Château de Reignac (Gironde)
Le château de Reignac est une propriété viticole située à Saint-Loubès, dans la région de l’Entre-deux-Mers, en Gironde. Ce domaine, dont l'histoire remonte au XVIe siècle, est aujourd'hui connu pour ses vins et son patrimoine architectural.
| Château de Reignac (Gironde) | |
Le château en janvier 2024. | |
| Pays | |
|---|---|
| Production | |
| Région viticole | Bordeaux |
| Superficie plantée | 77 ha |
| Sols et terroirs | argilo-calcaire et argilo-graveleux |
| Société | |
| Propriétaire | Yves Vatelot |
| Divers | |
| Site web | reignac.com |
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Histoire
modifierLe château de Reignac trouve ses origines au XVIe siècle. Construit par le seigneur et parlementaire[1] Baude de Peyron à une époque où les domaines viticoles bordelais se développaient, le château servait à la fois de résidence et de centre agricole[2]. De cette époque ne subsiste que le pigeonnier. La propriété est ensuite vendue à Pierre Gabaud, Guillaume Donissan et Joseph d'Andrault (1565-1606)[1].
Au XVIIe siècle, le domaine appartient à la famille Bontemps[1]. La culture de la vigne a été introduite sur le domaine, tirant parti de son terroir varié[2]. Au siècle suivant, les nouveaux propriétaires, la famille Martin de Montsec, font construire l'actuel château et sa chapelle privée[1]. En 1794, Louis Martin de Montsec de Reignac, ainsi que son fils Arnaud sont guillotinés à Bordeaux pour avoir caché leur titres de noblesse ainsi que des armes dans des barriques. Leur héritier Henri émigre tandis que la propriété est gérée par sa sœur et sa femme Adélaïde de Pontet[1].
Au début du XIXe siècle, les douves primitives sont comblées. Vers 1840, le château est vendu à la famille Chaline puis aux Carlsberg[1]. Le château est alors agrandi et doté d'une serre, attribuée à l’ingénieur Gustave Eiffel.
En 1990, Yves Vatelot, l'inventeur de l'épilateur électrique Silk Epil[3], acquiert la propriété avec son épouse. Ensemble, ils entreprennent des rénovations majeures pour restaurer les bâtiments historiques et moderniser les installations viticoles[4]. Yves Vatelot dépose notamment le brevet d'un nouveau type de barrique, dotée de deux « couteaux » placés dans le fut en chêne et retournée deux fois par jour, permettant une fermentation et un vieillissement simultanés[3].
Patrimoine
modifierLe château, réalisé au XVIIIe siècle, se compose d'un corps de logis à trois niveaux, doté de deux ailes en retour d'équerre encadrant la cour d'honneur. Du côté opposé, deux tours plus hautes, de plan carré, encadrent la terrasse sur jardin. La toiture en ardoise mansardée est ouverte de lucarnes cintrées. Les entrées sont mises en valeur par des jambes à bossage[1]. À l'intérieur, un escalier monumental à double volée et un décor de pilastres cannelés à chapiteaux ioniques[1].
Outre le château, les éléments architecturaux incluent :
- une serre du XIXe siècle attribuée à Gustave Eiffel ;
- un pigeonnier datant du Moyen Âge, symbole de prestige à l’époque ;
- une chapelle privée, autrefois utilisée pour les cérémonies religieuses[5].
Terroir et biodiversité
modifierLe domaine s'étend sur 150 hectares, comprenant 77 hectares de vignes, des zones boisées, un lac, et des prairies. Cette diversité reflète l’histoire agricole et écologique du site. Une particularité notable est la combinaison des terroirs typiques des rives droite (plateau d’argilo-calcaire comme à Saint-Émilion) et gauche de la Garonne (coupe d’argilo-graveleux comme à Margaux)[3], offrant une diversité unique pour la viticulture[6].
Le domaine est un exemple d'intégration écologique dans la viticulture moderne. Il comprend :
- une forêt de 35 hectares ;
- un lac artificiel créé en 1993, jouant un rôle dans la protection contre le gel ;
- des haies et des zones de jachère, favorisant la biodiversité.
Certifié Haute Valeur Environnementale (HVE 4), le château de Reignac privilégie des pratiques agricoles durables, telles que l’abandon des herbicides et la préservation des sols[4].
Événement marquant
modifierEn 2009, le grand vin de Reignac est soumis à une dégustation à l’aveugle organisée par le Grand jury européen. Lors de cet événement, le millésime 2001 se classe deuxième, derrière Angélus, mais devant Petrus, Margaux, Lafite-Rothschild, Latour ou encore Haut-Brion[7],[3]. Il s'agit d'une reconnaissance notable pour un vin hors du classement des crus[8].
En 2017, pour avoir utilisé dans une publicité le slogan « Reignac, premier grand cru classé », et bien qu'assorti d'une astérisque précisant « si c’était vrai peu se l’offriraient », le conseil des Grands Crus Classés en 1855, le conseil des Vins de Saint-Émilion et l’Union des Crus Classés de Graves font condamner le château de Reignac pour tromperie du consommateur et publicité comparative illicite. Le domaine et son propriétaire doivent alors verser 45 000 € de dommages et intérêts. En 2018, le procès en appel confirme la condamnation mais les sommes à verser sont fortement réduites (16 000 €)[9].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 Alexandre Paleologue, « Château de Reignac », dans 101 châteaux du vin en Bordelais, Le Festin, , 136 p. (ISBN 978-2-36062-233-7), p. 113
- 1 2 « Zoom sur le Domaine Château de Reignac ! », sur Chais d'œuvre (consulté le ).
- 1 2 3 4 Gaëlle Richard, « Au château Reignac : histoire d’une success story », sur Sud Ouest, (consulté le )
- 1 2 « Château de Reignac », sur La Revue du vin de France (consulté le ).
- ↑ « Domaine Château de Reignac : Histoire et savoir faire », sur Le Figaro, (consulté le ).
- ↑ « Château de Reignac - Le vin qui surclasse les plus Grands », sur Château de Reignac (consulté le ).
- ↑ « Reignac, un petit bordeaux dans la cour des grands », sur Les Échos,
- ↑ « Château de Reignac : un « petit » parmi les plus grands », sur iDealwine, (consulté le ).
- ↑ Alexandre Abellan, « Condamnation confirmée pour le château s’affichant "premier grand cru classé" », sur Vitisphere, (consulté le )