Château de l'Anglais
Le château de l'Anglais est un édifice construit à Nice de 1856 à 1858, qui marque l’apparition de châteaux de styles exotiques au XIXe siècle.
| Château de l'Anglais | |
Le château de l'Anglais. | |
| Période ou style | Folie Riviera |
|---|---|
| Début construction | 1856 |
| Propriétaire initial | Robert Smith |
| Protection | |
| Coordonnées | 43° 41′ 17″ nord, 7° 17′ 42″ est |
| Pays | |
| Région | Provence |
| Département | Alpes-Maritimes |
| Commune | Nice |
| modifier |
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De par sa couleur et sa forme, il demeure l’un des témoignages forts des folies qui sont érigées sur la Riviera[1].
Situation
modifierIl est situé sur les pentes occidentales du mont Boron et donne à la fois sur le boulevard Carnot et l’avenue Jean Lorrain.
Historique
modifierSa construction débute en 1856, date de l'achat d'un terrain de 22 000 m2, par Robert Smith (1787-1873), colonel du génie britannique en Inde[2]. Il est construit en trois ans et son architecture éclectique s'inspire des constructions néo-mogholes. Les merlons sont inspirés du Fort-Rouge de Delhi que le colonel Smith avait restauré. Le domaine descend sans interruption jusqu’à la mer et comprend de nombreuses fabriques (tours, belvédères, kiosques, escaliers…), toutes dans le même style exotique fantaisiste.
Le château suscite rapidement de nombreux commentaires souvent contradictoires : En 1861, Émile Négrin évoque « un quelque chose, cauchemar des architectes classiques », en 1877, Mayrargue parle « d’une admirable villa où tout ce que l’imagination peut rêver de plus extraordinaire a été assemblé avec un art exquis » et Stephen Liegeard le juge comme « une bâtisse qui n’est ni un château, ni un palais, ni une tour, ni un bastion, ni une villa, ni une pièce montée, ni un gâteau de Savoie, ni rien qui ait un nom dans aucune langue ».
À partir de 1875, la propriété est achetée par la famille polonaise Gurowsky de Wezele au fils du bâtisseur, puis elle est revendue à différentes sociétés immobilières qui la morcellent en plusieurs lotissements. Après la Seconde Guerre mondiale, le château est transformé en copropriété. Le jardin botanique est classé Monument historique.
Le château (avec la rotonde de l’ancienne salle de musique) fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le [3].
La rotonde[4] fut séparée du château à la suite du lotissement de la propriété en 1949[5]. Située en contrebas du bâtiment principal, elle était accessible par un escalier à double révolution descendant des étages supérieurs du château. Le bâtiment de la rotonde est protégé dans son intégralité, incluant son décor intérieur, son escalier souterrain le reliant au château ainsi que la coupole.
De plan circulaire, la rotonde est surmontée d’une coupole percée d’ouvertures, probablement des lanternons ou des oculi destinés à filtrer la lumière naturelle, conférant à l’espace un caractère aérien. Le décor néo-classique de la rotonde contraste avec l’architecture éclectique du château, instituant un dialogue entre deux esthétiques : l’exotisme romantique du XIXᵉ siècle et la rigueur classique de la salle de musique[6].
Après plusieurs changements de propriétaires et une longue période d’abandon, l’édifice a été acquis en 2023 par des particuliers, qui en ont confié la restauration à l’architecte Joe Aoun[7]. Dans les années 1950, une villa attenante fut édifiée, empiétant à la fois sur le monument historique et sur la falaise. Le projet de restauration en cours prévoit la démolition de cette construction et son remplacement par une villa contemporaine implantée en retrait de la falaise. Cette intervention a pour objectif de dégager la rotonde et de mettre en valeur son architecture.
La rotonde s’inscrit dans un ensemble paysager comprenant des jardins d'Intérêt Majeur[8],[9], qui participent à la mise en valeur patrimoniale du site[10].
Galerie
modifierNotes et références
modifier- ↑ Michel Steve, La Métaphore Méditerranéenne: L'architecture sur la Riviera de 1860 à 1914, Éditions Demaistre, 1996, p. 112, (ISBN 2-84194-003-9).
- ↑ Judit Kiraly, « La Côte d'Azur, d'Hyères à Menton ; les Anglo-Américains, le legs d'une élite », Vieilles maisons françaises, Éditions de L’Esplanade, no 236, , p. 33 (ISSN 0049-6316).
- ↑ Notice no PA06000011, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
- ↑ « PSS / Château de l'Anglais (Nice, France) », sur www.pss-archi.eu (consulté le )
- ↑ « Château de l'Anglais », sur pop.culture.gouv.fr (consulté le )
- ↑ Roberte Dallo et Christophe Prédal, « Recensement du patrimoine balnéaire, patrimoine de la villégiature de Nice maison de villégiature (villa balnéaire) dite château du mont-Boron, château de l'Anglais, villa Smith, château Smith ou encore folie Smith »
[page HTML], sur service de l’Inventaire général du Patrimoine Culturel, (consulté le ) - ↑ (en-US) Elise Hajjar, « Innovative Architecture and Landscape Design In Nice | France », sur JA Architecture, (consulté le )
- ↑ « Château de l'Anglais », sur pop.culture.gouv.fr (consulté le )
- ↑ Marie Hérault et Christophe Prédal, « jardin d'agrément du château du Mont-Boron dit Château de l'Anglais »
[page HTML], sur Inventaire général du patrimoine culturel Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, (consulté le ) - ↑ « Château de l'Anglais », sur pop.culture.gouv.fr (consulté le )
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Jean-Pierre Fouchy, Une Polka à Nice : La présence polonaise sur la Côte d'Azur, Incognito Éditions, 2011 (ISBN 978-2953354546)
- Didier Gayraud, Belles demeures en Riviéra 1835-1930, p. 168-170, Éditions Giletta, Nice, 2005 (ISBN 978-2-915606-20-1), p. 304
- Félix Fénéon, Nouvelles en trois lignes, 1906, éditeur Libella, collection Libretto, 162 p. , Paris, 2019 (ISBN 978-2-36914-446-5), p.121
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressources relatives à l'architecture :
- Ministère de la Culture - DRAC PACA - Banque d'images : Demeure dite Château de l'Anglais, Château du Mont-Boron, Folie Smith