Clitarchus hookeri
Clitarchus hookeri est une espèce d'insectes de l'ordre des Phasmatodea (les phasmes), de la famille des Phasmatidae. C'est la plus commune des espèces endémiques de Nouvelle-Zélande. L'animal est souvent de couleur verte, mais il peut aussi être brun ou rouge. Avec Acanthoxyla prasina et Acanthoxyla inermis (en), C. hookeri est l'une des trois espèces de phasmes naturalisées en Grande-Bretagne, toutes trois originaires de Nouvelle-Zélande.
Description
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Clitarchus hookeri est un grand phasme. L'espèce présente un dimorphisme sexuel[1]. Les spécimens femelles mesurent entre 81 et 106 mm et les mâles entre 67 à 74 mm[2]. La couleur peut varier, même au sein d'un même endroit, allant du vert vif au gris, au brun ou au beige[3],[4]. On pense que la variation de couleur est d'origine génétique et non déterminée par l'environnement[5]. Contrairement à de nombreux phasmes tropicaux, Clitarchus hookeri est incapable de voler[6].
Habitat et répartition
modifierClitarchus hookeri est présent dans plusieurs régions de la Nouvelle-Zélande, allant de Northland à la région de Wellington, dans le sud de l'île du Nord. Dans l'île du Sud, sa répartition est moins étendue ; elle est principalement dans les zones côtières orientales, de Nelson et Marlborough au nord, en passant par Canterbury, jusqu'à sa limite méridionale à Dunedin. Elle est également présente en Grande-Bretagne, où elle a été introduite[7]. La population britannique est exclusivement femelle, mais provient d'une population sexuée de Taranaki[8]. Cette espèce se rencontre le plus souvent sur le mānuka, mais on l'a également observée se nourrissant de Kunzea ericoides, pōhutukawa, Muehlenbeckia australis (en), rubus, de rātā blanc et de Coprosma[9].
Cycle de vie et accouplement
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Clitarchus hookeri est hémimétabole, ce qui signifie que les nymphes passent par une série de six stades larvaires (en) avant une mue finale pour atteindre leur stade adulte[10].
Les adultes sont présents durant l'été et sont principalement actifs la nuit. Le jour, ils se cachent dans les branches de leurs arbres hôtes, avant d'émerger au coucher du soleil pour se nourrir et s'accoupler[11]. Les femelles se suspendent au bord des branches pour se nourrir des feuilles de leur plante hôte et signaler leur présence aux mâles en libérant un mélange de composés chimiques volatils[1]. Les mâles adultes, aux longues pattes, se déplacent la nuit à la recherche de partenaires. Ils courtisent les femelles en posant leurs pattes antérieures sur elles pendant 10 minutes à 1 heure, puis grimpent sur elles et tentent de s'accrocher à leur plaque sous-génitale à l'aide de leurs pinces génitales[11]. Si le mâle parvient à s'accrocher à la femelle, l'accouplement commence lorsque l'opercule de celle-ci s'ouvre et que le mâle insère ses organes génitaux. Les mâles restent accrochés à la femelle pendant de longues périodes, allant d'une à dix nuits, durant lesquelles ils peuvent s'accoupler plusieurs fois[11].

Clitarchus hookeri est géographiquement parthénogénétique, ce qui signifie que dans certaines localités, les femelles ne s'accouplent pas pour se reproduire[4]. Elles sont capables de produire des œufs fertiles sans accouplement. Après accouplement, tous les œufs sont issus d'une reproduction sexuée si les femelles appartiennent à des populations sexuées[12]. Dans l'île du Sud, les mâles de Clitarchus hookeri sont rares ou absents, tandis que dans l'île du Nord, on trouve des populations asexuées et sexuées. Bien que les femelles qui se reproduisent de manière asexuée pondent un nombre d'œufs et un taux d'éclosion similaires à ceux des femelles qui se reproduisent sexuellement, leurs œufs mettent plus de temps à éclore[4]. Les œufs issus de femelles parthénogénétiques éclosent en 21 à 23 semaines, contre 9 à 16 semaines pour ceux issus de femelles accouplées[4]. Les femelles issues de populations parthénogénétiques présentent une barrière à la fécondation en captivité lorsqu'elles sont mises en présence de partenaires[4],[8], cependant, les mâles ne font pas la distinction entre les femelles sexuées et parthénogénétiques[1]. Par ailleurs, deux populations sauvages en Nouvelle-Zélande sont revenues dans les années 2010 à la reproduction sexuée[8].

