Claude Gouffier

grand écuyer de France, collectionneur et mécène français

Claude Gouffier, né en 1500 ou 1501 et mort le à Villers-Cotterêts, est un conseiller et courtisan français, grand écuyer de France du à sa mort.

Claude Gouffier
Description de cette image, également commentée ci-après
Claude Gouffier par François Clouet vers 1568.

Titres

Grand écuyer de France


(24 ans, 1 mois et 20 jours)

Prédécesseur Jacques Ricard de Genouillac
Successeur Léonor Chabot

Duc de Roannais[a]


(51 ans, 6 mois et 29 jours)

Prédécesseur Artus Gouffier
Successeur Gilbert Gouffier

Capitaine des Gentilshommes ordinaires de la Maison du Roi


(25 ans, 2 mois et 3 jours)

Prédécesseur Louis de Clèves de Nevers
Successeur Albert de Gondi

Seigneur de Boisy et d’Oiron


(51 ans, 6 mois et 29 jours)

Prédécesseur Artus Gouffier
Successeur Gilbert Gouffier

Capitaine de la forteresse royale de Chinon et de la ville de Chinon


(48 ans et 22 jours)

Prédécesseur Artus Gouffier
Successeur Artus II Gouffier

Capitaine du château d'Amboise et de la ville d'Amboise


(51 ans, 1 mois et 11 jours)

Prédécesseur Artus Gouffier
Successeur Gilbert Gouffier
Biographie
Naissance 1500 ou 1501
Château de Boisy
Décès
Villers-Cotterêts (France)
Sépulture Collégiale Saint-Maurice d'Oiron
Père Artus Gouffier
Mère Hélène de Hangest
Enfants 13 dont Gilbert Gouffier
Religion Catholicisme
Description de l'image Blason Arthus Gouffier (+1519).svg.
Miniature représentant l'entrée royale d'Henri II à Rouen, le , on observe Claude Gouffier portant l'épée et le baudrier du roi.

Il fut seigneur de Boisy, de Saint-Loup et d’Oiron, duc de Roannais, comte d'Étampes et de Caravas, capitaine de Chinon et d'Amboise[1].

Il aurait inspiré à Charles Perrault, le personnage du marquis de Carabas dans Le Chat botté[2].

Biographie

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Enfance

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Claude Gouffier est né en 1500 ou 1501, il est issu de la famille Gouffier, solidement installée à la cour au moins depuis son ralliement à Charles V en pleine guerre de Cent Ans.

C'est le fils aîné du mariage contracté le entre Artus Gouffier de Boisy (1474-1519), grand maitre de France et gouverneur du futur François Ier, et d'Hélène d'Hangest († 1538), issue de la noblesse picarde.

Le Château d'Oiron où Claude a notamment fait érigée la partie gauche.

Les guerres d'Italie et ses suites

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Grâce à l'appui et la protection de son oncle Guillaume Gouffier de Bonnivet, Claude succède à son père comme capitaine de Chinon et d'Amboise puis obtient, grâce au prestige de celui-ci, une compagnie de 50 lances de l'ordonnance[3].

Il accompagne également le roi à la bataille de Pavie qui qui se déroule lors de la sixième guerre d'Italie, elle oppose la France au Saint-Empire romain germanique, et son dirigeant Charles Quint.

Cette bataille tourne cependant vite à la catastrophe pour les français, largement battus, François Ier est fait prisonnier tout comme Claude, qui est fait prisonnier à Madrid, tandis que Guillaume Gouffier est tué. Le décès de son oncle et protecteur, l'empêche d'obtenir des charges équivalentes à celles de son père.

Néanmoins, il est nommé bailli d'Auxerre par François Ier le , il conserve son rôle seulement un an[4].

En 1528, il est nommé capitaine des chevau-légers en Italie, c'est à ce titre qu'il est à nouveau fait prisonnier au cours de la huitième guerre d'Italie près de Brignoles en 1536, par Ferdinand Ier Gonzague quand Charles Quint envahit la Provence il est retenu captif en Italie[5].

Le , François Ier décide de donner 6 000 écus comme gage de participation à sa rançon, il est libéré dans les jours qui suivent[6].

Premier gentilhomme de la Maison du Roi et grand écuyer

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Claude obtient des charges importantes dans la deuxième moitié de sa vie, ainsi, il devient dès 1535 premier gentilhomme de France puis capitaine des cent gentilhomme de la Maison du Roi le .

Un peu plus d'un an plus tard, le , il accède au titre le plus prestigieux de sa vie, grand écuyer de France, après le décès de Jacques Ricard de Genouillac, il a alors en charge de toutes les écuries royales.

Sa charge lui vaut également une fonction cérémonielle : porter l'épée du roi durant les cérémonies officielles, ce qu'il fait notamment à Rouen en 1550 où on peut l'observer sur une miniature du manuscrit retraçant cette dernière.

Gisant de son père, Artus Gouffier, dans la collégiale d’Oiron, le gisant de Claude se situe derrière.

Il garde ces deux charges jusqu'à sa mort et de nombreuses références sur ces dernières sont présentes au sein du château d'Oiron[7].

