Viverra civettina

espèce de mammifères
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Civette civettine, Civette de Malabar

Viverra civettina
Description de cette image, également commentée ci-après
Civette de Malabar naturalisée.
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Feliformia
Famille Viverridae
Sous-famille Viverrinae
Genre Viverra

Espèce

Viverra civettina
Blyth, 1862

Statut de conservation UICN

(CR)(CR)
CRC2a(i) :
En danger critique

Statut CITES

Sur l'annexe III de la CITES Annexe III, Rév. du 16/03/1989
(Inde)

Répartition géographique

Description de l'image Malabar Large-spotted Civet area.png.

Synonymes


  • Viverra civettina E. Blyth, 1862 (Protonyme)
  • Moschothera civettina (Pocock, 1933)

La Civette civettine (Viverra civettina), plus connue sous le nom de Civette de Malabar, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des Viverridés. Elle est classée comme étant en danger critique d'extinction sur la Liste rouge de l'UICN, sa population est estimée à moins de 250 individus capables de se reproduire. Elle n'a pas été enregistrée lors des inventaires réalisés entre 1990 et 2014[1].

Au début des années 90, des populations isolées survivaient encore dans les zones les moins perturbées par les activités humaines du sud du Malabar, mais elles étaient gravement menacées par la déforestation et la chasse en dehors de ces aires protégées[2].

Dénominations

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Taxonomie

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Viverra civettina est le nom scientifique proposé par Edward Blyth en 1862 pour un spécimen de viverridé provenant du sud du Malabar[7].

Reginald Innes Pocock considérait la civette à grandes taches (V. megaspila) et V. civettina comme des espèces distinctes[8]. Ellerman et Terence Morrison-Scott considéraient V. civettina comme une sous-espèce de V. megaspila[9]. La Liste rouge de l'UICN la considère comme une espèce distincte[1].

Il existe une certaine controverse quant à savoir si la civette de Malabar est réellement originaire des Ghats occidentaux ou s'il s'agit d'une espèce valide. Les informations de base sur les spécimens sont rares, de sorte qu'il n'y a que peu ou pas d'informations sur son écologie ou ses mœurs. Malgré la forte destruction de l'habitat dans la région, cette civette semble inhabituellement menacée pour un petit carnivore généraliste. La région où la présence de la civette était connue est le site d'un port de commerce majeur, incluant autrefois le commerce de civettes telles que la civette à grandes taches. Pour cette raison, certains spéculent sur le fait que la civette de Malabar pourrait être une population introduite de civettes à grandes taches qui aurait fini par disparaître[1],[10].

Caractéristiques

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La civette de Malabar est d'un gris sombre : elle présente une marque foncée sur la joue, de larges marques sombres transversales sur le dos et les flancs, ainsi que deux lignes sombres obliques sur le cou. Ces marques sombres sont plus prononcées que chez le zibeth. Sa gorge et son cou sont blancs. Une crinière commence entre les épaules. Sa queue est annelée de bandes sombres. Les pattes sont sombres[11].

Elle diffère de la civette à grandes taches par la plus grande partie nue de la plante des pieds. Les poils sur les membranes interdigitales entre les coussinets digitaux forment des taches submarginales ; la peau du coussinet plantaire est nue à l'avant et sur les côtés. Il reste des traces de coussinets métatarsiens sur le pied postérieur sous forme de deux points nus. Un mâle gardé dans les jardins zoologiques de Trivandrum dans les années 1930 mesurait 76 cm pour la tête et le corps, avec une queue de 33 cm de long et pesait 6,6 kg[8].

Répartition et habitat

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Au XIXe siècle, la civettine était présente tout au long de la Côte de Malabar, de la latitude de Honnavar jusqu'à Kanyakumari. Elle habitait les forêts et les basses terres richement boisées, et se trouvait occasionnellement dans les zones forestières d'altitude. Elle était considérée comme abondante à Travancore[11].

Jusqu'aux années 1960, une déforestation intensive a réduit la majeure partie des forêts naturelles sur toute l'étendue côtière des Ghats occidentaux[12]. À la fin des années 1960, on pensait que la civette de Malabar était proche de l'extinction. En 1987, un individu a été observé au Kerala[13].

En 1987, deux peaux ont été obtenues près de Nilambur, dans le nord du Kerala, une zone dominée par des plantations de anacardiers et d'hévéas. Deux autres peaux ont été trouvées dans cette zone en 1990. Ces plantations abritaient probablement la majeure partie de la population survivante, car elles étaient peu perturbées et offraient un sous-bois dense d'arbustes et d'herbes. Le défrichement à grande échelle pour la plantation d'hévéas a menacé cet habitat[2].

