Cloître de Condom

cloître à Condom (Gers)

Le cloître de Condom est un cloître accolé à la cathédrale Saint-Pierre de Condom, dans le Gers, en France.

Cloître de Condom
Vue intérieure du cloître, avec le clocher de la cathédrale Saint-Pierre de Condom en arrière-plan.
Vue intérieure du cloître, avec le clocher de la cathédrale Saint-Pierre de Condom en arrière-plan.
Présentation
Culte Catholique
Type Cloître
Début de la construction vers 1521
Fin des travaux vers 1544
Style dominant Gothique flamboyant, Renaissance
Protection Logo monument historique Classé MH (1997)[1]
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Gers
Ville Condom
Coordonnées 43° 57′ 28″ nord, 0° 22′ 22″ est

Carte

Au début du XVIe siècle, constatant le mauvais état général de la cathédrale dont le clocher menace de s'effondrer, l'évêque de Condom Jean Marre entreprend une reconstruction de l'ensemble. Les travaux sont achevés par son successeur Hérard de Grossoles qui supervise la construction du cloître. Sa construction se situe à la charnière entre les styles gothique et Renaissance : l'ensemble est caractéristique du gothique flamboyant, tout comme la cathédrale, mais ses portails sont décorés de motifs italianisants, comme la chapelle épiscopale construite à côté.

Il est endommagé à plusieurs reprises, par le passage des troupes de Gabriel de Montgomery durant les Guerres de Religion, puis pendant la Révolution française. Il est vendu comme bien national en 1796 puis utilisé comme écurie et lieu de stockage. Il n'est racheté par la ville de Condom qu'en 1860. Après une campagne de restauration, il est finalement utilisé pour abriter des bâtiments municipaux à partir de 1883.

En juin 2026, un violent incendie détruit une partie du cloître et les collections patrimoniales de la médiathèque, installée dans le bâtiment depuis 2019. Les charpentes sont détruites, ainsi que près de 30% des ouvrages, dont certains datent du XVIe siècle.

Histoire

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Origines et reconstruction

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Une abbaye bénédictine semble exister à Condom dès le XIe siècle[2]. Le , le pape Jean XXII en fait le siège de l'évêché de Condom et l'église devient cathédrale[3]. Néanmoins, bien qu'elle ait été restaurée à la fin du XIVe siècle, son clocher menace de s'effondrer en 1504. L'évêque Jean Marre (1496-1521) décide donc de faire reconstruire la cathédrale et son cloître, avec le soutien de son chapitre de religieux[4]. Le , le parlement de Bordeaux lui accorde l'autorisation de reconstruire l'ensemble de l'édifice[5].

Jean Marre meurt en 1521. C'est son successeur Hérard de Grossoles (1521-1544) qui achève les travaux de la cathédrale et fait construire le cloître et la chapelle épiscopale[5].

À cause de son emplacement en plein centre-ville, le chapitre ne peut pas s'étendre et les dimensions des dépendances monastiques sont trop restreintes pour les besoins des moines. Au XVIe siècle, ils déplorent leur situation, au centre de la ville, entourés de marchés, de rues et d'habitations. Le cloître est le seul endroit où ils puissent se promener[6] :

« L'église cathédrale, les cellules, les cloîtres (sic) et les habitations des moines semblaient plutôt destinés à des séculiers qu'à des réguliers [...] les moines, lorsqu'ils viennent de célébrer l'office divin, n'ont pour se promener et se recréer que le cloître et de petites cellules »

Les moines demandent finalement leur sécularisation, qui est officialisée en 1556 par le parlement de Bordeaux[6].

Destructions pendant les Guerres de religion et la Révolution

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En 1569, en pleine Guerres de religion, les troupes du capitaine protestant Gabriel de Montgomery pillent et endommagent la cathédrale et son cloître[5]. Les évêques suivants laissent traîner les réparations, jusqu'à ce que le parlement de Bordeaux en 1601 puis les consuls de la ville en 1612 les obligent à entreprendre des travaux. La restauration débute en 1617, sous l'évêché d'Antoine de Cous[5]. 600 livres sont dédiés à la restauration des piliers, 300 livres pour les voûtes, et encore 860 livres pour le reste du cloître. Néanmoins, il n'est pas complètement restauré à cette époque[7].

La cathédrale et son cloître sont de nouveaux très endommagés pendant la Révolution. Le cloître est vendu comme bien national en 1796[8],[1]. La cathédrale est restaurée dès les années 1840, mais le cloître n'est racheté par la ville de Condom qu'en 1860. Il est alors en très mauvais état et utilisé comme écurie et lieu de stockage d'eau-de-vie, de fourrage et de machines qui présentent un risque élevé d'incendie[7],[1]. Selon l'abbé Cazauran, en 1879, le cloître est complètement ouvert, sa galerie sud n'existe plus et sa galerie occidentale est fortement endommagée[7]. Une nouvelle galerie est construite à la fin du XIXe siècle[7].

