Cheval miniature français

race de chevaux

Le Cheval miniature français est un registre généalogique (stud-book) de chevaux miniatures, officiellement reconnu comme une race en France depuis . Sa constitution résulte de croisements entre diverses souches de chevaux miniatures importées puis élevées en France. Comme tous les chevaux de cette catégorie, sa morphologie évoque le cheval en modèle réduit plutôt que le poney, avec une taille maximale autorisée de 89,5 cm.

Cheval miniature français
Région d’origine
Région Drapeau de la France France
Caractéristiques
Morphologie Cheval miniature
Taille Moins de 89,5 cm
Robe Toutes sont possibles, avec une préférence pour les couleurs spectaculaires
Autre
Utilisation Animal de compagnie, zoothérapie

De création très récente, le cheval miniature français se distingue de ses voisins par une sélection sportive. Il est surtout adopté comme animal de compagnie, bien qu'une vaste palette d'utilisations sans équitation soit possible. Son élevage est en croissance, passant d'une dizaine d'individus en 2015 à plus de 102 en 2018, avec une expansion après la période Covid, en 2022.

Histoire

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Cheval miniature présenté attelé au marché-concours de Saignelégier en 2016.

En 1996, l'Association française du cheval miniature est créée pour promouvoir tous les chevaux miniatures présents sur le territoire français, quelles que soient leurs origines généalogiques[1]. La création officielle de la race du cheval miniature français résulte de la présence d'environ un millier de chevaux sans papiers issus de croisements entre différentes races miniatures (Falabella, américains et anglais) sur ce territoire[2],[3], résultat de vingt années de brassages entre ces différentes souches[4]. Sa reconnaissance officielle en France suit celle du cheval miniature américain en 2011[3]. Les éleveurs ont souhaité établir des repères pour les acheteurs[5], limiter le nombre de chevaux sans papiers[6], structurer cet élevage[2] et valoriser des animaux issus d'élevages spécifiquement français. Après une longue négociation entre l'Institut français du cheval et de l'équitation (IFCE) et le ministère de l’agriculture, le stud-book du cheval miniature français est créé[7], en juillet 2014[6],[8],[3]. Les premiers sujets sont inscrits le [7]. Ce stud-book est créé à Vichy, qui reste depuis la « capitale du cheval miniature » en accueillant chaque année les championnats de France[9], sous l'impulsion de la famille Bertheau[10].

Il suscite un phénomène de mode depuis au moins 2015[11],[12], dans le cadre d'un engouement plus général pour tous les animaux de ferme miniatures, permettant de tourner des vidéos virales pour les réseaux sociaux[13]. Les deux années de Covid, en 2020 et 2021, entraînent des difficultés pour les éleveurs[14].

Description

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La base de données DAD-IS le classe comme la branche française du Falabella[15] ; en effet la sélection du Falabella est le point d'origine de toutes les races actuelles de chevaux miniatures[16].

Morphologie

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Comme tous les chevaux miniatures, il est morphologiquement plus proche d'un cheval que d'un poney[15],[17]. Il mesure entre 40 et 50 cm à la naissance, pour un poids d'environ 10 kg[18]. La taille maximale autorisée à l'âge adulte est de 89,5 cm au garrot[15],[3],[19]. Il est inscrit dans un carré[3]. La hauteur entre le pied et le coude doit être plus importante que la hauteur entre le coude et le garrot[18],[3],[20], le vide sous-sternal devant donc être important[17]. Selon l'association qui gère la race, ce petit cheval doit être symétrique, puissant, agile et vif[21].

La tête est petite et fine[3], mais large, dotée d'yeux proéminents, avec des oreilles dont la pointe s'incurve vers l'intérieur[21]. Le corps est musclé, avec un dos court, un passage de sangle profond et un ventre proportionné, qui ne doit être ni levretté ni gros[21]. La croupe est oblique[19].

Toutes les robes et particularités sont admises[21],[22].

Sélection et santé

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L'association française du cheval miniature est l'organisme de sélection officiel de cette race en France depuis 2017[1]. Le stud-book est ouvert, tout cheval miniature élevé en France peut y être inscrit s'il répond aux critères du standard de race[2],[23]. Les Shetlands sont interdits depuis 2022, car ils ne répondent pas au critère du vide sous-sternal[24]. Il n'existe pas de lignées spécifiques, celles-ci restant à construire[2]. Le processus devrait prendre une dizaine d'années[2] ; en 2023, les généalogies sont bien renseignées et permettent de la traçabilité[25]. L'association française du cheval miniature organise chaque année un championnat de France dédié à cette race[19]. Un modèle sportif est recherché, ce qui le différencie des miniatures américains, plutôt sélectionnés pour des exhibitions (show)[2],[3].

Tous les chevaux miniatures ont des prédispositions à des maladies et troubles spécifiques dus à leur taille, notamment au niveau de la dentition (prognathisme[26]), des articulations et des pieds (pied bot[26],[27]) ; ces troubles peuvent être rédhibitoires pour l'inscription au stud-book. Les maladies génétiques spécifiques sont les mêmes que chez le cheval miniature américain[22], soit différentes formes de nanisme et l'atavisme du squelette[25]. Son anatomie rend la reproduction difficile, car le placenta arrive avant la poche des eaux lors du poulinage, ce qui fait que la vie de la poulinière est mise en danger sans intervention humaine pour percer la poche des eaux[19].

Le tempérament recherché est proche de l'humain[19]. Les soins sont les mêmes que pour un cheval de taille classique, avec une vie en extérieur[28].

Utilisations

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Piste de cirque où plusieurs petits chevaux sautent un obstacle
Groupe de chevaux miniatures lors d'un spectacle équestre en liberté, en Allemagne.

