Cherax quadricarinatus

espèce de crustacés

Écrevisse à pinces rouges

Cherax quadricarinatus
Description de cette image, également commentée ci-après
Écrevisse à pinces rouges.
Classification WoRMS
Règne Animalia
Embranchement Arthropoda
Sous-embr. Crustacea
Super-classe Multicrustacea
Classe Malacostraca
Sous-classe Eumalacostraca
Super-ordre Eucarida
Ordre Decapoda
Sous-ordre Pleocyemata
Infra-ordre Astacidea
Super-famille Parastacoidea
Famille Parastacidae
Genre Cherax

Espèce

Cherax quadricarinatus
(von Martens, 1868)[1]

Statut de conservation UICN

( LC )( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Synonymes

Selon [2] :

  • Astacus quadricarinatus von Martens, 1868

Cherax quadricarinatus, l’Écrevisse à pinces rouges, est une espèce d'écrevisses d'eau douce de la famille des Parastacidae.

En Australie, elle est élevée en pisciculture car appréciée pour sa saveur.

Devenue envahissante dans de nombreux pays où où elle a été introduite, elle provoque un déséquilibre général de l'écosystème aquatique. Elle contribue à l'intoxication au chlordécone en Martinique.

Description

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Systématique

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Le nom valide complet (avec auteur) de ce taxon est Cherax quadricarinatus (von Martens, 1868)[2].

L'espèce a été initialement classée dans le genre Astacus sous le protonyme Astacus quadricarinatus von Martens, 1868[2],[3].

Ce taxon porte en français le nom vernaculaire ou normalisé suivant : Écrevisse à pinces rouges[4]. Elle est cependant parfois aussi appelée écrevisse bleue[5].

Répartition

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Cette écrevisse est originaire d'Australie et de Papouasie-Nouvelle-Guinée[6].

Elle a cependant été introduite dans de nombreuses régions tropicales où elle est parfois devenue envahissante.

C. quadricarinatus est considérée comme une espèce exotique envahissante établie en Afrique du Sud, au Mexique, en Jamaïque, à Porto Rico[7], Indonésie[8], en Zambie[9], en Malaisie et à Singapour[10].

en Martinique

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Introduite en Martinique au début du XXIe pour l’astaciculture, Cherax quadricarinatus est détectée dans le milieu naturel pour la première fois en 2010. De par sa fortes capacités de croissance et de reproduction et ses très faibles exigences écologiques, elle se met ensuite à pulluler et à coloniser de nouveaux territoire de façon fulgurante (avec une dispersion probablement assistée par l’humain) : 4 populations en 2015, 10 populations en 2018, 47 stations réparties sur 23 rivières permanentes en 2023, soit 6 bassins versants totalement envahis. C'est une superprédatrice de l'ensemble de la faune : invertébrés benthiques, crustacés (en particulier pour les crevettes) et même des poissons (juvéniles ou petits adultes). Sa forte abondance dans les cours d’eau provoque un déséquilibre général de l'écosystème aquatique, affectant les caractéristiques physiques et chimiques de l’habitat, y compris les macrophytes.

Par ailleurs, de par sa place de superprédatrice dans l'écosystème, elle bioaccumule les principes toxiques de la chaîne alimentaire jusqu'à l'humain... Elle occasionne ainsi un risque sanitaire lié à la consommation d’écrevisse. Malgré l'interdiction de la pêche en rivière en 2009[11], la pêche est une activité récréative ancestrale profondément ancrée, la revente illégale de C. quadricarinatus est très lucrative (20-25 €/kg) et elle est localisée principalement en zone contaminée par le chlordécone. Une étude montre que si l'accumulation du chlordécone est très rapide, la décontamination est trop lente pour être envisagée comme alternative.

Il n'existe aucun moyen d’éradication efficace. Ne restent que l'information et la sensibilisation auprès des pêcheurs locaux et des autorités compétentes, et son suivi régulier sur les cours d'eau encore indemnes via ADNe pour la mise en place d'actions précoces[12],[13].

Notes et références

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  1. ↑ (de) E. von Martens, « Über eine neue Art und Untergattung der Cyprinoiden, Homaloptera (Octonema) rotundicauda, über einige neue Crustaceen und über die neuholländischen Süsswasserkrebse », Monatsberichte der Königlichen Akademie der Wissenschaften zu Berlin, Physikalisch-mathematische Klasse, Berlin, vol. 1868,‎ , p. 607-619 (lire en ligne, consulté le )
  2. 1 2 3 World Register of Marine Species, consulté le .
  3. ↑ Martens 1868, p. 617
  4. ↑ MNHN & OFB [Ed]. 2003-présent. Inventaire national du patrimoine naturel (INPN), Site web : https://inpn.mnhn.fr, consulté le .
  5. ↑ « Etude des impacts de l'écrevisse exotique envahissante Cherax quadricarinatus sur les hydrosystèmes de Martinique », sur Observatoire martiniquais de la Biodiversité
  6. ↑ UICN, consulté le .
  7. ↑ (en) Austin, C.M., Jones, C. et Wingfield, M., « Cherax quadricarinatus », UICN,‎ (DOI 10.2305/IUCN.UK.2010-3.RLTS.T4621A11041003.en)
  8. ↑ (en) Jiří Patoka, Yusli Wardiatno, Kuříková Yonvitner, Petrtýl Pavlína, Lukáš Miloslav et Kalous, « Cherax quadricarinatus (von Martens) has invaded Indonesian territory west of the Wallace Line: evidences from Java », Knowledge and Management of Aquatic Ecosystems, vol. 417, no 417,‎ , p. 39 (DOI 10.1051/kmae/2016026 Accès libre)
  9. ↑ (en) Shouta M. M. Nakayama, Yoshinori Ikenaka, Kaampwe Muzandu, Kennedy Choongo, Balazs Oroszlany, Hiroki Teraoka, Naoharu Mizuno et Mayumi Ishizuka, « Heavy Metal Accumulation in Lake Sediments, Fish (Oreochromis niloticus and Serranochromis thumbergi), and Crayfish (Cherax quadricarinatus) in Lake Itezhi-tezhi and Lake Kariba, Zambia », Archives of Environmental Contamination and Toxicology, vol. 59, no 2,‎ , p. 291–300 (ISSN 0090-4341, PMID 20162262, DOI 10.1007/s00244-010-9483-8, hdl 2115/43285 Accès libre)
  10. ↑ (en) Shane T. Ahyong et Darren C. J. Yeo, « Feral populations of the Australian Red-Claw crayfish (Cherax quadricarinatus von Martens) », Biological Invasions, vol. 9, no 8,‎ , p. 943–946 (DOI 10.1007/s10530-007-9094-0)
  11. ↑ « Pêcheur - Règlementation de la pêche », sur Préfecture de la Martinique, (consulté le )
  12. ↑ Thomas Baudry, Frédéric Grandjean (Université de Poitiers) et Juliette Smith-Ravin (Université des Antilles), « Evaluation des impacts de l’écrevisse exotique envahissante Cherax quadricarinatus sur les hydrosystèmes de Martinique », Université de Poitiers,‎ (lire en ligne)
  13. ↑ Thomas Baudry, « Étude des impacts de l’écrevisse exotique envahissante Cherax quadricarinatus sur les hydrosystèmes de Martinique », thèse de Biologie animale, Université de Poitiers,‎ (lire en ligne)

Liens externes

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