Château Palmer

château et domaine viticole français

Le château Palmer est un domaine viticole situé à Margaux-Cantenac en Gironde. En AOC margaux, il est classé troisième grand cru dans la classification officielle des vins de Bordeaux de 1855.

Château Palmer
Image illustrative de l'article Château Palmer
Le château Palmer.

Ancien nom Domaine de Gasq
Fondation XVIIIe siècle
Siège social Cantenac (Gironde)
Pays Drapeau de la France France
Production
Appellations margaux
Région viticole Médoc, Bordelais
Classement 3e grand cru classé
Superficie plantée 66 ha
Sols et terroirs croupes de graves guntziennes (sables et graviers)
Cépages rouges :

blancs :

Volume produit 240 000 bouteilles/an
Autres productions Alter Ego (second vin),
Historical XIXth Century Wine,
Chateau Palmer blanc
Société
Propriétaire Héritiers des familles Mähler-Besse et Sichel
Personnes clés Thomas Duroux (Direction),
Sabrina Pernet (Direction technique)
Commerce
Labellisation Bio (AB),
Biodynamie (Demeter)
Divers
Site web chateau-palmer.com

Histoire

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Débuts et Charles Palmer

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Le domaine, connu sous le nom de « Domaine de Gasq »[1] depuis le début du XVIIIe siècle, appartenait à la famille de Gascq[2], dont les clairets étaient déjà réputés et dégustés à la cour de Versailles[2]. La famille de Gascq, conseillers et présidents au parlement de Bordeaux, entretenait des liens avec les grandes familles viticoles de la région : Jeanne de Gascq avait épousé Jacques de Ségur, fondateur du vignoble de Château Lafite à Pauillac[2].

Le 16 juin 1814[3],[2], Charles Palmer (en), officier britannique, militaire de carrière et homme politique whig puis libéral, acquiert le domaine auprès de Marie Brunet de Ferrière[3],[2], veuve de Blaise Jean Charles Alexandre de Gascq[2],[3], pour la somme de 100 000 francs, dont 60 000 versés comptant, et moyennant une prestation annuelle viagère de 500 litres de vin[2],[3]. Au moment de l'achat, Palmer est lieutenant-colonel du 10e régiment de Hussards du Prince de Galles[4],[5] et aide de camp du Prince Régent[6],[4],[7]. Parallèlement à sa carrière militaire, il siège à la Chambre des communes en tant que député de Bath[4],[8] en deux périodes, de 1808 à 1826 puis de 1830 à 1837, succédant à son père John Palmer, lui-même député et propriétaire du Théâtre Royal de Bath dont Charles héritera.

Palmer regroupe vignes et terres éparses afin de créer un vaste domaine auquel il attribue son nom[2].

Palmer agrandit progressivement la propriété entre 1816 et 1831[2], rachetant des terres dans les communes de Cantenac, Issan et Margaux. Le domaine atteint 163 hectares, dont 82 hectares de vignes[2]. Il fait construire des logements pour les ouvriers viticoles, un chai abritant 15 fûts de chêne et trois pressoirs. L'exploitation est confiée au négociant Paul Estenave et au régisseur Jean Lagunegrand[2], Palmer résidant principalement à Bath. En 1831, il cède sa commission militaire mais conserve son rang[5]. Endetté et tombé en disgrâce, il est contraint de vendre le domaine à la Caisse Hypothécaire en 1843[2]. Il meurt le 17 avril 1851, à l'âge de 73 ans, dans un appartement loué au 35 Warren Street à Londres, sans fortune[5].

En 1843, le major-général Palmer est contraint de revendre la propriété à la caisse hypothécaire et, dix ans plus tard, les frères Pereire font l'acquisition du domaine et y font construire un château en 1854. Cette demeure est l’œuvre de Charles Burguet, célèbre architecte ayant réalisé de nombreux bâtiments à Bordeaux.

Charles Palmer mourra avant de voir le château portant son nom figurer parmi les grands crus classés de Bordeaux au rang de troisième grand cru classé dans le classement de 1855.

