Classe Nassau

classe de navires

La classe Nassau est une classe de quatre cuirassés de type dreadnoughts construite pour la Marine impériale allemande entre 1907 et 1910. Elle est la réponse allemande à l'arrivée en 1906 du premier cuirassé de type monocalibre, le HMS Dreadnought britannique[1]. La classe est composée du Nassau, du Rheinland, du Posen et du Westfalen. Les quatre bâtiments sont mis sur cale au milieu de l'année 1907, et achevés entre mai et .

Classe Nassau
illustration de Classe Nassau
Diagramme
Caractéristiques techniques
Type cuirassé
Longueur 146,30 m
Maître-bau 28,50 m
Tirant d'eau 8,90 m
Déplacement 18 569 tjb port en lourd =
Propulsion 3 machines à vapeur à triple expansion (8 chaudières)
Puissance 22 000 cv
Vitesse 19 nœuds
Caractéristiques militaires
Blindage ceinture = 80-300 mm
batterie = 170 mm
tourelle = 90-280 mm
passerelle = 360 mm
pont = 55-80 mm
Armement Principal :
6 × 2 canons de 280 mm (en tourelle)
12 canons de 150 mm (en casemate)
Secondaire :
16 canons de 88 mm
6 TLT (450 mm)
Aéronefs non
Rayon d'action 8 300 miles à 12 nœuds(2 700 tonnes de charbon)
Autres caractéristiques
Équipage 1008
Histoire
Chantier naval AG Vulcan Stettin, AG Weser, Kaiserliche Werft Wilhelmshaven et arsenal GermaniaVoir et modifier les données sur Wikidata
A servi dans Kaiserliche MarineVoir et modifier les données sur Wikidata
Commanditaire Kaiserliche Marine -
Période de service 1909-1919
Navires construits 4
Navires prévus 4
Navires démolis 4

Comparés à leurs homologues britanniques, ils sont plus légers et disposent d'un maître-bau plus large. Ils sont cependant deux nœuds plus lents, en raison de leur propulsion par les traditionnelles machines à vapeur à triple expansion, là où les cuirassés britanniques de nouvelle génération sont propulsés par des turbines à vapeur. Enfin, l'artillerie principale allemande est moins puissante, puisqu'elle est composée de canons de 11 pouces (280 mm) contre des canons de 12 pouces (305 mm) pour leurs concurrents anglais[2].

Conception

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Conceptions initiales

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Bien que Nassau Cette classe est souvent citée comme une réponse au HMS Dreadnought révolutionnaireHMS Dreadnought [3] la décision d'adopter une batterie principale composée exclusivement de canons de gros calibre, est antérieure à la construction du navire britannique. Les travaux de conception de ce qui allait devenir le Nassau La conception de cette classe de croiseurs a débuté en 1903, les travaux devant commencer en 1906. L'empereur Guillaume II soutenait que la marine devait construire de grands croiseurs cuirassés constituant un seul type de navire de ligne . En décembre 1903, il propose un nouveau navire d’environ 13 300 tonnes métriques de déplacement, armé de quatre canons de 28 cm et de huit canons de 21 cm. Sa vitesse devait atteindre 18 nœuds. Il demanda au Bureau de la construction de soumettre des propositions basées sur ses idées ; en janvier 1904, trois projets de ce type avaient été préparés : « 5A », « 5B » et « 6 ». Les deux premiers étaient équipés de huit 21 Le projet « 5A » était armé de canons de 10 cm répartis en quatre tourelles simples et quatre casemates, tandis que le projet « 5B » était équipé de quatre tourelles doubles. Le projet « 6 » prévoyait dix canons dans quatre casemates et les six restants dans une batterie centrale. Bien que le commandement naval estime que le « 5B » offre les meilleurs arcs de tir, il transmet le projet « 6 » pour examen complémentaire. Son évaluation conclut toutefois qu’il n’apporte pas d’amélioration notable par rapport aux cuirassés précédents de la classe Deutschland. [4]

