CinéFabrique
La CinéFabrique — École nationale supérieure de cinéma est un établissement d'enseignement supérieur public destiné à former de jeunes étudiants entre 18 et 26 ans dans les métiers du cinéma et de l'audiovisuel, basé à Lyon et Marseille.
| Fondation |
|---|
| Type |
École d'audiovisuel |
|---|---|
| Forme juridique | |
| Nom officiel |
École La CinéFabrique |
| Fondateur | |
| Président |
Philippe Vayssettes |
| Directeur | |
| Membre de | |
| Site web |
| Étudiants |
90 |
|---|---|
| Budget |
3,5 millions d'euros (en 2018) |
| Pays | |
|---|---|
| Campus | |
| Localisation |
Elle enseigne aux métiers du cinéma, telles que l'École nationale supérieure Louis-Lumière et La Fémis, à Paris, ou encore l'École nationale supérieure de l'audiovisuel, à Toulouse. La CinéFabrique est la seule à proposer une pédagogie basée sur la pratique (100 films sont réalisés chaque année) et qui propose une troisième année en alternance.
Historique
modifierFondée en 2015 à l'initiative du réalisateur Claude Mouriéras, son président d'honneur est le réalisateur Abderrahmane Sissako[1].
Lors de la 72e édition du festival de Cannes en 2019, Louise Courvoisier (1re promotion de la CinéFabrique Lyon) reçoit le premier prix de la Cinéfondation du festival de Cannes pour son court métrage Mano a mano[2]. C'est la première fois depuis la création de ce prix au festival de Cannes en 1998, qu'une élève d'une école de cinéma française remporte le premier prix.
Lors de la 75e édition du festival de Cannes en 2022, Laurène Fernandez (5e promotion de la CinéFabrique Lyon) reçoit le troisième prix de la Cinéfondation pour son court-métrage Les humains sont cons quand ils s'empilent[3].
En , Emmanuel Macron annonce la création d’une nouvelle CinéFabrique à Marseille[4].
Lors de la 78e édition du Festival de Cannes en 2025, Oumnia Hanader (1re promotion de la CinéFabrique Marseille) est en sélection de la Cinéfondation pour son court-métrage Bimo[5].
Lors du Festival du court métrage de Clermont-Ferrand en 2025, Kim Fino (5e promotion de la CinéFabrique) reçoit le prix du jury de la compétition nationale pour son court-métrage Oh Maybe Not Tonight[6].
Formations
modifierL'école propose des formations dans sept départements : le scénario, l'image, le son, le montage, les VFX, les décors et la production. Elle propose aussi une classe de mise à niveau gratuite réservée aux jeunes boursiers entre 18 et 25 ans résidant en région Auvergne-Rhône-Alpes, la COP[7]
La formation initiale se veut être d'excellence, comme en témoignent les prestigieux intervenants qui viennent former les étudiants. Elle dispense ainsi une formation technique de haut niveau qui s'accompagne d'une recherche artistique permanente, par le prisme des tournages très fréquents et par l'enseignement théorique (bien que ce dernier soit minoritaire). Cet enseignement d'exception est couronné par une troisième année qui se déroule en alternance[8]. L'école offre la possibilité aux étudiants de travailler sur des tournages de longs métrages (Nos batailles, Alice et le Maire…), d'aller chez des loueurs de matériel de cinéma (Groupe TSF, etc.), des entreprises de post-production son, image, montage (Polyson), etc.
Le diplôme
modifierÀ l’issue de leur deuxième année, il est accordé aux étudiants – de la CinéFabrique Lyon uniquement – 120 crédits ECTS par l'université Lumière-Lyon-II, qui valident le diplôme universitaire (DU) intitulé « Pratiques et techniques du cinéma et du multimédia »[9].
Cette validation leur permet d’entrer en troisième année, dans l'objectif d'obtenir le diplôme d'établissement de la CinéFabrique ainsi que le diplôme national de licence professionnelle « Techniques du son et de l’image » de l’université Lumière-Lyon-II[10].
La CinéFabrique délivre également des cinq titres à finalité professionnelle inscrits au RNCP directeur de la photographie, ingénieur du son, scénariste, chef monteur, producteur sont reconnus par l'État ; chef décorateur et superviseur d'effets-spéciaux ne le sont pas étant donnée leur récente date de création.