Une anecdote rapportée dans les Mémoires du Capitaine Gronow[2],[6] évoque une dégustation du clairet de Palmer organisée par le Prince Régent (futur George IV). Goûtant le vin, le prince cite Shakespeare en déclarant que son bouquet évoquait le ''holy Palmer's kiss'', référence à Roméo et Juliette. L'épisode tourne court lorsque Lord Yarmouth, rival de Palmer, demande à ce qu'un bordeaux hermitagé (coupé de vin du Rhône, pratique courante à l'époque) soit apporté pour comparaison, accompagné de sandwichs aux anchois, accord fatal pour le clairet délicat de Palmer.

Les frères Pereire

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Émile et Isaac Pereire, banquiers et entrepreneurs saint-simoniens d'origine juive portugaise nés à Bordeaux[2], respectivement en 1800 et 1806, acquièrent le domaine et son vignoble de 83 hectares en 1853 auprès de la Caisse Hypothécaire[2]. Déjà célèbres pour leurs réalisations dans le chemin de fer (ligne Paris-Saint-Germain-en-Laye (1837), ligne Bordeaux-Bayonne) et dans le développement de la ville d’Arcachon, ils confient la gestion à un nouveau régisseur, M. Lefort, considéré comme l'un des meilleurs techniciens de son époque, puis à Louis Mellet.

En 1853, ils commandent à l'architecte Charles Burguet, connu à Bordeaux pour le musée des Beaux-Arts, le Château Pichon Longueville Baron et une aile de la Bourse, l'édification du château actuel, aux tourelles coniques et toits d'ardoises caractéristiques[9].

En 1917, le compositeur Claude Debussy commande deux caisses du millésime 1909[2]. En juin 1937, après plus de quatre-vingts ans de propriété familiale, les descendants des Pereire décident de se séparer du domaine[9],[2]. L'acquisition par quatre familles du négoce bordelais – les Ginestet, Miailhe, Mähler-Besse et Sichel – intervient en 1938.

Après 1938

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En 1950, les Ginestet puis, progressivement, les Miailhe cèdent leurs parts aux familles Mähler-Besse et Sichel[2], qui demeurent copropriétaires à ce jour. La gestion du domaine est assurée par Jean Bouteiller (1913–1962), époux d'Olga Mähler-Besse, jusqu'à sa mort[2]. Son fils Bertrand Bouteiller lui succède et dirige le château jusqu'en 2004[2].

La continuité du domaine doit beaucoup à la famille Chardon, présente sur le domaine depuis plusieurs générations. Pierre Chardon, né à Palmer en 1903, devient régisseur en 1938 après avoir été prix-faiteur sur le domaine. Il exerce également la fonction de maire de Cantenac pendant plusieurs décennies. En janvier 1961, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur. Ses fils Claude et Yves Chardon lui succèdent et effectuent toute leur carrière à Palmer jusqu'à leur retraite fin 1996[10],[2].

En 2004, les actionnaires confient la direction générale à Thomas Duroux[11],[12],[13], agronome et œnologue, qui avait précédemment travaillé en Hongrie (Pajzos Megyer), en Afrique du Sud, en Californie (Robert Mondavi) ou encore en Toscane, notamment à la Tenuta Dell'Ornellaia. Sous sa direction, le domaine engage une transformation profonde de ses pratiques viticoles en faveur de la biodynamie, ainsi qu'un élargissement du projet Palmer vers une ferme holistique intégrant maraîchage et élevage.

Vignoble

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Géologie

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Le vignoble de Château Palmer couvre 66 hectares de vignes, sur un domaine total de 100 hectares comprenant prairies, forêts et bâtiments. Il est implanté au sommet des croupes de graves günziennes[14], formations issues de l'ère quaternaire : des débris rocheux arrachés au Massif Central et aux Pyrénées par les débâcles glaciaires ont été charriés par la Garonne et la Dordogne avant de se déposer sur le substrat calcaire à astéries de la région, dit "pierre de Bordeaux"[14]. La mise en relief de ces graves sous forme de croupes résulte des fluctuations successives du niveau de la mer. Dans les périodes chaudes, les sommets des croupes se sont enrichis de particules fines argileuses, conférant aux sols de Palmer une proportion d'argile supérieure à la moyenne des graves margalaises[14].

