Château du Coudray-Salbart

Château fort médiéval du XIIIe siècle situé à Échiré, dans les Deux-Sèvres

Le château du Coudray-Salbart est un ancien château fort, du XIIIe siècle, dont les vestiges se dressent sur la commune française d'Échiré dans le département des Deux-Sèvres en région Nouvelle-Aquitaine.

Château du Coudray-Salbart
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Les vestiges du château font l'objet d'une protection partielle au titre des monuments historiques[1].

Localisation

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Les vestiges du château du Coudray-Salbart se dressent, au bord de la Sèvre Niortaise, à 2 kilomètres au nord-nord-ouest de l'église Notre-Dame d'Échiré, dans le département français des Deux-Sèvres.

Historique

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Origines et construction de la forteresse

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Les seigneurs de Parthenay-Larchevêque deviennent maîtres du Coudray au cours du XIIe siècle. Le fief du Coudray, situé dans la paroisse d'Échiré, relève notamment de l'abbaye de Saint-Maixent, à laquelle les seigneurs de Parthenay doivent rendre hommage[2].

À partir du mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec Henri II d'Angleterre en 1152, le Poitou entre dans l'espace politique des Plantagenêt. La forteresse du Coudray-Salbart s'inscrit dans le contexte des rivalités entre les Capétiens et les Plantagenêt pour le contrôle du Poitou.

La chronologie précise de la construction du château demeure discutée. La notice de protection des Monuments historiques fait état de campagnes de construction aux XIIe et XIIIe siècles[1]. Les recherches archéologiques ont montré que l'édifice actuel résulte de plusieurs phases de construction et de transformations. Le bilan scientifique de 2009 indique une construction commencée à la fin du XIIe siècle et considérablement transformée dans les premières décennies du XIIIe siècle par les seigneurs de Parthenay, avec des financements provenant du roi d'Angleterre. Les Plantagenêt exercent une influence importante sur le programme architectural et défensif de la forteresse[3].

Les seigneurs de Parthenay-Larchevêque, notamment Hugues Ier et Guillaume V, reçoivent des subsides de Jean sans Terre en 1202-1203 et d'Henri III d'Angleterre en 1227. Ces financements participent à la fortification de leurs possessions poitevines[3].

L'étude des maçonneries et de l'architecture montre que le Coudray-Salbart n'est pas le résultat d'une campagne de construction unique. Les recherches de Marie-Pierre Baudry ont notamment mis en évidence une évolution continue du programme architectural sur plus d'un quart de siècle, depuis un premier château à cour de superficie réduite jusqu'à l'enceinte subrectangulaire conservée aujourd'hui. Plusieurs changements de parti interviennent ainsi au cours du chantier[4].

Le Coudray-Salbart dans les conflits entre Capétiens et Plantagenêts (1199-1242)

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À la fin du XIIe siècle, le Poitou se trouve au cœur des rivalités entre les rois de France et les souverains Plantagenêts. En 1199, Jean sans Terre succède à son frère Richard Cœur de Lion comme roi d'Angleterre et duc d'Aquitaine. Les seigneurs de Parthenay-Larchevêque entretiennent des relations étroites avec les Plantagenêts[5].

Au début du XIIIe siècle, le seigneur de Parthenay reçoit l'aide financière de Jean sans Terre pour renforcer ses fortifications. Des subsides lui sont notamment accordés en 1202-1203 et contribuent probablement à la construction du Coudray-Salbart[3]. Sa fonction première semble alors de contrôler un point de passage sur la Sèvre Niortaise[6].

En 1206, Jean sans Terre mène une nouvelle campagne dans le Poitou. Il débarque à La Rochelle et séjourne à plusieurs reprises à Saint-Maixent, Niort, Bressuire et Thouars, ainsi que dans un château appelé « Coudray », qui pourrait correspondre au Coudray-Salbart[6]. Le seigneur de Parthenay figure alors parmi ses principaux alliés dans la région. Philippe Auguste, qui assiège Parthenay, le soumet en 1207[7].

En 1214, Jean sans Terre prépare une nouvelle offensive contre le roi de France Philippe Auguste. Après avoir de nouveau débarqué à La Rochelle, il rallie une grande partie des seigneurs poitevins et rassemble notamment ses forces à Parthenay. Il s'engage ensuite vers le nord et assiège la forteresse de la Roche-aux-Moines, en Anjou. L'arrivée de l'armée du prince Louis, fils de Philippe Auguste, provoque son retrait en juillet. Cet échec, suivi quelques jours plus tard de la défaite de l'armée impériale à la bataille de Bouvines, contraint Jean sans Terre à accepter une trêve avec le roi de France[8].

