Fraîcheur de Paris

société gérant le réseau de froid de la ville de Paris
(Redirigé depuis Climespace)

Fraîcheur de Paris est une société chargée de gérer le réseau de froid de la ville de Paris. Utilisant plusieurs méthodes naturelles comme source de fraîcheur, principalement l'eau de la Seine, il s'agit du plus grand réseau d'Europe avec 14 sites de production de froid et 120 km de tuyaux en 2026. Il dessert plusieurs bâtiments de la ville de Paris tels que l’Assemblée nationale ou le musée du Louvre, mais aussi des bureaux, des hôtels ou de grands magasins.

La Seine, utilisée comme principale source de froid par Fraîcheur de Paris.

Succédant en 2022 à Climespace, filiale de GDF Suez fondée en 1991, Fraîcheur de Paris est une société en délégation de service public détenue à 85 % par Engie et à 15 % par la RATP.

Historique

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C'est en 1978 que le réseau de froid de la ville de Paris est initié[1], avec une première centrale installée au forum des halles. Au cours des années 1980, alors que cette dernière est en surcapacité, le musée du Louvre décide de s'y raccorder, devenant dès lors le plus important client du réseau, une position qu'il conservera par la suite[2],[3].

Afin de gérer et développer ce réseau grandissant, une société est finalement fondée en 1991 sous le nom de Climespace, filiale de GDF Suez, alors en contrat de concession avec la ville de Paris[2],[4]. Le but de la ville est alors autant écologique qu'esthétique, en limitant le développement de climatiseurs individuels énergivores, dont les unités sont jugées disgracieuses sur les façades parisiennes[5]. Le réseau continue de grandir les années suivantes, profitant des grands chantiers urbains[5], mesurant en 2015 plus de 70 km de long et comptant 587 abonnés, en majorité des bureaux[6].

Fraîcheur de Paris succède en 2022 à Climespace : détenue à 85 % par Engie et à 15 % par la RATP, son contrat de délégation de service public court alors sur 20 ans[2],[7]. Le réseau compte, à cette date, 10 sites de production de froid, dessert 800 bâtiments et couvre 43 % de la surface de la ville. Dans le cadre de sa politique de sobriété énergétique, la ville de Paris envisage alors de tripler d'ici 20 ans la taille de son réseau pour couvrir la totalité de la ville[8]. Un investissement allant de 800 millions à 1 milliard d’euros est alors annoncé[2].

Fraîcheur de Paris emploie en 2026 environ 180 personnes, pour un chiffre d’affaires de 110 à 120 millions d’euros par an[2]. Avec 14 centrales de production de froid, 120 km de tuyaux et plus de 1 000 clients, elle gère le plus grand réseau d'Europe[2],[7].

Infrastructures

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Le réseau géré par Fraîcheur de Paris compte 14 centrales de production de froid situées dans les sous-sols de la ville de Paris, 4 sites de stockages d'eau glacée et 120 km de tuyaux en 2026[2],[7].

Le système fonctionne selon un principe d'échange thermique : l'eau chaude arrive dans les centrales où elle est refroidie grâce à une combinaison de sources naturelles et de groupes frigorigènes. Après avoir atteint une température comprise entre 5 °C et 2 °C, elle retourne dans le circuit vers les bâtiments raccordés, où elle transmet sa fraîcheur et récupère la chaleur des édifices desservis[7],[5]. Les clients du réseau paient les coûts de raccordement, ainsi qu'un abonnement[2].

La Seine est la principale source naturelle de froid de ce réseau. Parmi les 14 centrales, trois d'entre elles sont situées au bord du fleuve[7] :

L'eau de la Seine elle-même ne circule jamais dans les tuyaux, seule sa fraîcheur est utilisée dans une logique de free cooling[5]. Les autres centrales du réseau utilisent des moyens naturels divers, tels que des nappes phréatiques, de la géothermie ou bien des tours aéroréfrigérantes. Elles sont sollicitées davantage en période de canicule, afin d'éviter un réchauffement trop important des eaux de la Seine[7].

En mutualisant la consommation en froid de tous les bâtiments raccordés, ce système se révèle beaucoup moins gourmand en énergie et plus efficace que si chaque client avait sa propre climatisation individuelle classique[2],[8],[7]. En n'effectuant pas de rejets thermiques directement dans l’air, il évite en outre d'aggraver les îlots de chaleur urbains[7]. Pour faire fonctionner ce réseau, de l'électricité renouvelable est utilisée, alimentée à 60 % par trois installations de panneaux photovoltaïques dédiés[2]. En hiver, quand l'eau de la Seine atteint 1 °C à 2 °C, le réseau fonctionne quasi sans électricité[5].

Lieux notables desservis

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Le musée du Louvre, principal client du réseau de froid de Paris.

Les clients du réseau de froid géré par Fraîcheur de Paris sont composés à 70 % de bâtiments du secteur tertiaire, dont des bureaux et des hôtels[2],[7].

Plusieurs musées sont également abonnés à ce réseau, dont le musée du Louvre (plus important client du réseau)[2] et le Quai Branly[6]. De grands magasins et centres commerciaux, comme le Printemps, les Galeries Lafayette, le Bon marché, le Forum des halles ou encore Beaugrenelle, sont également raccordés[2],[6],[5], ainsi que divers bâtiments tels que l’Assemblée nationale[7] et l'Opéra Garnier[5].

Avec la multiplication des canicules, Fraîcheur de Paris cherche à développer des usages plus « sanitaires » de son réseau pour rafraichir les lieux sensibles à la chaleur, comme des maisons de retraite, des écoles ou des établissements de santé. Les Quinze-Vingts sont ainsi le premier hôpital à rejoindre le réseau en 2025[7]. La faculté de Jussieu se raccorde également à la même période[2].

Références

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  1. Armand Pomart, « Canicule : Paris a inventé une solution en 1978, elle dort sous nos pieds », sur atlantico.fr,
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 Agathe Beaujon, « « Le plus grand réseau de froid d’Europe » carbure sous Paris : comment ce géant du rafraîchissement veut doubler de taille d'ici 2042 » Accès payant, sur challenges.fr,
  3. Fabienne Proux, « Une 12e centrale alimente le réseau de froid de Paris », sur lejournaldugrandparis.fr,
  4. Fleur De Boer, « Climespace : la climatisation grâce à l'eau de la Seine », sur lepoint.fr,
  5. 1 2 3 4 5 6 7 Florence Santrot, « Fraîcheur de Paris : comment le réseau de froid prépare la capitale aux étés extrêmes », sur wedemain.fr,
  6. 1 2 3 « La Seine, ce climatiseur tout-terrain », sur lejdd.fr,
  7. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Marie de Vergès, « A Paris, le réseau de froid lutte contre la canicule » Accès payant, sur lemonde.fr,
  8. 1 2 Guillaume Novello, « Paris : Avis de grand frais sur la capitale, la Mairie veut tripler son réseau de climatisation écolo », sur 20minutes.fr,

Voir aussi

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