Cimetière juif de Vesoul

cimetière juif situé en Haute-Saône, en France

Le cimetière juif de Vesoul est un cimetière juif situé à Vesoul, dans le département français de la Haute-Saône en région Bourgogne-Franche-Comté. Il abrite environ 350 sépultures, sur une superficie de 1 850 mètres2.

Cimetière juif de Vesoul
Vue générale du cimetière.
Pays
Quartier
Commune
Religion(s)
Superficie
0,19 hectare
Tombes
Environ 350
Mise en service
Coordonnées
Géolocalisation sur la carte : Vesoul
(Voir situation sur carte : Vesoul)

Acquis dès 1832 par la communauté israélite locale, le cimetière a par la suite été agrandi en 1845, puis en 1886. Aujourd'hui, le cimetière est fermé au public, bien que des inhumations ont encore occasionnellement lieu.

Description

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Situé dans l'Est de la ville de Vesoul, sur un versant de La Motte, le cimetière se trouve rue Miroudot Saint-Ferjeux[1], en bordure de route, dans le quartier du Grand Grésil. Le Nouveau cimetière de Vesoul, l'un des trois cimetières vésuliens, jouxte le cimetière juif. Couvrant une surface totale de 1 850 mètres2, soit 18,5 ares, le cimetière est de forme hexagonale irrégulière, grossièrement en forme de « L » inversé.

Doté d'un périmètre total de 200 mètres, le cimetière a été construit sur trois parcelles différentes. Le cimetière est également clos d'un mur d'enceinte en pierre d'une hauteur d'un à deux mètres. Un portail principal (Sud-Est) ainsi qu'une porte latérale (Est) permettent l'entrée au cimetière[2]. Les tombes du cimetière sont orientées vers l'Est.

Histoire

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La communauté israélite de Vesoul était importante au Moyen-Age : composée de banquiers, commerçants et de marchands, elle était influente dans le royaume de France pour ses activités commerciales. Bien que la communauté juive de Vesoul à cette époque ait été forte, les archives ne font pas mention de cimetière juif, ce qui tend à penser que les Juifs de l'époque étaient inhumés dans les cimetières chrétiens. Expulsée au Moyen-Age, la communauté juive de Vesoul disparaît pendant plusieurs siècles.

Construction et aménagement du cimetière

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La Révolution autorisent les Juifs à réintégrer le pays par décret du [3]. Ils reviennent progressivement à Vesoul. Le cimetière juif de Vesoul[4], est construit sur trois différentes parcelles achetées au cours du XIXe siècle. Ces terrains étaient alors situés à l'extérieur de la cité - à environ un kilomètre - et au bord d'un axe de passage servant de voie romaine entre Port-sur-Saône et Vesoul[5].

La première parcelle fut acquise par la communauté locale en 1832 ; à cette époque la ville compte environ 5500 habitants[6],[7]. Le cimetière est construit en forme rectangulaire, entièrement clos et dispose alors d'une superficie d'environ 700 m2 (35 x20). Les premières inhumations ont lieu en 1838. En 1845[8], la communauté israélite locale fait l'acquisition d'un terrain mitoyen afin d'agrandir le cimetière[7],[9]. En 1856, un escalier est construit aux abords du cimetière, afin de faciliter l'accès à la porte d'entrée[10].

Après la guerre franco-prussienne de 1870, un nombre important de Juifs émigrent d'Alsace vers d'autres régions de l'Est de la France pour garder la nationalité française. La commune accueille de nombreuses familles juives ; le consistoire de Colmar, ville devenue allemande, est transféré à Vesoul. La communauté juive locale prend rapidement de l'ampleur et fit édifier en 1873, une synagogue de style néo-mauresque, conçue par l'architecte vésulien Charles Dodelier[11]<, qui devient donc la deuxième infrastructure israélite de Vesoul avec le cimetière juif. Plusieurs rabbins se succèdent au rabbinat de Vesoul parmi lesquels Moïse Schuhl, Isaac Lévy ou encore Justin Schuhl.

En 1886[12], une troisième parcelle est achetée pour l'agrandissement du cimetière[7],[9],[13],[14].

Difficultés de gestion et abandon progressif

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En 1905, la loi de séparation de l'Église et de l'État instituée, les cultes ne sont plus subventionnés par l'État qui est reconnu comme laïc. Le consistoire de Vesoul est ainsi dépossédé de certains de ces droits, notamment concernant la gestion des cimetières juifs[15]. C'est ainsi que la communauté de Vesoul se restructure en créant une association cultuelle propre le , rapportée par le Journal officiel[16].

Le cimetière accueille au XIXe siècle des tombes de personnalités locales telles que celles d'Isaac Schwartz (1918), rabbin de Vesoul et aumônier militaire[17] ainsi que celle de d'Isidore Isaac (1925), ministre officiant de Vesoul[18]. En , une association est créée par la communauté israélite de Vesoul dans le but de règlementer l'entretien du cimetière juif[19].

Vue des sépultures (février 2013)

En 1986, la communauté juive de Vesoul demanda à la mairie de se charger de l'entretien du cimetière, en échange d'une indemnité financière, ce que la municipalité accepta par lettre du [20]. Le , par convention avec la mairie, la communauté juive de Vesoul cède la parcelle lui appartenant située au sud du cimetière, en échange de l'entretien régulier du cimetière. La mairie de Vesoul aménage par la suite une aire de stationnement sur cette parcelle afin de permettre une meilleure accessibilité au nouveau cimetière de Vesoul, située à proximité directe[21].

