Château de Pocé
Le château de Pocé est un château situé à Distré, en France[1] (ne pas confondre avec Pocé-sur-Cisse).
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Localisation
modifierLe château est situé dans le département français de Maine-et-Loire, sur la commune de Distré.
Description
modifierHistorique
modifierPocé était une ancienne châtellenie-seigneurie d'Anjou. Le seigneur de Pocé avait des droits inhabituels sur les chaudronniers et verriers qui passaient dans sa juridiction, et encore plus extraordinaire, toutes les femmes que ses officiers pouvaient trouver à Saumur et ses faubourgs le jour de la Trinité devaient se présenter à la Dame du lieu, danser avec eux, et leur remettre quatre deniers et un bouquet de roses[2].
L'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1862[1].
Selon Célestin Port puis Lucie Gaugain (deux auteurs indexés en fin d'article), Pocé en Anjou fut d'abord une villa carolingienne, sous Charles le Chauve, achetée le 13 juin 845 par l'abbaye Saint-Florent ; puis un fief important, relevant féodalement du château de Saumur au moins depuis le XIe siècle. Une puissante famille de chevalerie détenait la seigneurie, mais elle s'éteignit probablement au XIIIe siècle : sont cités Geoffroy (Gaufridus de Pociaco), Hugo de Poceio (Ugo de Pocec), Robert : Robertus de Poceio...
L'héritière Marguerite de Pocé († ou fl. vers 1253) est la femme d'Olivier de Da(a)n/de Daon (cité comme seigneur en 1219, 1222, 1231 ; chevalier banneret lié au sénéchal Guillaume des Roches).
La famille d'Ucé exerce ensuite la seigneurie : Baudouin (1272), Olivier (1380).
Plus tard, un autre seigneur de Pocé apparaît — par acquisition, don ou alliance ? — Pierre de La Rocherousse (à Quessoy ) († vers 1415/1420), époux avant 1383 de Marie de Sainte-Maure-Montgauger († après 1432), dame de Rivarennes, fille de Pierre III Drumas de Ste-Maure de Montgaug(i)er († après 1372). Pierre de La Rocherousse est issu d'une famille bretonne, et il a servi les Anglais avant de se rallier loyalement à Du Guesclin et aux rois Valois Charles V et Charles VI, à partir de 1372. Vers 1388/1390, Pierre de La Rocherousse et Marie de Sainte-Maure cèdent Pocé à la reine de Sicile, puis rentrèrent dans leur bien. En 1390, ils acquirent l'hôtel parisien de Bertrand Du Guesclin.
Marguerite de La Rocherousse épouse Charles de Kainmerck (Quimerc'h en Bannalec) († v. 1485), chambellan du duc de Bretagne depuis 1425, cité comme seigneur de Pocé en 1449 et 1487,
- en indivis avec Guy II de Laval-Loué († 1484), marié à Charlotte de Ste-Maure, dame de La Faigne, fille de Jean Ier de Sainte-Maure-Montgauger, seigneur de Nesle, lui-même fils de Pierre III Drumas de Ste-Maure et frère de Marie ci-dessus.
- Gilles Ier de Laval-Montmorency, cité en indivis en 1536 avec René Goullard, acquéreur le 29 avril 1529 de la part de l'héritière Françoise de Kainmarck (Quimerc'h en Bannalec ; mariée en 1520 à Pierre de Tinténiac).
Puis on trouve : Jacques de L'Hôpital (1560) ; René du Riveau (1607) ; Gilles de la Dufferie (1617, 1635 ; issu de la famille Baglioni), suivi de son fils René de la Dufferie qui vend le 21 octobre 1644 au maréchal Urbain de Maillé (1598-1650), beau-frère de Richelieu et père de Claire-Clémence de Maillé, la femme du Grand Condé.
Le maréchal de Maillé, par ailleurs héritier de Milly, avait reçu le 16 mars 1642 de son beau-frère Richelieu la baronnie de Trèves ; Pocé en Anjou est intégré à cet ensemble féodal, vendu par les Condé en mars 1747 au comte Jean (de) Stapleton († 1776 ; héritier des Dervallières).
Le 23 août 1747, Louis XV érige ces seigneuries en comté de Trèves avec Milly, Villeneuve-Maillard, Sourches, Marson, la Tour-de-Ménives, Laillou, Baucheron, Virelais, Saugré, la Mimerolle, les Noyers-Aménard et Laleau. Marie de Stapleton, fille de Jean Stapleton et femme de Jean-Baptiste-Charles de Laurens en 1774, en hérita en 1776.
Annexes
modifierBibliographie
modifier- Lucie Gaugain, « Le château de Pocé en Anjou (Distré, Maine-et-Loire), vers 1200-vers 1400 », dans Bulletin monumental, 2019, tome 177, no 1, p. 15-37, (ISBN 978-2-901837-77-0) (lire en ligne sur Persée).
- Pocé à Distré, par Célestin Port : Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire, 1878, t. III, p. 127 (lire en ligne).
Articles connexes
modifier- Ressource relative à l'architecture :
Références
modifier- 1 2 « Château de Pocé », notice no PA00109082, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- ↑ Claude-Marin Saugrain, Dictionnaire universel de la France ancienne et moderne et de la Nouvelle France, vol. 2, , p. 925
