Château de Zarnáta
Le château de Zarnáta (grec moderne : Κάστρο Ζαρνάτας) est un château en ruines datant de la période ottomane, situé sur la péninsule du Magne, dans le sud de la Grèce.
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Histoire
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Zarnáta est mentionnée pour la première fois dans un document vénitien datant de 1278, puis à nouveau en 1428, comme faisant partie des différents territoires sous le contrôle de Constantin Paléologue[1]. Au cours des guerres civiles qui secouent le despotat de Morée et qui conduisent à sa conquête par l'Empire ottoman, Zarnáta est initialement sous le contrôle de Démétrios Paléologue, avant d'être occupée par son frère, Thomas[2]. Par la suite, elle acquiert une certaine importance en tant que siège d'un évêché métropolitain, ainsi que pour son rôle en tant que lieu d'importance lors des premières phases de la guerre de Morée (1684-1699)[3],[4]. Toutefois, les historiens situent la construction du château lui-même entre le XVe et la fin du XVIIe siècle[5]. Des sources vénitiennes datant de la période de la guerre de Morée et de la période suivant la fin de cette dernière indiquent que le château, ainsi que la localité voisine de Kelefá, sont des constructions turques destinées à maintenir sous contrôle les rebelles maniotes, Zarnáta elle-même faisant possiblement partie d'un ensemble de trois forts érigés à cette fin en 1670 par le grand vizir Köprülüzade Fazıl Ahmed Pacha[6]. Bien que les auteurs vénitiens de l'époque le considérerent comme étant de petite taille et sans grande importance, cependant sa garnison ottomane y oppose une résistance acharnée en 1685, tandis qu'en 1701 il est considéré comme étant l'une des places fortes les plus importantes du « royaume de Morée » vénitien[7]. Néanmoins, lors de la reconquête ottomane de la Morée en 1715, le château est abandonné à l'ennemi sans opposer de résistance[7].
Architecture
modifierLe château est situé au sommet d'une colline isolée de faible hauteur, entre les villages actuels de Kámbos et de Stavropígi, dans la partie nord du Magne messénien, à un emplacement stratégique permettant le contrôle des différents passages menant depuis la côte vers l'intérieur du Magne[3],[5]. Il est composé d'une enceinte fortifiée de petite taille et de forme circulaire, semblant reprendre le tracé d'une fortification de date antérieure, plus précisément de la période hellénistique, correspondant vraisemblablement à l'acropole de de la cité antique de Gerènia[5],[8]. Conformément à sa fonction d'avant-poste frontalier destiné à surveiller une population assujettie, il ne dispose ni de fossé ni de plates-formes destinées à accueillir des pièces d'artillerie. En effet, à l'exception de son versant nord-est, où le château domine la vallée de Kámbos, il est exposé, sur les versants restants, aux tirs provenant des hauteurs environnantes[9]. Le mur d’enceinte, construit en maçonnerie à base de pierres aux formes irrégulières mêlées à de la brique, ne subsiste qu'à une hauteur limitée, bien qu'il atteigne encore par endroits jusqu'à 9,1 mètres ; il épouse étroitement le relief du terrain et comporte des tours de formes circulaires et carrées[5],[3],[9]. Une grande partie du mur, y compris les fondations datant de la période hellénistique, sont détruites dans les années 1940, pendant les guerres civiles en Grèce, lorsque les habitants des villages avoisinants trouvent refuge au sein du château et installent à la place des clôtures en fil barbelé[7].
Au sommet de la colline se trouve un complexe résidentiel en forme de tour, dont la construction remonte probablement à la fin du XVIIIe siècle, ayant servi de siège à l'une des quatre capitaineries (grec moderne : καπετανάτα) dans lesquelles le Magne est divisé. Il est composé d'une tour de forme carrée de trois étages, d'une hauteur d'environ 15 mètres, de plusieurs bâtiments annexes, de citernes, d'un moulin à vent en ruines, ainsi que de deux églises, dont l'une est dédiée à saint Nicolas et l'autre à la Source de Vie (Zoodóchos Pigí)[5],[7].
Notes et références
modifierRéférences
modifier- ↑ Bon 1969, p. 505 & 507.
- ↑ Andrews 1978, p. 25.
- 1 2 3 Bon 1969, p. 507.
- ↑ Andrews 1978, p. 24.
- 1 2 3 4 5 (el) « Κάστρο Ζαρνάτας: Περιγραφή » [« Château de Zarnáta : Description »], sur http://odysseus.culture.gr/, Ministère de la Culture et des Sports (consulté le )
- ↑ Andrews 1978, p. 25 & 36-37.
- 1 2 3 4 Andrews 1978, p. 27.
- ↑ Bon 1969, p. 507 (note 6).
- 1 2 Andrews 1978, p. 26.
Annexes
modifierBibliographie
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: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- (en) Kevin A. Andrews, Castles of the Morea, American School of Classical Studies at Athens, (ISBN 978-0-87661-406-8).

- Antoine Bon, La Morée franque. Recherches historiques, topographiques et archéologiques sur la principauté d'Achaïe, Paris, De Boccard, (lire en ligne).

