Cléopâtre captive
Cléopâtre captive est une tragédie en cinq actes d'Étienne Jodelle, représentée le 9 février 1553, d'abord devant le roi Henri II (Hôtel de Reims), puis au collège de Boncourt. La pièce fait partie du recueil posthume Les Œuvres et meslanges poetiques d’Estienne Jodelle Sieur du Lymodin (1574). Remy Belleau y tint le rôle de Cléopâtre, Jean Bastier dit La Péruse, celui d'Octavien. Il s'agit de la première « tragédie humaniste »[1], et Jodelle la composa en parallèle avec la première « comédie humaniste », L'Eugène.

La représentation fut un succès, et fut suivie par une festivité à l'antique à Arcueil réunissant tous les participants et amis, connue sous le nom de Pompe du bouc.
La pièce fut par ailleurs l'une des premières à réexploiter les codes antiques de la tragédie notamment en ne jouant pas d'intrigue secondaire et en respectant la règle des cinq actes ainsi que la construction du texte en alexandrin[2].
Résumé
modifier- Acte 1 : l'ombre d'Antoine annonce à Cléopâtre qu'il lui faut mourir.
- Acte 2 : Octavien redoute que Cléopâtre ne se suicide.
- Acte 3 : Cléopâtre cherche à apitoyer Octavien, en lui offrant ses richesses. Le serviteur Séleuque révèle qu'elle en cache une partie.
- Acte 4 : Cléopâtre décide de mourir.
- Acte 5 : Proculée raconte à Octavien la mort de la reine.
Distribution
modifier| Acteurs ayant créé les rôles | |
| Personnage | Acteur ou actrice |
|---|---|
| Cléopâtre | Remy Belleau |
| Octavien | Jean Bastier de La Péruse |
Étude
modifierJodelle utilise l'alexandrin dans les actes I et IV, mais il recourt aussi au décasyllabe dans les actes II, III, et V. Dans les chœurs, il recourt à des mètres variés : certains vers n'ont que trois syllabes.
Le sujet est pris dans Plutarque (Vie d'Antoine). L'action est réduite : la pièce raconte la décision de mourir de Cléopâtre et sa réalisation.
Mises en scènes modernes
modifier- 1972 : Henri Ronse, théâtre Oblique[3]
- 2018 : Recréation en langue originale, Charles Di Meglio, Compagnie Oghma[4]
Bibliographie
modifier- F. Charpentier, « Invention d'une dramaturgie : Jodelle, La Péruse », Littératures, printemps 1990, p. 7-22.
- Fr. Cornilliat, "'Mais que dirai-je à César?' Eloge et tragédie dans la poétique d'E. Jodelle", L'éloge du Prince de l'Antiquité aux Lumières, I. Cogitore, Fr. Goyet, Grenoble, PU, 2003, p. 223-250.
- (de) Christian Reidenbach, « Arbeit am Stein. Verfahren sprachlicher Monumentalisierung in Étienne Jodelles Cléopâtre captive », Zeitsprünge. Forschungen zur Frühen Neuzeit, 27/2023, p. 455-493 (ISSN 1431-7451, DOI 10.3196/2751515x23273491).
Références
modifier- ↑ Fiona Greep, « Cléopâtre captive d’Etienne Jodelle, la première tragédie profane française (1553) »
[PDF], sur Musée Renaissance, (consulté le ) - ↑ Mercédès GREGOIRE/Musée national de la Renaissance-Service des publics et de la communication, « Cléopâtre captive d’Étienne Jodelle Une tragédie à l’antique en France »
[PDF], sur Musée Renaissance, (consulté le ) - ↑ « Cléopâtre captive - Spectacle - 1972 », sur data.bnf.fr (consulté le )
- ↑ « Cléopâtre Captive d’Étienne Jodelle (1553) », sur BnF - Site institutionnel (consulté le )