Claudine Aicha Tsoumbou

infirmière et défenseure gabonaise des droits humains

Claudine Aïcha Tsoumbou est une infirmière et militante gabonaise des droits humains.

Claudine Aïcha Tsoumbou
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Surnom
L'infirmière du QGVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités

Présente au quartier général de Jean Ping lors des violences post-électorales de 2016 au Gabon, elle porte secours à des blessés et documente les violences.

Elle préside l'Association Réconciliation, engagée dans la défense des victimes de ces événements et en faveur de la création d'une commission vérité, justice, réparation et réconciliation au Gabon.

Biographie

modifier

Enfance et débuts

modifier

Claudine Aicha Tsoumbou exerce la profession d'infirmière. En 2014, elle se convertit à l'islam et adopte le prénom Aïcha[1].

Parcours

modifier

Lors de la crise qui suit l'élection présidentielle de 2016, Claudine Aicha Tsoumbou se trouve au quartier général du candidat Jean Ping à Libreville. Le bâtiment est pris d'assaut par les forces de sécurité dans le contexte des violences qui suivent l'annonce des résultats[2]. En tant qu'infirmière, elle soigne des blessés et témoigne de plusieurs décès survenus au quartier général[3]. Elle affirme avoir porté secours à 46 personnes et tient ensuite un registre recensant les personnes qu'elle a soignées ainsi que celles mortes durant les violences[4].

Elle est arrêtée en septembre 2016. Tsoumbou affirme avoir été torturée et violée pendant sa détention[4]. L'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) la décrit par la suite comme une survivante d'actes de torture commis en 2016 et en 2024[5]. Après avoir fait l'objet de menaces et de surveillance, elle s'exile au Cameroun, où elle demeure pendant trois ans[4].

Revenue au Gabon, elle poursuit son engagement en faveur des victimes des violences postélectorales et devient présidente de l'Association Réconciliation. L'organisation demande la création d'une commission vérité, justice, réparation et réconciliation chargée d'établir les faits et d'obtenir des réparations pour les victimes[3].

Le 6 juin 2024, Claudine Aicha Tsoumbou est de nouveau arrêtée à Libreville et conduite dans les locaux de la Direction générale de la contre-ingérence et de la sécurité militaire, couramment appelée « B2 ». Mondafrique rapporte qu'elle y est frappée et que son téléphone lui est confisqué[4]. Elle est libérée quelques jours plus tard[6].

En 2025, l'Association Réconciliation mène une campagne de sensibilisation contre les violences politiques à l'approche de l'élection présidentielle. Claudine Aicha Tsoumbou appelle à des manifestations pacifiques et renouvelle sa demande de création d'une commission consacrée aux violences de 2016[7].

Le , elle est arrêtée devant la Cour constitutionnelle du Gabon alors qu'elle mène une protestation individuelle non violente au sujet de la procédure concernant Ali Bongo et sa famille en France[8].

En avril 2026, avec le soutien de l'OMCT, elle participe à Genève à la 84e session du Comité contre la torture des Nations unies, lors de l'examen de la situation du Gabon. Elle y intervient comme représentante de la société civile et comme survivante de violences[9],[5]. Le mois suivant, elle renouvelle publiquement sa demande de justice et de réparation pour les victimes des violences postélectorales de 2016[10].

Notes et références

modifier
  1. ↑ « Aïcha Tsoumbou à Kinguélé : "Stop aux violences, le Gabon mérite la paix !" - Gabon Info », (consulté le )
  2. ↑ (en) « Gabon: Security forces must stop using excessive force amid post-election tension », sur Amnesty International, (consulté le )
  3. 1 2 François Mazet, « Gabon : le douloureux souvenir des morts du 31 août 2016 se heurte à la passivité des autorités », sur RFI, (consulté le )
  4. 1 2 3 4 Jocksy Andrew Ondo-Louemba, « Gabon, une militante des droits de l’homme battue par les militaires », sur Mondafrique, (consulté le )
  5. 1 2 « La lutte contre la torture ne doit pas rester un simple discours », sur OMCT (consulté le )
  6. ↑ « Aïcha Tsoumbou libérée », sur TV+ Afrique, (consulté le )
  7. ↑ « Présidentielle 2025 : « Stop aux violences politiques, stop au sang », prévient l’Association Réconciliation », sur Gabon Actu, (consulté le )
  8. ↑ « AÏCHA TSOUMBOU ARRÊTÉE EN TRAIN DE PROTESTER CONTRE LE PROCÈS D’ALI BONGO », sur tv plus afrique, (consulté le )
  9. ↑ « Violences, arrestations et détentions: la situation demeure inquiétante au Gabon, selon des experts de l’ONU », sur RFI, (consulté le )
  10. ↑ La Rédaction, « GABON : “PLUS JAMAIS ÇA” — CLAUDINE AÏCHA TSOUMBOU BRISÉ LE SILENCE ET ACCUSE », sur Magazine Super Star, (consulté le )

Voir aussi

modifier