À son arrivée en 2004, Thomas Duroux engage une cartographie approfondie du terroir[15] (analyses aériennes et infrarouges, résistivité électrique des sols, fosses pédologiques) qui révèle une vingtaine de types de terroirs distincts au sein du même vignoble, avec des variations significatives dans les proportions de sable, d'argile et de graves d'une parcelle à l'autre.

Encépagement

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L'encépagement actuel est composé à parts égales de cabernet sauvignon et de merlot (47% chacun), complété de 6% de petit verdot. Cette proportion de merlot est singulière en Médoc, où le cabernet sauvignon domine généralement.

Dans les années 1920, le merlot ne représentait pourtant que 3% de l'encépagement de Palmer[2], le domaine étant alors dominé par le cabernet sauvignon et des cépages anciens comme le malbec et le petit verdot. C'est Louis Miailhe qui, à partir des années 1940, décide de planter massivement du merlot sur les parcelles les plus argileuses du domaine, convaincu que les graves plus argileuses de Palmer lui sont particulièrement favorables. Sous sa direction, la proportion de merlot atteint 60% avant d'être ramenée à 47% par Jean Bouteiller dans les années 1950, niveau auquel elle se stabilise depuis lors[2].

Vinification

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La vinification est réalisée en cuves inox thermo-régulées[16], par cépage et par parcelle. L'assemblage suit une logique ternaire[16], les cuves étant réparties en trois lots : cuves destinées au Grand Vin, cuves destinées à Alter Ego, et un troisième lot dit "indécis" représentant environ 30 % du vignoble[16],dont l'affectation varie selon les caractéristiques du millésime.

Depuis la récolte 2014, la vinification se fait sans ajout de soufre lors de la mise en cuve[16]. Le premier soufre n'intervient qu'après la fermentation malolactique. Les vins sont ensuite collés au blanc d'œuf puis soutirés au fin par gravité. L'élevage sous bois dure 20 à 22 mois au total, d’abord en barriques de chêne bordelaises, complété en deuxième année par des foudres de 30 hectolitres. La mise en bouteille est effectuée au château[16].

Vins rouges

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Le château Palmer vu depuis les grilles.
Bouteille de château Palmer 1986.

Les vins de Château Palmer se distinguent au sein de l'appellation Margaux par une proportion de merlot inhabituelle en Médoc, qui leur confère une texture veloutée et une finesse proche des grands vins de Pomerol, là où ses voisins tirent davantage vers la puissance tannique du cabernet sauvignon.

Trois vins rouges sont produits :

  • Château Palmer : assemblage à parts égales de cabernet sauvignon et de merlot, complété d'une touche de petit verdot. Le merlot lui confère un velouté et une onctuosité qui le distinguent de ses voisins de l'appellation : les dégustateurs évoquent un bouquet de fleurs, de fruits noirs et d'épices, une texture soyeuse qui s'épanouit sur plusieurs décennies. Élevage de 20 à 22 mois, d’abord en barriques bordelaises de 225 litres (50 à 60 % de barriques neuves), puis en foudres de 30 hectolitres (issus des tonnelleries Stockinger et Seguin Moreau). Production autour des 100 000 bouteilles par an.
  • Alter Ego : lancé avec le millésime 1998, Alter Ego est conçu comme un autre vin, à partir des parcelles de graves les plus légères très caractéristiques de l’appellation Margaux, avec le même tanin de velours et la même élégance que le Grand Vin. Élevage de 20 à 22 mois selon le même principe : moitié en barriques (avec 25 à 35 % de bois neuf), moitié en foudres[16]. Production autour de 80 000 bouteilles par an. Avant 1998, le domaine commercialisait certaines années un second vin sous l'étiquette Réserve du Général[2].
  • Historical XIXth Century Wine : vin hermitagé, comprenant une majorité de vin de Palmer assemblé à une proportion de vin de syrah des coteaux septentrionaux de la vallée du Rhône, dont l'origine exacte est tenue secrète par le domaine. Créé en 2004 par Thomas Duroux pour faire revivre une tradition bordelaise du XIXe siècle, après qu'il eut dégusté chez un collectionneur californien un hermitagé centenaire. Non millésimé, il ne porte pas l'appellation Margaux sur son étiquette.

