Christine Montalbetti

écrivaine française

Christine Montalbetti, née en 1965 au Le Havre, est une femme de lettres française, romancière, dramaturge et maître de conférences en littérature française à l’université Paris-VIII. Son œuvre, marquée par une dimension cinématographique, une attention aux détails infimes et une proximité avec le lecteur, explore des thèmes comme la mélancolie, l’humour et la relation entre objets et humains. Elle est lauréate du Prix Franz Hessel (2014) et du Prix Émile-Augier de l’Académie française (2019).

Christine Montalbetti
En .
Biographie
Naissance
Nationalité
Française
Formation
Activité
Romancière, nouvelliste, dramaturge, professeure de littérature
Autres informations
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Domaine
Mouvement
Directrice de thèse
Site web
Distinctions

Biographie

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Formation et parcours universitaire

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Ancienne élève de l’École normale supérieure de jeunes filles (promotion 1985), puis de l’École normale supérieure de la rue d’Ulm[1], Christine Montalbetti est agrégée de lettres modernes. Elle soutient une thèse sur le récit de voyage et enseigne la littérature française à l’université Rennes-II (1994–2000) avant de rejoindre l’université Paris-VIII[2].

Carrière littéraire

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Son premier roman, Sa fable achevée, Simon sort dans la bruine (2001), est suivi de L’Origine de l’homme (2002), qui retrace deux saisons imaginaires de la vie du paléontologue Jacques Boucher de Perthes. Ce roman, mêlant documents historiques et fantaisie, interroge notre rapport à la préhistoire[3].

En 2005, elle publie Western, une réinterprétation des codes du western à l'italienne, saluée pour son humour et sa structure narrative proche du montage cinématographique[4]. Ce roman, ainsi que Journée américaine (2009), sont qualifiés de « romans cinéphiles » par la critique[5].

Elle écrit en 2011 un roman qui se passe dans le Japon ancien, L’Évaporation de l’oncle. En 2014 paraît Plus rien que les vagues et le vent, dont « les personnages semblent émaner des forces telluriques, malmenés par leurs destins comme le sable est fouetté par les vagues ».

La Vie est faite de ces toutes petites choses (2016) raconte la dernière mission de navette Atlantis vers la Station spatiale internationale.

Dans Trouville Casino (2018) elle retrace, d’après un fait-divers, le braquage par un retraité du casino de Trouville-sur-mer.

Mon ancêtre Poisson (2019) est une enquête généalogique sur son arrière-arrière-grand-père entré comme jardinier au Jardin des Plantes à l’âge de neuf ans, et plus tard devenu botaniste. Ce récit est l’occasion d’une traversée de l’Histoire de 1833 à 1919 et interroge les romans qu’on se fait dans les familles: « La connivence qu’elle instaure permet à son « ancêtre Poisson » disparu d’entrer dans la galerie de portraits de tous nos ancêtres » note Florence Bouchy, dans Le Monde des Livres.

Suivent trois romans qui déploient une multiplicité de personnages. Ce que c’est qu’une existence (2021), « roman choral sur le sentiment de la fragilité des choses, le rôle de la mémoire » suit « des existences en simultané, le long d’une seule journée ». Le Relais des Amis (2023) fait passer de personnage en personnage et de pays en pays. Dans La Terrasse (2024), un matin d’été un homme imagine les vies des clients de l’hôtel autour de lui.

Romans américains (2022) réunit un roman écrit sous le pseudonyme de Donovan Gallagher (Ce qui s’est réellement passé à Stonebridge) et deux romans écrits sous le pseudonyme de Tom Lee Mulligan (Écrire un roman selon Price et Runaway Bay). Donovan et Tom Lee étaient les deux protagonistes de son roman Journée américaine.

Avec L’histoire de Marie-Thérèse (2025), elle revient à la non-fiction en racontant la vie d’une pâtissière qui a connu Marguerite Duras.

Résidences et engagements

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Résidente à Kyoto en 2011 lors du tsunami japonais, elle en tire le roman Love Hotel (2013), explorant le pressentiment et la fragilité des liens[6]. Son œuvre est également étudiée sous l’angle de l’écopoétique, notamment pour son attention aux animaux et aux paysages[7].

Théâtre et opéra

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Théâtre

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Nouvelles et récits

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Essais et travaux universitaires

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Images du lecteur dans les textes romanesques (1992), La Digression dans le récit (1994), « Paradoxe sur le comédien », Diderot (1994), Le Voyage, le monde et la bibliothèque (1997), Gérard Genette, une poétique ouverte (1998), Chateaubriand, la fabrique du texte (1999), La Fiction (2001), Le Personnage (2003), Le Bonheur de la littérature : mélanges pour Béatrice Didier (dir., 2005)

L’escapade. Carnet de voyage d’un photon (2006) – catalogue de l’exposition de Jean-Marc Bustamante à la Kunsthaus Bregenz (traduit en allemand par Sonja Finck)

Style et thèmes

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Proximité avec le lecteur

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Montalbetti crée une relation complice avec son lecteur, l’interpellant directement et partageant ses émotions. Son écriture, décrite comme un « voyage en voiture » où le lecteur est invité à monter à bord, mêle humour et mélancolie[15].

