Claude de Garron de la Bévière

personnalité politique française

Claude Jean-Baptiste de Garron de la Bévière ou Garron de la Bévière, né le à Bourg-en-Bresse en Bourgogne et mort le dans le château de Longes, commune de Sulignat, dans le département de l'Ain, est député de la noblesse aux états généraux de 1789.

Claude Jean-Baptiste de Garron de La Bévière
Fonction
Député de l'Assemblée constituante
-
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activité

Il siège jusqu'à sa démission le .

Biographie

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Famille

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Claude Jean-Baptiste (de) Garron de la Bévière est né le à Bourg-en-Bresse en Bourgogne[1],[2]. Il est le fils de Joseph-Ignace Bernard Garron de la Bévière, chevalier, capitaine, et de Marie-Antoinette Turban[1]. C'est cette dernière qui, veuve, achète en 1765 le château de Longes, où la famille réside ensuite[3].

Garron de la Bévière est syndic de la noblesse et chevalier de Saint-Louis[1]. Au moment de son élection, il est un ancien militaire qui partage son temps entre son château dans la Dombes et sa maison à Bourg-en-Bresse, disposant d'un revenu d'environ 14 000 à 16 000 livres par an[4].

Député

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Le [1],[2], il est élu député de la noblesse du bailliage de Bourg-en-Bresse aux états généraux[5],[1],[6],[2]. Il est le premier élu des deux députés de la noblesse de ce bailliage, le second étant Joseph Folch de Cardon de Sandrans[5],[6].

Pendant son séjour à Versailles et à Paris, du au , il envoie 97 lettres à sa femme, qui permettent de connaître son état d'esprit[7]. Même s'il est loin d'être pauvre, il est impressionné par le faste des grands seigneurs[8]. Il est profondément catholique, assistant régulièrement à la messe et se scandalise quand on ne la respecte pas[9]. Dès le début des états généraux, il rejette les nobles libéraux, qu'il qualifie d'« enthousiastes théoristes »[10]. Désignant les paysans de son village comme « mes vassaux », il fait preuve d'un sens de l'honneur typiquement nobiliaire, s'affirmant prêt, comme d'autres nobles députés « à offrir au roi les bras et les vies » face à la pression du tiers état[11].

Il fait partie des députés nobles qui se réunissent à contre-cœur à l'Assemblée nationale constituante, le , sur ordre du roi[12]. Au début de son ralliement à l'Assemblé nationale, il apprécie les réunions des bureaux, où il est écouté, les leaders du tiers état veillant à l'intégration des ordres privilégiés[13]. Il admet même, le  : « Nous avons cru trouver le bien dans la route que nous suivions. On nous montre les moyens d'y parvenir par une autre voie […]. Voilà ma façon de penser qui est celle d'un bon citoyen. Il est temps de régénérer l'État »[14]. Il se plaint néanmoins de l'abolition des privilèges lors de la nuit du  : « Nous ne sommes plus que les premiers paysans de nos terres »[15] et du manque de respect manifesté en séance par les autres députés envers les nobles : « Un gentilhomme ne peut pas élever la voix qu'on ne le hue : il n'y a plus de considération pour la noblesse »[16].

À l'Assemblée nationale constituante, il peut ainsi être classé à droite, parmi les aristocrates[17]. En désaccord avec l'évolution politique, il démissionne le [1],[2]. Son suppléant, Amédée de Faucigny-Lucinge, le remplace[1].

Après la démission

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Pendant la Terreur, il est incarcéré comme suspect le 10 brumaire an II ()[1].

Il meurt le dans le château de Longes, sur la commune de Sulignat dans le département de l'Ain[1],[2].

Décoration

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Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Robert, Bourloton et Cougny 1891, p. 122.
  2. 1 2 3 4 5 « Claude de Garron de la Bévière », sur Sycomore, base de données des députés de l'Assemblée nationale.
  3. ↑ Marie-Claude Guigue, Topographie historique du département de l'Ain : Notices sur les communes, les hameaux, les paroisses, les abbayes, les prieurés, les monastères,... : accompagnée d'un précis de l'histoire du département depuis les temps les plus reculés jusqu'à la Révolution, Bourg-en-Bresse-Lyon-Paris, Gromier-Brun-Dumoulin, (lire en ligne), p. 207.
  4. ↑ Tackett 1997, p. 37.
  5. 1 2 Liste, par ordre alphabétique de bailliages et sénéchaussées, de MM. les députés à l'Assemblée nationale. 1789, Paris, Baudouin, imprimeur de l'Assemblée nationale, , 79 p. (lire en ligne), p. 20.
  6. 1 2 Armand Brette, Les Constituants : Liste des députés et des suppléants élus à l'Assemblée constituante de 1789, précédée d'un avertissement, Paris, Charavay, coll. « Publications de la Société de l'histoire de la Révolution française », , XXXVII-310 p. (lire en ligne), p. 124.
  7. ↑ Tackett 1997, p. 340.
  8. ↑ Tackett 1997, p. 35.
  9. ↑ Tackett 1997, p. 70.
  10. ↑ Tackett 1997, p. 128.
  11. ↑ Tackett 1997, p. 130-131.
  12. ↑ Tackett 1997, p. 151.
  13. ↑ Tackett 1997, p. 155.
  14. ↑ Tackett 1997, p. 159.
  15. ↑ Tackett 1997, p. 174.
  16. ↑ Tackett 1997, p. 219.
  17. ↑ Jacques de Saint Victor, La Chute des aristocrates. 1787-1792 : naissance de la droite, Paris, Perrin, (ISBN 978-2-262-00667-9, DOI 10.3917/perri.desai.1992.01, lire en ligne Accès limité), p. 312.

Voir aussi

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Bibliographie

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  • « Garron de la Bévière (Claude-Jean-Baptiste) », dans Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny (dir.), Dictionnaire des parlementaires français : comprenant tous les membres des assemblées françaises et tous les ministres français depuis le jusqu'au , t. III : Fes-Lav, Paris, Bourloton, (lire en ligne), p. 122.
  • Timothy Tackett (trad. de l'anglais par Alain Spiess), Par la volonté du peuple : Comment les députés de 1789 sont devenus révolutionnaires, Paris, Albin Michel, coll. « L'évolution de l'humanité », , 360 p. (ISBN 978-2-226-09427-8).

Articles connexes

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Liens externes

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