Château de Noyen
Le château de Noyen est un édifice situé rue du Château à Noyen-sur-Seine dans le département français de Seine-et-Marne, en région Île-de-France.
| Château de Noyen | ||||
Le château et ses communs, depuis l'avenue. | ||||
| Période ou style | Renaissance Classique |
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| Type | Château | |||
| Architecte | Philibert Delorme (communs) François-Nicolas Lancret (château) |
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| Début construction | 1554-1556 | |||
| Fin construction | 1766-1770 | |||
| Propriétaire initial | François de Kernevenoy dit de Carnavalet, seigneur de Noyen | |||
| Destination initiale | Habitation | |||
| Propriétaire actuel | Fondation Mérimée | |||
| Destination actuelle | Patrimoine | |||
| Protection | ||||
| Coordonnées | 48° 27′ 15,18″ nord, 3° 21′ 11,31″ est | |||
| Pays | ||||
| Région historique | Île-de-France | |||
| Subdivision administrative | Seine-et-Marne | |||
| Localité | Noyen-sur-Seine | |||
| Géolocalisation sur la carte : Seine-et-Marne
Géolocalisation sur la carte : Île-de-France
Géolocalisation sur la carte : France
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Du premier château, construit au XVIe siècle pour François de Kernevenoy, écuyer du roi Henri II, il ne reste que les communs.
L’actuelle bâtisse est construite à la demande de la comtesse de Montchal au XVIIIe siècle.
Aujourd’hui, cette propriété a été transmise à la Fondation Mérimée, qui souhaite réhabiliter les lieux dans l'optique d'ouvrir le château et son parc au public[1].
Histoire
modifierLe premier château
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Les terres de Noyen sont acquises en 1553 par François de Kernevenoy dit de Carnavalet, Grand Écuyer du roi Henri II dans le but d’y établir un haras royal[2],[3].
Un premier château y est construit, de 1554 à 1556 sur la cassette royale par l’architecte Philibert Delorme, alors au service exclusif du roi. L’entretien du château et notamment ses écuries, resteront à la charge du roi jusqu’à la disparition de François de Kernevenoy en 1571[2],[3].
La seigneurie de Noyen passe ensuite à son fils François-Claude, qui, ne laissant aucun héritier, voit ses biens rétrocédés à sa tante Marie de Kernevenoy[3].
La propriété passe à la famille Fleuriot, par le mariage de cette dernière avec Bertrand Fleuriot, qu’elle avait épousé en 1532[3].
À partir de 1611, la propriété passe à Marguerite Fleuriot, arrière-petite-fille des précédents, puis à la famille d’Acigné en 1618, à la suite de son mariage avec Jean d’Acigné de Grand-Bois. Le domaine passe à l’aîné de leurs trois fils, Jean, jusqu’à sa disparition en 1674. L’année suivante, le roi Louis XIV, érige Carnavalet et Noyen en comté, pour le frère du précédent, Claude. Ce dernier n’ayant pas d’héritiers, le domaine passe au dernier de la fratrie, Charles[4].
En 1715, n’ayant également aucun héritier, ce dernier, âgé, vend ses titres et propriétés à Corentin de Carné, lequel les transmets à son fils Louis-Joseph de Carné-Carnavalet. C’est lui, qui, en 1736, vend le château et ses terres à Charles Jean Pierre Barentin de Montchal (1705-1763). Ce dernier procède à de nombreux aménagements, notamment la vaste avenue dans le prolongement de l’entrée du domaine, dont il doit échanger quelques parcelles aux fermiers alentour, contre celles entourant la dite avenue, par acte du . Il y fait également planter deux rangées de peupliers de chaque côté[5].
À son décès, en 1763, le domaine passe à sa veuve, née Louise Madeleine Bertin de Vaugien (1715-1788).
L’actuel château
modifierEn 1763, cette dernière devient veuve et usufruitière des biens de son époux, la nue-propriété revenant à l'un de leurs fils, Louis Charles Barentin de Montchal (1739-1815), capitaine de cavalerie.
À partir de 1766, elle engage une vaste campagne de travaux, fait raser l’ancienne bâtisse en ne laissant que les communs, et fait également remplacer l’ancienne porte par une grille précédée par un fossé sec. Le nouveau château, construction en grès et briques, et les aménagements extérieurs ne sont terminés qu’en 1770.
À la mort de sa mère, en 1788, Louis Charles Barentin de Montchal, hérite du domaine de Noyen. Sous le Consulat, il est nommé maire de la commune, jusqu'à sa mort, sans descendance, à Noyen en novembre 1815. Son frère, Charles Paul Nicolas Barentin de Montchal (1737-1824), lieutenant général des armées du Roi, rentré d'émigration avec son épouse, Jeanne, née de Combres de Bressolles, et leur fils, Charles Louis Dreux, hérite du domaine et devient à son tour maire de Noyen[6].