Vin blanc

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Palmer produit également un vin blanc issu de cépages quasiment disparus remis en culture : une majorité de muscadelle, accompagnée de sauvignon gris et de lozet. À l'origine produit pour la consommation interne du domaine, un précédent vin blanc avait existé dans les années 1920 avant d'être abandonné dans les années 1930.

À la fin des années 1990, deux bouteilles du millésime 1925 sont retrouvées dans les caves du château. Leur dégustation convainc Thomas Duroux de relancer la production, après des recherches sur les anciens cépages blancs bordelais. Le Vin Blanc de Château Palmer, initié avec le millésime 2007, était jusqu'en 2010 réservé aux actionnaires du domaine ; il est depuis commercialisé pour quelques caisses par an, soit environ 100 caisses.

Agriculture biodynamique

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Dès 2007, le domaine engage une cartographie approfondie du terroir[17],[18],[19],[20],[15] : une cinquantaine de fosses pédologiques sont creusées et une carte de résistivité électrique des sols est établie, permettant d'identifier avec précision la structure des parcelles et d'adapter les pratiques viticoles à chacune d'elles.

Les premières expérimentations en biodynamie débutent en 2009 sur la parcelle Boulibranne[15], un hectare témoin. Des micro-vinifications et dégustations à l'aveugle sont organisées. La conversion intégrale de l'ensemble du vignoble est décidée en 2014, avec l'aval des propriétaires[20],[13],[21]. Le domaine obtient la certification biodynamique Demeter en 2018[19],[15].

Cette même année, une pression mildiou exceptionnelle entraîne la perte de deux tiers à trois quarts de la récolte[21], épreuve que le domaine assume publiquement comme le coût de son engagement biodynamique. Le millésime 2018, produit en quantité très limitée, est néanmoins salué comme exceptionnel par la critique.

Production agricole

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Depuis les prémices de son virage biodynamique, Château Palmer s'est progressivement réinventé en ferme holistique à visée autonome et circulaire, renonçant à la monoculture pour renouer avec une tradition de polyculture-élevage.

Maraîchage

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En 2020, le domaine confie à une maraîchère spécialisée en écologie terrestre, la transformation d'une parcelle en jachère en potager nourricier[22]. En 2024, la surface potagère couvre environ 3 200 mètres carrés répartis sur plusieurs parcelles. Les semences paysannes, issues du Conservatoire du Goût de Floirac[22], sont sélectionnées pour leurs qualités gustatives plutôt que leur rendement. Lors des vendanges 2023, 85 % des légumes servis à la Cantine de Palmer provenaient du domaine[23].

Élevage

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Fin 2014, le domaine introduit un élevage de vaches Bordelaises[24], race rustique endémique de Gironde quasi disparue, ressuscitée avec l'aide du Conservatoire des Races d'Aquitaine, ainsi que des porcs gascons, des brebis landaises et des chèvres pyrénéennes. Le cheptel produit le fumier qui, mélangé aux sarments de vigne et aux rafles de vendanges, compose le compost du domaine.

Arboriculture

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Le projet agroforestier est lancé fin 2016 avec la plantation des cent premiers fruitiers et de plus d'un kilomètre de haies aux essences variées : noisetiers, lauriers, charmes, églantiers[25].Il se poursuit les années suivantes avec l'aménagement de corridors écologiques et de vergers expérimentaux. En tout, 450 arbres sont plantés en 2020, 710 en 2021, puis 110 en 2022. Au total, plus d'un millier d'arbres répartis à raison d'une quinzaine de plants par hectare, disposés de manière irrégulière pour briser la symétrie des vignes[25].