Le cheval miniature français est un animal de compagnie, aussi utilisé pour l'équithérapie[29]. Les avis divergent sur une éventuelle utilisation sous la selle, l'association française du cheval miniature affirmant qu'un enfant pesant moins de 15 % du poids du cheval (ou moins de 35 kg[30]) peut le monter[29], tandis que des éleveurs interrogés par Cheval Magazine pensent cela impossible[6]. Classiquement, des familles en adoptent un pour en faire un animal de compagnie familial, et le traitent comme un chien ou un chat. La demande porte sur un animal moins encombrant et moins puissant qu'un cheval de taille classique[18]. Ces animaux peuvent aussi pratiquer le dressage en longues rênes, le saut d'obstacles en main ou en liberté, l'attelage[18],[29], le spectacle équestre, et le TREC en main[29]. Le cheval miniature souffre toutefois d'une image d'animal mignon et inutile[6].

Diffusion de l'élevage

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En novembre 2015, le stud-book ne compte qu'une dizaine d'individus, et attend la reconnaissance de l'ensemble de la filière équine française[31]. Il existe (en 2017) des élevages en Côtes-d'Armor, en Normandie, dans les Hauts-de-France, en Seine-et-Marne et dans l'Hérault[32]. La plupart des éleveurs se trouvent dans le nord et le centre de la France[33]. La prospective envisage un engouement de plus en plus important pour cet animal[6],[32]. En 2018, la base de données DAD-IS indique un cheptel de 102 chevaux enregistrés sur tout le territoire[15]. D'après Cheval magazine, en 2022, la race a connu une expansion importante auprès de personnes qui ne peuvent plus monter à cheval[19].

Notes et références

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  1. 1 2 AFCM 2023, p. 3.
  2. 1 2 3 4 5 6 Chauvin 2015, p. 53.
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 Bataille et Tsaag Valren 2017, p. 242.
  4. « Origines » Accès libre [html], sur AFCM (consulté le ).
  5. « Le Stud Book du cheval miniature français se structure » Accès libre [html], sur lepointveterinaire.fr, Le Point Vétérinaire, (consulté le ).
  6. 1 2 3 4 5 Chauvin 2015, p. 52.
  7. 1 2 « La reconnaissance des chevaux miniatures français en marche », sur haras-nationaux.fr, Haras nationaux (version du sur archive.org).
  8. Lhermite 2016, p. 59.
  9. Florian Gallant, « Équitation - Au fait, qu'est ce qu'un cheval miniature ? », La Montagne, (lire en ligne [archive du ] Accès libre [html], consulté le ).
  10. Philippe Richard, « Le cheval miniature, le cheval de bataille de la famille Bertheau », La Montagne, (lire en ligne Accès libre [html]).
  11. « Les chevaux miniatures » Accès libre, sur France 5, La Quotidienne, (consulté le ).
  12. Martine Tissier, « Le Blanc : les chevaux miniatures ont la crinière dans le vent » Accès payant [html], sur lanouvellerepublique.fr, La nouvelle République, (consulté le ).
  13. Djaïd Yamak, « Des animaux de ferme miniatures de plus en plus populaires : « C’est plus petit, c’est plus pratique, ça prend moins de place, ça mange moins » », Le Monde, (lire en ligne Accès payant [html]).
  14. AFCM 2023, p. 10.
  15. 1 2 3 4 DAD-IS.
  16. AFCM 2023, p. 6.
  17. 1 2 AFCM 2023, p. 7.
  18. 1 2 3 4 Chauvin 2015, p. 51.
  19. 1 2 3 4 5 6 Hubert 2022.
  20. AFCM 2023, p. 12.
  21. 1 2 3 4 Lhermite 2016, p. 60.
  22. 1 2 Bataille et Tsaag Valren 2017, p. 243.
  23. AFCM 2023, p. 5.
  24. AFCM 2023, p. 16.
  25. 1 2 AFCM 2023, p. 4.
  26. 1 2 AFCM 2023, p. 14.
  27. Stéphanie Durand, Contribution à l'étude des races équines miniatures (Thèse d'exercice vétérinaire), École nationale vétérinaire de Toulouse, , 100 p. (lire en ligne Accès libre).
  28. « Entretien » Accès libre [html], sur AFCM (consulté le ).
  29. 1 2 3 4 « Le cheval miniature : utilisation » Accès libre [html], sur cheval-miniature-afcm.com, Association française du cheval miniature (consulté le ).
  30. AFCM 2023, p. 23.
  31. Chauvin 2015, p. 50.
  32. 1 2 Bataille et Tsaag Valren 2017, p. 244.
  33. AFCM 2023, p. 8.

Annexes

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Articles connexes

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Liens externes

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Bibliographie

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  • [Bataille et Tsaag Valren 2017] Lætitia Bataille et Amélie Tsaag Valren, Races équines de France, Paris, Éditions France Agricole, , 2e éd. (1re éd. 2008), 304 p. (ISBN 2-85557-481-1, OCLC 971243118, BNF 45194192).Voir et modifier les données sur Wikidata
  • [Chauvin 2015] Maylis Chauvin, « Le miniature français prend de la hauteur », Cheval Magazine, no 528, , p. 50-53 (ISSN 0245-3614).
  • [Lhermite 2016] Mélina Lhermite, « Le miniature, un concentré de qualités », Cheval Magazine, no 537, , p. 59-60 (ISSN 0245-3614).
  • [Hubert 2022] Bettina Hubert, « Race : Le cheval miniature, compagnon polyvalent », Cheval magazine, no 609, (lire en ligne Accès libre).