Ciné Par
La Société de participations cinématographiques, aussi appelée Ciné Par, est la holding de la famille Seydoux détenant leur participation dans le groupe Gaumont et dans une société civile d'exploitation agricole du Gard.
| Ciné Par | |
| Création | |
|---|---|
| Fondateurs | Georges Descours |
| Forme juridique | Société par actions simplifiée |
| Siège social | 7e arrondissement de Paris |
| Président | Nicolas Seydoux |
| Actionnaires | Sidonie Dumas (55,46 %) Pénélope Seydoux (20 %) |
| Filiales | Gaumont (89,7 %) SCA du Scamandre (40 %) |
| Fonds propres | 152,9 M€ (2025) |
| Dette | |
| Chiffre d'affaires | 150,4 M€ (2024) |
| Résultat net | -7,4 M€ (2024) |
| modifier - modifier le code - voir Wikidata | |
Histoire
modifierOrigine
modifierLa Société de participations cinématographiques Ciné Par est fondée le par l'industriel lyonnais Georges Descours, au lendemain d'une assemblée générale extraordinaire pour la reconstruction de Pathé Cinéma. Ciné Par est constitué dans les bureaux de la Société Centrale de Cinématographie, gérant les actifs du studio en faillite depuis 1936. En 1941, Ciné Par devient l'un des principaux actionnaires de Pathé Cinéma[1]. Une partie des titres lui sont réservés lors de la création de la Société Nouvelle Pathé Cinéma en 1943. Elles partagent à ce moment le même président, Ferdinand Liffran.
Au cours des années 1940, Ciné Par (filiale de la Compagnie des compteurs) devient simultanément actionnaire de Gaumont et de Pathé[2].
Acquisition par la famille Seydoux
modifierEn 1970, le groupe Schlumberger fait l'acquisition de la Compagnie des compteurs, maison-mère de Ciné Par. Intéressé par cet actif, Jean Riboud, président-directeur général de Schlumberger, monte au capital de Gaumont en reprenant les participations de plusieurs actionnaires, dont les 12 % détenus par la compagnie d'assurances La Paternelle. Ciné Par détient alors 39 % de Gaumont en 1973[3]. Le producteur Jean-Pierre Rassam, intéressé par un rachat de Gaumont, se rapproche de Jean Yanne et de Nicolas Seydoux (héritier de la famille Schlumberger) pour reprendre la participation de Ciné Par. Ils fondent dans ce but une société commune, Syerra. Le rachat est annoncé dans la presse le [4],[5].
Bloqué dans un premier temps par la Commission des opérations de bourse, la Compagnie des compteurs cède finalement le contrôle de Ciné Par à Nicolas Seydoux seul le [6]. En difficulté financière, Jean-Pierre Rassam et Jean Yanne ne se sont pas manifestés[7]. Le , Nicolas Seydoux devient vice-président-directeur général de Gaumont. En reprenant ensuite les participations de Marcel Bleustein-Blanchet et Charles Bluhdorn, Nicolas Seydoux finit par obtenir la majorité au sein du capital. Il est nommé président-directeur général de Gaumont en .
Ciné Par au service de Gaumont
modifierEn 1983, Ciné Par fait l'acquisition de 10 % du capital de Publicis pour accompagner la création de deux filiales communes avec Gaumont : une chaîne de magasins spécialisés Vidéostore-Gaumont-Publicis et une régie publicitaire pour Téléfrance, chaîne de télévision française aux États-Unis dont Gaumont est actionnaire[8]. Afin de désendetter Gaumont début 1985, Ciné Par cède sa participation dans Publicis et reprend les 51 % détenus par Gaumont dans le magazine Le Point[9]. Gaumont reprendra la participation en avant de s'en séparer définitivement en .