Les étudiants concluent leurs études à La CinéFabrique par la réalisation d'un film de fin d'études.
Des formations continues sont également accessibles aux professionnels voulant se perfectionner dans leurs domaines[11].
Moyens techniques et financiers
modifierL'école bénéficie d'un soutien financier important de l'État (CNC, ministère de la Culture…), de la région Auvergne-Rhône-Alpes ainsi que de diverses autres institutions publiques et privées. En 2018, le budget de l'école se montait à 3,5 millions d'euros. Elle dispose de plus de 8 000 m2 de locaux.
Grâce à un co-financement CNC-Région, la CinéFabrique s'est dotée de dix-huit boxes de post-production, dix-sept salles de montage professionnelles (dont six équipées en 5.1), deux studios de tournage, une salle de projection et quatre auditoriums de mixage. L'école offre également à ses étudiants un parc important de matériel professionnel : caméras Arri Mini, Varicam, Sony F55, Sony Venice, caméras argentiques Super 16 Aaton XTR Prod, optiques Cooke, Zeiss, Angénieux et Sony, enregistreurs Aaton Cantar, Sonosax, SoundDevice, Nagra, microphones Shoeps, appareils photos Alpha 7, matériel lumière, matériel de machinerie, etc.
Principes et identité de l'école
modifierL'école se distingue des autres établissements par sa politique de mixité sociale et culturelle[12],[13],[14]. L'écrit n'est ainsi pas discriminant lors du concours d'entrée, aucun diplôme n'est requis pour être admis.
La CinéFabrique a une identité forte, qui se concrétise par une cantine scolaire collaborative bio et locale, des périodes d'intégration, une ouverture à l'international riche (programme d'échange Cine Nomad School[15], participation des étudiants au festival Camerimage) un apprentissage du cinéma essentiellement par la pratique, etc.
La CinéFabrique anime par ailleurs des ateliers de réalisation dans des quartiers lyonnais ou zones rurales où des cinéastes vont accompagner des jeunes entre 15 et 20 ans à écrire et réaliser des courts métrages de fiction[16].
Le concours
modifierL'admission se fait par un concours sur trois tours, l'écrit n'est pas discriminant et le baccalauréat n'est pas nécessaire (sur dérogation[17]).
Au premier tour, il est demandé un court métrage de trois minutes maximum sur un thème (ex. : « Autoportrait », « Ma rue », « Ma cousine », « Sur tes lèvres », « Ensemble », « Enfin ! », « Encore Heureux! »…) ainsi que deux questionnaires en ligne de trois heures chacun (l'un général, l'autre spécialisé selon la section demandée), une lettre de motivation, un portfolio, un CV. Plus de 100 examinateurs, majoritairement des professionnels du cinéma (réalisateurs, chefs opérateurs, ingénieurs du son, etc.), supervisent ces épreuves. Le deuxième tour propose deux journées à l'école, l'une spécialisée (selon la section demandée) et l'autre un atelier tournage. Enfin le troisième tour est un oral d'une dizaine de minutes devant un jury composé d'une quinzaine de professionnels en exercice[18].
Chaque année, environ 1 200 candidats se présentent, pour 35 places jusqu'en 2022 (100 depuis l'ouverture du campus marseillais).
Ce concours est déconseillé à tous les handicapés car malgré un discours bien rodé, et un malheureux tiers temps aux examens, pas d'AESH, pas d'adaptation du concours, et surtout aucune communication avec les familles: c'est donc équivalent à faire courir un marathon à un amputé d'une jambe pour lui reprocher ensuite son temps aux 100 mètres.
Intervenants
modifierChaque semaine, un intervenant vient partager ses expériences et accompagner les étudiants dans son domaine professionnel lors d'ateliers spécifiques ou non (par exemple : workflow, écriture documentaire, principes optiques, direction d'acteurs, etc.). Cet enseignement se déroule en petit effectif, par groupe de moins de dix élèves pour un intervenant. Les projets (écriture, production, tournage, post-production) sont également encadrés par des intervenants professionnels.