Pendant son émigration, Charles Paul Nicolas Barentin de Montchal avait épousé en 1796 à Erfurt, en Thuringe, Antoinette de La Toison de Rocheblanche. La famille continua son exil vers Londres, puis revint en France à l'amnistie des émigrés, en 1802, et regagne Noyen. Charles Paul Nicolas y décède le 4 mars 1824. Son fils, Charles Louis Dreux Barentin de Montchal (1768-1829), commandant du haras impérial de Tarbes, puis de celui d'Auxerre, hérite alors de Noyen. Il terminera sa carrière de directeur de haras comme inspecteur général des haras royaux, en 1828-1829 et meurt le 22 mars 1829 à Noyen, dont il fut aussi, à son tour, le maire. L'une de ses filles, Marie-Louise Barentin de Montchal, épouse à Noyen, le Félix Le François des Courtis, lequel hérite des titres et biens de son beau-père[6].
Les deux époux se séparent du domaine en 1839, en faveur d’Auguste Rodolphe Darblay, Maître des Postes, négociant, qui sera élu député de Seine-et-Oise de 1840 à 1849. Ce dernier, en compagnie de ses petits-fils, Jules, Henri et Léon Muret, seuls descendants issus d’une de ses trois enfants, Jenny Darblay, exploite le domaine, en y installant notamment une distillerie de betteraves. Jules Muret décède en 1866 au château, suivi par son grand-père en 1873. La propriété reste ensuite aux mains des deux frères survivants, Léon et Henri[7].
En 1906, Léon décède à son tour au château, et son frère Henri le suit l’année suivante. Ce dernier laisse la propriété à sa fille, Henriette, laquelle épouse Marcel Joseph Lemercier, faisant entrer la propriété dans la famille de celui-ci. La propriété passe à la famille Salin par le mariage de leur fille unique, Thérèse, avec Pierre-Edmond Salin. La propriété passe ensuite en indivision avec leurs huit enfants, indivision qui perdure encore aujourd’hui avec leurs descendants.
Architecture
modifierLe domaine est composé du château, de deux ailes de communs et d’un parc couvrant une soixantaine d’hectares.
Les deux ailes des communs, ont été édifiées, sur les côtés de la cour d'honneur, dans les années 1553-1560 pour François de Kernevenoy, afin d'abriter les chevaux du Roi Henri II, dont il était l'écuyer[8]. À l'origine, cette cour était fermée à son entrée par un bâtiment bas, ouvrant par un portail axial, auquel étaient accolées des colonnes baguées à bossages[8]. Le bâtiment bas et son portail ont disparu lors de la reconstruction du château, dans les années 1760, mais les deux colonnes ont été remontées à l'angle des pavillons d'entrée[8]. L'aile gauche des communs abritait les écuries, qui ont perdu leurs installations intérieures. L'aile droite des communs abritait des étables et une laiterie. Ces communs ont été remaniés par la suite, mais ont conservé deux belles portes d'origine, à bossages et fronton[8].
De par la ressemblance avec le château de La Motte-Tilly, voisin, sur certains détails d’architecture, la reconstruction du château, à la fin des années 1760, pourrait être l’œuvre de l’architecte François-Nicolas Lancret.
La longue avenue menant au château était bordée, à l’origine, par deux rangées de peupliers, de chaque côté. Depuis un ouragan survenu le , les arbres, replantés, sont aujourd’hui des platanes[9].
Le château possède également une ferme attenante aux communs, aujourd’hui exploitée par un agriculteur indépendant.
L’église du village, fût, à l’origine, la chapelle du premier château.
Protections
modifierLe château, ses dépendances et son parc, sont protégés en totalité au titre des Monuments historiques, en partie par classement et en partie par inscription :
- Le château, sa cour d'honneur, ses douves et ses parterres sont classés depuis un arrêté du 11 juillet 1960.
- La grande allée, son pont en pierre et le parc sont inscrits depuis un arrêté du 10 juillet 1961.
- Le pavillon de chasse est inscrit depuis un arrêté du 10 octobre 2008.
- La totalité des communs est classée depuis un arrêté du [10].
Références
modifier- ↑ « Son histoire mérite d'être connue », sur actu.fr, (consulté le )
- 1 2 François Richard, « François de Kernevenoy, seigneur de Noyen sur Seine (octobre 1519 - avril 1571) », Bulletin de la Société d'Histoire et d'Archéologie de l'Arrondissement de Provins, , p. 15-34 (lire en ligne)
- 1 2 3 4 La Cité (Paris) Auteur du texte, « La Cité : bulletin de la Société historique et archéologique du IVe arrondissement », sur Gallica, (consulté le )
- ↑ « seigneurie de Coatanlan-Kerjanégan », sur caouennec-lanvezeac.fr (consulté le )
- ↑ « Famille de Carné », sur www.decarne.com (consulté le )
- 1 2 Société d'histoire et d'archéologie de l'arrondissement de Provins Auteur du texte, « Bulletin de la Société d'histoire et d'archéologie de l'arrondissement de Provins », sur Gallica, (consulté le )
- ↑ Société royale et centrale d'agriculture (France) Auteur du texte et Société nationale d'agriculture de France Auteur du texte, « Bulletin des séances de la Société royale et centrale d'agriculture : compte rendu mensuel », sur Gallica, (consulté le )
- 1 2 3 4 Pascal Liévaux - William Curtis Rolf, Les Ecuries des châteaux Français, Paris, Monum, Editions du Patrimoine, , 303 p., p. 58-66
- ↑ « L'avenue du château », sur www.noyensurseine.fr (consulté le )
- ↑ « Château de Noyen », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le )