Phylogéographie
modifierÀ l'exception de la côte ouest de l'île du Sud, la répartition actuelle de Clitarchus hookeri est largement répandue sur les îles du Nord et du Sud de la Nouvelle-Zélande. On pense que, lors du dernier maximum glaciaire, sa distribution s'est restreinte à des refuges situés dans le nord de l'île du Nord et sur la côte est de l'île du Sud. Il semblerait que les femelles parthénogénétiques de l'espèce aient pu recoloniser plus facilement ces zones après le retrait des glaciers. Les individus de l'île du Sud et ceux de la région méridionale de l'île du Nord forment un seul clade présentant une très faible diversité génétique[4]. Les individus du nord de l'île du Nord sont beaucoup plus diversifiés génétiquement. On pense que le manque de diversité génétique chez les populations du sud de l'île du Nord et de l'île du Sud est dû à une lignée plus récente que celle de leurs congénères à reproduction sexuée[13].
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Clitarchus hookeri » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 3 (en) Nakano, Morgan-Richards, Godfrey et Clavijo McCormick, « Parthenogenetic Females of the Stick Insect Clitarchus hookeri Maintain Sexual Traits », Insects, vol. 10, no 7, , p. 202 (ISSN 2075-4450, PMID 31295894, PMCID 6681278, DOI 10.3390/insects10070202)
- ↑ (en) « Stick Insect (Clitarchus hookeri) Green form », sur terrain.net.nz via Internet Archive (consulté le ).
- ↑ « Clitarchus », Landcare Research (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 Stringer, Morgan-Richards et Trewick, « Geographic parthenogenesis and the common tea-tree stick insect of New Zealand », Molecular Ecology, vol. 19, no 6, , p. 1227–1238 (PMID 20163549, DOI 10.1111/j.1365-294X.2010.04542.x, S2CID 25972583, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en-NZ) « Colour change stick insects – Te Taha Tawhiti », sites.massey.ac.nz, sur massey.ac.nz (consulté le ).
- ↑ Salmon, « Stick Insects », Tuatara, vol. 5, no 3, , p. 77 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Brock et Jewell, « A review of the New Zealand stick insects: new genera and synonymy, keys, and a catalogue », Journal of Orthoptera Research, vol. 11, no 2, , p. 189–197 (ISSN 1082-6467, DOI 10.1665/1082-6467(2002)011[0189:AROTNZ]2.0.CO;2)
- 1 2 3 (en) Morgan-Richards, Langton-Myers et Trewick, « Loss and gain of sexual reproduction in the same stick insect », Molecular Ecology, vol. 28, no 17, , p. 3929–3941 (ISSN 0962-1083, PMID 31386772, PMCID 6852293, DOI 10.1111/mec.15203)
- ↑ Buckley, Myers et Bradler, « Revision of the stick insect genus Clitarchus Stål (Phasmatodea: Phasmatidae): new synonymies and two new species from northern New Zealand », Zootaxa, vol. 3900, no 4, , p. 451–82 (PMID 25543751, DOI 10.11646/zootaxa.3900.4.1)
- ↑ Stringer, « The Nymphal and Imaginal Stages of the Bisexual Stick Insect Clitarchus Hookeri (phasmidae: Phasminae) », New Zealand Entomologist, vol. 4, no 3, , p. 85–95 (ISSN 0077-9962, DOI 10.1080/00779962.1970.9722927)
- 1 2 3 Myers, Buckley et Holwell, « Mate detection and seasonal variation in stick insect mating behaviour (Phamatodea: Clitarchus hookeri) », Behaviour, vol. 152, no 10, , p. 1325–1348 (ISSN 1568-539X, DOI 10.1163/1568539x-00003281)
- ↑ (en) Morgan-Richards, « No barrier to fertilisation when different sexual populations of the mānuka stick insect are crossed », New Zealand Entomologist, vol. 46, nos 1–2, , p. 1–6 (ISSN 0077-9962, DOI 10.1080/00779962.2023.2226454)
- ↑ Buckley, Marske et Attanayake, « Phylogeography and ecological niche modelling of the New Zealand stick insect Clitarchus hookeri (White) support survival in multiple coastal refugia », Journal of Biogeography, vol. 37, no 4, , p. 682–695 (DOI 10.1111/j.1365-2699.2009.02239.x)
Voir aussi
modifierLiens externes
modifier- Ressources relatives au vivant :