Dans les années 2020, le cimetière est jugé à l'état d'abandon ; la végétation et les ronces recouvrent alors de nombreuses tombes, notamment dans la partie nord, l'espace le plus ancienne du cimetière. La municipalité, bien que ne gérant pas le cimetière, prend la décision, en 2023, de mener de nouvelles opérations d'entretien[22],[23]. Un recensement est également réalisé en 2023 : environ 350 sépultures sont alors répertoriées dans le cimetière. Cependant, plusieurs d'entre elles, notamment les plus anciennes, présentent un état de détérioration avancée et les inscriptions sur les tombes sont pour la plupart devenues illisibles[22]. En 2025, le mur Nord du cimetière est réédifié.

De nos jours, le cimetière est fermé au public et les clés d'entrée du cimetière sont gardées par le commissariat de la ville et par la communauté juive de Besançon. Il est l'un des trois cimetières vésuliens subsistants aujourd'hui avec l'ancien cimetière et le nouveau cimetière[24],[14].

Éléménts architecturaux

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Les sépultures et monuments funéraires

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La plupart des sépultures et caveaux du cimetière présentent éléments funéraires classiques tels que des urnes funéraires, des colonnes ainsi que d'autres types d'ornements, mais également des signes hébraïques tels que l'Étoile de David. Les tombes sont alignées et présentées vers l'Est. Les épitaphes sont principalement en hébraïque, avec cependant des écritures en français pour les tombes les plus récentes.

La stèle commémorative

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La stèle commémorative, située à proximité du portail d'entrée.

Une stèle a été installée au sein du cimetière en hommage aux victimes du régime nazi sur laquelle est écrit :
« La République française en hommage aux victimes des persécutions racismes et antisémites et des crimes contre l'humanité commis sous l'autorité de fait dite "Gouvernement de l'Etat français" (1940 - 1944). N'oublions jamais. »[25].

Des cérémonies de commémoration sont régulièrement organisées lors de jours en hommage à la guerre durant laquelle les Juifs vésuliens ont été déportés[26],[27],[28].

Fonctionnement

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Le cimetière est géré par la communauté israélite de Besançon, dû à la disparition progressive de celle de Vesoul au cours du XXIe siècle. Les inhumations sont alors sur demande à la communauté de Besançon qui en a fixe les règles à suivre.

Personnalités enterrées

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Notes et références

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  1. ↑ Icône décorative. Rue Miroudot de Saint-Ferjeux sur OpenStreetMap.
  2. ↑ Entrée du cimetière juif.
  3. ↑ « 1791, les juifs de France deviennent citoyens français - ici », sur ici, le média de la vie locale, (consulté le )
  4. ↑ Appelé jadis cimetière des Juifs, il est aujourd'hui appelé par les autorités locales cimetière juif ou encore cimetière israélite de Vesoul.
  5. ↑ Société d'agriculture, sciences, commerce et arts du départment de la Haute-Sâone, Bulletin, Vesoul, , 281 p. (lire en ligne), p. 110
  6. ↑ Alain Bouton, Françoise Bouton et Guy-Jean Michel, Vesoul et ses environs : vision du temps passé, , 143 p. (ISBN 2-903524-48-3)
  7. 1 2 3 Conseil d'Etat, Recueil des arrêts du Conseil d'État, Paris, Delhomme, , 1766 p. (lire en ligne), p. 1067
  8. ↑ Par décret du 14 mars 1845
  9. 1 2 Archives de Vesoul, Archives communales déposées, 550E dépôt (1242-1954), Cimetière israélite : affectation d'un terrain pour établir le cimetière des israélites (1832) ; acquisitions de terrains pour l'agrandissement du cimetière (1845-1886)
  10. ↑ Escalier de la porte d'entrée latérale.
  11. ↑ « Synagogue de Vesoul », notice no PA00102293, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
  12. ↑ Par acte du 16 novembre 1886
  13. ↑ Nicole Hombaire-Pizard, Not' Vieux-Vesoul et sa communauté juive, 1988
  14. 1 2 Le cimetière israélite, Société d'agriculture, lettres, sciences et arts de la Haute-Saône, Notice de deux pages
  15. ↑ Cimetières et rites funéraires juifs dans l’Est de la France du Moyen Âge à nos jours
  16. ↑
  17. 1 2
  18. 1 2
  19. ↑ Journal officiel de la République française, (lire en ligne)
  20. ↑ Archives municipales de Vesoul
  21. ↑ Acquisition du cimetière israélite. Extrait du registre des délibérations du conseil municipal. Archives municipales de Vesoul
  22. 1 2 « Le cimetière juif restauré », sur c.estrepublicain.fr (consulté le ).
  23. ↑ « Le cimetière juif de Vesoul inspire trente biographies à des lycéens du Belin », sur c.estrepublicain.fr (consulté le ).
  24. ↑ « Règlement des cimetières municipaux de Vesoul », sur vesoul.fr (consulté le ).
  25. ↑ « Vesoul : Journée nationale en mémoire des victimes des persécutions racistes et antisémites », sur c.estrepublicain.fr le=15 août 2023.
  26. ↑ « Retour en images sur les cérémonies commémoratives du 1er novembre à Vesoul », sur c.estrepublicain.fr (consulté le ).
  27. ↑ « L'appel du souvenir français à la « sauvegarde de notre mémoire » », sur lapressedevesoul.com (consulté le ).
  28. ↑ « Aux morts pour la France », sur lapressedevesoul.com (consulté le ).
  29. ↑ Tombe de René Weil.
  30. ↑ Tombe d'Isaac Schwartz.

Annexes

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Bibliographie

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  • Nicole Hombaire-Pizard, Not' Vieux-Vesoul et sa communauté juive, 1988

Articles connexes

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Liens externes

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