Les essences sont choisies selon la nature du terroir : pommiers Reinette de Bayeux sur les sols argileux, cerisiers Napoléon, poiriers Williams, mirabelliers de Nancy, abricotiers Bergeron et prunelliers sur les terres sableuses. Des espèces à vertus thérapeutiques pour le sol sont également intégrées : le saule pour sa fonction préventive contre les maladies cryptogamiques, l'écorce de chêne contre le mildiou[25].

Les arbres régulent le microclimat en estompant les pics de chaleur, drainent l'eau après les fortes pluies et limitent le ruissellement. Ils créent des niches écologiques pour les oiseaux, chauves-souris et insectes auxiliaires, et stimulent la vie microbienne du sol à travers les réseaux racinaires et la rhizosphère.

Hospitalité

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Le domaine propose la Table de Palmer[26], une expérience réservée à un nombre restreint de convives, animée par Jean-Denis Le Bras, chef exécutif originaire de Landivisiau (Finistère)[27]. Elle commence par une promenade à travers le vignoble, le potager et l'élevage, suivie d'un repas gastronomique servi dans les salons du château[26].

Après avoir exercé comme chef de cuisine aux côtés de Pierre Gagnaire pendant dix-huit années[27] à Paris, Saint-Barthélemy, Londres et Hong Kong, où il obtient deux étoiles Michelin au restaurant Pierre en 2013[28], il prend la direction des cuisines de La Grande Maison de Bordeaux[29], établissement de Bernard Magrez, sous la direction artistique de Pierre Gagnaire, succédant à Joël Robuchon, de 2016 à 2020, où il obtient deux étoiles Michelin. Il rejoint Château Palmer en 2023[30].

Le domaine a également ouvert la Cantine de Palmer, table de déjeuner quotidienne ouverte aux salariés du domaine et aux visiteurs extérieurs du lundi au vendredi, proposant un menu unique composé selon les récoltes du potager biodynamique[31].

Culture

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Entre 2010 et 2019, Château Palmer développe un programme musical centré sur le jazz, baptisé Hear Palmer[32]. Des concerts et sessions d'enregistrement sont organisés au chai du domaine au moment de la semaine Primeurs, associant millésimes et performances musicales[33].Ces concerts privés ont réuni notamment Michel Portal, Yaron Herman, Dal Sasso Big Band[34], Emilie Parisien[35], Archie Shepp[36] ou Dan Tepfer[32]. Le photographe Guy Le Querrec, membre de l'agence Magnum Photos, a documenté plusieurs éditions[37],[32].

En 2023, le domaine initie un nouveau partenariat avec le label allemand ACT Music pour une collection de disques vinyle intitulée Edition Palmer[38]. Le premier opus, DUO, des pianistes Joachim Kühn et Michael Wollny, enregistré live à l'Alte Oper de Francfort, est pressé à 500 exemplaires dans une édition exclusive sur vinyle audiophile 180 grammes[39].Un second album, TRIO, impliquant le contrebassiste suédois Lars Danielsson, le guitariste britannique John Parricelli et le trompettiste finlandais Verneri Pohjola est capté live au château l’année suivante, marquant le début de la transformation ponctuelle du lieu en studio d’enregistrement[40].

Photographie

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En partenariat avec la marque Leica, Château Palmer crée en 2023 la résidence artistique INSTANTS[41]. Cette résidence accueille chaque année, sur un principe de carte blanche, un photographe professionnel d'approche contemporaine. Les artistes sont sélectionnés par un collège de nominateurs, puis désignés par un jury en concertation avec le comité artistique INSTANTS. La production s'étire entre les mois de février et d'octobre. La restitution inclut une exposition de trois mois au Leica Store Paris Village Royal ainsi qu’un livre d’artiste édité successivement par les maisons Filigranes (2023-2025) et the(M) éditions (2026). Les autres formats de restitution varient selon les artistes choisis[42].