Le château d'Oiron

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Claude Gouffier hérite, à la mort de son père, de la seigneurie de Oiron où la famille possède un château qu'il va grandement modifier, transformant l'édifice d'un logis médiéval à un château Renaissance et en faire ainsi le fief de la famille.

Claude décida de faire ériger, en hommage à son amour pour les arts de la Renaissance, une galerie peinte. C'est certainement à la suite de sa capture à Brignoles et de son emprisonnement en Italie en 1536 qu'il aurait vu dans un château italien, probablement le palais du Te, une galerie ressemblante à celle-ci[8].


Érigée entre 1546 et 1549 et longue de plus de 55 mètres, la galerie débute par une cheminée qui est un hommage à François Ier, où l'on peut voir l'inscription marquée ci-dessous[9] :

« A François de Valois, roi des Français, prince très chrétien, très invincible et très puissant, doué de la plus haute et plus exceptionnelle prudence, vaillante, justice et autres qualités d'âme et de caractère que chacun peut admirer, eu égard à l'intégrité de sa parole et de sa conduite, à sa clémence envers les siens, à son gouvernement excellent et heureux en temps de paix comme en temps de guerre, après avoir célébré autant de triomphes qu'il a mis en déroute d'armée ennemies... »

Les peintures de la galerie, racontent la guerre de Troie, avec l'Iliade puis le début de l'Énéide, trois scènes ne racontent pas cette guerre, deux montrant les enfers et le chien Cerbère et le huitième des douze travaux d'Hercule où il doit ramener les juments de Diomède au roi d'Argos, Eurysthée. Ces peintures auraient été refaites après un incendie ayant gravement endommagé le château en 1627.

Claude acquit une importance notable à la cour notamment sous le règne d'Henri II et de ses successeurs, jouissant d'un certain prestige auprès de Catherine de Médicis.

Preuve de la proximité de Claude avec Henri II, il l'accueille en , avec notamment Catherine de Médicis, Diane de Poitiers († 1566) et Anne de Montmorency (1493-1567)[10]. Le grand écuyer accueille également une autre fois la cour, cette-fois Charles IX et Catherine de Médicis en , lors de leur grand tour de France pendant quatre jours[11].

Dernière années

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Les dernières années de la vie de Claude Gouffier sont compliquées, le château est pillé une première fois en , par les Huguenots lors de la 3e guerre de Religion qui agissent sous les ordres de François de Coligny d'Andelot, son cousin (ils ont le même arrière-grand-père, Jean II de Montmorency)[12]. Il est alors fait prisonnier, et n'est libéré que le par Louis Ier de Bourbon-Condé en échange d'une forte rançon payée par Charles IX[13]. Le château est à nouveau pillé en par les Huguenots, toujours lors de la 3e guerre de Religion, avant la bataille de Moncontour.

Il teste le [14], et meurt à Villers-Cotterêts le suivant, son gisant est aujourd'hui visible à la collégiale d'Oiron derrière celui de son père, Artus.

Mariage et descendance

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Claude Gouffier a eu cinq épouses, avec lesquelles il a treize enfants :

Terres et titres

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Par son père, il est seigneur d'Oiron, capitaine d'Amboise et de Chinon, bailli de Vermandois et d'Auxerre (titres qu'il abandonne respectivement en 1529 et 1527), seigneur de Boisy en 1519 et comte de Maulévrier (érigé par François Ier en )[22].

Il hérite également la baronnie de Pouzaugues de sa sœur Hélène Gouffier, veuve de Louis de Vendôme-Chartres et Chabanais, morte sans descendance.

De son mariage avec Françoise de Brosse en 1545, il obtient en dot, la baronnie de Palluau, qui entre dans la possession de la famille.

En Poitou, il achète pour 40 000 livres en 1541, la châtellenie de Merle-Fougereuse.

Distinction

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Notes et références

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  1. Baron jusqu'au 13 mai 1564 puis marquis jusqu'en novembre 1566.