En 1216, à la mort de Jean sans Terre, les rentes et subsides promis à plusieurs seigneurs poitevins sont suspendus par son fils et successeur, Henri III. Cette situation contribue à détériorer les relations entre le jeune roi d'Angleterre et plusieurs des principaux seigneurs du Poitou, notamment les seigneurs de Parthenay, de Lusignan et de Mauléon. Ceux-ci entrent en conflit avec Henri III et exercent une pression militaire sur les villes restées fidèles au roi d'Angleterre, notamment Niort. Le Coudray-Salbart apparaît avec certitude dans les sources au début des années 1220. La forteresse sert alors de base d'opérations au seigneur de Parthenay et à ses alliés, notamment les Lusignan et les Mauléon. Depuis le Coudray-Salbart, ceux-ci mènent des expéditions dans la plaine de Niort et exercent une pression sur la ville afin de contraindre Henri III à respecter les engagements pris par son père[7].

Les conquêtes territoriales de Philippe Auguste, entre son avènement (1180) et sa mort (1223).

Cette situation s'inscrit dans une période de forte instabilité politique dans le Poitou. Les seigneurs poitevins, tout en étant eux-mêmes liés au monde politique des Plantagenêt, contestent alors l'autorité du jeune Henri III. Les violences commises autour de Niort entraînent l'intervention du pouvoir royal anglais et l'excommunication de plusieurs seigneurs en 1223[9].

La crise évolue ensuite rapidement. En 1224, Louis VIII intervient en Poitou et s'empare notamment de Niort et de La Rochelle. La perte de ces places marque le recul de la domination anglaise dans la région[9].

En 1241, un nouveau conflit oppose plusieurs grands seigneurs poitevins au pouvoir capétien. Hugues X de Lusignan, comte de la Marche et d'Angoulême, se révolte contre Alphonse de Poitiers, frère du roi Louis IX et nouveau comte de Poitou. Il reçoit le soutien du roi d'Angleterre Henri III, qui cherche à défendre les intérêts de la couronne anglaise dans le Poitou. Le conflit débouche en 1242 sur la Guerre de Saintonge. En avril 1242, Louis IX rassemble son armée à Chinon et entreprend la conquête des possessions des Lusignan en Poitou. Plusieurs places fortes sont prises au printemps, notamment Montreuil-Bonnin, Vouvant et Frontenay-Rohan-Rohan. Henri III débarque en Aunis en mai 1242 afin de soutenir les seigneurs révoltés et rejoint Hugues X de Lusignan. Après plusieurs semaines de campagne, les armées française et anglo-poitevine se rencontrent à Taillebourg, sur la Charente, les 21 et 22 juillet 1242. Les forces d'Henri III se replient ensuite vers Saintes, où elles sont battues le 22 juillet lors de la bataille de Saintes[10]

La défaite entraîne le retrait d'Henri III vers la Gascogne et la soumission progressive des seigneurs poitevins. Guillaume V de Parthenay se rallie alors au camp capétien et rend hommage à Alphonse de Poitiers. Le Coudray-Salbart perd progressivement son importance stratégique dans un contexte de recul de l'influence politique des Plantagenêt dans le Poitou et d'évolution des possessions de la seigneurie de Parthenay[5].

Le rattachement du Poitou au royaume de France et le déclin de la forteresse

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Après la défaite de 1242, l'influence des Plantagenêts recule fortement dans le Poitou. La situation est définitivement réglée par le traité de Paris de 1259. En 1265, Hugues II Larchevêque, seigneur de Parthenay et de Vouvant, rend hommage à l'abbé de Saint-Maixent pour les fiefs qu'il tient de l'abbaye, parmi lesquels figure celui du Coudray-Salbart[11].

Au début du XVe siècle, le Coudray-Salbart appartient toujours aux possessions de Jean II de Parthenay-Larchevêque. Celui-ci prend part aux luttes politiques qui opposent les partis armagnac et bourguignon pendant la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. En 1415, accusé de félonie, il est déchu de ses droits et ses possessions sont confisquées. Les possessions de Jean II, parmi lesquelles figurent Parthenay, Secondigny, Béceleuf, les seigneuries de Vouvant et de Mervent et le Coudray-Salbart, sont alors attribuées par le pouvoir royal. Arthur de Richemont, comte de Richemont et futur duc de Bretagne sous le nom d'Arthur III de Bretagne, prend possession de plusieurs de ces places en 1415. Le Coudray-Salbart fait alors partie des forteresses placées sous son contrôle[5].