Historique des résidences :

  • Paul Cupido (2023) pour la série Séléné exposée à Paris, Arles et Cadaquès[43] ;
  • Henrike Stahl (2024) pour la série L'arc sera parmi les nuages, réalisée notamment avec de jeunes travailleurs issus du quartier prioritaire du Grand Parc de Bordeaux, formés aux travaux de la vigne au domaine, et exposée dans le quartier du Grand Parc en 2024[44],[45],[46],[47] ;
  • SMITH (2025) pour la série DAMI, enquête psycho-géographique mêlant photographies, thermogrammes, sculptures et textes, puisant notamment dans la découverte que ses grands-parents se sont rencontrés à Château Palmer. La série a été exposée à Paris, puis au MAC VAL de Vitry-sur-Seine en 2026[48],[49],[50] ;
  • Alexandra Catiere (2026), ancienne assistante d'Irving Penn, lauréate du prix Camera Clara 2024, exposée à la Bibliothèque nationale de France en 2025. Sa série Tout en ce lieu me survivra a été exposée à la galerie Clémentine de la Féronnière puis à la Galerie Leica Paris en 2026[51],[52],[53].

Revue d'art

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Depuis 2017, Château Palmer publie L'Œil de Palmer, revue d'art d’abord annuelle (2015-2022) puis biennale en édition limitée, disponible en français et en anglais.

Chaque numéro explore un thème transversal mêlant photographie, littérature, illustration et essais, en lien avec l'écosystème du domaine et ses affinités culturelles. Les éditions publiées à ce jour sont : Bleu Palmer (2015), L’Instant photographique (2016), Le Jardin (2017), Jeux d'écriture (2018), Jazz (2019), Le Cercle (2020), Le Labyrinthe (2021), Infini (2022) et Devenir une île (2025).

Un hors-série, La Mémoire de L’Œil, publié en 2022, met en parallèle cinquante millésimes de Château Palmer et cinquante photographies de Guy Le Querrec couvrant un demi-siècle d'histoire du jazz[42].

