Claudia Severa
Claudia Severa (en latin : Claudia Seuera [ˈkɫau̯.di.a sɛˈweː.ra]), née un au Ier siècle, est une épistolière romaine active entre 97 et 105 dans le nord de la province de Bretagne. Ses lettres appartiennent au corpus des tablettes de Vindolanda.
| Naissance |
11 septembre au Ier siècle |
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| Époque | |
| Nationalité | |
| Activité | |
| Période d'activité |
fl. 97-105 |
| Conjoint | |
| Gens |
| Personne liée |
Sulpicia Lepidina (amie) |
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Claudia Severa vivait dans la région du camp romain de Vindolanda. Les tablettes la rattachent à un lieu mal défini appelé Briga, qui pourrait avoir été le fort placé sous le commandement de son époux Ælius Brocchus. Elle adresse notamment quatre lettres à son amie Sulpicia Lepidina, épouse de Flavius Cerialis, commandant de Vindolanda. Severa est connue comme la seule autrice latine de l'Antiquité classique dont un manuscrit autographe et original nous est parvenu. Offrant un témoignage direct de sa vie privée et affective, elle est une source importante pour l'histoire et la sociabilité de Vindolanda.
Éléments biographiques
modifierFamille
modifierAppartenant à la gens des Claudii, Claudia Severa est l'épouse de l'officier et chevalier romain Ælius Brocchus ; le couple a un fils. Selon l'historien Tacite, les épouses d'officiers ont commencé à les accompagner dans leurs déplacement sous Tibère, empereur romain entre 14 et 37. Cependant, il y a de grandes résistances, ainsi que des protestations quant à cette pratique[1].
Résidence à Briga
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Les tablettes no 190 et no 292 rattachent Severa et Brocchus à Briga : ce lieu est proche du camp romain de Vindolanda., mais il y a des incertitudes sur son emplacement et sur ce qu'il désigne exactement. Alfred L. F. Rivet et Colin Smith ont essayé d'expliquer ce toponyme pour un fort situé sur une colline, mais il pourrait désigner le passage d'une rivière. Dans la région, les localités de Haltwhistle, de Haydon Bridge, de Hexham, par ailleurs ancienne colonie romaine, et de Bywell pourraient correspondre. La recherche historique a découvert que le fort romain de Kirkbride, près du golfe de Solway, était le terminus portuaire de la Stanegate[2].
Anthony Birley, David Ratledge et Dorothy Watts identifient Briga à Kirkbride, avec des réserves[2],[3],[4]. Alan K. Bowman et John David Thomas estiment que Briga n'est pas la résidence principale de Severa et Brocchus. Ils rejettent la théorie de Birley, selon laquelle Brocchus y commandait une unité. Ils conjecturent que celui-ci commande le fort de Coria. Selon Bowman et Thomas, Brocchus pourrait avoir succédé à Titus Haterius Nepos comme préfet de l'ala Petriana. Toutefois, les chercheurs reconnaissent qu'il est « impossible d’exclure que Coria se situât entre la base de Brocchus et Vindolanda »[5].
Severa et Brocchus sont proches de Sulpicia Lepidina et de son époux Flavius Cerialis, autre membre de l'ordre équestre et commandant de Vindolanda. La tablette no 190, datée d'un , raconte que Privatus, probablement un esclave, fait don de vin pour la « fête de la déesse », sans doute Fortune. La tablette précise que « les seigneurs (domini) sont restés à Briga », où Cerialis et sa famille devaient séjourner[3]. Dans la tablette no 622, envoyée par Brocchus après les Saturnales, il invite Cerialis et Lepidina à venir séjourner et à fêter le Nouvel An chez lui et Severa, au nom de laquelle il salue le couple de Vindolanda[5].
Sources
modifierClaudia Severa est connue par plusieurs tablettes de Vindolanda, écrites sur du bois entre 97 et 105. Le site du camp romain de Vindolanda a fait l'objet de fouilles à partir des années 1970, les tablettes trouvées progressivement sont aujourd'hui conservée au British Museum, situé à Londres. Les tablettes écrites par elle ou la mentionnant sont publiées par A. K. Bowman et J. D. Thomas dans les volumes II et III des Tabulae Vindolandenses, en 1994 et 2003. Elles sont retrouvées durant la période du camp dans sa forme précédant le règne de l'empereur Hadrien et la construction du mur éponyme.
Cinq tablettes de Claudia Severa sont connues. Assez fragmentaires, une d'entre elles n'a pas de destinataire connu et les quatre restantes sont adressées à son amie Sulpicia Lepidina, l'épouse de Flavius Cerialis. Le British Museum les conserve sous les cotes BM 1986,1001.64, 1986,1001.46, 1986,1001.146, 1995,0701.60 et 1995,0701.131. Elles sont inscrites sous les numéros d'inventaire 85.057, 85.042.a-c, 85.160.b, 93.1269 et 93.1331. A. K. Bowman et J. D. Thomas les publient sous les numéros Tab. Vindol. 291, 292, 293, 635 et 639[6],[7],[8],[9],[10].