La situation juridique des anciennes possessions des Parthenay reste toutefois complexe pendant plusieurs décennies. En 1419, Jean II de Parthenay cède ses baronnies au dauphin Charles, futur Charles VII. Les droits d'Arthur de Richemont sur les terres de Parthenay et leurs dépendances sont ensuite confirmés par des lettres royales du 9 avril 1435[5].

Le 12 mars 1440, Arthur de Richemont rend hommage à l'abbaye de Saint-Maixent pour ses possessions et mentionne parmi ses fiefs celui du Coudray. Un nouvel hommage est rendu le 11 janvier 1443. Ces actes montrent que le Coudray-Salbart demeure alors intégré aux possessions de Richemont et conserve un statut féodal, même si son importance militaire semble avoir diminué[2].

Artus Brécart, écuyer d'Arthur de Richemont et époux de sa fille légitimée Jacquette de Bretagne, est nommé capitaine du Coudray-Salbart. Il exerce également les fonctions de capitaine de Mervent et de Saint-Aubin-du-Cormier. Sa nomination au Coudray-Salbart est attestée en 1457.

Le 22 octobre 1458, Charles VII attribue par lettres patentes à Jean, bâtard d'Orléans, comte de Dunois, les terres et seigneuries de Parthenay, Secondigny, Vouvant, Mervent et Coudray-Salbart. Cette attribution doit prendre effet après le décès d'Arthur de Richemont, à condition que celui-ci ne laisse pas d'héritier mâle légitime. Richemont meurt à Nantes le 26 décembre 1458 sans héritier mâle légitime. Jean Dunois devient alors seigneur des terres concernées[5].

À cette époque, le Coudray-Salbart a déjà perdu une grande partie de son importance stratégique. La prisée de 1460 constitue la première description détaillée connue de la forteresse[12]. Elle montre un château dans un état de dégradation avancé et fournit également des informations sur des bâtiments et des ouvrages aujourd'hui disparus[2]. La prisée de 1460 décrit notamment l'accès à la tour du Portal : un pont fixe puis un pont-levis permettaient de franchir le fossé séparant la basse-cour de la forteresse. Ces ouvrages seront progressivement détruits et leurs vestiges ne seront redécouverts qu'au cours des travaux archéologiques et de restauration du XXe siècle[13].

Le château n'est cependant pas complètement abandonné après 1460. Des documents de 1465 attestent encore la présence d'un garde au Coudray-Salbart. La même période est marquée par les tensions entre Louis XI et les princes engagés dans la Ligue du Bien public, dans lesquelles les possessions de Jean Dunois sont impliquées[14].

Dans la seconde moitié du XVe siècle, le château conserve donc une fonction militaire résiduelle, mais son état se dégrade et son entretien diminue. Vers 1487, sous le règne de Charles VIII, Jacques de Beaumont est installé au Coudray-Salbart. Jean Chastegnier, dit de Réaumur, est cité comme l'un des derniers capitaines connus de la forteresse[15].

De l'abandon à la sauvegarde du monument

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Le Coudray-Salbart est progressivement abandonné à la fin du Moyen Âge. Son éloignement des principales frontières politiques et militaires et l'évolution des techniques de guerre contribuent à la perte de son intérêt stratégique. Son abandon précoce explique en partie l'absence de transformations importantes au cours des siècles suivants et la conservation exceptionnelle de certaines dispositions architecturales médiévales[3].

Au XVIIIe siècle, le château passe au comte d'Artois, futur Charles X, en 1776. Celui-ci le vend ensuite à l'abbé Du Fay de la Taillée. Le domaine demeure dans la famille de la Taillée jusqu'à la fin du XXe siècle.

À partir de la fin du XIXe siècle, le Coudray-Salbart fait l'objet de travaux d'étude et de plusieurs initiatives visant à assurer la conservation de ses vestiges. Émile Espérandieu lui consacre notamment une étude détaillée publiée en 1892 dans Paysages et monuments du Poitou[2].

Le château est classé au titre des monuments historiques par deux actes de protection, en 1952 et 1954[1].

Restauration et ouverture au public

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À partir de 1978, des travaux de sauvegarde sont entrepris avec la participation de l'association des Amis du Château du Coudray-Salbart et de l'Union REMPART. Des chantiers de bénévoles sont organisés pendant plusieurs décennies afin de consolider les maçonneries et de préserver les vestiges.