Dimension cinématographique

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Inspirée par le cinéma, son écriture utilise des effets de zoom, des plans-séquences (comme dans Le Relais des Amis) et des références à des genres filmiques (western, road movie). Des critiques comme Marie Martin ou Karine Bissonnette ont analysé cette dimension[16].

Mélancolie et humour

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Son œuvre oscille entre tristesse et drôlerie, comme en témoignent ses romans où les objets (un napperon, un morceau de sucre) ou les animaux (fourmis, moustiques) deviennent des personnages à part entière[17].

Attention aux détails

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Son écriture se caractérise par une observation minutieuse du réel, des objets aux paysages, en passant par les émotions fugaces. « Ses romans captent l’éphémère avec une précision hypnotique » (Nathalie Crom, Télérama)[18].

Prix et distinctions

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Réception critique

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Montalbetti est saluée pour son inventivité narrative et sa capacité à mêler réalisme et fantaisie. Son œuvre, étudiée dans les universités, est associée à des courants comme l’écopoétique ou la littérature contemporaine française. Des chercheurs comme Warren Motte ou Morgane Kieffer ont analysé sa poétique des objets et son rapport au cinéma[19].

Bibliographie critique

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Ouvrages et articles

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  • Motte, Warren. « Christine Montalbetti’s Engaging Narrations », French Forum, vol. 32, 2007.
  • Martin, Marie. « L’écriture et la projection : Pierre Alferi, Christine Montalbetti », Critique, n°795-796, 2013.
  • Kieffer, Morgane. « Romans en costumes et poétique de l’accessoire », Sociopoétiques, n°2, 2017.
  • McConnell, Anne. « The Textual Ecology of Christine Montalbetti’s Journée américaine », Humanities, 2020.
  • Thibault, Bruno. « Entre fascination et simulation : la fiction filmique de l’Amérique chez Tanguy Viel et Christine Montalbetti », French Forum, vol. 46, 2021.

Entretiens

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« Christine Montalbetti : Célébrer la richesse de l’instant », entretien avec Morgane Kieffer, Diacritik, 2019[20]. « Le Pari de la Double Adresse », entretien avec Karin Schwerdtner, The French Review, 2020.

Notes et références

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  1. ↑ « L'annuaire des anciens élèves », sur ENS (consulté le )
  2. ↑ Véronique Rossignol, « Christine Montalbetti : une écriture en mouvement », Livre Hebdo,‎
  3. ↑ Modèle:Titre=La préhistoire (1/4)
  4. ↑ Fabrice Gabriel, « Christine Montalbetti : le western réinventé », Les Inrockuptibles,‎
  5. ↑ Morgane Kieffer, « La botte du cowboy : surexposition du cliché et sensibilité romanesque dans les romans cinéphiles de Christine Montalbetti », Études françaises, vol. 55, no 2,‎ , p. 29-41 (lire en ligne)
  6. ↑ Sabine Audrerie, « Christine Montalbetti : un roman mélancolique sur le Japon », La Croix,‎
  7. ↑ Anne McConnell, « The Textual Ecology of Christine Montalbetti’s Journée américaine », Humanities,‎ (DOI 10.3390/h9010012)
  8. ↑ « Le Cas Jekyll », Arcal
  9. ↑ « La Conférence des objets », Comédie-Française
  10. ↑ Élisabeth Philippe, « Christine Montalbetti : un road movie littéraire », Les Inrockuptibles,‎
  11. 1 2 Marie-Christine Imbault, « Deux lauréates pour le prix Franz Hessel 2014 », sur Livres Hebdo, (consulté le )
  12. ↑ Nathalie Crom, « Christine Montalbetti : un voyage spatial hypnotique », Télérama,‎
  13. ↑ Stéphanie Janicot, « Trouville Casino, autopsie d’un braquage », La Croix,‎ (lire en ligne)
  14. ↑ Florence Bouchy, « Christine Montalbetti : une généalogie poétique », Le Monde des Livres,‎
  15. ↑ Thomas Stélandre, « Christine Montalbetti : l’art de la complicité », Libération,‎
  16. ↑ Marie Martin, « L’écriture et la projection : Pierre Alferi, Christine Montalbetti », Critique, nos 795-796,‎
  17. ↑ Fabrice Gabriel, « Christine Montalbetti : l’humour discret », Les Inrockuptibles,‎
  18. ↑ Nathalie Crom, « La Vie est faite de ces toutes petites choses : un roman spatial », Télérama,‎
  19. ↑ Warren Motte, Reading French Contemporary Literature, University of Nebraska Press, , « Christine Montalbetti’s Mission »
  20. ↑ « Christine Montalbetti : célébrer la richesse de l’instant », sur Diacritik,

Annexes

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Bibliographie

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  • Dossier sur Christine Montalbetti dans Le Matricule des Anges no 142, avril 2013

Articles connexes

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Liens externes

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