Références

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  1. Pierre Carouge, « Artus (1474-1519) et Guillaume (1482-1525) Gouffier à l’émergence de nouvelles modalités de gouvernement », dans Les conseillers de François Ier, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », , 229–253 p. (ISBN 978-2-7535-6794-8, lire en ligne)
  2. Châteaux, manoirs, logis : La Charente, éditions Patrimoines et Médias, 1993 (ISBN 2-910137-05-8).
  3. Pierre Carouge, L'amiral de Bonnivet et sa famille (v. 1450-v. 1525), Paris, (lire en ligne), p. 457-458.
  4. Paul (1870-1943) Auteur du texte Marichal, François Ier (1494-1547 ; roi de France) Auteur du texte et France Auteur du texte, Catalogue des actes de François Ier. Tome 6, 1887-1908 (lire en ligne), p. 16.
  5. François de Belleforest, Les grandes annales et histoire générale de France, dès la venue des Francs en Gaule jusques au règne du roy très-chrestien Henry III (Tome 2), Paris, G. Buon, (lire en ligne), p. 1494-1495
  6. Paul (1870-1943) Auteur du texte Marichal, François Ier (1494-1547 ; roi de France) Auteur du texte et France Auteur du texte, Catalogue des actes de François Ier. Tome 3, 1887-1908 (lire en ligne), p. 539.
  7. « La Renaissance d'un mécène », sur L'Express, (consulté le )
  8. Jean Guillaume, La Galerie du Grand Écuyer. L'histoire de Troie au château d'Oiron, Éditions Patrimoine & Médias, 1996, p. 13 (ISBN 2-910137-16-3).
  9. CMN, « La galerie de peintures - CMN », sur www.chateau-oiron.fr (consulté le )
  10. « Les itinéraires de la cour de France », sur cour-de-france.fr (consulté le )
  11. Jean Bonfons recueilli par Abel Jouan, Recueil et discours du voyage du Roy Charles IX, Paris, , 78 p. (lire en ligne), p. 61
  12. Michel Iove, « Lettre escripte par le Sieur de Dampierre, gentilhomme », dans Archives curieuses de l'histoire de France depuis Louis XI jusqu'à Louis XVIII (1re série. Tome 6), Paris, , 483 p. (lire en ligne), p. 357-364
  13. « Recueil de pièces pour servir à l'histoire du protestantisme en Anjou », sur commulysse.angers.fr (consulté le )
  14. Fernand Mazerolle, Le testament de Claude Gouffier, 3 juin 1570, Roanne, P. Roustan, , 16 p. (lire en ligne)
  15. consort of Henry II Robarts - University of Toronto, Hector La Ferrière-Percy et Gustave Baguenault de Puchesse, Lettres de Catherine de Médicis, publiées par Hector de La Ferrière, Paris Impr. nationale, 1880-1909 (lire en ligne), p. 349.
  16. Paul (1870-1943) Auteur du texte Marichal, François Ier (1494-1547 ; roi de France) Auteur du texte et France Auteur du texte, Catalogue des actes de François Ier. Tome 3, 1887-1908 (lire en ligne), p. 136.
  17. Louis-Charles de La Trémoille, Chartrier de Thouars : documents historiques et généalogiques, Paris, , 449 p. (lire en ligne), p. 225-229.
  18. « Paris. Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Français 31384 (Nouveau d'Hozier 159) | Biblissima », sur portail.biblissima.fr (consulté le )
  19. 1 2 H. et P. Beauchet-Filleau, Dictionnaire historique et généalogique des Familles du Poitou, tome quatrième, Poitiers, Société Française d'Imprimerie et de Librairie, (lire en ligne), p. 253.
  20. 1 2 François-Charles James, « L'hôtel de Mayenne avant son acquisition par Charles de Lorraine », dans Bulletin de la Société de l'histoire de Paris et de l'Ile-de-France, Paris, H. Champion, , 238 p. (lire en ligne), p. 60.
  21. « dalle funéraire de Charles Gouffier - POP », sur pop.culture.gouv.fr (consulté le )
  22. Paul (1870-1943) Auteur du texte Marichal, François Ier (1494-1547 ; roi de France) Auteur du texte et France Auteur du texte, Catalogue des actes de François Ier. Tome 4, 1887-1908 (lire en ligne), p. 365.
  23. « Listes:Ordres_et_Societes_diverses:ordre_de_saint_michel », sur roglo.eu (consulté le )

Bibliographie

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  • Henri Beauchet-Filleau, Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou, Tome quatrième, Gauvain-Herb (2e éd.), 1909, 800 p.
  • Yves-Marie Bercé, « Artus Gouffier, grand maître de la Maison du Roi (vers 1472-1519) », Le Conseil du Roi de Louis XII à la Révolution, dir. Roland Mousnier, Paris, PUF, p. 207-230, 1970.
  • Pierre Carouge, L'amiral de Bonnivet et sa famille (v. 1450-v. 1525), Thèse pour le diplôme d'archiviste paléographe, Paris, École nationale des chartes, 1999, 643 p, lire en ligne.
  • Pierre Carouge, « Artus (1474-1519) et Guillaume (1482-1525) Gouffier à l’émergence de nouvelles modalités de gouvernement », Les conseillers de François Ier, dir. Cédric Michon, Rennes, Presses universitaires de Rennes, p. 229-253, 2011.
  • Étienne Fournial, Monsieur de Boisy. Grand maître de France sous François Ier, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1996, 152 p.
  • Jean Guillaume, et al, La galerie du grand écuyer : l’histoire de Troie au Château d’Oiron, Patrimoines & médias, 1996.
  • Arlette Jouanna, Philippe Hamon, Dominique Biloghi, Guy Le Thiec, La France de la Renaissance. Histoire et dictionnaire, Paris, Robert Laffont, article « Gouffier, famille », p. 851-854, 2001.
  • Alcius Ledieu, Fransart et ses seigneurs. Notice historique et archéologique, Paris, A. Picard et fils, 1895.
  • Les trésors du Grand écuyer : Claude Gouffier, collectionneur et mécène à la Renaissance : [exposition], Château d’Ecouen, Musée national de la Renaissance, 16 novembre 1994 - 27 février 1995, Paris, Réunion des musées nationaux, 1994.

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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Chronologies

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