Trois tablettes très fragmentaires d'Ælius Brocchus à Cerialis mentionnent Severa. Le British Museum les conserve sous les cotes BM 1986,1001.92, 1995,0701.319 et 1995,0701.101. Elles sont inscrites sous les numéros d'inventaire 85.092, 93.1503a et 93.1304. A. K. Bowman et J. D. Thomas les publient sous les numéros Tab. Vindol. 244, 622 et 626[11],[5],[12]. Dans la seule ligne conservée de la tablette no 244, Brocchus dit à son « frère » Cerialis que Severa le salue, ainsi que Lepidina (Seuera mea uos salutat)[11]. Dans la tablette no 626, « ma Claudia » (Claudia mea) sont les seuls mots conservés. Compte tenu des précédentes tablettes, elle doit aussi avoir été envoyée à Cerialis par Brocchus[12].
Les tablettes de Claudia Severa
modifierTablettes à Sulpicia Lepidina
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La lettre la plus connue de Claudia Severa est une invitation envoyée à Sulpicia Lepidina à sa fête d'anniversaire. La tablette no 291 est retrouvée en 1985, du côté des bâtiments civils du vicus VI A. Le texte reconstruit est le suivant :
« (recto) Cl ‣ Seuerá Lepidinae [suae] / [sa]ḷ[u]ṭẹm / iii Idus Septembṛ[e]ṣ soror ad dieṃ ´ / sollemnem nạtalem meum rogó / libenter f̣aciás ut uenias / ad nos iụcundiorem mihi [diem] interuentú tuo facturá si / […]·[…]. / Cerial[em t]ụum salutá Ælius meus . […] / et filioḷụs ṣalutant uacat / uacat sperabo te soror / uale soroṛ anima / mea ita ụạḷeam / karissima ẹt haue
(verso) Sulpiciae Lepidinae / Cerialis / a Seuera »
« (recto) Claudia Severa à sa Lepidina, / salut. / Le troisième jour avant les ides de septembre, sœur, pour ce jour / solennel de ma naissance, je te prie / de bien vouloir venir / chez nous, rendant pour moi plus agréable / ce jour par ta présence si / [tu es là ?]. / Salue ton Cerialis. / Mon Ælius […] / et mon fiston le saluent. / J'espère ta venue, sœur. / Porte-toi bien, sœur, mon âme, / aussi vrai que je me porte bien, / très chère et salut !
(verso) À Sulpicia Lepidina / [épouse de] Cerialis / de Severa »
Tablette sans destinataire
modifierLa tablette est retrouvée en 1993 sur les bords du rempart de la porte Sud du camp. Elle fait 104 mm de large et 50 mm de haut[10].
Notes et références
modifierNotes
modifierRéférences
modifier- ↑ Hallett 2002, p. 94.
- 1 2 « Briga », sur Roman Era Names (consulté le )
- 1 2 Birley 2010, p. 3.
- ↑ Watts 2005, p. 34.
- 1 2 3 (en) « Tab.Vindol. 622. Correspondence of Flavius Cerialis », sur Roman Inscriptions of Britain (consulté le ).
- ↑ (en) « Tab.Vindol. 291. Birthday Invitation of Sulpicia Lepidina », sur Roman Inscriptions of Britain (consulté le ).
- ↑ (en) « Tab.Vindol. 292. Correspondence of Sulpicia Lepidina », sur Roman Inscriptions of Britain (consulté le ).
- ↑ (en) « Tab.Vindol. 293. Correspondence of Sulpicia Lepidina », sur Roman Inscriptions of Britain (consulté le ).
- ↑ (en) « Tab.Vindol. 635. Correspondence of Sulpicia Lepidina », sur Roman Inscriptions of Britain (consulté le ).
- 1 2 (en) « Tab.Vindol. 639. Ink writing tablet », sur Roman Inscriptions of Britain (consulté le ).
- 1 2 (en) « Tab.Vindol. 244. Correspondence of Flavius Cerialis », sur Roman Inscriptions of Britain (consulté le ).
- 1 2 (en) « Tab.Vindol. 626. Correspondence of Flavius Cerialis », sur Roman Inscriptions of Britain (consulté le ).
Annexes
modifierBibliographie
modifier- (en) A. K. Bowman (dir.) et J. D. Thomas (dir.), The Vindolanda Writing Tablets, vol. II, Londres, The British Museum Press, , 408 p. (ISBN 978-0-714-12249-6).

- (en) A. K. Bowman (dir.) et J. D. Thomas (dir.), The Vindolanda Writing Tablets, vol. III, Londres, The British Museum Press, , 184 p. (ISBN 0-7141-2249-1).

- (en) Judith Hallett, « The Vindolanda letters from Claudia Severa », dans Laurie J. Churchill, Phyllis R. Brown et Jane E. Jeffrey, Women writing Latin, Londres, Routledge, , 336 p. (ISBN 978-0415941846), p. 93-99.

- (en) Anthony Birley, « Roman officers and their wives at Vindolanda », dans Oxford Dictionary of National Biography, , 5 p. (DOI https://doi.org/10.1093/ref:odnb/96884
). 
- (en) Dorothy Watts, Boudicca's Heirs : Women in Early Britain, Taylor & Francis, , 192 p. (ISBN 9781134463091).

Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :