Cléopâtre V Tryphaena
Cléopâtre V Tryphaena d'Égypte (en grec ancien : Κλεοπάτρα Τρύφαινα), décédée vers 69/68 ou vers 57 avant notre ère, est une reine ptolémaïque d’Égypte. Elle est la seule épouse sûrement attestée de Ptolémée XII. Son seul enfant connu avec certitude est Bérénice IV, mais elle est très probablement aussi la mère de Cléopâtre VII.
| Cléopâtre V Tryphaena | |
Cléopâtre V Tryphaena (l'identification de la sculpture n'est pas certaine). | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Reine d'Égypte Royaume ptolémaïque | |
| v. 79 – v. 69 ou v. 57 avant notre ère | |
| Prédécesseur | Ptolémée XII |
| Successeur | Bérénice IV |
| Biographie | |
| Titre complet | Reine d'Égypte |
| Dynastie | Dynastie lagide Ptolémée |
| Date de naissance | v. 100 avant notre ère |
| Date de décès | v. 69/68 ou vers 57 avant notre ère |
| Père | Ptolémée IX ou Ptolémée X ? |
| Mère | Inconnue, peut-être Cléopâtre IV ou Bérénice III |
| Conjoint | Ptolémée XII |
| Enfants | Connu : ♀ Bérénice IV Probable : ♀ Cléopâtre VII Possible : ♀ Cléopâtre VI ♂ Ptolémée XIII ♂ Ptolémée XIV ♀ Arsinoé IV |
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Mariage et descendance
modifierEn raison du faible nombre de sources disponibles, Cléopâtre V n'est pas bien connue au sein de la dynastie ptolémaïque. Seuls quelques faits sont certains à son sujet, et de nombreux aspects de sa vie font l'objet de théories controversées[1]. Dans toutes les sources anciennes, elle est appelée Tryphaena. Elle a peut-être porté ce nom avant d'accéder au trône et d'adopter le nom royal traditionnel Cléopâtre[2]. Dans certaines histoires, Cléopâtre Tryphaena, épouse de Ptolémée XII, est appelée Cléopâtre VI[3]. L'historien de l'Antiquité classique Werner Huß l'appelle Cléopâtre VII Tryphaena[4].
On ne sait pas qui sont ses parents. Elle peut avoir été la fille, légitime ou illégitime, de Ptolémée IX[5],[6] ou la fille légitime de Ptolémée X[7]. Il est mentionné qu'en 88, Ptolémée X Alexandre a fui l'Égypte avec sa femme Bérénice III et sa fille. Cléopâtre Tryphaena pourrait être cette dernière[8].
Cléopâtre V est mentionnée pour la première fois en 79 dans deux papyrus. L'un de ces papyrus date du [9]. En cette année, elle a épousé Ptolémée XII, roi d'Égypte. Ils sont honorés d'un culte divin en tant que theoí Philopátores kai Philádelphoi (dieux aimant leur père, et leur frère ou sœur)[10],[6]. Les titres égyptiens de Cléopâtre, attestés principalement à Edfou et à Philæ, comprennent Fille de Rê, souveraine et Maîtresse de deux terres[11].
Mort et identité
modifierOn ne sait pas combien de temps Cléopâtre V a vécu, et quelles mentions de Cléopâtre Tryphaena dans les sources historiques peuvent lui être attribuées, car la numérotation utilisée pour distinguer les Ptolémées et leurs épouses est une invention moderne. Cléopâtre Tryphaena V disparaît des sources au moment de la naissance de Cléopâtre VII ; un papyrus de Ptolémée XII datant de 69 ne la mentionne pas alors qu'il devrait le faire si elle était toujours en vie[12].
Il semble que Cléopâtre soit décédée en 69 — elle est peut-être morte en couches ou elle a été assassinée. Si elle est vraiment décédée aussi tôt, alors la Cléopâtre Tryphaena qui est mentionnée, après l'expulsion de Ptolémée XII, en tant que co-souveraine de l'Égypte (avec Bérénice IV) en 58 et 57, morte vers cinquante-sept ans, doit être sa fille, appelée par certains historiens Cléopâtre VI Tryphaena. C'est ce qui est également dit par Porphyre de Tyr[13],[14].
Toutefois, une inscription au temple d’Edfou datée du mentionne le nom de Cléopâtre Tryphaena aux côtés de Ptolémée XII (qui n'était cependant pas présent en Égypte à ce moment), ce qui ferait d'elle la femme du roi plutôt que sa fille mais serait peu probable si la femme de Ptolémée XII était vraiment morte douze ans plus tôt. Ainsi, certains historiens modernes[15], mais pas tous, considèrent que Cléopâtre V est la même personne que Cléopâtre VI Tryphaena, et ils la font vivre jusqu'en 57. Cela concorderait avec le récit de Strabon[16], selon qui Ptolémée XII n'a eu que trois filles, qui peuvent être identifiés de manière fiable comme Bérénice IV, Cléopâtre VII et Arsinoé IV, de sorte qu'il ne reste aucune place pour une Cléopâtre VI[14]. Werner Huß suppose que Cléopâtre V et Ptolémée XII se sont querellés en 69, que la reine a connu la disgrâce et qu'elle a été obligée d'abdiquer[17].