Notes et références

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  1. ↑ « Château Palmer »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?).
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 René Pijassou, Château Palmer: Noblesse oblige, Editions Stock, , 156 p. (ISBN 2234044987)
  3. 1 2 3 4 René Pijassou, Un château du Médoc : Palmer, Revue historique de Bordeaux et du département de la Gironde, (lire en ligne)
  4. 1 2 3 « Charles Palmer (1777 – 1851) »
  5. 1 2 3 (en) Jane Anson, « Charles Palmer: from Major General with the Royal Hussars to disgrace and bankruptcy… », sur www.janeanson.com,
  6. 1 2 Château Palmer, « Le clairet de Charles Palmer », sur chateau-palmer.com
  7. ↑ « History of Parliament »
  8. ↑ (en) History of Parliament, « History of Parliament Online, vol. 1820–1832 »
  9. 1 2 « La saga des Frères Pereire », sur www.chateau-palmer.com
  10. ↑ (en) « FINE+RARE: Château Palmer interview », sur FINE+RARE (consulté le )
  11. ↑ Académie Internationale du Vin, « Thomas Duroux », sur academievin.org
  12. ↑ La Cité du Vin, « Grand entretien avec Thomas Duroux, l’artisan de Château Palmer », sur www.laciteduvin.com
  13. 1 2 La Revue du Vin de France, « Thomas Duroux : "Margaux est la plus active en biodynamie de tout le Médoc" », sur www.larvf.com
  14. 1 2 3 Château Palmer, « De la mer à la mer », sur www.chateau-palmer.com
  15. 1 2 3 4 Château Palmer, « Sabrina Pernet : une vigne sous influence », sur www.chateau-palmer.coml
  16. 1 2 3 4 5 6 Château-Palmer, « L'alchimiste du chai », sur www.chateau-palmer.com
  17. ↑ Ideal Wine, « Château Palmer 100% bio : dans le sens de l’histoire »
  18. ↑ La revue des Vins de France, « Château Palmer, un château bio à Margaux »
  19. 1 2 Domaine de la byodinamie, « Château Palmer »
  20. 1 2 Le Point, « Le vin et le bio #2 - Le dur métier de leader, le cas Palmer » Accès payant, sur www.lepoint.fr
  21. 1 2 Château-Palmer, « Le temps révèle la vérité »
  22. 1 2 Château Palmer, « La fée Viviane »
  23. ↑ Château Palmer, « Le ventre de Palmer »
  24. ↑ Château Palmer, « La terre nourricière »
  25. 1 2 3 Château Palmer, « Des abricotiers dans les vignes »
  26. 1 2 « Expérience Château Palmer »
  27. 1 2 Château Palmer, « Jean-Denis Le Bras, l'accord terre et mer »
  28. ↑ Gilles Pudlowski, « Jean-Denis Le Bras »
  29. ↑ Papilles & Pupilles, « Pierre Gagnaire et Jean Denis Le Bras, le duo gagnant de la Grande Maison, Bordeaux »
  30. ↑ Le Chef, « Nouvelle ère au Château Palmer »
  31. ↑ Le Nouvel Obs, « « Je veux que les gens du coin osent pousser les grilles du château » : une cantine à découvrir au milieu des vignes » Accès payant, sur www.nouvelobs.com
  32. 1 2 3 Château Palmer, « Guy Le Querrec, Histoires de jazz »
  33. ↑ Le Monde, « Dans le Bordelais, Thomas Duroux met du jazz dans son vin »
  34. ↑ Radio France, « Dal Sasso Big Band, quand Margaux dégrafe son Palmer »
  35. ↑ Le Monde, « Musique : l’harmonieux mariage du jazz et du Château Palmer »
  36. ↑ Le Monde, « Le Château Palmer ouvre ses chais aux 80 ans d’Archie Shepp »
  37. ↑ Château Palmer, La Mémoire de l'Œil, hors-série 2022
  38. ↑ ACT Music, « ACT Music x Château Palmer »
  39. ↑ Château palmer, « Le clavier bien augmenté »
  40. ↑ ChâteauPalmer, « Douce trinité »
  41. ↑ Château Palmer, « Instants »
  42. 1 2 Château Palmer, « L'Œil de Palmer »
  43. ↑ Damien Roué, « Séléné de Paul Cupido : une vision poétique et sensible d’un domaine viticole »
  44. ↑ Picto, « Henrike Stahl présente le fruit de sa résidence “Instants’ à la galerie Leica »
  45. ↑ Art Photo Projects, « Henrike Stahl pour Château Palmer et Leica »
  46. ↑ Bordeaux Métropole, « Henrike Stahl au Grand Parc »
  47. ↑ Erwan Desplanques, « Henrike Stahl, Éloge de la douceur »
  48. ↑ 9 lives magazine, « SMITH, nouvel artiste de la résidence Instants »
  49. ↑ Fisheye Magazine, « Dans l’œil de SMITH : métamorphose des sols »
  50. ↑ Erwan Desplanques, « SMITH, faire monde avec le vivant »
  51. ↑ Art Photo Projects, « Alexandra Catière pour la résidence INSTANTS à Château Palmer »
  52. ↑ Fisheye Magazine, « Tout en ce lieu me survivra d’Alexandra Catiere »
  53. ↑ Picto, « Alexandra Catiere présente sa résidence INSTANTS à Paris »

Annexes

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Bibliographie

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  • (fr + en) Aurélie Labruyère, Chateau Palmer, Paris, Mollat, , 152 p. (ISBN 9782909351919).
  • René Pijassou, Château Palmer : Noblesse oblige, Paris, Éditions Stock, , 152 p. (ISBN 2-234-04498-7, BNF 36169334).
  • Tadashi Agi et Shu Okimoto (trad. du japonais), Les Gouttes de Dieu, vol. 8, Grenoble, Glénat édition française, , 240 p. (ISBN 978-2-7234-6655-4, ISSN 1253-1928), p. 177, 179, 180, 182, 183.

Liens externes

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