Château de Montjardin

château en Wallonie

Le château de Montjardin est un ancien château fort belge situé dans le village de Remouchamps, en province de Liège. Le château, construit sur ordre de Jean l'Aveugle en 1327 fait partie du domaine ; il est un témoin du patrimoine architectural médiéval.

Château de Montjardin
Présentation
Destination initiale
Château fort
Fondation
Construction
Propriétaire initial
Propriétaire actuel
Fondation Jean l'Aveugle - Château de Montjardin
Patrimonialité
Localisation
Adresse
Coordonnées
Carte

Historique

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Enterrement d'Emprardus le Braconnier
1650 : dessin d'après un original de 1230 exécuté par Abraham van Diepenbeke et gravé par Wenceslas Hollar.
Dessin de 1737 par Mathieu-Antoine Xhrouet.

Un premier château se trouvait à la limite des communes de Remouchamps et d'Aywaille sur la hauteur de Dieupart. Il en reste aujourd'hui quelques pans de murs[1].

Au XIVe siècle, une tour de garde fut érigée 160 pieds au-dessus de l'Amblève, puis arrangée au cours des siècles.

Montjardin sera vendu deux fois. En 1640, le château brûle ; son propriétaire, Albert de Ligne, le cède à Sébastien Daems, qui le restaure dans l'aspect qu'il gardera jusqu'au XIXe siècle[2].

En 1730, Louis de Villegas, âgé de dix-neuf ans, hérite de Montjardin. Le domaine est grevé d'importantes rentes et d'une hypothèque ; son propriétaire ne parvient pas à les honorer. Il est adjugé publiquement en 1733 à Marie-Claire Gallo ; elle ne s'acquitte pas du prix ; il est à nouveau adjugé, sur folle enchère, en 1734, à Jacques de Theux pour la somme de trente-et-un mille trois cents florins (environ cent dix kilogrammes d'or)[2].

En 1868, le chevalier Xavier de Theux, cadet de sa famille, hérite du domaine et fait construire un deuxième château, monumental, à côté de l'autre. Il peut y loger sa famille de quinze enfants. Il y installe sa bibliothèque. Sa domesticité est logée sur place et au hameau de Hénumont se trouvant sur le domaine.

Les dépendances en 2018.

Dans la nuit du 4 au , la tour ronde, renfermant le puits permettant de remonter l'eau de l'Amblève lors d'un siège, s'effondre dans la rivière, emportant une partie de l'édifice dans sa chute. Guy de Theux reconstruit l'ensemble en respectant le style renaissance de cette aile.

La Seconde Guerre mondiale cause d'importants dommages aux deux châteaux. Le pont du chemin de fer situé à cent mètres est dynamité à deux reprises, le et en , successivement par l'armée belge et par les partisans belges qui harcelaient l'occupant.

À chaque fois, les châssis de fenêtres sont soufflés par l'explosion et par des débris de pierre, de béton et d'acier. Les murs du donjon du vieux château, conçus pour résister aux tirs de canons, tiennent bon mais le nouveau château est plus fragile. La toiture est percée par des débris volants ; les barbacanes, cheminées et autres superstructures en pierre de taille sont touchées ; de nombreux éléments de la façade Nord sont descellés et déstabilisés et menacent de s'écrouler. (Cette aile sera finalement démontée en 1980 pour prévenir les accidents).

À l'automne 1944, le nouveau château accueille un hôpital militaire américain, ainsi qu'un détachement des T-forces[3].

L'aile sud, qui abritait les dépendances, est restaurée en 1971.

Depuis 2016, la gestion est basée sur le respect de la nature et de la biodiversité. Le Domaine de Montjardin reçoit le label « Wildlife Estates »[4]. 1,7 million d'hectares de terres privées et publiques en Europe ont reçu ce label. Les objectifs de gestion du domaine sont l'entretien du patrimoine historique, l'implication des acteurs locaux, le développement durable, l'utilisation d’énergies renouvelables, et le développement d’un tourisme responsable et respectueux des écosystèmes.

Ce bâtiment a une particularité : on peut l'apercevoir d'en bas (dans la vallée) ou d'en haut (lorsque l'on passe sur l'autoroute E25 Liège- Luxembourg à hauteur de Aywaille- Remouchamps Sortie no 46).

Le domaine appartient à la Fondation Jean l'Aveugle - Château de Montjardin ; il est géré par la famille de Theux de Meylandt et Montjardin depuis 1734.

Représentations

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La ferme et le château en 1654 après la reconstruction de 1642[2].

