Chengziya

site archéologique chinois

Chengziya, également orthographié Chengziyai, dans le petit village de Longshan (Chinese: 龙山镇; pinyin: Lóngshān Zhèn), est un site archéologique de la culture de Longshan découvert en 1928. À ce jour, Chengziya est le deuxième plus grand site connu de cette culture après Shimao.

Chengziya
城子崖遗址
Image illustrative de l’article Chengziya
Localisation
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Coordonnées 36° 44′ 09″ nord, 117° 21′ 15″ est
Géolocalisation sur la carte : Chine
(Voir situation sur carte : Chine)
Chengziya
Chengziya

Situation

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Chengziya est situé à environ 1 kilomètre à l'ouest de la ville de Longshan, qui relève de l'administration de la ville de Zhangqiu, et à environ 25 kilomètres à l'est de Jinan, la capitale de la province du Shandong. Le site se trouve juste au nord de la route S102 et à moins d'un kilomètre au sud du lac du Dragon. Parmi les autres sites remarquables de la région, on peut citer le mausolée de Dongping (à moins de 2 kilomètres à l'est) et les ruines de l'ancienne muraille de la ville[1].

Cité à l'époque néolithique

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L'ancienne cité de Chengziya a été construite vers 2600 av. J.-C.[2] et était située sur un plateau près des anciennes rivières Guanlu et Wuyuan[3]. Le nom Chengziya, qui signifie littéralement « falaise de la ville », fait référence à cet emplacement et à la muraille qui entoure la colonie[4]. La rivière Wuyan coule du nord au sud, à l'ouest du village.

Chengziya présentait un tracé rectangulaire (400 mètres sur 500 mètres), dont les axes étaient orientés selon les directions nord-sud et est-ouest. Alors que les remparts ouest, sud et est sont rectilignes, le rempart nord s'avance vers l'extérieur en suivant le relief[2]. Le site couvrait ainsi une superficie d’environ 200 000 mètres carrés et était entouré d’un mur en hangtu (terre battue) d’environ 7 mètres de haut, large de 10 mètres à la base et s’effilant jusqu’à une largeur de 5 mètres au sommet. La technique de construction des murs en terre battue constituait une innovation à l’époque. Des couches successives d’une épaisseur comprise entre 12 et 14 centimètres (5,5 pouces) étaient compactées l’une après l’autre avant l’ajout de la couche suivante[4]. À l'extérieur des remparts se trouvait un fossé profond alimenté par les eaux d'une rivière voisine. En l'absence de remparts majeurs à l'intérieur de l'agglomération, son tracé correspond au modèle d'une « ville-plateforme » (en chinois : 台城 ; pinyin : tái chéng)[2].

Chenziya se trouve au cœur d'un ensemble de plus de 40 sites appartenant à la culture Longshan. Ces sites se répartissent en trois catégories de taille : ceux dont la superficie va de quelques milliers à 10 000 mètres carrés seraient les « ju » (chinois : 居 ; pinyin : jū ; littéralement « habitats ») mentionnés dans les textes anciens. Les sites plus vastes, pouvant atteindre 50 000 mètres carrés, seraient des « yi » (villes centrales) ; enfin, Chengziya elle-même a été identifiée comme un « du » (chinois : 都 ; pinyin : dū, capitale). D’après les épais dépôts découverts sur le site (d’une profondeur de 3 à 4 mètres, voire de 5 à 6 mètres), la population de Chengziya a été estimée à plusieurs dizaines de milliers d’habitants[2].

Cités plus tardives

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Après le déclin de la culture Longshan, le site de Chengziya a été occupé par deux autres sites fortifiés, l'un appartenant à la culture Yueshi (1900-1500 av. J.-C.) et l'autre à l'époque de la dynastie Zhou (1100-256 av. J.-C.)[5].

Importance archéologique

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Les fouilles du site de Chengziya ont mis au jour une culture de la poterie noire distincte de la culture de la poterie rouge, ce qui indique que la culture de la poterie noire constitue un système culturel à part entière. Cette découverte a marqué le début d’une nouvelle ère pour l’archéologie de terrain en Chine, a définitivement réfuté l’idée fausse de l’« origine occidentale » et a constitué un tournant majeur dans le débat sur l’« origine autochtone » de la culture chinoise.

La culture de Longshan peut présenter des différences par rapport à la culture de Yangshao que l’on connaît, mais il existe un lien profond entre celle-ci et la culture Shang représentée par les ruines de Yin, comme en témoignent notamment les inscriptions sur os oraculaires[6] ; elle constitue donc un élément clé pour explorer l’origine de la civilisation chinoise.

À partir des années 1990, l’Institut provincial des vestiges culturels et d’archéologie du Shandong a de nouveau mené des fouilles sur le site de Chengziya. Il a été établi à titre préliminaire que le site de Chengziya est le centre du groupe d’habitats de Zhangqiu, qui a abrité les cultures Longshan et Yueshi pendant plus de 1 000 ans. Cette découverte revêt une grande importance pour l’étude du développement des anciennes villes chinoises et de l’origine de la civilisation chinoise.

Importance politique

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Les vestiges de la culture Longshan à Chengziya sont mis en valeur par les pouvoirs publics comme une source de fierté nationale dans la longue histoire de la civilisation chinoise. Le site de Chengziya a été l'un des premiers sites historiques et culturels à être placé sous la protection de l'État en 1961 (résolution n° 1-140 du Conseil d'État)[7]. Il a depuis été classé site de « l'éducation au patriotisme » de premier rang par les autorités municipales et provinciales ; son importance politique a été soulignée par les visites de dirigeants politiques[3].

Notes et références

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  1. (en) Nancy Shatzman Steinhardt, The Borders of Chinese Architecture, Harvard University Press, , 320 p. (ISBN 978-0-674-24101-5, lire en ligne), p. 30
  2. 1 2 3 4 (en) Kwang-chih Chang, Pingfang Xu, Liancheng Lu, Xu Pingfang, Shao Wangping, Zhang Zhongpei et Wang Renxiang, The Formation of Chinese Civilization: An Archaeological Perspective, Yale University Press, , 363 p. (ISBN 0-300-09382-9, lire en ligne), p. 104
  3. 1 2 (en) The Jinan Municipal Government, « Chengziya Ruins Museum » [archive] (consulté le )
  4. 1 2 (en) Alfred Schinz, The Magic Square: Cities in Ancient China, Edition Axel Menges, , 428 p. (ISBN 3-930698-02-1, lire en ligne), p. 22
  5. (de) Volker Pingel et Baoquan Song, « Dokumentation historischer Denkmäler in China », Die Einsatzmöglichkeiten moderner Luftbildarchäologie, (lire en ligne, consulté le )
  6. (en) Peng Peng, « Decentralizing the Origin of Civilization: Early Archaeological Efforts in China », History of Humanities Volume 6, (ISSN 2379-3163, DOI 10.1086/715935, S2CID 244133983, lire en ligne, consulté le )
  7. (en) The Jinan Tourism Administration, « Chengziya Relics Museum » (consulté le )

Voir aussi

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