Des entretiens menés au début des années 1990 auprès de chasseurs locaux ont indiqué la présence de la civette de Malabar dans des aires protégées du Karnataka[4]. Lors d'études par piégeage photographique dans les forêts de plaine à feuillage persistant et semi-persistant des Ghats occidentaux du Karnataka et du Kerala d' à , aucun enregistrement photographique n'a été obtenu sur un total de 1 084 nuits de piégeage[14].

Observation présumée

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Pendant la Pandémie de Covid-19 et le confinement qui a suivi, un clip vidéo d'une civette non identifiée marchant dans les rues désertes de Meppayur a été mis en ligne sur X. La civette a été identifiée par la personne ayant publié la vidéo comme étant une civette de Malabar, et le clip est ensuite devenu viral. Cependant, de nombreux experts ont identifié la civette de la vidéo comme étant en réalité une petite civette de l'Inde (Viverricula indica), une espèce d'apparence similaire mais beaucoup plus commune[15].

Écologie et comportement

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La civette de Malabar est considérée comme nocturne et si discrète que l'on sait peu de choses sur sa biologie et son écologie en dehors de son des usages qu’elle fait de son l'habitat[2].

Relations avec l’Homme

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Menaces

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Jusqu'à il y a quelques décennies, des marchands locaux au Kerala élevaient des civettes de Malabar pour obtenir de la civétone, un extrait de la glande odorante utilisé en médecine et comme aromate[4].

Elle est aujourd'hui gravement menacée par la destruction et la fragmentation de son habitat. Jusqu'aux années 1990, elle était confinée à des vestiges de forêts et à des fourrés perturbés dans les plantations d'anacardiers et d'hévéas du nord du Kerala, où la pression de la chasse constituait une autre menace majeure[2].

Notes et références

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  1. 1 2 3 UICN, consulté le .
  2. 1 2 3 4 (en) N. V. K. Ashraf, A. Kumar et A. J. T. Johnsingh, « Two endemic viverrids of the Western Ghats, India », Oryx, vol. 27, no 2, , p. 109–114 (DOI 10.1017/S0030605300020640)
  3. ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
  4. 1 2 3 Rai, N. D. et Kumar, A. (1993). A pilot study on the conservation of the Malabar civet, Viverra civettina (Blyth, 1862): project report. Small Carnivore Conservation 9: 3–7.
  5. Auguste Ménégaux (dir.) (ill. Wilhelm Kuhnert), La Vie des animaux illustrée : Les Mammifères, Paris, J.-B. Baillière et fils, 1902-1904, 525 p., in-4, p. 315
  6. Annexes au Journal officiel des Communautés européennes du 18 décembre 2000. Lire en ligne.
  7. (en) Blyth, E., « Report of Curator, Zoological Department, February 1862 », The Journal of the Asiatic Society of Bengal, vol. 31, no 3, , p. 331–345 (lire en ligne)
  8. 1 2 (en) R. I. Pocock, The fauna of British India, including Ceylon and Burma, vol. Mammalia Volume 1, Londres, Taylor and Francis, , 358–362 p. (lire en ligne), « Moschothera civettina (Blyth). The Malabar Civet »
  9. (en) J. R. Ellerman et T. C. S. Morrison-Scott, Checklist of Palaearctic and Indian Mammals 1758 to 1946, Londres, British Museum of Natural History, (lire en ligne)
  10. (en) « The Elusive Malabar Civet », sur Conservation India,
  11. 1 2 Jerdon, T. C. (1874). Mammals of India: a natural history of the animals known to inhabit continental India. John Wheldon, Londres.
  12. Champion, H. G. et Seth, S. K. (1968). A revised survey of the forest types of India. Government of India, Delhi.
  13. (en) Kurup, C. U., « The rediscovery of the Malabar civet, Viverra megaspila civettina Blyth in India », Cheetal, vol. 28, no 2, , p. 1–4
  14. (en) S. Rao, N. V. K. Ashraf et A. M. A. Nixon, « Search for the Malabar Civet Viverra civettina in Karnataka and Kerala, India, 2006–2007 », Small Carnivore Conservation, vol. 37, , p. 6–10 (lire en ligne)
  15. (en) D. Evon, « Was a Rare Malabar Civet Spotted During COVID-19 Lockdown? », sur Snopes.com,

Liens externes

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