Au cours des années 1990, la participation de Ciné Par au sein de Gaumont dépasse les 50 % (en plus des autres filiales et participations individuelles de Nicolas Seydoux). En 2001, Sylvie et Maurice Pialat cèdent leur société de production Les Films du Livradois, détenant les films du réalisateur, à Ciné Par. Elle est revendue à Gaumont en , puis dissoute l'année suivante[10].
En 2017, Gaumont cède sa participation historique dans Les Cinémas Gaumont Pathé puis lance une offre publique de rachat d'actions à laquelle les trois principaux actionnaires minoritaires (Bolloré, First Eagle Investment Management et Groupe industriel Marcel Dassault) apportent leurs actions. La participation de Ciné Par au sein de Gaumont atteint près de 90 % du capital. À cette occasion, Nicolas Seydoux fait don à ses enfants, Sidonie Dumas et Pénélope Seydoux, de ses parts dans la holding tout en conservant l'usufruit[11].
Suite à l'absence de liquidité sur le titre Gaumont en Bourse, plusieurs actionnaires minoritaires de la société saisissent l'Autorité des marchés financiers en mai 2025 pour contraindre la famille Seydoux à lancer une offre publique de retrait[12]. Sommée par l'AMF de s'exécuter, Gaumont, Ciné Par et les actionnaires issus de la famille Seydoux déposent un recours auprès de la cour d'appel de Paris mais s'en voient déboutés en mars 2026. L'offre doit avoir lieu à l'automne 2026[13].
Actionnariat
modifierEn 2026, le capital de Ciné Par est réparti entre Sidonie Dumas (55,46 %), Pénélope Seydoux (20 %), Nicolas Seydoux (0,04 %) et Michel Seydoux (1 action). La société fiduciaire québécoise Blue Bridge, abritant une partie de la fortune des Seydoux, détient également 24,50 % de Ciné Par à travers sa filiale 9529-9319 Québec[14],[15].
Notes et références
modifier- ↑ Jacques Kermabon, « Un cinéma pour le paradis », dans Jacques Kermabon (dir.), Pathé : Premier empire du cinéma, Paris, Éditions du Centre Pompidou, (ISBN 2-85850-793-7), p. 256.
- ↑ P. Delmotte, « Pin-up, gangsters des films américains volent à la France son argent et sa culture », La Vie ouvrière, no 173, , p. 12-13 (lire en ligne).
- ↑ Nicolas Seydoux, Le cinéma, 50 ans de passion, Gallimard, , 464 p. (ISBN 978-2-07-303143-3), p. 48.
- ↑ Claude Temple, « Trois nouveaux actionnaires pour Gaumont : N. Seydoux, J.-P. Rassam et Jean Yanne », France-Soir, .
- ↑ Michel Pascal, Histoire secrète du cinéma français, Robert Laffont, , 378 p. (ISBN 978-2-221-15727-5), p. 81-101.
- ↑ « Gaumont (suite) », Le Film français, , p. 5.
- ↑ Nicolas Seydoux, Le cinéma, 50 ans de passion, Gallimard, , 464 p. (ISBN 978-2-07-303143-3), p. 54.
- ↑ J. D., « Gaumont acquiert 10 % du capital de Publicis », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ « M. Seydoux rachète "Le Point"… à Gaumont », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ Gaumont, « Document de référence 2004 » [PDF], sur gaumont.tm.fr, (version du sur archive.org).
- ↑ Gaumont, « Document de référence 2017 », sur gaumont.com, (consulté le ).
- ↑ Laurence Boisseau, « Gaumont : la famille Seydoux va bel et bien devoir lancer une offre publique de retrait », Les Échos, (lire en ligne
). - ↑ Bruno de Roulhac, « Les minoritaires de Gaumont valorisent le groupe a minima à 200 euros par action », L'Agefi, (lire en ligne
). - ↑ Ciné Par, « Communiqué normé Ciné Par - Dépôt du projet de note d'information », sur gaumont.com, (consulté le ).
- ↑ Laurent Léger, « ISF Gate: le mauvais scénario des frères Seydoux », Libération, (lire en ligne
).