Entre 1991 et 1994, des travaux réalisés sous la responsabilité des Monuments historiques permettent notamment la restauration de la cheminée et d'un escalier de la tour du Bois Berthier, ainsi que d'un escalier et de différents éléments de la tour Double.

En juin 2000, le comte Pierre du Dresnay de la Taillée cède le château à la Communauté d'agglomération du Niortais pour un montant symbolique. La communauté d'agglomération devient propriétaire du site et en confie la gestion culturelle et touristique à l'Association des amis du Château du Coudray-Salbart.

À partir de 2005, les travaux de restauration et de conservation sont progressivement confiés à des équipes professionnelles. Plusieurs campagnes sont menées : la tour du Portal et le front oriental entre 2005 et 2007, la Grosse Tour en 2008-2009, la tour du Bois Berthier en 2011-2012, puis la tour du Moulin à partir de 2014.

La restauration de la tour du Moulin, engagée en 2014, s'accompagne d'une intervention archéologique sur les élévations et la partie sommitale de la tour. Les recherches portent notamment sur les techniques de construction, les différentes phases de maçonnerie et l'évolution de l'ouvrage. L'intervention se poursuit en 2015. Elle met notamment en évidence plusieurs particularités de la construction de la tour, dont l'absence de trous de boulin sur ses élévations et une disposition particulière des assises au niveau supérieur[16].

Les travaux de restauration sont ensuite accompagnés de nouvelles recherches archéologiques. Entre 2016 et 2017, une intervention porte notamment sur la courtine située entre la tour Double et la tour Saint-Michel, afin de mieux comprendre l'évolution de cette partie de l'enceinte. Les recherches concernent notamment les traces de construction, les ouvertures défensives et les différentes phases de transformation de la courtine[17]. En 2019, de nouvelles recherches sont menées sur la courtine reliant la tour Saint-Michel à la tour Double, notamment à partir des vestiges de bois retrouvés dans des trous du mur. Ces recherches contribuent à préciser la chronologie de la construction et des transformations de cette partie de l'enceinte[17].

À partir du début des années 2020, la Communauté d'agglomération du Niortais prépare une nouvelle phase importante de restauration. Le programme de maîtrise d'œuvre établi en 2022 prévoit notamment la restauration de la partie sud de la courtine Est, de la tour Saint-Michel, de la courtine Sud et de la tour Double. La restauration de la courtine Nord est prévue dans une phase ultérieure[18]. Cette nouvelle campagne est accompagnée d'études et de travaux préparatoires. En 2024, la Communauté d'agglomération du Niortais inscrit encore l'opération de restauration du Coudray-Salbart à son budget, tandis que les travaux doivent reprendre sur le monument[19].

L'Association des amis du Château du Coudray-Salbart poursuit aujourd'hui la mise en valeur du monument, notamment par l'organisation de visites guidées, d'animations culturelles et de manifestations destinées au public. En 2026, l'association reprend les chantiers bénévoles de restauration, interrompus au début des années 2000, avec notamment la réfection d'un muret en pierre sèche et des opérations d'entretien des abords et des maçonneries[20].

Architecture

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Le Coudray-Salbart est une forteresse de plan presque quadrangulaire, organisée autour d'une haute-cour entourée de courtines et précédée d'une basse-cour. L'ensemble est implanté sur un promontoire dominant la Sèvre Niortaise. Les constructions conservées présentent un état de conservation exceptionnel et témoignent de plusieurs phases de construction et de transformation au cours de la première moitié du XIIIe siècle.

La haute-cour est flanquée de six tours : la tour du Bois-Berthier, la tour du Moulin, la tour Double, la Grosse Tour, la tour Saint-Michel et la tour du Portal. Quatre d'entre elles occupent les angles de l'enceinte, tandis que les tours Saint-Michel et du Portal sont implantées au milieu des courtines. Les deux tours en amande, la tour Double et la Grosse Tour, constituent une caractéristique particulièrement remarquable du château. Cette forme permet aux tours de présenter un angle saillant vers l'extérieur et d'améliorer le flanquement des courtines.

L'enceinte est entourée de fossés qui renforcent les défenses naturelles du site. La basse-cour, située à l'ouest de la haute-cour, était elle-même protégée par une enceinte aujourd'hui largement disparue. Les vestiges d'une barbacane précèdent l'entrée de cette enceinte. Une prisée réalisée en 1460 permet de connaître plusieurs éléments aujourd'hui disparus, notamment certains dispositifs d'accès et des bâtiments de la haute-cour et de la basse-cour[21].