Usage contemporain

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En 1883, la ville installe finalement la mairie et d'autres services municipaux dans les bâtiments restaurés[1]. L'ensemble formé par le cloître et la chapelle Sainte-Catherine est classé monument historique en 1997[1].

En 2019, la médiathèque Yves Navarre est inaugurée dans les bâtiments du cloître[9].

Incendie de juin 2026

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Le , un incendie se déclare dans la toiture du cloître. Les bâtiments adjacents (cathédrale, bâtiments administratifs et musée de l'Armagnac) sont préservés, mais les charpentes du cloître ainsi que la médiathèque sont détruits, et la structure présente des zones de faiblesse et de potentiels risques d'effondrement[10],[11]. Dans la collection patrimoniale de la médiathèque, qui conserve environ 4 300 ouvrages datant du XVIe siècle au XIXe siècle, près de 30 % des ouvrages sont endommagés ou détruits[12].

Architecture

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Le cloître de Condom est accolé au nord de la cathédrale. On y accède soit par l'intérieur de la cathédrale, via la sacristie, soit par la chapelle Sainte-Catherine à l'est, qui donne sur l'extérieur[13]. Cette chapelle à triple travée a peut-être été utilisée, à l'origine, comme salle capitulaire[6].

Hérard de Grossoles, qui fait construire le cloître, poursuit le style gothique flamboyant que Jean Marre avait choisi pour la cathédrale. Comme l'édifice principal, le cloître dispose de voûtes complexes à liernes et tiercerons, avec des grosses clés de voûtes à médaillons colorés[6].

Les travaux d'Hérard de Grossoles marquent cependant le passage au style Renaissance. Il fait percer le cloître de deux portails typiques de ce style avec une architrave, une frise décorée de guirlandes, une corniche, et un médaillon à l'antique représentant l'évêque[14],[15].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 « Cloître », sur pop.culture.gouv.fr, (consulté le ).
  2. ↑ Amable Plieux, Histoire de l'abbaye Saint-Pierre de Condom depuis son origine jusqu'à sa transformation en évêché (1011 ? - 1317), Auch, Imprimerie et lithographie Félix Foix, (lire en ligne), p. 18
  3. ↑ Durliat 1970, p. 145-146.
  4. ↑ Durliat 1970, p. 147.
  5. 1 2 3 4 Durliat 1970, p. 148-149.
  6. 1 2 3 4 Durliat 1970, p. 160.
  7. 1 2 3 4 Durliat 1970, p. 162-163.
  8. ↑ Durliat 1970, p. 150.
  9. ↑ « Médiathèque Yves Navarre », sur Site officiel de la ville de Condom (consulté le ).
  10. ↑ Clothilde Jupon, « Des flammes de plus de sept mètres ravagent la médiathèque de Condom, les habitants appelés à sauver les livres », sur ici.fr, (consulté le ).
  11. ↑ Clothilde Jupon, « Incendie à Condom : 4.300 œuvres touchées, un cloître du XVIe siècle endommagé, la mobilisation s’organise », sur ici.fr, (consulté le ).
  12. ↑ Victor De Sepausy, « À Condom, des livres du XVIe siècle ravagés par l’incendie du cloître », sur ActuaLitté, (consulté le ).
  13. ↑ Durliat 1970, p. 159-160.
  14. ↑ Balagna 2003, p. [8].
  15. ↑ Gardelles 1992, p. 91.

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Marcel Durliat, « La cathédrale et le cloître de Condom », Congrès archéologique de France. 128e session. Gascogne, Paris, Société française d'archéologie,‎ , p. 145-163 (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Jacques Gardelles, Aquitaine gothique, Paris, Éditions Picard, coll. « Les Monuments de la France gothique » (no 4),
  • Christophe Balagna, « L’apparition des formes de la Renaissance dans l’architecture religieuse de la Gascogne centrale », dans Yves Esquieu (dir.), Du gothique à la Renaissance. [I], Architecture et décor en France (1470-1550) : actes du colloque de Viviers, 20-23 septembre 2001, Publications de l'Université de Provence, (lire en ligne), p. 145-162
  • Christophe Balagna, « Jean Marre et la reconstruction de la cathédrale Saint-Pierre de Condom au début du XVIe siècle », dans Philippe Nélidoff (dir.), Les cités épiscopales du Midi, Albi, Presses du Centre universitaire Champollion, (lire en ligne), p. 157-178

Articles connexes

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Liens externes

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