Chutes Wagenia

Est une chute de la République Démocratique du Congo dans la province de la Tshopo

Les chutes Wagenia[1], également connues sous le nom de Stanley Falls[2],[3], sont situées dans la province de la Tshopo[4],[5], dans le nord-est de la République démocratique du Congo[6]. Elles constituent l'une des plus impressionnantes formations naturelles du pays et attirent de nombreux visiteurs pour leur beauté et leur histoire.

Chutes Wagenia
Les pêcheurs sur les chutes Wagenia
Localisation
Pays
Localisation
Coordonnées
Caractéristiques
Hauteur totale
2,20 m
Plus grand saut
2 m
Hydrographie
Cours d'eau
Se jette dans
Bassin versant
Localisation sur la carte de la République démocratique du Congo
voir sur la carte de la République démocratique du Congo

Toponymie

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Le nom « Wagenia » provient du peuple Wagenya ou Enya[7],[8], un groupe ethnique des pêcheurs qui habitent les rives des chutes au long du fleuve Congo, entre Kisangani et Ubundu et est réputé pour sa technique de pêche traditionnelle unique. Cette technique ancestrale et périlleuse est pratiquée à l'aide de trépieds en bois et de nasses coniques installées dans les rapides de la rivière Lualaba[9],[10]. Les chutes étaient autrefois appelées Stanley Falls, un nom donné par les explorateurs européens à l'époque coloniale[11].

Histoire

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Le chef du peuple Enya entouré par ses habitants, les pêcheurs des chutes Wagenia

Les chutes Wagenia font partie des sept chutes de Boyoma, et elles constituent la septième et dernière cascade de cette série. Ce site a longtemps été un lieu de vie et de subsistance pour les habitants de la région, qui exploitent les ressources du fleuve Congo, appelé Lualaba dans son cours supérieur.

Avant la colonisation, les pêcheurs wagenia entretenaient des relations commerciales avec les populations voisines. Ils échangeaient notamment leurs poissons contre de la viande auprès des Bakumu, du manioc et des bananes auprès des Bambole et des Turumbu. Les Lokele leur fournissaient des objets en fer, notamment des couteaux et des lances, ainsi que des filets, de l'huile de palme et des poteries. Ces échanges s'étendaient en amont jusqu'aux chutes de Wanie-Rukula et en aval jusqu'aux villages lokele[12].

Durant la période coloniale, l'espace de pêche des Wagenia fut reconnu et protégé par l'administration, ce qui leur permit de poursuivre leurs activités traditionnelles. Leurs échanges avec la ville de Stanleyville, aujourd'hui Kisangani, concernaient principalement la vente des produits de la pêche aux habitants de la ville et l'accueil des visiteurs sur le site. Les Wagenia conservèrent alors une certaine autonomie dans leur organisation sociale et économique[13].

En 1957, André Dedave publia une étude anthropologique intitulée « Les Pêcheurs de Stanleyville. Quelques aspects de la vie sociale et coutumière des Wagenia ». Cette publication documente notamment les traditions relatives à l'origine du peuple wagenia, son installation à proximité des chutes et ses méthodes de pêche[14].

La technique de pêche locale, caractérisée par l'utilisation de grandes nasses coniques installées sur des échafaudages en bois au-dessus des rapides, témoigne des connaissances acquises et transmises au fil des générations. Les structures sont fixées dans les cavités des rochers et assemblées à l'aide de lianes. La pêche traditionnelle est organisée selon des règles coutumières : chaque clan dispose d'une aire de pêche et les périodes de capture sont réparties entre les membres de la communauté[15].

En 2015, une découverte intrigante a été signalée sur le site à la suite de la baisse du niveau des eaux du fleuve. Des empreintes attribuées à de grands animaux ont été observées par la population aux chutes Wagenia. Des scientifiques interrogés par Radio Okapi ont évoqué la possibilité de traces de dinosaures, tout en soulignant la nécessité d'études approfondies pour en déterminer l'origine[16],[17],[18]

Description

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Les chutes rapides de Wagenia

Les chutes Wagenia s’étendent sur environ 4 500 pieds de largeur[19], ce qui en fait l'une des plus vastes cascades au monde[20]. Elles surpassent en taille les célèbres chutes du Niagara, situées entre la frontière canadienne et celle des États-Unis. La formation géologique des chutes et la puissance des rapides en font un spectacle saisissant et un site d'intérêt touristique[21],[22]. En plus d'être une attraction populaire, les chutes ont également un potentiel pour la production d'énergie hydroélectrique.

Géographie

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Les chutes Wagenia sont situées sur la rivière Lualaba, entre les villes de Kisangani et d’Ubundu[23]. Le climat de cette région est équatorial, chaud et humide, avec des précipitations abondantes toute l’année[24]. La forêt environnante et la proximité du fleuve créent un écosystème riche, bien que les habitants de la région soient majoritairement concentrés dans les zones urbaines et périurbaines de Kisangani[25].

Villes environnantes

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Kisangani, la principale ville à proximité des chutes Wagenia, est un centre urbain important pour le commerce et le transport dans le nord-est de la République démocratique du Congo[26]. Ubundu, ville portuaire située en aval, joue également un rôle clé dans les échanges le long de la rivière Lualaba[27]. Ces deux villes, en plus de faciliter l'accès aux chutes, constituent des points d’intérêt pour les visiteurs qui explorent cette région unique du Congo.