Les courtines et la gaine

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L'une des principales particularités du Coudray-Salbart réside dans la présence d'une gaine périphérique, une galerie aménagée dans l'épaisseur des courtines. Cette galerie, couverte par des voûtes en berceau brisé, relie plusieurs tours et permettait aux défenseurs de circuler à l'intérieur même des murailles. Elle est percée d'archères et de diverses ouvertures défensives.

La gaine constitue un système de circulation et de défense distinct du chemin de ronde situé au sommet des courtines. Sa présence permettait notamment de multiplier les positions de tir et de protéger les courtines depuis l'intérieur de l'enceinte.

Les courtines conservent par ailleurs de nombreuses traces de transformations successives : reprises de maçonnerie, anciennes ouvertures, vestiges de hourds et créneaux aujourd'hui bouchés. Ces éléments témoignent de l'évolution du système défensif au cours de la construction du château[21].

Les tours

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La tour Double tire son nom de sa structure particulière. Une première tour a été englobée dans une construction plus importante qui l'enveloppe jusqu'à mi-hauteur. Cette évolution explique l'aspect de « tour double » de l'édifice. La tour possède trois niveaux, dont deux salles sont voûtéees. La salle basse conserve notamment de profondes niches destinées aux archères.

La Grosse Tour constitue la plus imposante des tours du château. Elle atteint environ 30 mètres de hauteur et présente un plan allongé, avec des dimensions d'environ 12 mètres sur 16 mètres. Elle englobe également les vestiges d'une construction antérieure. Sa grande salle supérieure est couverte d'une voûte d'ogives à huit nervures, de têtes sculptées et possède une importante cheminée. Une baie géminée s'ouvre sur la face tournée vers la Sèvre. La tour conserve également des latrines et un escalier à vis permettant d'accéder à la plateforme sommitale.

La tour Saint-Michel occupe une position particulière dans l'enceinte. Elle est intégrée aux courtines et correspondrait à un vestige de la première phase de construction du château. Sa salle supérieure est couverte d'une voûte en arc-de-cloître. Elle conserve plusieurs archères ainsi qu'un dispositif de surveillance aménagé dans l'épaisseur du mur.

La tour du Bois-Berthier est une tour circulaire située au nord-ouest de la haute-cour. Son rez-de-chaussée possède une voûte en berceau brisé, une cheminée, des niches à archères et des latrines. La salle supérieure, de plan octogonal, est couverte d'une voûte d'ogives à huit nervures et possède une baie géminée. Les dispositifs d'évacuation des eaux conservés au sommet ont conduit à envisager l'existence d'une ancienne terrasse crénelée.

La tour du Moulin ferme la haute-cour au sud-ouest. Elle possède deux niveaux voûtés, dont les voûtes d'ogives reposent sur des supports sculptés. Plusieurs archères sont aménagées dans ses murs. Le niveau supérieur communique avec les chemins de ronde et commande notamment un assommoir protégeant l'un des accès.

La tour du Portal constitue l'entrée principale de la haute-cour. Le passage d'entrée est couvert d'un berceau brisé et défendu par un assommoir. Un pont-levis permettait de franchir le fossé et d'accéder au château. Le mécanisme de levage était commandé depuis l'étage de la tour[21].

La basse-cour et les accès

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La basse-cour se développe à l'ouest de la haute-cour. Son enceinte, aujourd'hui largement disparue, délimitait un espace destiné notamment aux activités domestiques et à la vie de la garnison. La prisée de 1460 et les recherches archéologiques permettent d'y restituer différents bâtiments, parmi lesquels une forge, un four, des écuries et une chapelle castrale.

L'accès au château était organisé autour de plusieurs dispositifs successifs. Un premier pont-levis permettait de franchir le fossé extérieur et d'atteindre la barbacane puis la basse-cour. Un second dispositif d'accès, précédé d'un pont dormant et d'un pont-levis, permettait d'entrer dans la haute-cour par la tour du Portal. Plusieurs poternes, dont certaines sont encore conservées, complétaient ce système.

L'ensemble forme ainsi un système défensif complexe associant fossés, courtines, tours, chemins de ronde, gaine intérieure, barbacane, archères, poternes, ponts-levis et dispositifs de surveillance. L'intérêt architectural du Coudray-Salbart tient notamment à la conservation de ces différents éléments et aux transformations successives qu'ils permettent encore d'observer[21].