L’empereur intervient de nouveau en février, en demandant un navire de 14 000 tonnes, doté d’une batterie secondaire de dix canons de 21 cm ou de 24 cm. Le département des constructions et la Kaiserliche Werft de Kiel présentent des propositions. La première, « 6B-D », est une variante du projet « 6 » antérieur, tandis que deux autres, « 10A » et « 10B », prévoient les canons de plus gros calibre. Les propositions de Kiel n’ont pas été conservées et leurs détails ne sont pas connus. Guillaume interrompt ces travaux en suggérant d’augmenter sensiblement la vitesse, au prix d’une réduction de la batterie principale à des canons de 24 cm. De nouvelles études sont alors menées et achevées en avril, mais toutes sont jugées insatisfaisantes. Les travaux se poursuivent donc au sein du Reichsmarineamt. Les officiers y observent que la batterie secondaire doit être limitée à des canons de 21 cm, le poids accru des pièces de 24 cm réduisant le nombre de canons pouvant être installés. Il en résulte un « projet I », armé de douze canons, un « projet II », qui en compte seize, et un « projet III », doté de huit canons de 24 cm. Les trois variantes conservent une batterie principale de 28 cm. [5]

Lors des délibérations de la fin avril, le « projet I » apparaît comme la solution privilégiée, car il est moins coûteux que le « projet II », lequel aurait en outre nécessité l’élargissement du canal Kaiser-Wilhelm. Le dessin est affiné en deux versions, « IA » et « IB », la première utilisant des casemates et la seconde des tourelles simples. Guillaume approuve le « IA » en mai, mais la disposition de la batterie secondaire reste controversée. En décembre, une nouvelle variante, « 7D », qui déplace huit canons dans des tourelles doubles et adopte un système de protection sous-marine amélioré, est présentée ; l’empereur l’approuve le 7 janvier 1904. Ces plans sont immédiatement remis en cause lorsque les Allemands prennent connaissance des caractéristiques des cuirassés britanniques de la classe Lord Nelson, dotés d’une batterie secondaire de dix canons de 230 mm, ainsi que des estimations relatives à la classe suivante de cuirassés britanniques, appelée à recevoir un armement encore plus puissant. Le « 7D » apparaît alors insuffisant pour faire face à la nouvelle génération de cuirassés britanniques, et les concepteurs doivent reprendre leur travail depuis le début. [6]

Le projet du Britannique Lord Nelson, qui a incité les Allemands à revoir leurs plans initiaux

Des variantes comportant six tourelles doubles de 21 cm sont soumises, en même temps que les premiers projets allemands de cuirassés à artillerie monocalibre. Ces derniers prévoient une batterie de huit canons de 28 cm, quatre installés dans des tourelles doubles classiques et les autres dans des tourelles simples. Guillaume approuve la version à artillerie monocalibre le 18 mars 1905. Le projet est ensuite affiné : le maître-bau est augmenté, la batterie secondaire de huit canons de 17 cm est réorganisée et les tourelles de la batterie principale sont améliorées. L’empereur tente de nouveau d’intervenir dans le processus de conception après avoir pris connaissance des cuirassés italiens de la classe Regina Elena, capables d’atteindre 22 nœuds. Il presse la marine de construire un navire similaire, dans la lignée du type qu’il avait suggéré en 1903. L’amiral Alfred von Tirpitz lui répond que la fusion des catégories de cuirassé et de croiseur cuirassé est impossible dans le cadre de la loi navale de 1900, et que le bureau des constructions est trop occupé par d’autres projets pour en entreprendre un nouveau. [6]

Pendant cette période, Tirpitz s’efforce d’obtenir l’adoption de la loi navale suivante. Il demande d’abord six nouveaux cuirassés et six croiseurs cuirassés, ainsi que plusieurs bâtiments plus petits. À mesure que les bâtiments de ligne gagnent en taille et en puissance, leur coût augmente rapidement. L’opposition aux hausses budgétaires au Reichstag contraint Tirpitz à réduire sa demande à six croiseurs cuirassés, dont l’un devait être placé en réserve, et 48 torpilleurs, en abandonnant entièrement sa demande de nouveaux cuirassés. Cette proposition réduite est adoptée le 19 mai 1906 comme premier amendement à la loi navale. Une semaine après son adoption, des crédits sont alloués à la marine pour deux cuirassés de 18 000 tonnes et un croiseur cuirassé de 15 000 tonnes. Des fonds sont également prévus pour élargir le canal Kaiser-Wilhelm et agrandir les installations portuaires afin de pouvoir accueillir les nouveaux bâtiments. [3]