Tourisme et développement durable

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Les chutes Wagenia font partie des sites touristiques les plus prisés dans la région de Kisangani. Avec le développement du tourisme en cours dans le pays, elles représentent une opportunité pour le gouvernement de promouvoir un tourisme durable et respectueux de l'environnement, qui valoriserait le patrimoine naturel et culturel de cette région emblématique[28],[29],[30].

Galerie

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Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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Notes et références

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Références

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  1. ↑ « Chute Wagenya à Kisangani : un merveilleux site touristique délaissé », sur habarirdc.net, (consulté le ).
  2. ↑ « Stanley Falls », sur cd.geoview.info (consulté le ).
  3. ↑ « Stanley Falls », sur tageo.com (consulté le ).
  4. ↑ « Tshopo: Laborieuse construction politico-administrative coloniale muée en bastion du nationalisme congolais », sur journals.openedition.org, (consulté le ).
  5. ↑ « Tshopo : Eve Bazaiba s’active à la Restauration, réhabilitation et modernisation des chutes de Wagenia », sur medd.gouv.cd, (consulté le ).
  6. ↑ « Chutes Wagenia, province de la Tshopo, en RDC », sur caid.cd (consulté le ).
  7. ↑ « Peuple Enya : culture et Gastronomie », sur radiookapi.net, (consulté le ).
  8. ↑ « Tshopo : vers la signature d’un accord entre le gouvernement et les communautés Eenya pour la modernisation des chutes Wagenia », sur acp.cd, (consulté le ).
  9. ↑ « Les Wagenia, pêcheurs de l'extrême dans les rapides du fleuve Congo », sur france24.com, (consulté le ).
  10. ↑ « Fleuve Congo : les Wagenia, ces pêcheurs intrépides », sur francetvinfo.fr, (consulté le ).
  11. ↑ « Chutes "Wagenia", surnommées "StanleyFalls" par l'explorateur Henry Morton Stanley en 1883 », sur stanleyville.be (consulté le ).
  12. ↑ Jean Omasombo Tshonda (dir.), Tshopo : laborieuse construction politico-administrative coloniale muée en bastion du nationalisme congolais, Tervuren, Musée royal de l'Afrique centrale, 2020, p. 619.
  13. ↑ Jean Omasombo Tshonda (dir.), op. cit., p. 619.
  14. ↑ André Dedave, « Les Pêcheurs de Stanleyville. Quelques aspects de la vie sociale et coutumière des Wagenia », Africa, vol. 27, no 3, 1957, p. 262-267.
  15. ↑ Jean Omasombo Tshonda (dir.), op. cit., p. 619-620.
  16. ↑ « Les pêcheries des Wagenias sur le fleuve Congo sont constituées de grandes nasses coniques », sur stanleyville.be (consulté le ).
  17. ↑ « Kisangani : les empreintes des mammifères géants découvertes après étiage du fleuve à Wagenya », sur radiookapi.net, (consulté le ).
  18. ↑ « RDC : découverte des traces de dinosaures sur les chutes de Wagenia, près de Kisangani », sur french.china.org.cn, (consulté le ).
  19. ↑ « Chutes Wagenya », sur congo-tourisme.org (consulté le ).
  20. ↑ « L’eau court à une vitesse folle, les tourbillons s’enchaînent et d’énormes blocs de pierre affleurent Le peuple Wagenia », sur lorientlejour.com, (consulté le ).
  21. ↑ « Site des chutes Wagenia », sur petitfute.com (consulté le ).
  22. ↑ « Journée internationale du tourisme : ce qu’il reste des chutes Wagenia à Kisangani (Reportage) », sur surveillance.cd, (consulté le ).
  23. ↑ MONUSCO Photos, « Kisangani, Province de la Tshopo, RD Congo : Site des chutes Wagenia où se pratique la pêche traditionnelle », sur flickr.com, (consulté le ).
  24. ↑ « Météo des chutes Wagenia heure par heure », sur meteocity.com (consulté le ).
  25. ↑ France 24, « Les Wagenia, pêcheurs de l'extrême dans les rapides du fleuve Congo », sur actu.orange.fr (consulté le ).
  26. ↑ « La symbolique culturelle du peuple « Enya » en déperdition dans la ville de Kisangani », sur arts.cd, (consulté le ).
  27. ↑ « Ubundu : l’interruption du trafic avec Kisangani provoque la hausse de prix des biens de consommation », sur radiookapi.net, (consulté le ).
  28. ↑ « Kisangani : revalorisation des sites touristiques, les chutes Wagenia au cœur d’un vaste projet. », sur rfmtv.net, (consulté le ).
  29. ↑ par STEVES, « Kisangani: Bientôt la modernisation effective du site touristique des chutes Wagenia », sur kis24.info, (consulté le ).
  30. ↑ écrit par Bienfait Lunganywa, « RDC : Le gouvernement promet de restaurer les chutes Wagenia à la Tshopo », sur 7sur7.cd, (consulté le ).