On compte plus de 500 intervenants en activité à ce jour, parmi eux des cinéastes comme Mathieu Amalric[19], Jean-Pierre et Luc Dardenne, Naomi Kawase, Émilie Deleuze, Sébastien Lifshitz, des chefs opérateurs comme Julien Hirsch, Caroline Champetier, Agnès Godard, Sébastien Buchmann, Tom Stern, des acteurs tels Karin Viard, Jean-Pierre Darroussin ou Grégory Gadebois, mais aussi des ingénieurs du son comme Jean-Pierre Duret, des monteurs comme Yann Dedet, Nelly Quettier, des photographes, des chorégraphes, des producteurs comme Patrick Sobelman, Jean Des Forêts, Denis Freyd, des étalonneurs, des danseurs professionnels comme le célèbre Yorki et le renommé Claude Mourieras ou encore des inventeurs comme Jean-Pierre Beauviala[20].
Anciens élèves notoires
modifier- Louise Courvoisier[21] (promo 1) - section scénario, réalisatrice d'un premier long-métrage,Vingt Dieux (Prix Jean Vigo 2024). Elle remporte le César du Meilleur premier film en 2025.
- Anton Balekdjian (promo 3) co-réalisateur avec ses camarades Léo Couture et Mattéo Eustachon, d'un premier long métrage, Mourir à Ibiza (Un film en trois étés).
- Laurène Fernandez (promo 5) - section image, réalisatrice de la série Arte Bienvenue en Happycratie[22].
- Louis Cattelat (promo 5) - section scénario, scénariste d'un premier seul en scène intitulé Arecibo et chroniqueur dans l'émission Quotidien[23],[24].
Notes et références
modifier- ↑ « Abderrahmane Sissako prend la tête de l'école de cinéma la CinéFabrique », Allociné (consulté le ).
- ↑ François Rieux, « Cannes 2019 : Découvrez le palmarès de la Cinéfondation », Première, .
- ↑ AlexiaMarques, « Rencontre avec Laurène Fernandez, 3e prix ex aequo de La Cinef 2022 », sur Cinéma de Demain, (consulté le )
- ↑ Cinéfabrique, « Cinéfabrique Marseille », .
- ↑ « BIMO de Oumnia HANADER - Bande-Annonce », sur Festival de Cannes, (consulté le )
- ↑ « Shortfilmwire - Palmarès 2025 », sur www.shortfilmwire.com (consulté le )
- ↑ « La COP », Site officiel (consulté le ).
- ↑ « Alternance », Site officiel (consulté le ).
- ↑ RURAWEB, « Cursus - La 2e année à la CinéFabrique, l'année de la spécialisation », sur CinéFabrique (consulté le ).
- ↑ « Cursus - La 3e année à la CinéFabrique, l'année de l'alternance », sur CinéFabrique (consulté le ).
- ↑ « Formation continue », Site officiel (consulté le ).
- ↑ Clarisse Fabre, « La diversité au casting des écoles de cinéma », Le Monde, .
- ↑ « Le cinéma et le théâtre français à l'épreuve de la diversité (4/4). Plan large sur l’école de la CinéFabrique », France Culture, .
- ↑ Cécilia Sanchez, « La CinéFabrique, la nouvelle école de cinéma qui bouscule les codes », L'Étudiant, .
- ↑ « Cine Nomad School », Site officiel (consulté le ).
- ↑ « Ateliers », Site officiel (consulté le ).
- ↑ « Admission », Site officiel (consulté le ).
- ↑ Ex. Patricia Mazuy ; voir : « Mars 2020 – n° 764 », Cahiers du cinéma (consulté le ).
- ↑ Marie Pujolas, « Mathieu Amalric transmet sa passion du cinéma à des étudiants de la CinéFabrique de Lyon », Culturebox, .
- ↑ « Les intervenants », Site officiel (consulté le ).
- ↑ « Mano a mano », sur cinefondation.com (consulté le ).
- ↑ « Annecy 2025 – Arte, naturellement aux côtés de l’animation », sur Le Film Français (consulté le )
- ↑ Damien Mercereau, «Il y a des nouveautés» : Yann Barthès dévoile l’identité des quatre humoristes qui rejoignent «Quotidien», sur TV Magazine, (consulté le )
- ↑ « Cinéma, musique, scènes… Dix jeunes artistes de talent qui vont vous émerveiller en 2025 », sur www.telerama.fr, (consulté le )
- ↑ « Néhémie Lemal, une réalisatrice qui a pris la caméra pour qu'on la voie », sur RTL.fr (consulté le ).
- ↑ Film-documentaire.fr, « Une famille », sur www.film-documentaire.fr (consulté le )