Les concepteurs continuent d’affiner le nouveau navire et, en septembre 1905, plusieurs variantes sont proposées, dont le projet « F », qui remplace les quatre tourelles simples par autant de tourelles doubles. Les canons de 17 cm sont également remplacés par douze canons de 15 cm, au motif qu’ils offrent une cadence de tir nettement supérieure. Un système amélioré de protection sous-marine est aussi adopté, ce qui aboutit au projet finalisé « G », approuvé le 4 octobre. Des réaménagements internes des soutes à munitions et des chaufferies donnent naissance au « G2 », tandis qu’une tentative de déplacer toutes les tourelles en bordée est présentée sous le nom de « G3 », mais se révèle impraticable. Le « G2 » est retenu pour être encore affiné ; il devient ensuite le « G7 », puis le « G7b », que l’empereur approuve le 3 mars 1906. La disposition initiale à trois cheminées est remplacée par deux cheminées seulement, et une nouvelle étrave est intégrée au projet, qui reçoit l’approbation de l’empereur le 14 avril sous le nom de « G7d ». La construction du premier bâtiment est autorisée le 31 mai ; un autre navire est ajouté peu après, puis deux unités supplémentaires sont autorisées dans le cadre du programme de construction de 1907. [7]

Caractéristiques techniques

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Propulsion

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La marine allemande a mis du temps à adopter les turbines à vapeur utilisées par les dreadnoughts britanniques en lieu et place de leurs machines à vapeur à triple expansion, principalement en raison des réticences combinées de l'amiral Alfred von Tirpitz que de celles du département de la construction navale[8]. En 1905, celui-ci déclarait que « l'utilisation de turbines à vapeur dans les navires de guerre lourds n'est pas recommandé »[9]. Par voie de conséquence, les cuirassés de la classe Nassau ont été équipés des traditionnelles et obsolètes machines à vapeur à triple expansion d'une puissance théorique de 22 000 ch[1]. Chacune des machines entraînant une hélice à trois pales d'un diamètre de 5 mètres, elles permettent d'atteindre une vitesse maximale théorique de 19,5 nœuds[1]. En essai, les navires atteignaient des vitesses 20 à 20,2 nœuds pour des puissances de 26 224 à 28 117 ch[1]. En termes de comparaison, les turbines à vapeur permettaient au dreadnought britannique d'atteindre les 21 nœuds[10].

Les machines sont alimentées en vapeur par 12 chaudières Schulz-Thornycroft[1] à double foyer.

Les unités de la classe Nassau

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Classe Nassau
NomChantier navalMise en chantierLancementMise en serviceFinPhoto
SMS NassauArsenal
Wilhelmshaven

SMS PosenArsenal Germania
Kiel

SMS RheinlandAG Vulcan
Stettin

SMS WestfalenAG Weser
Brême

Voir aussi

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Notes et références

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Sur les autres projets Wikimedia :

  1. 1 2 3 4 5 (Gardiner et Gray, p. 145)
  2. ↑ (Gardiner et Gray, p. 144–145)
  3. 1 2 Campbell & Sieche, p. 134.
  4. ↑ Dodson, p. 72.
  5. ↑ Dodson, p. 72–73.
  6. 1 2 Dodson, p. 73.
  7. ↑ Dodson, p. 74.
  8. ↑ (Herwig, p. 59–60)
  9. ↑ (Gröner, p. 23)
  10. ↑ (Gardiner et Gray, p. 21)

Sources

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Bibliographie

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  • (en) Robert Gardiner et Randal Gray, Conway's All the World's Fighting Ships : 1906–1921, Annapolis, Naval Institute Press, (ISBN 0-87021-907-3)
  • (en) Erich Gröner, German Warships : 1815–1945, Annapolis, Naval Institute Press, (ISBN 0-87021-790-9)
  • (en) Holger Herwig, « Luxury » Fleet : The Imperial German Navy 1888-1918, Amherst, New York, Humanity Books, , 316 p. (ISBN 978-1-57392-286-9)