Chico Olympio
Chico Olympio, aussi appelé Francisco Olympio Junior, né en 1854 et mort en 1886, est un commerçant afro-brésilien actif sur la côte du golfe de Guinée.
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nom de naissance |
Francisco Olympio Junior |
| Nationalité |
Afro-brésilienne |
| Activité | |
| Père | |
| Fratrie |
Octaviano Olympio, Cesar Olympio |
Fils de Francisco Olympio Sylvio, il travaille pour la maison commerciale britannique A. and F. Swanzy avec ses frères Octaviano et Cesar. En 1882, il est chargé avec Octaviano d'ouvrir une succursale à Bey Beach, localité commerciale qui devient ensuite Lomé, future capitale du Togoland puis du Togo. Son installation dans ce centre côtier contribue à l'implantation de la famille Olympio dans la ville et à son essor commercial au tournant de la période coloniale allemande.
Biographie
modifierOrigines familiales
modifierChico Olympio est l'un des fils de Francisco Olympio Sylvio, commerçant afro-brésilien né à Salvador, dans l'État de Bahia, et installé sur la côte ouest-africaine au milieu du XIXe siècle[1].
La famille Olympio appartient à la communauté afro-brésilienne d'Afrique de l'Ouest, composée de familles issues des circulations entre le Brésil, le Bénin, le Ghana et le futur Togo. Cette communauté joue un rôle important dans le commerce, l'architecture, l'éducation et la vie religieuse de plusieurs villes côtières de la région[1].
Francisco Olympio Sylvio établit une maison de commerce à Agoué, dans l'actuel Bénin, après la transformation progressive du commerce côtier liée au recul de la traite atlantique et à la montée du commerce dit légitime[1]. Ses enfants, dont Chico, Cesar, Octaviano et Epiphanio, sont ensuite associés à différentes activités commerciales régionales[1].
Activités commerciales
modifierDans les années 1880, Chico Olympio travaille avec ses frères Octaviano et Cesar pour la société commerciale britannique A. and F. Swanzy, aussi connue sous le nom de Swanzy Brothers[1].
À cette période, un nouveau centre commercial apparaît sur la côte du golfe de Guinée : Bey Beach, aussi appelé Be-Beach. La localité attire des commerçants africains, afro-brésiliens et européens en raison de sa position côtière et de son rôle dans les échanges entre la mer, les populations de l'arrière-pays et les maisons de commerce étrangères[1].
En 1882, Chico Olympio et son frère Octaviano sont mandatés par A. and F. Swanzy pour ouvrir une succursale à Bey Beach[1]. Leur arrivée marque une étape importante dans l'installation de la famille Olympio à Lomé. La succursale connaît rapidement le succès, ce qui favorise l'ancrage commercial de la famille dans cette ville en formation[1].
Rôle dans l'essor de Lomé
modifierL'installation de Chico et d'Octaviano Olympio à Bey Beach intervient au moment où la localité devient un centre commercial côtier dynamique. L'arrivée de maisons de commerce européennes et de négociants afro-brésiliens participe à l'expansion rapide de la future ville de Lomé[1].
Après la création du protectorat allemand du Togo en 1884, Lomé prend progressivement de l'importance dans l'organisation commerciale et administrative du territoire. La ville devient plus tard la capitale de la colonie allemande du Togoland, en 1897[2].
Le rôle direct de Chico Olympio dans cette évolution est bref, en raison de sa mort précoce en 1886. Son activité contribue cependant à ouvrir la voie à l'ascension de son frère Octaviano, devenu par la suite l'une des principales figures commerciales et politiques de Lomé pendant plusieurs décennies[1].
Mort et postérité
modifierChico Olympio meurt en 1886[1]. Après sa disparition, Octaviano Olympio poursuit le développement des activités commerciales de la famille à Lomé, avec l'appui de ses sœurs Clara et Julia[1].
Bien que moins documenté que son frère Octaviano, Chico Olympio occupe une place importante dans l'histoire de la famille Olympio à Lomé. Son arrivée à Bey Beach en 1882 est considérée comme l'un des premiers moments de l'implantation durable de cette famille afro-brésilienne dans la future capitale togolaise[1].
La famille Olympio devient ensuite l'une des familles les plus influentes du Togo. Plusieurs de ses membres jouent un rôle majeur dans le commerce, l'administration, les professions libérales et la vie politique togolaise. Sylvanus Olympio, petit-fils de Francisco Olympio Sylvio, devient le premier président de la République togolaise indépendante en 1960[1].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 (en) Alcione M. Amos, « Afro-Brazilians in Togo: The Case of the Olympio Family, 1882-1945 », Cahiers d'études africaines, no 162, , p. 293-314 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Peter Sebald, Togo 1884-1914: Eine Geschichte der deutschen « Musterkolonie » auf der Grundlage amtlicher Quellen, Berlin, Akademie-Verlag,
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierBibliographie
modifier- (en) Alcione M. Amos, « Afro-Brazilians in Togo: The Case of the Olympio Family, 1882-1945 », Cahiers d'études africaines, no 162, , p. 293-314 (lire en ligne)
- (en) Alcione M. Amos, « Afro-Brazilians in Togo: The Case of the Olympio Family, 1882-1945 », Cahiers d'études africaines, vol. 41, no 162, , p. 293-314 (DOI 10.4000/etudesafricaines.88)
- (en) Peter Sebald, Togo 1884-1914: Eine Geschichte der deutschen « Musterkolonie » auf der Grundlage amtlicher Quellen, Berlin, Akademie-Verlag,
- Yves Marguerat, Lomé, une brève histoire de la capitale du Togo, Lomé, Presses de l'Université du Bénin,
- Yves Marguerat et Kodjo Pelei, Si Lomé m'était contée... Dialogues avec les vieux Loméens, Lomé, Presses de l'Université du Bénin,
- (en) Kwame Essien, Brazilian-African Diaspora in Ghana: The Tabom, Slavery, Dissonance of Memory, Identity, and Locating Home, East Lansing, Michigan State University Press,
Liens externes
modifier- (en) Alcione M. Amos, « Afro-Brazilians in Togo », sur Cahiers d'études africaines (consulté le )