Christódoulos Panayiótou
Christódoulos Panayiótou (grec moderne : Χριστόδουλος Παναγιώτου), né en 1978 à Limassol (Chypre), est un artiste plasticien chypriote dont la pratique englobe la sculpture, la peinture, la vidéo, la photographie, les interventions architecturales et la performance[1]. Il vit et travaille entre Limassol et Paris[2].
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Χριστόδουλος Παναγιώτου |
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Deste Prize (d) () |
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Two Days After Forever (2015) 2008 (2008) Wonder Land (2007) Never Land (2008) |
Biographie
modifierFormation
modifierChristódoulos Panayiótou suit une formation en danse et arts de la scène à Lyon puis à Londres, avant d'étudier l'anthropologie[3]. Ces disciplines, combinant le mouvement chorégraphique et l'observation ethnographique, forment la base de son approche artistique[4].
En 2003, il se tourne vers les arts visuels et abandonne la pratique scénique pour explorer des formes plastiques[5].
Carrière
modifierÀ partir du milieu des années 2000, Panayiotou développe une pratique artistique axée sur l'exploration des archives visuelles et la déconstruction des récits historiques officiels. Il se concentre sur l'identification de narrations dissimulées dans les traces visuelles de l'histoire[6].
En 2015, il représente Chypre à la 56e Biennale de Venise avec l'exposition Two Days After Forever, commissionnée par Omar Kholeif[7]. Cette exposition articule une critique de la modernité et de sa conception linéaire du progrès à travers des objets, des performances et des interventions spatiales[8].
La galerie kamel mennour le représente depuis 2015 et a présenté plusieurs expositions personnelles de son travail à Paris[1].
Démarche artistique
modifierArchéologie critique et récits dissimulés
modifierLa pratique de Panayiotou s'articule autour d'une archéologie critique qui interroge les processus de fabrication, de médiatisation et de réception des récits historiques dans le présent[5]. À partir d'archives municipales et étatiques chypriotes, il extrait des images photographiques qu'il reconfigure pour révéler les idéologies sous-jacentes[9].
Dans un entretien publié dans le quotidien chypriote Phileleftheros, l'artiste indique : « L'archivage ne m'intéresse que dans la mesure où il révèle l'idéologie qui le caractérise. […] Ce qui m'intéresse, ce sont les récits historiques et leurs structures. À travers leurs faiblesses, les archives nous permettent de voir et peut-être de réinterpréter »[9].
Chypre comme laboratoire
modifierL'île de Chypre, marquée par la colonisation britannique, l'indépendance en 1960, la division en 1974 et l'entrée dans l'Union européenne en 2004, sert de terrain d'investigation[5]. Cette géographie permet d'examiner comment des gestes simples peuvent contrer les récits nationalistes homogènes[10].
Iconographie et iconoclasme
modifierUne part de son travail porte sur les traditions de l'iconographie et les processus d'iconoclasme. Ses œuvres activent souvent le processus de création d'images et son potentiel d'abstraction[6]. Cette réflexion concerne la formation de la tradition et la gouvernance de l'authenticité[11].
Œuvres principales
modifier2008 (2008)
modifierEn collaboration avec la Banque centrale de Chypre, Panayiotou récupère l'ensemble des billets de banque en livre chypriote destinés à l'incinération lors du passage à l'euro. Les billets déchiquetés sont assemblés en un monticule de près de cinq mètres de hauteur. L'œuvre interroge la transformation symbolique qui s'opère lorsque la valeur économique cède la place à la valeur artistique[5].
Wonder Land (2007)
modifierPour cette projection de quatre-vingts diapositives, l'artiste a exploré les archives municipales de Limassol pour documenter la popularité croissante des costumes Disney parmi les participants au carnaval annuel, des années 1970 à 2007. L'œuvre met en évidence l'iconographie internationalisée de la culture populaire américanisée[5].
Never Land (2008)
modifierInstallation pour trois projecteurs synchronisés réorganisant des photographies du journal Phileleftheros, centrées sur les années précédant l'admission de Chypre dans l'Union européenne[5],[12].
Two Days After Forever (2015)
modifierExposition au Pavillon de Chypre lors de la 56e Biennale de Venise, incluant The Parting Discourse, une toile de fond représentant un horizon utilisée lors d'une performance inaugurale[13].