Protection

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Les ruines du château ainsi que le terrain qu'elles occupent sont classés Monument Historique par arrêté du [1]. Le sol sur lequel les ruines s'élèvent est classé par arrêté du [1].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 « Château du Coudray-Salbart », notice no PA00101229, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. 1 2 3 4 « Espérandieu – 1890 », sur Association des amis du Château du Coudray-Salbart
  3. 1 2 3 4 Bilan scientifique 2009 – Poitou-Charentes, Deux-Sèvres, Ministère de la Culture, (lire en ligne)
  4. ↑ Jean Mesqui, « Le château du Coudray-Salbart », Bulletin Monumental, vol. 150, no 1,‎ , p. 63–64 (lire en ligne)
  5. 1 2 3 4 5 Bélisaire Ledain, Histoire de la ville de Parthenay, de ses anciens seigneurs et de la Gâtine du Poitou, Paris, Durand, (lire en ligne)
  6. 1 2 Marie-Pierre Baudry, « De nouvelles enquêtes historiques », Le Picton, no 286,‎ juillet-août-septembre 2026, p. 26-31
  7. 1 2 « Château Coudray-Salbart », sur Mairie d'Échiré
  8. ↑ Martin Aurell, « La bataille de la Roche-aux-Moines. Jean sans Terre et la prétendue traîtrise des Poitevins », Comptes-rendus des séances de l'Académie des inscriptions et belles-lettres,‎ , p. 459-489
  9. 1 2 « La Rochelle, port français sur l'Atlantique au XIIIe siècle », Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public, no 17 « L'Europe et l'Océan au Moyen Age. Contribution à l'Histoire de la Navigation »,‎ , p. 49-76 (lire en ligne)
  10. ↑ Marie-Pierre Baudry, « Les châteaux des Lusignans en Poitou (1154-1242) », Civilisation Médiévale, Persée - Portail des revues scientifiques en SHS, vol. 5, no 1,‎ , p. 135–147 (lire en ligne, consulté le )
  11. ↑ Eugène Espérandieu, Le château du Coudray-Salbart, Imprimerie de L. Clouzot,
  12. ↑ « La prisée – 1460 - », sur SALBART (consulté le )
  13. ↑ « Fouilles et Découvertes », sur coudraysalbart.fr
  14. ↑ « 1465 Rémission octroyée à Louis Chasteigner pour la mort de Guillaume Maynaut, garde au château du Coudray-Salbart du comte Dunois », sur lesportesdutemps.com,
  15. ↑ « Salbartiens, Salbartiennes », sur salbart.org/
  16. ↑ « Bilan scientifique 2014 : Château du Coudray-Salbart, tour du Moulin », sur Ministère de la Culture,
  17. 1 2 « L'archéologie à Salbart par Adrien Montigny – 2006/2019 », sur Les Amis du Coudray-Salbart
  18. ↑ « Programme de maîtrise d'œuvre pour la restauration du château du Coudray-Salbart », sur Communauté d'agglomération du Niortais,
  19. ↑ « Budget principal 2024 », sur Communauté d'agglomération du Niortais,
  20. ↑ « Sauvegarde du château du Coudray-Salbart : des bénévoles venus de France et de l’étranger », sur lanouvellerepublique.fr, (consulté le )
  21. 1 2 3 4 « Wivisites, le patrimoine culturel au bout des doigts », sur Wivisites (consulté le )

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Émile Espérandieu, « Le château du Coudray-Salbart », dans Paysages et monuments du Poitou, Imprimerie typographique des librairies-imprimeries réunies, Paris, 1892, tome VI, Deux-Sèvres, p. 27-38 (lire en ligne).
  • Pierre Héliot, « La genèse des châteaux de plan quadrangulaire en France et en Angleterre », dans Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France année 1965, 1966, p. 238-257 (lire en ligne).
  • Henri-Paul Eydoux, « Le château du Coudray-Salbart », dans Bulletin Monumental, 1967, tome 125, no 3, p. 247-260 (lire en ligne).
  • Huguette Gelot, Le château du Coudray-Salbart, Échiré, 1968.
  • Marie-Pierre Baudry, « Le Coudray-Salbart : un château royal ? » , dans Congrès archéologique de France. 159e session. Monuments des Deux-Sèvres. 2001, Société française d'archéologie, Paris, 2004, p. 131-139.
  • Adrien Montigny, « Échiré – Château du Coudray-Salbart », dans ADLFI Archéologie de la France, 2009 (lire en ligne).

Articles connexes

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Liens externes

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