. Plusieurs auteurs sous la direction de Rémi Mathieu, Anthologie de la poésie chinoise, Lonrai, Gallimard, coll. « La Pléiade », , 1547 p., p. 1285
  5. (zh) « 宋之问 (宋之問) (Song Zhiwen) », sur Gushiwen.cn, (consulté le )
  6. 1 2 3 4 5 6 (zh) 陈子昂 (陳子昂) (Chen Zi'ang), « 全唐詩(全唐诗) (Intégrale de la Poésie des Tang) », (consulté le )
  7. 1 2 (zh) 盧藏用 (Lu Zangyong), 陳氏別傳 (Biographie séparée des Chen), dans le Wenyuan Yinghua (文苑英華), Wang Feng et al.,
  8. (zh) « 陈子昂 (陳子昂) (Chen Zi'ang) », sur Gushiwen.cn, (consulté le )
  9. 1 2 3 (zh) « 陈子昂 (陳子昂) (Chen Zi'ang) », sur Baike.baidu, Pékin, (consulté le )
  10. (en) « 100 Tang Poems » (consulté le )
  11. 1 2 3 (zh) Plusieurs rédacteurs sous la direction de Hu Chuanzhong et Chen Mingyang, 遂宁历史名人年谱 (Chronologie des personnalités historiques de Suining), Sichuan Minzu Chubanshe,
  12. (zh) plusieurs contributeurs, 中国大百科全书 (中國大百科全書) (Encyclopédie complète de Chine) ; biographie de陈子昂 (Chen Zi'ang), 中国大百科全书出版社,
  13. 1 2 (en) John C.H. Wu, The Four Seasons of Tang Poetry, Vermont, Rutland, , 1547 p. (ISBN 978-0-8048-0197-3), p. 43-44
  14. (en) Zhu Xiaojin, The Reason for Chen Zi'ang's Death (关于陈子昂的死因), Vermont, Rutland, , 1547 p.
  15. (zh) 刘秀秀 (Liu Xiuxiu), 陈子昂诗歌理论及创作在盛唐的接受 (Réception de la théorie poétique et de la création de Chen Zi’ang dans la haute dynastie Tang), Hunan, Université de Hunan,

Liens externes

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