Cléopâtre V était probablement la mère de Cléopâtre VII[5],[18],[19],[20],[21],[22]. Michael Grant fait remarquer que Cléopâtre était vraisemblablement la mère de Cléopâtre VII, car si Cléopâtre VII avait été illégitime, ses « nombreux ennemis romains l'auraient fait savoir[5] ».
La plupart des érudits s'accordent pour dire que Bérénice IV était la fille de Cléopâtre V. Une épouse différente de Ptolémée XII pourrait être la mère des frères et sœurs cadets de Cléopâtre VII, Arsinoé IV, Ptolémée XIII et Ptolémée XIV[23], mais Christopher Bennett pense que Cléopâtre V était la mère de tous les enfants connus de Ptolémée XII[24].
Notes et références
modifier- ↑ Lloyd Llewellyn-Jones, « Cléopâtre VI Tryphaina », dans Roger S. Bagnall et al., Encyclopédie de l'histoire ancienne, Malden, Wiley-Blackwell, .
- ↑ (en) Chris Bennet, « Cleopatra V », sur instonebrewer.com (consulté le ), note 1.
- ↑ (en) Aidan Dodson et Dyan Hilton, The complete royal families of Ancient Egypt, Thames & Hudson, (ISBN 978-0-500-05128-3).
- ↑ (de) Werner Huss, Ägypten in hellenistischer Zeit 332-30 v. Chr, Beck, (ISBN 978-3-406-47154-4), p. 674.
- 1 2 3 Grant 1992, p. 4.
- 1 2 (de) Werner Huss, Ägypten in hellenistischer Zeit 332-30 v. Chr, Beck, (ISBN 978-3-406-47154-4), p. 674–675, note 16 (qui estime probable que Cléopâtre V était la propre sœur de Ptolémée XII).
- ↑ (en) Chris Bennet, « Cleopatra V », sur instonebrewer.com (consulté le ).
- ↑ (en) Chris Bennet, « Cleopatra V », sur instonebrewer.com (consulté le ), note 5.
- ↑ (de) Friedrich Preisigke et Wilhelm Spiegelberg, Die Prinz-Joachim-Ostraka : Griechische und demotische Beisetzungsurkunden für Ibis- und Falkenmumien aus Ombos, Strasbourg, Karl J. Trübner, , 70 p. (BNF 31148119).
- ↑ Whitehorne 1994, p. 177–178.
- ↑ Lloyd Llewellyn-Jones, « Cléopâtre VI Tryphaina », dans Roger S. Bagnall et al., Encyclopédie de l'histoire ancienne, Malden, Wiley-Blackwell, , p. 1569.
- ↑ Elle est mentionnée dans un monument daté d' ((la) Carl Friedrich Wilhelm Dittenberger, Orientis Graeci Inscriptiones Selectae : Supplementum Sylloges Insciptionum Graecarum, Georg Olms Verlag (ISBN 978-3-487-40012-9, lire en ligne)). Mais son nom est déjà manquant dans un dossier daté du ((en) Chris Bennet, « Cleopatra V », sur instonebrewer.com (consulté le ), note 11).
- ↑ Felix Jacoby, Fragmente der griechischen Historiker, no 260 F 2, 14.
- 1 2 Whitehorne 1994, p. 182.
- ↑ Par exemple, (de) Werner Huss, Ägypten in hellenistischer Zeit 332-30 v. Chr, Beck, (ISBN 978-3-406-47154-4), p. 679.
- ↑ Geographica 17.1.11, p. 796.
- ↑ (de) Werner Huss, Ägypten in hellenistischer Zeit 332-30 v. Chr, Beck, (ISBN 978-3-406-47154-4), p. 679.
- ↑ Preston 2009, p. 22.
- ↑ Jones 2006, p. xiii.
- ↑ Schiff 2011, p. 28.
- ↑ Tyldesley 2008, p. 40, 235-236.
- ↑ Kleiner 2005, p. 22.
- ↑ (de) Christoph Schäfer, Kleopatra, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, coll. « Gestalten der Antike », (ISBN 978-3-534-15418-0), p. 18.
- ↑ (en) Chris Bennet, « Cleopatra V », sur instonebrewer.com (consulté le ), notes 17 et 18.
Bibliographie
modifier- (en) Michael Grant, Cleopatra, Barness & Noble, (ISBN 978-0-88029-725-7).
- (en) Diana E. E. Kleiner, Cleopatra and Rome, Belknap Press of Harvard University Press, (ISBN 978-0-674-01905-8 et 978-0-674-03966-7).
- (en) Diana Preston, Cleopatra and Antony, New York, Walker & Company, (ISBN 978-0802710598).
- (en) Prudence J. Jones, Cleopatra : a sourcebook, University of Oklahoma Press, coll. « Oklahoma series in classical culture », (ISBN 978-0-8061-3741-4).
- (en) Duane W. Roller, Cleopatra : a biography, Oxford University Press, coll. « Women in antiquity », (ISBN 978-0-19-536553-5 et 978-0-19-982996-5).
- (en) Stacy Schiff, Cleopatra : A Life, Random House, (ISBN 978-0316001946).
- (en) Joyce Tyldesley, Cleopatra, Last Queen of Egypt, Profile Books Ltd,
- (en) John Whitehorne, Cleopatras, Londres/New York, Routledge, , 243 p. (ISBN 0-415-05806-6).