Le pont-levis présent sur la représentation de 1654 évoque probablement un bâti plus ancien. Il n'existait plus à la fin du XVIIe siècle. Des traces dans la façade ouest laissent penser que le pont-levis se trouvait bien vers l'amont et non vers le sud.

Les vignes et les jardins sont clos de murs. Le carrosse dans la cour de la ferme est anachronique : aucune route ne conduisait à Montjardin ; on y accédait à pied ou à cheval avant le XIXe siècle ; la route la plus proche allait de Liège à Spa.

Les chargements étaient halés sur la rive droite de l'Amblève depuis l'Ourthe et la Meuse. Le chemin de halage ne remonte la rivière que jusqu'à Remouchamps. Un passage d'eau existait au pied du château et la barque représentée est historiquement défendable.

Les latrines donnant sur la vallée n'apparaissent nulle part ailleurs et sont probablement imaginaires.

L'ombre du château projetée sur le mur de la ferme donne une orientation Nord-Est du soleil. Le croquis a dû être exécuté un petit matin d'été, lorsqu'il est déjà haut dans le ciel.

Everdingen

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Montjardin au XVIIe siècle par Allaert van Everdingen.

Le tableau d'Allaert van Everdingen qui se trouve au Mauritshuis de La Haye est exécuté à la même époque. Les proportions et les détails sont crédibles : ils correspondent à des représentations postérieures.

Isabelle van der Vreken

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1796 Dessin de Isabelle van der Vreken

Ce dessin original d'Isabelle van der Vreken montre de nombreux détails historiquement vérifiables, au contraire des perspectives et des proportions. Sous le mur de la ferme, apparaissent des jardins à la française ainsi que trois arches construites pour offrir une surface plane. Le propriétaire de l'époque est le chanoine tréfoncier Barthélémy de Theux à qui Montjardin doit l'aménagement de son parc[2].

Évocation littéraire

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Le comte Henri de Merode-Westerloo (1782-1847) fit plusieurs séjours à Montjardin, et l'évoque dans ses souvenirs[5] :

« Posé sur un rocher escarpé, à mi-côte d'une montagne couverte de bois, coupé par des rochers, dominant le cours de la limpide Emblève, qui forme aux pieds de ses murs une nappe d'eau, le château de Montjardin a vue à la droite sur la vallée de l'Emblève, boisée sur la même rive rocheuse, et aride sur l'autre. La vue du côté gauche s'étend sur la même montagne où sont les promenades, et de l'autre côté de la rivière, sur la roche pyramidale où se voit l'entrée de la grotte de Remouchamps, ombragée par deux beaux noyers, et plus bas, sur la même rive, se voit le village de Sougné, où la rivière prend un détour à gauche. Les promenades du château suivent cette sinuosité et conduisent à un petit temple, d'où la vue se porte sur la vallée et le village d'Aywaille. »

Marcellin La Garde mentionne le premier château démoli dans l'une de ses légendes locales, La Dame de Montjardin[6] :

« Un château féodal, démoli par la volonté de son possesseur, à l’époque même de la féodalité, pour que ses débris servissent à bâtir une église au pied de la montagne où s’élevaient majestueusement son donjon, ses tourelles et ses remparts, voilà certes une circonstance de nature, sinon à saisir puissamment l’imagination, du moins à éveiller une vive curiosité.

C’est cependant le spectacle que nous offre la contrée dont nous recueillons les poétiques souvenirs. En effet, la belle église gothique de Dieuapart est entièrement bâtie avec les pierres de l’ancien château de Montjardin, qui couronnait la montagne voisine et qui fut rasé en vue de cette fondation, faite, comme on le devine sans doute, dans des idées d’expiation et de repentir. »

Notes et références

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  1. P. Aimont, Aqualia, Bomal, Jean Petitpas, , 310 p., p. 58
  2. 1 2 3 4 Joseph de Theux de Montjardin, Histoire de la seigneurie de Montjardin et de la Porallée miraculeuse, NBruxelles, Fr. Gobbaerts, , 102 p. (lire en ligne), p. 5
  3. (en) « History of T-Force Activities »
  4. « Wildlife Estates », sur European Landowners' Organization (consulté le )
  5. Souvenirs du comte de Merode-Westerloo, Tome 1, Volume 1, p. 391-392.
  6. Marcellin La Garde, Le val de l'Amblève: histoires et scènes ardennaises, Liège, Henri Poncelet, , 443 p. (lire en ligne), p. 263--300

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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