Expositions
modifierExpositions personnelles (sélection)
modifier- 2023 : One Year, LUMA Arles[14].
- 2019-2020 : LUX S. 1003 334, musée d'Orsay, Paris[15].
- 2019-2020 : Act II: The Island, Camden Arts Centre, Londres[16].
- 2019 : Dying on Stage, Serpentine Galleries, Londres[17].
- 2017 : Casa Luis Barragán, Mexico[18].
- 2016 : Theories of Harm, galerie kamel mennour, Paris[1].
- 2015 : Two Days After Forever, Pavillon de Chypre, 56e Biennale de Venise[19].
- 2013 : Days and Ages, Moderna Museet, Stockholm[20].
- 2012 : One Thousand and One Days, Contemporary Art Museum St. Louis[12].
- 2012 : CAC Brétigny[4].
- 2010 : Kunsthalle Zürich[6].
Expositions collectives (sélection)
modifier- 2020 : Biennale de Lahore[6].
- 2018 : 8e Biennale de Melle[6].
- 2018 : Stories of Almost Everyone, Hammer Museum[6].
- 2017 : 14e Biennale de Lyon[10].
- 2017 : 13e Biennale de Sharjah[6].
- 2016 : Les Rencontres d'Arles[9].
- 2014 : 8e Biennale de Berlin[6].
- 2012 : dOCUMENTA (13), Kassel[6].
- 2012 : 7e Biennale de Liverpool[6].
Projets annexes
modifierThe Island Club
modifierPanayiotou a initié The Island Club, un espace d'exposition à but non lucratif dans son atelier à Limassol[21].
Collaboration avec Emma Kunz
modifierEn 2019, il collabore à la conception de l'exposition Emma Kunz - Visionary Drawings à la Serpentine Gallery de Londres[6].
Collections publiques
modifier- Centre Pompidou, Paris[2].
- Hammer Museum, Los Angeles[6].
- Moderna Museet, Stockholm[20].
Résidences
modifier- 2022 : Hammer Museum, Los Angeles[6].
Publications
modifier- (en) Two Days after Forever, Sternberg Press, , 224 p. (ISBN 978-3-95679-138-3)[13].
Représentation
modifierNotes et références
modifier- 1 2 3 4 « Christodoulos Panayiotou », sur Galerie kamel mennour (consulté le )
- 1 2 « Christodoulos Panayiotou », sur Centre Pompidou (consulté le )
- ↑ « Christodoulos Panayiotou », sur Lafayette Anticipations (consulté le )
- 1 2 « Christodoulos Panayiotou », sur CAC Brétigny (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 « Openings: Christodoulos Panayiotou », Artforum, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 « Christodoulos Panayiotou », sur Hammer Museum (consulté le )
- ↑ « Cyprus Taps Christodoulos Panayiotou for 2015 Venice Biennale Pavilion », ARTnews, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) « Cyprus in Venice: Art, Politics, and Modernity at the Margins of Europe », OnCurating (consulté le )
- 1 2 3 « Christodoulos Panayiotou », sur Les Rencontres d'Arles (consulté le )
- 1 2 « Christodoulos Panayiotou », sur Biennale de Lyon (consulté le )
- ↑ « Christodoulos Panayiotou: Questioning the Memorialisation », sur Adrastus Collection, (consulté le )
- 1 2 « Christodoulos Panayiotou: One Thousand and One Days », sur Contemporary Art Museum St. Louis (consulté le )
- 1 2 « Two Days after Forever », sur Les presses du réel (consulté le )
- ↑ « Interview with Christodoulos Panayiotou », sur LUMA Arles (consulté le )
- ↑ « LUX S. 1003 334 », sur Musée d'Orsay (consulté le )
- 1 2 « Christodoulos Panayiotou "Act II: The Island" », Mousse Magazine, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Dying on Stage », sur Serpentine Galleries (consulté le )
- ↑ « Christodoulos Panayiotou », sur Irish Museum of Modern Art (consulté le )
- ↑ « Christodoulos Panayiotou », sur e-flux (consulté le )
- 1 2 « Christodoulos Panayiotou », sur Moderna Museet (consulté le )
- ↑ « Christodoulos Panayiotou », sur Site officiel (consulté le )
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- (en) Site officiel
- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Ressource relative à l'audiovisuel :